Catégorie : Livres
La planète infernale par André Caroff

Fiche de La planète infernale
Titre : La planète infernale
Auteur : André Caroff
Date de parution : 1972
Editeur : Fleuve noir
Première page de La planète infernale
« Le vaisseau évoluait à une distance considérable de Nitos quand les téléradars signalèrent sa présence. Au nuitoscope, les observateurs du mont Dilma tentèrent de l’identifier, obtinrent rapidement la certitude que cette nef cosmique n’appartenait pas à la confédération et, comme toujours en pareil cas, le Conseil Supérieur de Nitos donna l’ordre d’intercepter le bâtiment.
Le vaisseau mystérieux pouvait être en perdition, mais pouvait également appartenir à une flotte pirate ayant jeté son dévolu sur les bâtiments marchands de la Galaxie. En conséquence, la patrouille d’interception décida d’éviter le combat et de capturer l’étranger en établissant sur sa lente trajectoire une barrière négative. Formée d’énergie pure inversée, cette barrière avait la propriété de paralyser toutes les sources d’énergie positive pour un laps de temps variable, au gré de son utilisateur.
Le croiseur inconnu pénétra dans l’indécelable zone génératrice d’inertie et, instantanément, ses propulseurs s’arrêtèrent tandis que son équipage tombait en catalepsie. »
Extrait de : A. Caroff. « La planète infernale. »
La guerre des Nosiars par André Caroff

Fiche de La guerre des Nosiars
Titre : La guerre des Nosiars
Auteur : André Caroff
Date de parution : 1972
Editeur : Fleuve noir
Première page de La guerre des Nosiars
« Philippe Brun remarqua l’homme pour trois raisons bien précises, mais de peu d’importance. Un : il était grand, au moins un mètre quatre-vingts. Deux : il était bronzé, bien que l’on fût en novembre. Trois : Philippe avait l’esprit vacant car les clients ne s’écrasaient pas dans son magasin d’articles de sport.
L’homme examina un instant la vitrine, puis s’en alla. Philippe se plongea dans ses comptes. Les affaires n’étaient pas fameuses, juste satisfaisantes pour la saison. De toute façon, la fortune n’était pas pour demain. Philippe alluma une cigarette, grimaça. Dans cette boutique, il se sentait vieillir sur pied. Acheter le fonds avait été un moyen intelligent de placer son argent, mais cette existence trop casanière lui pesait. Ancien coureur automobile, il regrettait l’ambiance des circuits, des ateliers de mécanique, le grondement des moteurs tournant à plein régime.
Il s’était retiré après la mort de Georges Loverchy, son meilleur ami, qui s’était écrasé contre un arbre après avoir tracé une trouée sanglante parmi les spectateurs. Témoin du drame, Philippe avait été profondément choqué. Il acceptait de risquer sa vie, mais refusait de devenir un assassin, même si l’acte était involontaire. Puis, bizarrement, il ne pouvait désormais piloter une voiture autrement qu’à « la papa »… »
Extrait de : A. Caroff. « La guerre des Nosiars. »
La grande castagne par André Caroff

Fiche de La grande castagne
Titre : La grande castagne
Auteur : André Caroff
Date de parution : 1970
Editeur : Fleuve noir
Première page de La grande castagne
« Hida de Hambourg effectua une entrée fracassante sur la piste de « La pomme d’Eve » et les projecteurs l’enveloppèrent de couleurs vives. L’orchestre mit la sourdine. L’agitation tomba brusquement. Quand Hida s’amenait, les clients mâles oubliaient leur compagne et il se produisait toujours une minute de silence.
Manuel Rossi sourit pour lui seul. Tant qu’il aurait des filles comme Hida dans son spectacle, le cabaret ferait le plein malgré les dévaluations et les mini-révolutions.
La fesse est une denrée que l’on consomme en tout temps.
Manuel tira sur sa veste de smoking, passa derrière le bar, claqua des doigts. La barmaid opina, eut quelques gestes rapides, déposa devant lui le scotch de une heure du matin.
— Ne bois pas trop, Manu, souffla gentiment Jocelyne.
Paternel, il lui caressa la joue.
— Ne t’inquiète pas, mignonne…
Malgré la différence d’âge, il l’avait épousée quatre ans auparavant, lui avait fait trois enfants à la file, façon corse, et, depuis, les choses allaient selon ses goûts. Des goûts tranquilles de quinquagénaire rangé des voitures, ayant roulé sa pelote et sa bosse, n’aspirant plus qu’à un petit train-train quotidien dénué de houle et d’aventure. Jocelyne enfila son vison, bisa le nez de Manu, rafla son sac. »
Extrait de : A. Caroff. « La Grande Castagne. »
L’heure des morts par André Caroff

