Catégorie : Livres

 

Les lions d’Al-rassan par Guy Gavriel Kay

Fiche de Les lions d’Al-rassan

Titre : Les lions d’Al-rassan
Auteur : Guy Gavriel Kay
Date de parution : 1995
Traduction : E. Vonarburg
Editeur : J’ai lu

Première page de Les lions d’Al-rassan

« Rappelle-toi toujours qu’ils viennent du désert.

Autrefois, avant que Jehane eût ouvert son propre cabinet de consultation, au temps où son père pouvait encore lui parler et l’instruire, il lui avait répété bien des fois cette maxime à propos des maîtres asharites qui les toléraient et parmi lesquels – comme le faisaient partout les tribus dispersées des Kindaths – ils travaillaient à ménager dans le monde un petit espace de sécurité où trouver une certaine quiétude.

« Mais le désert ne fait-il pas partie de notre propre histoire ? » se rappelait-elle avoir demandé une fois, une question renvoyée comme un défi ; elle n’avait jamais été une élève facile, ni pour lui ni pour personne.

« Nous l’avons traversé, avait répliqué Ishak de sa belle voix bien modulée. Nous y avons séjourné pour un temps, en chemin. Mais nous n’avons jamais été vraiment un peuple des dunes. Eux, oui. Même ici en Al-Rassan, au milieu des jardins, de l’eau et des arbres, les Fils des Étoiles ne sont jamais certains de leur permanence. Au fond de leur cœur, ils demeurent ce qu’ils étaient lorsqu’ils ont pour la première fois adopté les enseignements d’Ashar dans les sables. Quand tu hésites sur la façon de comprendre l’un d’entre eux, souviens-t’en, et la conduite à suivre s’éclaircira sans doute.  »

Extrait de : G.G Kay. « Les lions d’Al-Rassan.  »

Le dernier rayon du soleil par Guy Gavriel Kay

Fiche de Le dernier rayon du soleil

Titre : Le dernier rayon du soleil
Auteur : Guy Gavriel Kay
Date de parution : 2004
Traduction : E. Vonarburg
Editeur : Les Editions Alire

Première page de Le dernier rayon du soleil

« Ibn Bakir avait fini par comprendre qu’il manquait un cheval.

Tant qu’on ne l’avait pas retrouvé, tout était suspendu. Sur la place du marché, la foule se pressait dans la grisaille matinale du printemps. On remarquait tout particulièrement la présence d’hommes armés, barbus et de vastes proportions, mais ils n’étaient pas là pour le commerce. Pas aujourd’hui. Le marché n’ouvrirait pas, si alléchantes fussent les marchandises débarquées du navire venu du sud.

De toute évidence, il était arrivé à un mauvais moment.

Firaz ibn Bakir, marchand de Fézana, qui représentait très délibérément le glorieux califat d’Al-Rassan dans les soies vivement colorées dont il était vêtu (loin d’être assez chaudes pour le vent coupant), ne pouvait s’empêcher de voir ce délai comme une épreuve supplémentaire à lui imposée pour les transgressions commises dans une existence moins que vertueuse. »

Extrait de : G.G Kay. « Le Dernier Rayon du soleil. »

Enfants de la terre et du ciel par Guy Gavriel Kay

Fiche de Enfants de la terre et du ciel

Titre : Enfants de la terre et du ciel
Auteur : Guy Gavriel Kay
Date de parution : 2016
Traduction : E. Vonarburg
Editeur : Les Editions Alire

Première page de Enfants de la terre et du ciel

« Ce fut avec un serrement de cœur que l’ambassadeur fraîchement arrivé de Séressa comprit que l’Empereur Rodolfo, célèbre pour son excentricité, était sérieux dans son intention d’expérimenter avec le protocole de la cour.

L’Empereur aimait les expériences, c’était de notoriété publique.

L’ambassadeur, apparemment, allait devoir se prosterner par trois fois – et à deux reprises ! – quand il serait enfin invité à approcher le trône impérial. Ce devait être conforme à la manière dont on était présenté au Grand Calife Gurçu, à Asharias, lui expliqua l’officiel de très haute taille qui l’escortait. C’était aussi, ajouta le courtisan, songeur, la manière dont on approchait autrefois les grands Empereurs d’Orient. Rodolfo était à présent intéressé, semblait-il, à l’effet d’une telle déférence officielle, observée et remarquée par la cour. Et puisque Rodolfo était l’héritier de ces augustes figures du lointain passé, cela n’avait-il pas du bon sens ?

