Catégorie : Livres

 

Un frère au fond des siècles par Philippe Ébly

Fiche de Un frère au fond des siècles

Titre : Un frère au fond des siècles (tome 4 sur 9 – Les évadés du temps)
Auteur : Philippe Ébly
Date de parution : 1981
Editeur : Hachette

Première page de Un frère au fond des siècles

« Ce fut Kouroun qui s’éveilla le premier. L’air était froid, de ce froid humide qui annonce l’aurore en automne. Le garçon se dressa sur un coude, et s’assit pour jeter un coup d’œil autour de lui. Et d’abord, il ne vit pas grand-chose — rien d’autre qu’une lumière grise qui sortait lentement de la nuit. Puis il aperçut trois formes noires étendues sur le sol, et il comprit que ses compagnons dormaient encore.
« Trop tôt ! » pensa-t-il.
Il était accoutumé au danger, de longtemps. Il s’éveillait vite, et retrouvait toute sa lucidité en quelques instants. Aussitôt, il se méfia. Quelque chose n’était pas normal, ce matin-là… La veille, ils s’étaient endormis sous leurs tentes, et voilà qu’ils s’éveillaient à la belle étoile. Pourquoi ?
Kouroun se leva sans bruit, et c’est à ce moment qu’il sentit l’odeur — une odeur qu’il n’attendait pas du tout. Il laissa passer quelques secondes et respira plus lentement, attentif à ne pas se tromper. Non, le
doute n’était pas possible. C’était une senteur de feuilles mortes, de fougères et de fleurs sauvages. Très loin un oiseau chanta, et Kouroun reconnut le cri du merle. »

Extrait de : P. Ebly. « Les Evadés du Temps – Un frère au fond des siècles. »

Volontaires pour l’inconnu par Philippe Ébly

Fiche de Volontaires pour l’inconnu

Titre : Volontaires pour l’inconnu (tome 3 sur 9 – Les évadés du temps)
Auteur : Philippe Ébly
Date de parution : 1980
Editeur : Hachette

Première page de Volontaires pour l’inconnu

« C’était à Tours à deux pas du quai d’Orléans, dans l’ancien archevêché du xviiie siècle transformé en musée — un musée vaste et riche, avec de très belles collections. Quatre garçons y étaient entrés au début de l’après-midi, et aucun d’eux ne semblait s’ennuyer.
Ces garçons pouvaient avoir quinze ou seize ans. Ils se trouvaient dans une grande salle du second étage, consacrée tout entière à l’Egypte ancienne. Ils avaient d’abord traversé cette salle sans trop s’y attarder, puis ils étaient revenus pour la voir à loisir. À présent, tous les quatre étaient groupés autour d’une vitrine à hauteur d’appui qui contenait un certain nombre de petits objets.
Au bout de quelques minutes, un des garçons se détacha du groupe et s’approcha d’une fenêtre pour jeter un coup d’œil au-dehors. De là, il voyait la Loire et l’île Aucard à deux ou trois cents mètres. Un de ses compagnons le rejoignit après quelques instants. Les deux garçons qui étaient restés près de la vitrine avaient exactement la même taille, le même visage aux traits réguliers, les mêmes cheveux noirs assez courts — et les mêmes vêtements.
« Est-ce que c’est la lampe qui t’intéresse? » chuchota l’un d’eux. »

Extrait de : P. Ebly. « Les évadé du temps – Volontaires pour l’inconnu. »

Le voyageur de l’au-delà par Philippe Ébly

Fiche de Le voyageur de l’au-delà

Titre : Le voyageur de l’au-delà (tome 2 sur 9 – Les évadés du temps)
Auteur : Philippe Ébly
Date de parution : 1978
Editeur : Hachette

Première page de Le voyageur de l’au-delà

« Frédéric leva la tête, jeta un coup d’œil au-dehors, et vit trois garçons qui s’approchaient.

« Ils vont venir ici », pensa-t-il.

Depuis qu’il remplaçait son père au bar, Frédéric observait la route avec beaucoup d’intérêt — et il préférait toujours voir entrer des clients de son âge. Et ces trois-là, justement… Des garçons de quinze ou seize ans, le sac au dos, qui semblaient de vrais sportifs et non des auto-stoppeurs. Comme l’après-midi touchait à sa fin, ils devaient avoir soif, et c’était le seul café de Saint-André-de-Valborgne, sur la longue route sinueuse qui traverse les Cévennes d’ouest en est, en suivant les vallées, de Florac à Anduze.

Les trois marcheurs entrèrent en effet, se débarrassèrent de leur sac et s’assirent autour d’une table.

« Salut ! » dit l’un d’eux.

