Catégorie : Livres
La reine du Sabbat par Gaston Leroux

Fiche de La reine du Sabbat
Titre : La reine du Sabbat
Auteur : Gaston Leroux
Date de parution : 1910
Editeur : Bibebook
Première page de La reine du Sabbat
« Le Palais-Royal paraissait à peu près désert. Il était deux heures de l’après-midi. Un beau soleil d’automne dorait la vaste solitude du jardin abandonné. Une ombre passa sur la galerie qui longe la rue des Bons-Enfants, en même temps qu’un pas d’homme se faisait entendre le long des petits magasins, sur les dalles sonores.
C’était l’heure de la sieste. Pas un visage curieux ne se pencha, derrière les vitres, sur ce passant solitaire. Cependant la mise de cet homme n’était point ordinaire.
Un lourd manteau de velours noir l’enveloppait de la tête aux pieds. Un pan de ce manteau, retombant dans le dos en plis harmonieux, laissait apparaître sa doublure écarlate. Enfin, un chapeau de feutre noir, de forme Directoire, orné sur le devant d’un nœud de velours et d’une boucle d’argent, coiffait l’une des plus nobles têtes qui se pussent voir : un profil d’une aristocratie royale, un visage dont le teint, d’une pâleur mate, s’éclairait au feu d’un regard éblouissant. »
Extrait de : G. Leroux. « La Reine du Sabbat. »
La poupée sanglante par Gaston Leroux

Fiche de La poupée sanglante
Titre : La poupée sanglante
Auteur : Gaston Leroux
Date de parution : 1923
Editeur : Feedbooks
Première page de La poupée sanglante
« Bénédict Masson avait sa boutique dans un des coins les plus retirés, les plus paisibles et aussi les plus vieillots de l’Île-Saint-Louis. Bénédict Masson était relieur d’art, ce qui ne l’empêchait pas de vendre des cartes postales et de se livrer à un petit commerce de papeterie dans ce quartier désuet, manière de province dans la capitale, qui semble défendue par sa ceinture d’eau de cette éternelle bacchanale que l’on est convenu d’appeler la vie parisienne.
Dans cette rue, dont le nom a été changé depuis, et qui s’appelait – il n’y a pas bien longtemps encore – la rue du Saint-Sacrement-en-l’Isle, à l’ombre de vieux hôtels qui furent, il y a deux siècles, le rendez-vous de tous les beaux esprits, se sont ouverts ou plutôt entrouverts une demi-douzaine de boutiques, quelques débits, un modeste magasin d’horlogerie, dans la prétention exorbitante d’y entretenir un semblant de vie… Eh bien, c’est de cette petite rue, habitée par notre relieur, c’est de ce quartier qui semblait ne devoir plus exister que par ses propres souvenirs qu’est sortie l’une des plus prodigieuses aventures de cette époque et, à tout prendre, la plus sublime ! Sublime, l’aventure de Bénédict Masson l’a été sûrement, car elle fut une Date (avec un grand D) dans l’histoire de l’Humanité, mais en même temps que sublime, elle fut aussi épouvantable… et Paris, qui n’en a surtout connu que l’épouvante, en tressaille encore. »
Extrait de : G. Leroux. « La poupée sanglante. »
La machine à assassiner par Gaston Leroux

Fiche de La machine à assassiner
Titre : La machine à assassiner
Auteur : Gaston Leroux
Date de parution : 1923
Editeur : Bibebook
Première page de La machine à assassiner
« Voici une petite rue paisible, endormie depuis deux siècles, où le plus gros événement de la journée pour certains fossiles qui achèvent de sécher derrière la porte de leur boutique ou les rideaux de leur fenêtre est un couple de touristes égarés qui passe, une visite inattendue chez le voisin, la sortie inopinée d’une jeune personne qui a mis une toilette neuve, les stations répétées de « la demoiselle de l’horloger » chez le relieur d’art, et, tout à coup, ce quartier apprend que le relieur d’art est arrêté pour avoir chauffé son poêle avec une demi-douzaine de pauvres femmes qui s’en sont ainsi allées en fumée et qu’il a été surpris dans sa besogne d’enfer par cette même demoiselle de l’horloger qui n’a dû qu’à un miracle d’échapper au sort qui l’attendait !
Il n’est certes point difficile d’imaginer la perturbation apportée dans les mœurs et les habitudes de ce coin de l’Île-Saint-Louis et, particulièrement, dans la société de Mlle Barescat, mercière, par ce drame épouvantable.
Du quai de Béthune à l’Estacade, on vivait sous le « régime de la terreur »… comme disait Mme Langlois, ex-femme de ménage de cet affreux Bénédict. »
Extrait de : G. Leroux. « La machine à assassiner. »
La double vie de Théophraste Longuet par Gaston Leroux