Non, pas du tout, pensa l’ambassadeur, en le gardant par-devers lui. »

Extrait de : G.G Kay. « Enfants de la Terre et du Ciel. »

Pisteur 3B par Orson Scott Card

Fiche de Pisteur 3B

Titre : Pisteur 3B (Tome 3B sur 3 – Pisteur)
Auteur : Orson Scott Card
Date de parution : 2014
Traduction : M. Jacquet
Editeur : J’ai lu

Première page de Pisteur 3B

« Une fois rentrés à Halte-de-Flaque, Miche et Flaque proposèrent à Umbo de rester en leur compagnie – quelques jours au moins, le temps de souffler avant son retour vers l’entremur de Lar, où l’attendaient Rigg, Param et Olivenko.

Umbo accepta volontiers. Il avoua se délecter à l’avance de leur cuisine et, à dire vrai, le périple l’avait éreinté. Mais leur amitié ne se limitait pas à ces quelques politesses. Umbo était sans famille, mais pas prêt pour une vie d’orphelin. Au-delà de l’ami, Miche représentait pour lui un père et, bien que moins proche de Flaque, Umbo avait aidé le couple à se retrouver.

La taverne se remplit peu à peu des clients de la soirée. Umbo proposa son aide, mais essuya un refus catégorique de la maîtresse de maison. « Ta seule spécialité en cuisine ou en salle, c’est de manger. Alors mange ou, sinon, débarrasse le plancher. » Puis elle adoucit ses propos d’une tape amicale sur son épaule – plutôt une « bourrade », mais, comme Umbo ne termina pas encastré dans un mur, le geste valait pour une caresse. »

Extrait de : O.S Card. « Pisteur. »

Pisteur 3A par Orson Scott Card

Fiche de Pisteur 3A

Titre : Pisteur 3A (Tome 3A sur 3 – Pisteur)
Auteur : Orson Scott Card
Date de parution : 2014
Traduction : M. Jacquet
Editeur : J’ai lu

Première page de Pisteur 3A

« Depuis la surface du Jardin, il ressemble à s’y méprendre à un cirque rocheux percé en son centre d’une montagne. Mais depuis l’espace, il devient évident que cet anneau d’à-pics n’est autre qu’un gigantesque cratère, et la montagne son foyer.

Enfoui à des kilomètres sous l’éminence centrale gît un vaisseau spatial. Il s’est écrasé à la surface du Jardin il y a 11 203 ans.

Pourtant, son lancement depuis une orbite terrestre basse remonte à dix-neuf ans à peine. Après sept années de voyage interstellaire, le vaisseau pénétra dans une faille spatio-temporelle qui le recracha instantanément dans l’atmosphère du Jardin.

« Instantanément », du moins pour son pilote, Ram Odin, seule personne vivante et éveillée à bord.

Car suite à une aberration chronologique, le vaisseau arriva, sur le calendrier terrestre, 11 191 ans avant même son entrée dans la faille.

Il se dupliqua au cours du processus en dix-neuf exemplaires : un par ordinateur de bord chargé du franchissement, chacun transportant une copie de Ram Odin et de tous les colons humains plongés en stase, attendant la terre promise. »

Extrait de : O.S Card. « Pisteur. »

Pisteur 2B par Orson Scott Card

Fiche de Pisteur 2B

Titre : Pisteur 2B (Tome 2B sur 3 – Pisteur)
Auteur : Orson Scott Card
Date de parution : 2012
Traduction : M. Jacquet
Editeur : J’ai lu

Première page de Pisteur 2B

« Umbo n’avait jamais trop su quoi penser de l’école. D’un côté, elle lui avait offert un refuge loin des rosseries de son père et des corvées du foyer. De l’autre, il avait toujours envié à Rigg ses heures aménagées : quelques-unes en classe pour beaucoup au fond des bois avec son père, à attraper des petites bêtes pour leur fourrure.
Mais, comme il l’apprit plus tard, Rigg avait connu dans la forêt un apprentissage bien plus sévère que lui-même à la petite école du village. Et après des semaines de voyage d’un bout à l’autre du spectre de la modernité, des abords civilisés de la Stashik aux campagnes sauvages de l’entremur de Vadesh, à mesurer l’ampleur du travail accompli par Rigg, pour leur trouver de l’eau, de la nourriture, dresser des lieux de campement sûrs, Umbo s’était dit que, tout compte fait, les salles de classe lui avaient épargné bien des rigueurs. »

