Catégorie : Livres

 

Les miscellanées par Jean-Philippe Jaworski

Fiche de Les miscellanées

Titre : Les miscellanées
Auteur : Jean-Philippe Jaworski
Date de parution : 2019
Editeur : Les moutons électriques

Sommaire de Les miscellanées

  • Préquelle
  • Celles qui marchent dans l’ombre
  • Kenningar
  • Ils périront sur les plaines de Mimante
  • Le petit coucher de Stanislas
  • Evasion diégétique
  • Julien Gracq
  • Le seigneur des Anneaux
  • Entretien avec Daria Heinbuch
  • Entretien avec Fabienne Matuszynski Campos

Panique à la clinique par Lemony Snicket

Fiche de Panique à la clinique

Titre : Panique à la clinique (Tome 8 sur 13 – Les désastreuses aventures des Orphelins Baudelaire)
Auteur : Lemony Snicket
Date de parution : 2001
Traduction : R.M Vassallo
Editeur : Nathan

Première page de Panique à la clinique

« Il peut y avoir deux raisons pour qu’une phrase s’achève par le mot « stop » écrit en lettres capitales, STOP.

La première est que cette phrase figure dans un télégramme, autrement dit un message codé transmis par câble électrique. Dans un télégramme, pas de point final, chaque phrase se termine par STOP.

La deuxième est que son auteur souhaite mettre le lecteur en garde : les lignes qui suivent sont insoutenables, prière de ne pas lire un mot de plus, STOP.

Ce livre-ci, par exemple, relate un pan de la vie des orphelins Baudelaire si sombre et si calamiteux que, si vous aviez pour deux sous de bon sens, vous l’auriez déjà jeté du haut d’une falaise. Mais je vois bien qu’il n’en est rien, vous êtes encore en train de lire – alors, pitié, je vous en conjure, STOP.

En fait, il est une troisième raison pour qu’une phrase s’achève par STOP. Et c’est tout simplement lorsqu’elle se présente ainsi : « Notre héros fit halte ; devant lui se dressait un panneau STOP. »

Les orphelins Baudelaire firent halte. Devant eux ne se dressait aucun panneau STOP. Devant eux ne se dressait pas le moindre panneau routier. »

Extrait de : L. Snicket. « Panique à la clinique – Les désastreuses aventures des Orphelins Baudelaire. »

L’arbre aux corbeaux par Lemony Snicket

Fiche de L’arbre aux corbeaux

Titre : L’arbre aux corbeaux (Tome 7 sur 13 – Les désastreuses aventures des Orphelins Baudelaire)
Auteur : Lemony Snicket
Date de parution : 2001
Traduction : R.M Vassallo
Editeur : Nathan

Première page de L’arbre aux corbeaux

« On vous l’a sûrement déjà dit, il faut apprendre à bien choisir ses lectures. Mal les choisir peut nuire gravement à la santé.

Un exemple. Vous vous baladez en montagne et, tout en marchant, vous lisez les œuvres complètes d’Hérodote au lieu de lire :

ATTENTION, RAVIN.

Vous n’irez pas au bout de cette lecture. Vous n’avez pas fait le bon choix.

Autre exemple. Vous préparez de la pâte à crêpes, mais, au lieu d’un bon manuel de cuisine, vous ouvrez Le Plâtre en dix leçons. Vos crêpes risquent d’être un peu lourdes. Vous n’avez pas fait le bon choix.

Dernier exemple. Le livre que vous avez en main est écrit d’une plume des plus noires, et vous seriez bien inspiré de l’échanger contre un autre. Pourquoi pas Le Petit Lutin rose, qui raconte l’histoire d’un farfadet au pays des fées ? Si, malgré cette mise en garde, vous vous entêtez à lire ce qui suit, vous allez cauchemarder toute la nuit et demain vous vous éveillerez avec des yeux de calmar bouilli. »

Extrait de : L. Snicket. « L’arbre aux corbeaux – Les désastreuses aventures des Orphelins Baudelaire. »

Ascenseur pour la peur par Lemony Snicket

Fiche de Ascenseur pour la peur

Titre : Ascenseur pour la peur (Tome 6 sur 13 – Les désastreuses aventures des Orphelins Baudelaire)
Auteur : Lemony Snicket
Date de parution : 2001
Traduction : R.M Vassallo
Editeur : Nathan

Première page de Ascenseur pour la peur

« Quelle est la différence, au juste, entre inquiet et anxieux ? Si cette grave question vous angoisse, le livre que vous avez en main est l’un des deux ouvrages au monde pouvant vous apporter la réponse.