À première vue, ce garçon semblait le porte-parole du groupe, et Frédéric devait apprendre un peu plus tard qu’il s’appelait Thierry. »

Extrait de : P. Ebly. « Le Voyageur de l’au-delà – Les évadés du temps. »

Les trois portes par Philippe Ébly

Fiche de Les trois portes

Titre : Les trois portes (tome 1 sur 9 – Les évadés du temps)
Auteur : Philippe Ébly
Date de parution : 1977
Editeur : Hachette

Première page de Les trois portes

« IL PLEUVAIT depuis le début de l’après-midi. C’était une pluie fine et froide, qui semblait ne jamais devoir s’arrêter. Le sac au dos, bien protégés par leurs anoraks, deux garçons de quinze ou seize ans marchaient, face au vent, sur le bas-côté de la route. L’un d’eux consulta sa montre, puis regarda tout autour de lui, comme s’il cherchait un quelconque repère. On le devinait pressé d’arriver à l’étape, car la nuit commençait à tomber. Son compagnon remarqua son impatience, et demanda :
« Alors, Thierry ? Encore combien de temps ? » Thierry ne répondit pas tout de suite. Il s’arrêta, sortit de son sac une carte routière et la déplia en tournant le dos au vent. Puis il expliqua la situation.
« Il y a plus d’une heure que nous avons quitté Néant-sur-Yvel, et nous n’avons pas traîné en route. Nous devons être ici, à peu près. (Il montra l’endroit.) Enfin, je crois… »
Après avoir hésité un peu, il ajouta :
« Je ne suis pas tout à fait sûr. J’ai dû passer à côté d’une borne sans la voir. Avec cette pluie, ça n’aurait rien d’étonnant… »

Extrait de : P. Ebly. « Les Trois Portes – Les évadés du temps. »

L’heure perdue par Georges Lebas

Fiche de L’heure perdue

Titre : L’heure perdue
Auteur : Georges Lebas
Date de parution : 1929
Editeur : Bibliothèque numérique romande

Première page de L’heure perdue

« La lune toute ronde faisait bonne garde autour de la terre.

— Belle nuit de mars pour lorgner les étoiles, dit majestueusement Me Bouvard en se carrant à la fenêtre que l’on venait d’ouvrir afin d’aérer le salon surchauffé. Quelle magnificence là-haut ! Si je n’étais notaire, j’aimerais me consacrer à l’astronomie.

— Vous perdriez au change, dit la maîtresse de maison, Mme Vidal.

Jean Laroche, selon son habitude, fit de l’ironie :

— Vos « minutes » sont plus lucratives… N’est-ce pas, Monsieur Vidal ?

Il appuya sur « minutes » pour souligner la finesse de son jeu de mots.

Le vieux professeur, directement interpellé, tressaillit et parut s’arracher avec peine à ses pensées.

— En effet dit-il. »

Extrait de : G. Lebas. « L’Heure perdue. »

Le maître du temps par Giuseppe Lipparini

Fiche de Le maître du temps

Titre : Le maître du temps
Auteur : Giuseppe Lipparini
Date de parution : 1909
Traduction : F. Roussille
Editeur : Bibliothèque numérique romande

Première page de Le maître du temps

« Quand le professeur Antonio Schwarz fit son entrée dans l’immense salle de l’Académie des sciences d’Oppendorf, un murmure de satisfaction s’éleva des bancs où siégeaient les académiciens en grande tenue. Le même murmure parcourut les longues files de chaises, déjà envahies par un public anxieux de connaître la fameuse découverte qui, depuis quelques jours, défrayait toutes les conversations.

— Enfin ! susurra l’académicien Teuffel à l’oreille de son voisin, un grave et sévère mathématicien, notre homme illustre a daigné venir. Je craignais bien qu’une distraction ne l’en empêchât.

— En effet, répondit l’autre, donnez-vous la peine d’examiner son costume : il ne convient guère à l’orateur d’une séance aussi solennelle. »

Extrait de : G. Lipparini. « Le Maître du temps. »

Vers la révolution par Philip Goy

Fiche de Vers la révolution

Titre : Vers la révolution
Auteur : Philip Goy
Date de parution : 1977
Editeur : Denoël

Sommaire de Vers la révolution :

  • Larzac
  • Un but dans l’existence
  • Jeunesse
  • Camés !
  • Vers la révolution

Première page de Larzac

« — Retenez vos chiens !
— Retenez vos hommes !
Le véhicule vert-de-gris fonce droit sur le bétail qui s’éparpille en bêlant. Deux chiens lancés à pleine course tentent des bonds fantastiques pour passer dans l’échancrure des portes et attaquer les soldats hilares.
Debout à côté du conducteur, imperturbable malgré les cahots du terrain inégal, le képi cylindrique comme vissé sur le front, l’officier accomplit son devoir sans passion ni faiblesse.
— Mademoiselle, vous êtes dans la zone interdite.
— Salaud ! Et comment je fais pour récupérer mes brebis ?
Pour toute réponse l’officier fait un geste au conducteur qui embraye en direction du retour.
— Salaud ! Ordure !
L’œil bleu du chef passe en revue ses hommes avec satisfaction. Leur joie lui fait plaisir. Ce sont des esprits simples. Les mener sans faiblesse, certes, mais ne pas leur refuser un amusement légitime et qui exalte leur esprit de corps.
— Salaud… Espèce de pédé !
Le cri de la fille a couvert le bruit du moteur. Aucun doute. Les hommes soudain silencieux ont les yeux fixés sur leur chef. »