Fiche de La double vie de Théophraste Longuet
Titre : La double vie de Théophraste Longuet
Auteur : Gaston Leroux
Date de parution : 1904
Editeur : Bibebook
Première page de La double vie de Théophraste Longuet
« L’étrange aventure de M. Théophraste Longuet, qui devait se terminer d’une façon si tragique, eut son origine dans une visite que cet homme de bien fit à la prison de la Conciergerie, le vingt-huitième jour de juin 1899. Ainsi l’histoire est d’hier, mais l’auteur de ces lignes, après avoir feuilleté, compulsé, interrogé avec une grande conscience tous les papiers, cahiers, mémoires et testaments du sieur Théophraste Longuet, ose dire qu’elle n’en est pas moins fantastique.
M. Théophraste Longuet, quand il sonna à la porte de la Conciergerie, n’était point seul : il était accompagné de sa femme, Marceline, qui était une fort belle femme, blonde et mûre, la « majestueuse enfant » dont parle le poète. Marceline balançait son col « avec d’étranges grâces » ; et, vraiment, je ne trouve rien de mieux à vous dire sur cette aimable personne, pour vous donner la sensation un peu vague mais réelle de son aspect général, que les deux vers de Baudelaire :
Quant tu vas, balayant l’air de ta jupe large,
Tu fais l’effet d’un beau vaisseau qui prend le large.
M. Théophraste Longuet était donc accompagné de sa femme et aussi de M. Adolphe Lecamus, son meilleur ami. »
Extrait de : G. Leroux. « La double vie de Théophraste Longuet. »
L’homme qui revient de loin par Gaston Leroux

Fiche de L’homme qui revient de loin
Titre : L’homme qui revient de loin
Auteur : Gaston Leroux
Date de parution : 1916
Editeur : Bibebook
Première page de L’homme qui revient de loin
« Suivi de son « caddie », porteur de ses « clubs », Jacques Munda de la Bossière rentra triomphant au château. Il ne s’était point cependant mêlé à la partie et ne pouvait, ce jour-là, tirer quelque orgueil de son adresse : mais son nouveau terrain de golf avait eu un tel succès !
Il est vrai qu’il y avait mis le prix, n’ayant pas hésité à jeter par terre quelques bons arpents de ce coin de la forêt de Sénart qui faisait partie du domaine. Et, ma foi, il en usait avec ce domaine comme s’il lui appartenait, le soignant en véritable propriétaire, l’embellissant, ne reculant devant aucune dépense.
Après une rapide caresse à deux magnifiques lévriers, champions de coursing, que le valet de chiens ramenait au chenil, l’exercice terminé, Jacques, léger de toute sa jeunesse, de toute sa santé et de toute sa bonne humeur, traversa le vestibule d’un bond, escalada l’escalier monumental qui conduisait aux appartements du premier étage et frappa à la porte du cabinet de toilette où « madame » était enfermée avec sa femme de chambre. »
Extrait de : G. Leroux. « L’Homme qui revient de loin. »
Le nouvel accélérateur par Herbert G. Wells

Fiche de Le nouvel accélérateur
Titre : Le nouvel accélérateur
Auteur : Herbert G. Wells
Date de parution : 1901
Traduction : Mais-Encore.fr
Editeur : Mais-Encore.fr
Le nouvel accélérateur — H. G. Wells
Nouvelle publiée en 1901, aujourd’hui dans le domaine public.
Traduction française : Mais-Encore.fr
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Première page de Le nouvel accélérateur
« Assurément, si jamais un homme a trouvé un trésor alors qu’il cherchait une épingle, c’est bien mon excellent ami, le professeur Gibberne. J’ai déjà entendu parler de chercheurs qui dépassaient le but qu’ils s’étaient fixé, mais jamais dans de telles proportions. Il a véritablement trouvé cette fois — et l’expression n’a absolument rien d’exagéré — de quoi révolutionner la vie humaine. Et dire qu’il cherchait simplement un stimulant nerveux général, capable de remettre les personnes apathiques au niveau des exigences de notre époque si compétitive. J’ai goûté à cette substance à plusieurs reprises maintenant, et le mieux que je puisse faire est de décrire l’effet qu’elle a produit sur moi. Il deviendra bien assez évident que des expériences prodigieuses attendent tous ceux qui sont en quête de sensations inédites.
Le professeur Gibberne est, comme beaucoup de gens le savent, mon voisin à Folkestone. À moins que ma mémoire ne me joue des tours, son portrait à différents âges est déjà paru dans le Strand Magazine — vers la fin de 1899, je crois ; mais il m’est impossible de vérifier car j’ai prêté ce volume à quelqu’un qui ne me l’a jamais rendu. Le lecteur se rappellera peut-être ce front haut et ces sourcils noirs singulièrement longs qui donnent à son visage un air si méphistophélique. »
Extrait de : H. G. Wells. « Le Nouvel Accélérateur. »
Le trésor de la forêt par Herbert G. Wells
Fiche de Le trésor de la forêt
Titre : Le trésor de la forêt
Auteur : Herbert G. Wells
Date de parution : 1894
Traduction : Mais-Encore.fr
Editeur : Mais-Encore.fr
Le trésor de la forêt — H. G. Wells
Nouvelle publiée en 1894, aujourd’hui dans le domaine public.
Traduction française : Mais-Encore.fr
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Première page de Le trésor de la forêt
« Le canoë approchait maintenant de la terre. La baie s’ouvrait, et une brèche dans l’écume blanche du récif marquait l’endroit où la petite rivière se jetait dans la mer ; le vert plus dense et plus profond de la forêt vierge signalait son cours le long de la lointaine pente de la colline. Ici, la forêt s’avançait presque jusqu’à la plage. Bien au-delà, vaporeuses et presque semblables à des nuages, les montagnes se dressaient comme des vagues soudainement figées par le gel. La mer était calme, à l’exception d’une houle presque imperceptible. Le ciel était de plomb.
L’homme à la pagaie sculptée s’arrêta. « Ce devrait être par ici », dit-il. Il posa sa pagaie et tendit les bras droit devant lui.
L’autre homme se tenait à l’avant du canoë, scrutant attentivement la côte. Il avait une feuille de papier jaune posée sur le genou.
« Viens voir ça, Evans », dit-il.
Les deux hommes parlaient à voix basse, et leurs lèvres étaient dures et sèches. »
Extrait de : H.G Wells. « Le trésor de la forêt. »
Virtual Revolution 2046 par Guy-Roger Duvert