Fiche de L’heure des morts
Titre : L’heure des morts
Auteur : André Caroff
Date de parution : 1963
Editeur : Fleuve noir
Première page de L’heure des morts
« Du haut du talus, bien plus haut que le toit de la ferme, et au-delà du rideau de sapins vert sombre, Vonny apercevait la route qui serpentait jusqu’à la petite cité de Travers, puis, à droite et à gauche, la montagne rocailleuse dans laquelle s’encastrait la vallée d’où s’élevaient les fumées de l’usine Spada.
Vonny était juchée sur un olivier fourchu depuis si longtemps que l’écorce du vieil arbre s’était incrustée dans la chair de ses cuisses, au point d’y dessiner en relief la trace de ses milliers de rides. En fait, la jeune fille était très mal installée, presque dangereusement, puisque l’arbre tendait ses branches tordues au-dessus du ravin qui fendait la montagne comme d’un coup de sabre. Mais pour le lui faire admettre, il eût au moins fallu l’intervention énergique de Mémé Brown. Or, Mémé Brown se battait dans le pré aux moutons. Elle tenait un gourdin de la main droite et un souple mais solide jonc dans la main gauche. »
Extrait de : A. Caroff. « L’Heure des morts. »
L’exilé d’Akros par André Caroff

Fiche de L’exilé d’Akros
Titre : L’exilé d’Akros
Auteur : André Caroff
Date de parution : 1973
Editeur : Fleuve noir
Première page de L’exilé d’Akros
« Dans l’univers parallèle n° 3, on ignorait autant de choses qu’on en connaissait. On savait que la planète Agnor se situait dans le noyau 80 de la galaxie 730, mais nul n’imaginait l’existence d’univers parallèles.
D’ailleurs, si, par exemple, quelqu’un avait révélé à un grand penseur, comme Ivnor Rez, que la galaxie 730 appartenait au monde parallèle n° 3, Ivnor Rez aurait rétorqué que cela ne se pouvait pas. Et, en caressant sa barbe, souriant de l’ignorance de son interlocuteur, il aurait dit avec son implacable logique que, si, par hasard, d’autres univers existaient, ils portaient fatalement des chiffres s’énumérant de 2 à l’infini, étant bien entendu que le numéro 1 revenait à Agnor, berceau de toute civilisation.
Dans le même ordre d’idées, personne, sur Agnor, ne connaissait une planète nommée Terre. Ce qui était normal, puisque, sur Terre, on n’avait jamais entendu parler d’Agnor.
Le capitaine Elax Xez réfléchissait en regagnant sa petite maison-bulle de Toz, capitale d’Agnor. Il ne pensait ni à la Terre ni à d’autres univers, pour la bonne raison qu’il n’en connaissait pas l’existence, mais songeait aux objets bizarres qu’il avait vus sur la planète 127. »
Extrait de : A. Caroff. « L’exilé d’Akros. »
Extermination par André Caroff

Fiche de Extermination
Titre : Extermination
Auteur : André Caroff
Date de parution : 1989
Editeur : Fleuve noir / Gore
Première page de Extermination
« Le ciel roulait des nuages noirs, parfois lacérés par les derniers rayons du soleil sanglant qui mourait loin vers l’ouest, au-delà de la ligne sombre des collines hérissées de sapins menaçants.
Dans la réalité, dans la vraie vie, pensait Moïse Katz, le ciel devait être simplement orageux, les sapins gracieux et le soleil se couchait une fois de plus, comme chaque soir, au lieu de mourir dans une flaque de sang.
Mais ici, à Friedhausen, la mort était au bout d’un soupir, d’un geste de trop, d’un regard plus appuyé que d’habitude ou, tout bêtement, d’une saute d’humeur chez le sinistre Kommandoführer Steinbauer. En ce mois de décembre 1944, la température descendait souvent à moins quinze degrés au cours de la nuit. Au matin, dans le block 12, on retrouvait les cadavres gelés de quatre ou cinq déportés, surtout quand les SS enlevaient portes et fenêtres après avoir arrosé au jet d’eau glacée les prisonniers endormis.
Le block 12 était occupé par des juifs diamantaires. »
Extrait de : A. Caroff. « Extermination. »
Élimination par André Caroff

Fiche de Élimination
Titre : Élimination
Auteur : André Caroff
Date de parution : 1983
Editeur : Fleuve noir
Première page de Élimination
« Le vieux leva le bras, un bras aussi noueux qu’une branche, et désigna la montagne noyée dans la brume. Le jeune n’en avait pas souvent vu le sommet.
— ‘garde-moi ça ! fit le vieux de sa voix rauque, éraillée par l’usage du tabac et de l’alcool, v’là encore ce putain de brouillard de merde ! Pas encore aujourd’hui qu’on pourra aller au ravito ! Si seulement on avait une bourrique pour trimbaler l’matériel !
Le jeune eut un léger retroussis des lèvres. Il n’avait jamais rencontré un personnage aussi pittoresque que le vieux, qui ne savait ni lire ni écrire, qui parlait n’importe comment, qui ne se lavait jamais et qui mangeait ses poux lorsqu’il pouvait en capturer. Ce vieux, bon sang ! C’était quelqu’un ! Peut-être le meilleur tireur de la région !
Le vieux regarda obliquement le jeune.
— T’as pas faim, toi ? »
Extrait de : A. Caroff. « Elimination. »
Electronic man par André Caroff