Extrait de : P. Goy. « Vers la révolution. »

Le père éternel par Philip Goy

Fiche de Le père éternel

Titre : Le père éternel
Auteur : Philip Goy
Date de parution : 1974
Editeur : Denoël

Première page de Le père éternel

« La nuit tombait, Éroville commençait vraiment à respirer. Dès 2 heures du matin, on pourrait entendre haleter la ville entière. Avant l’aube, elle pousserait des cris et sombrerait brutalement dans un sommeil long comme le jour.
Dans le crépuscule, des formes humaines et animales apparaissaient, se cherchaient, se flairaient. Un fantastique carnaval se formait dans les rues illuminées de soleils pulsants aux couleurs changeantes. Une musique, d’abord discrète, s’élançait avec de plus en plus d’ampleur à l’assaut des oreilles, son rythme entraînant tous les corps. Un parfum délicieux se répandait dans l’atmosphère chaude, grisant les esprits et rendant les gosiers avides de Silènol, la boisson verte spéciale qui coulait à toutes les fontaines. Le sol, encore dur, allait bientôt devenir élastique et de plus en plus moelleux, puis visqueux et odorant, parcouru par de petites secousses à sa surface bleue, coordonnées avec de légères stimulations électriques en certaines zones de couleur orange. »

Extrait de : P. Goy. « Le Père éternel. »

Le prisonnier de l’eau par Philippe Ébly

Fiche de Le prisonnier de l’eau

Titre : Le prisonnier de l’eau (tome 20 sur 20 – Les conquérants de l’impossible)
Auteur : Philippe Ébly
Date de parution : 2007
Editeur : Temps Impossible

Première page de Le prisonnier de l’eau

« Le professeur Auvernaux fît entrer ses quatre visiteurs dans l’appartement et leur montra l’entrée du salon. En même temps, il s’excusa en quelques mots.
«C’est gentil à vous d’être venus si vite, dit-il. Mais j’ai encore un coup de téléphone à donner. Ça me prendra deux ou trois minutes, pas plus. Asseyez-vous, et regardez ceci… »
Les quatre adolescents paraissaient très à l’aise. Ce n’était pas la première fois qu’ils venaient dans cet appartement du square Adanson. L’un d’eux — Serge — répondit pour ses compagnons.
«Merci, professeur. Nous ne sommes pas pressés. Pas du tout. »
Auvernaux disparut alors dans la pièce voisine, et on l’entendit décrocher le téléphone. « Ceci » était une longue bande de papier, large d’une dizaine de centimètres et perforée sur les bords. Elle se trouvait sur une table basse, et était maintenue bien à plat par deux presse-papiers. Un long trait rouge courait d un bout à l’autre, sans interruption. »

Extrait de : P. Ebly. « Les conquérants de l’impossible – Le prisonnier de l’eau. »

Mission sans retour par Philippe Ébly

Fiche de Mission sans retour

Titre : Mission sans retour (tome 19 sur 20 – Les conquérants de l’impossible)
Auteur : Philippe Ébly
Date de parution : 1996
Editeur : Hachette

Première page de Mission sans retour

« Serge commençait à sentir la soif et l’ennui. Donner un bon coup de main quand il le fallait, d’accord — mais trop, c’était trop. Il écarta, d’un doigt, ses cheveux blonds qui lui tombaient sur le front, tout en se tournant vers Xolotl.
« On va souffler deux minutes ! décida-t-il. Tu veux un jus d’orange, ou autre chose ? Il y a sûrement ce qu’il faut, au frigo. »
L’autre accepta, d’un signe de tête, et s’assit sur un vieux coffre de marin. L’air devenait irrespirable avec toute cette poussière.
« … ’range ! » répondit-il à mi-voix.
Il resta tranquillement assis sur le coffre, pendant que Serge dévalait l’escalier pour aller chercher les deux jus de fruits. Lattente fut longue, mais il en fallait bien davantage pour impatienter Xolotl — seize ans, un authentique Indien de la Sierra Madre, calme et paisible, jamais pressé d’agir ou de parler. Pourtant, Serge crut devoir s’excuser en remontant avec les boissons. »

Extrait de : P Ebly. « Mission sans retour – Les conquérants de l’impossible. »