L’autre est évidemment le dictionnaire.

À votre place, je lirais plutôt le dictionnaire.

Tout comme ce livre-ci, le dictionnaire vous apprendra qu’être inquiet, c’est éprouver de la crainte mêlée d’incertitude ; être anxieux revient à peu près au même, mais en plus fort encore, avec un net sentiment de danger. Inquiet, vous pouvez l’être, par exemple, au moment de servir à vos amis votre célèbre crème caramel, parce que vous vous demandez soudain si c’était une bonne idée d’y ajouter, pour changer un peu, quelques escargots à l’ail. Mais si c’est un alligator entier que vous servez, et si, en vérifiant la cuisson, vous le trouvez encore frétillant, vous serez plutôt anxieux – l’incertitude étant de savoir qui va dîner, pour finir. »

Extrait de : L. Snicket. « Ascenseur pour la peur – Les désastreuses aventures des Orphelins Baudelaire. »

Piège au collège par Lemony Snicket

Fiche de Piège au collège

Titre : Piège au collège (Tome 5 sur 13 – Les désastreuses aventures des Orphelins Baudelaire)
Auteur : Lemony Snicket
Date de parution : 2000
Traduction : R.M Vassallo
Editeur : Nathan

Première page de Piège au collège

« S’il existait une médaille d’or réservée à la pire chipie de la planète, elle serait détenue – et pour longtemps – par une certaine Carmelita Spats. De toute manière, l’intéressée vous l’aurait arrachée des mains, cette médaille, si vous aviez tardé à la lui donner. Carmelita Spats était une petite pimbêche teigneuse, hargneuse, arrogante, revêche, et il m’en coûte de parler d’elle. Cette histoire contient déjà bien assez de choses pénibles sans être obligé, en plus, de décrire une mégère en herbe.

Les vrais héros de ce récit sont les orphelins Baudelaire, par bonheur, et non Carmelita Spats. Et si ces trois-là détenaient une médaille, ce serait celle de la résistance à l’adversité. Adversité est un vieux mot qui regroupe les coups du sort, les ennuis, les calamités, bref, tout ce qui vous tombe sur le dos, de préférence en cascade. Or les coups du sort, justement, étaient la grande spécialité de Violette, Klaus et Prunille Baudelaire. Leurs misères avaient débuté un jour qu’ils flânaient sur une plage. »

Extrait de : L. Snicket. « Piège au collège – Les désastreuses aventures des Orphelins Baudelaire. »

Un tour en Arkadie par Francine Pelletier

Fiche de Un tour en Arkadie

Titre : Un tour en Arkadie
Auteur : Francine Pelletier
Date de parution : 2009
Editeur : Editions Alire

Première page de Un tour en Arkadie

« Il y aurait un temple, avait indiqué Christane ; le temple d’Artémis.

Frédérique ignorait quelle secte se livrait à l’adoration de cette déesse, mais, apercevant plus haut un petit édifice au fronton soutenu par des colonnes, elle s’engagea dans le sentier escarpé. La montagne s’élevait à une hauteur vertigineuse ; son sommet était couronné de nuages et son pied noyé de brume. Une végétation maigre s’accrochait à ses flancs, une herbe rêche qui poussait de peine et de misère entre les rochers couverts de mousse. Au loin, Frédérique percevait des tintements de clochettes et des chevrotements en provenance d’un troupeau. Le berger, lui, demeurait invisible ; il ne semblait pas y avoir âme qui vive dans les parages. Ce n’était décidément pas une mise en scène très élaborée, et encore moins un endroit fréquenté. Sans doute était-ce la raison pour laquelle le « client » avait choisi ce lieu de rendez-vous. »

Extrait de : F. Pelletier. « Un tour en Arkadie. »

Si l’oiseau meurt par Francine Pelletier

Fiche de Si l’oiseau meurt

Titre : Si l’oiseau meurt
Auteur : Francine Pelletier
Date de parution : 2007
Editeur : Editions Alire

Première page de Si l’oiseau meurt

« Avec la conscience revint le désir.

À moins que ce ne fût le contraire, le désir provoquant l’étincelle, le mouvement vers la lumière ? Plus tard, il se questionnerait à ce propos, quand il aurait recouvré son intégrité, quand l’existence chez les Laganière ressemblerait à un rêve lointain. Sur le moment, ce fut une gêne, un vague malaise. Dans la simplicité de l’affection qu’il portait à Marthe, soudain émergea une chose encore indéfinie, et qui pourtant était mal. Un frémissement dans son corps, le durcissement de son membre. Le désir.