Fiche de Virtual Revolution 2046
Titre : Virtual Revolution 2046
Auteur : Guy-Roger Duvert
Date de parution : 2020
Editeur : Library of Congress
Première page de Virtual Revolution 2046
« Roy sortit de la taverne et dut cligner les yeux. La lumière éclatante du soleil contrastait avec la pénombre de l’établissement dans lequel il avait traîné pendant quelques heures. D’un air satisfait, il contempla le petit comptoir pirate où il avait décidé de séjourner plusieurs jours plus tôt. Le village était constitué d’un côté d’un port comprenant également diverses boutiques, et de l’autre d’un petit quartier résidentiel. La taverne se trouvait à la frontière entre les deux.
Roy remplit sa cage thoracique d’une grande bouffée d’oxygène, ne se lassant pas que de telles sensations puissent paraître si réalistes. Respirer un air non pollué était un luxe auquel les pauvres comme lui n’avaient pas accès dans la réalité. Il n’y avait que dans les mondes virtuels qu’il devenait possible de goûter de tels plaisirs. Tout y était plus satisfaisant. L’air, la nourriture, même l’eau, sans parler des boissons alcoolisées qui offraient l’ivresse sans les affres de la gueule de bois le lendemain. »
Extrait de : G-R Duvert. « Virtual Revolution 2046. »
L’adieu à Camille par Guy-Roger Duvert

Fiche de L’adieu à Camille
Titre : L’adieu à Camille
Auteur : Guy-Roger Duvert
Date de parution : 2021
Editeur : Library of Congress
Première page de L’adieu à Camille
« Lorsqu’on est mort, c’est pour les autres que c’est dur… »
Il existait de nombreuses affaires pour lesquelles il était difficile de définir la cause d’un décès, même lorsque le meurtrier était connu. Dans l’immédiat, j’avais peu de doutes sur ce qui avait provoqué la mort de la victime, tandis que j’observais le couteau profondément plongé dans le ventre du vieil homme.
J’avais quitté Paris pour m’installer à La Rochelle deux ans plus tôt, afin de fuir une violence qui devenait omniprésente, mais il était probable que celle-ci ne m’abandonnerait pas tant que je resterais flic. Seulement voilà, j’étais bon dans ce job et ne me voyais pas faire autre chose. Même si cela voulait dire gâter régulièrement ma digestion par des spectacles aussi peu ragoûtants que celui d’un retraité baignant dans son sang. »
Extrait de : G-R Duvert. « L’Adieu à Camille. »
Extinction par Guy-Roger Duvert

Fiche de Extinction
Titre : Extinction
Auteur : Guy-Roger Duvert
Date de parution : 2023
Editeur : Library of Congress
Première page de Extinction
« Clémence ferma les paupières et emplit ses poumons d’oxygène, avant de rouvrir les yeux pour admirer le semblant de nature autour d’elle. Le parc boisé était serein, mais la présence de tours futuristes dépassant de la cime des arbres rendait impossible l’illusion de se croire à la campagne.
De taille légèrement inférieure à la moyenne, elle était d’une apparence plutôt menue, de longs cheveux noirs cachant régulièrement une partie de son visage et de beaux yeux bleu pâle. Elle profitait de ses derniers instants libres pour porter des vêtements confortables à la limite du débraillé. Bien qu’approchant la trentaine, sa gestuelle et son maintien faisaient parfois presque penser à une adolescente.
La jeune femme s’était surprise elle-même à avoir l’envie de s’échapper de la ville quelques instants et de s’unir une dernière fois à son environnement terrien avant son départ. Elle était une indéfectible citadine, qui plus est enfermée chez elle la plupart du temps. »
Extrait de : G-R Duvert. « Extinction. »