Fiche de Electronic man
Titre : Electronic man
Auteur : André Caroff
Date de parution : 1978
Editeur : Fleuve noir
Première page de Electronic man
« Gortz s’éveilla brusquement, pratiquement sans transition. Il se retourna sur sa couche et rencontra le regard fixe de Kania. Comme de coutume, la jeune femme et lui venaient d’émerger du sommeil à la même seconde. Ils se dévisagèrent un instant, écoutant machinalement le formidable grondement des machines installées sous l’immense verrière de l’usine.
À travers la baie de leur cellule d’habitation, ils ne découvraient que le désert infini écrasé par l’implacable soleil. Là rien ne vivait et nul ne s’y hasardait jamais, sinon en groupe organisé, quelquefois, pour visiter ce que les directeurs nommaient « la Cité ».
Gortz pensait de temps en temps, mais en vérité, il ne savait pas ce qu’était le temps. Car pour lui, Kania et leurs semblables, le temps n’était qu’une chose abstraite que personne ne pouvait mesurer ni fractionner. Il existait, c’était une certitude. »
Extrait de : A. Caroff. « Electronic man. »
Deux pas dans le soleil par André Caroff

Fiche de Deux pas dans le soleil
Titre : Deux pas dans le soleil
Auteur : André Caroff
Date de parution : 1984
Editeur : Fleuve noir
Première page de Deux pas dans le soleil
« Dorsum avait déjà parcouru une longue distance. Il s’arrêta pour souffler un peu, regarda autour de lui. Il devait faire très attention aux fragments de métal déchiquetés et rouillés. Il ne devait pas se blesser car, à ce niveau, l’air était humide, chargé de miasmes et la moindre égratignure s’infectait très vite.
L’ambition de Dorsum se limitait au troisième niveau. On disait qu’il y avait là-haut plus de clarté et moins d’humidité. Dorsum ne pouvait plus vivre EN BAS, en lettres majuscules, comme on écrivait jadis EN ENFER.
Dorsum reprit sa reptation, progressa de quelque soixante mètres en quinze minutes. Au détour d’une carcasse de plancher métallique, un chien sauvage regarda passer Dorsum qui serrait son coutelas entre ses dents. L’homme et l’animal se jaugèrent. Ils étaient tous deux en bonne forme, jeunes et musclés. Ils préférèrent donc s’ignorer car l’issue d’un affrontement était par trop incertaine.
Plus loin, au milieu d’une échelle rouillée, Dorsum se demanda quelle tête ferait Dahi s’il réussissait. Bien sûr, elle ne saurait jamais qu’il avait atteint le troisième niveau. Elle penserait qu’il avait été capturé par les Algorads pour nettoyer les tuyaux de réchauffement des niveaux supérieurs. »
Extrait de : A. Caroff. « Deux pas dans le soleil. »
Coulez le Kashii Maru par André Caroff

Fiche de Coulez le Kashii Maru
Titre : Coulez le Kashii Maru
Auteur : André Caroff
Date de parution : 1970
Editeur : Fleuve noir
Première page de Coulez le Kashii Maru
« Le Allaikha était un cargo soviétique de 8 400 tonneaux, comptant officiellement 77 hommes d’équipage, et venant de Magadan, en mer d’Okhotsk, son port d’attache.
Chargé d’armes de guerre et de munitions à Vladivostok, le navire avait parcouru près de 2 500 milles marins avant de venir s’amarrer dans le port de Haiphong, au Viêt-nam du Nord, où le déchargement s’était effectué en moins de six jours.
Le huitième jour, Nikolia Svortsov, commandant du Allaikha, avait fait savoir aux autorités du port que la machine tribord était en démontage pour réparation. En conséquence, son cargo ne pourrait reprendre la mer à la date prévue.
Le neuvième jour, Svortsov retourna à terre. La panne se révélait plus grave qu’on ne l’avait pensé de prime abord. Le cargo serait immobilisé à quai jusqu’à l’arrivée d’une pièce mécanique indispensable, introuvable ailleurs qu’en U.R.S.S. et qu’un autre cargo, le Kara, se chargerait de fournir au plus tôt. »
Extrait de : A. Caroff. « Coulez le Kashii-Maru. »