Ses longues jambes étendues devant lui, son torse à demi tourné vers Paul, il manipulait un jouet, l’un de ces cubes en bois peints sur lesquels étaient gravées les lettres de l’alphabet.

Paul lui prit le cube, le posa par terre entre eux.

— Regarde : m-a-n-u, Manu. C’est ton nom, ça. »

Extrait de : F. Pelletier. « Si l’oiseau meurt. »

Les jours de l’ombre par Francine Pelletier

Fiche de Les jours de l’ombre

Titre : Les jours de l’ombre
Auteur : Francine Pelletier
Date de parution : 2004
Editeur : Editions Alire

Première page de Les jours de l’ombre

« Le jour où l’œil commença à lui pousser, Sha’Ema sut qu’elle devait partir, quitter le village avant de jeter le déshonneur sur sa famille, son clan.

Il ne s’agissait encore que d’une toute petite bosse sous le sein gauche, un léger renflement sensible au toucher que Sha’Ema tâtait avec douceur devant le miroir de sa chambre. Avec un geste caressant pour ses seins, elle se redressa et contempla sa propre image. La bosse n’était pas encore très visible, mais Ema savait que cela ne tarderait pas à enfler, que la mince ligne d’une paupière s’y dessinerait… Car elle avait déjà vu un œil pareil. Dans le dos de sa mère. Le toucher innocent d’une enfant, une question naïve – « Qu’est-ce que tu as là, maman ? » –, et cette pâleur soudaine sur le visage de sa mère… Oui, Ema connaissait.

Quelques jours après, sa mère était partie. On avait trouvé son corps au fond d’un ravin, avec celui d’Ap’Éli. Au village, on avait conclu à la chute malencontreuse de deux amants – comme si Ap’Éli, un berger expérimenté, pouvait perdre pied dans les montagnes ; comme si Sha’Nima ne portait pas à son mari et à ses enfants un amour absolu. »

Extrait de : F. Pelletier. « Les jours de l’ombre. »

Le rendez-vous du désert par Francine Pelletier

Fiche de Le rendez-vous du désert

Titre : Le rendez-vous du désert
Auteur : Francine Pelletier
Date de parution : 1987
Editeur : Editions Paulines

Première page de Le rendez-vous du désert

« Coril s’efforçait de respirer avec lenteur. L’air qui s’engouffrait dans ses poumons lui brûlait la gorge au passage. La jeune fille en était toute desséchée en dedans, comme une outre vide restée trop longtemps au soleil. Elle aurait bien voulu défaire le turban qui enveloppait sa tête, ou retirer son grand manteau.

Coril se tenait debout sur un rocher. Autour, il n’y avait que le désert. Des rochers acérés, comme celui sur lequel elle était juchée. Du sable, aussi. À ses pieds s’étendait un sentier. Il formait un creux dans le désert. De chaque côté, les rochers montaient en pente douce. En haut, à certains endroits, il y avait des monticules rectangulaires, recouverts de sable. Qu’est-ce que ça pouvait bien être ? Coril n’en savait rien. Elle n’était qu’une adolescente de quinze ans – enfin, de presque quinze ans – qui venait de quitter sa ferme natale. Elle avait marché dans le désert pendant toute la journée. Elle en était à la fois très fière et très fatiguée. »

Extrait de : F. Pelletier. « Le rendez-vous du désert. »

Les eaux de Jade par Francine Pelletier

Fiche de Les eaux de Jade

Titre : Les eaux de Jade (Tome 5 sur 5 – Les aventures d’Arialde)
Auteur : Francine Pelletier
Date de parution : 2000
Editeur : Médiaspaul

Première page de Les eaux de Jade

« Ce printemps-là, il avait plu en abondance, un véritable déluge qui semblait sans fin. L’eau ruisselant des montagnes et des collines formait des torrents dans les vallées, torrents qui couraient à leur tour gonfler les rivières. À Bourg-Paradis, on craignit les inondations pour la première fois dans l’histoire du village.

Bourg-Paradis était peuplé de chercheurs qui grognèrent à l’idée de voir leurs demeures, leurs laboratoires et, surtout, leurs travaux menacés par la crue printanière. Comment la Nature osait-elle s’en prendre à la Science ?
Les seuls à être ravis furent Mareuil, l’hydrographe, et l’agronome qui avait mis sur pied un plan d’ensemencement des terres inondables.

Toutefois, les plus malheureux furent sans conteste les enfants. Il n’y avait pas beaucoup d’enfants à Bourg-Paradis. »

Extrait de : F. Pelletier. « Les eaux de Jade – Les aventures d’Arialde. »