Extrait de : O.S Card. « Pisteur. »

Pisteur 2A par Orson Scott Card

Fiche de Pisteur 2A

Titre : Pisteur 2A (Tome 2A sur 3 – Pisteur)
Auteur : Orson Scott Card
Date de parution : 2012
Traduction : M. Jacquet
Editeur : J’ai lu

Première page de Pisteur 2A

« Rigg fut le premier à sentir le cours d’eau.
Miche était un vieil habitué des champs de bataille, Olivenko un garde moins chevronné, mais pas un bleu non plus, et Umbo avait pour sa part grandi à Gué-de-la-Chute – autant dire au fond d’un trou !
Seul Rigg avait arpenté les forêts des hauts plateaux qui dominaient le Surplomb, piégeant les animaux pour leur fourrure tandis que celui qu’il nommait Père l’instruisait de tout et de rien – et beaucoup trop à son goût ! Il reniflait l’eau aussi sûrement que ses proies. Bien avant qu’ils n’atteignent la crête d’une pente herbeuse, il savait déjà que, là, au pli des collines, il trouverait un ruisseau. Un mince filet, sans arbres pour le border sur ce sol minéral.
Il allongea le pas.
« Stop », le freina le sacrifiable nommé Vadesh. »

Extrait de : O.S Card. « Pisteur. »

Pisteur 1B par Orson Scott Card

Fiche de Pisteur 1B

Titre : Pisteur 1B (Tome 1B sur 3 – Pisteur)
Auteur : Orson Scott Card
Date de parution : 2010
Traduction : M. Jacquet
Editeur : J’ai lu

Première page de Pisteur 1B

«  On s’est fait prendre dans un hoquet, nota le sacrifiable. En gros, tout ce qu’on ne voulait pas… Dans un hoquet, qui sait ce qui peut vous arriver ? La plupart des calculateurs ont misé sur un découpage net du vaisseau ou sa disparition pure et simple… »
Ram avait épluché un à un les comptes rendus générés pour chaque centimètre carré de vaisseau. « Pourtant, ni découpage ni disparition… On est intacts.
— Plus qu’intacts, nuança le sacrifiable.
— Comment ça, “plus qu’intacts” ? s’étonna Ram.
— Dix-huit copies de notre vaisseau ont franchi la contraction, et nous en plus. »
Ram tenta de visualiser la scène. »

Extrait de : O.S Card. « Pisteur. »

Pisteur 1A par Orson Scott Card

Fiche de Pisteur 1A

Titre : Pisteur 1A (Tome 1A sur 3 – Pisteur)
Auteur : Orson Scott Card
Date de parution : 2010
Traduction : M. Jacquet
Editeur : J’ai lu

Première page de Pisteur 1A

« Rigg et Père posaient généralement les pièges ensemble car, des deux, c’était Rigg qui avait le truc pour repérer les traces des proies traquées.
Les yeux de Père y étaient insensibles – jamais il n’avait su percevoir ces fines traînées scintillantes qui zébraient l’air au passage des êtres vivants. Pour Rigg, elles avaient toujours fait partie du paysage. Bleu éclatant pour les plus fraîches, vertes ensuite, puis jaunes, avant de virer au rouge pour les plus anciennes.
Tout petit déjà, il en avait saisi la signification, car tout le monde en laissait dans son sillage. À leur couleur s’ajoutait une signature, que Rigg avait appris à déchiffrer au fil des ans. D’un coup d’œil, il pouvait ainsi distinguer l’homme de l’animal, une espèce d’une autre. En se concentrant bien, il pouvait même les isoler pour n’en suivre qu’une en particulier, humaine ou animale. »

Extrait de : O.S Card. « Pisteur. »

La rédemption de Christophe Colomb par Orson Scott Card

Fiche de La rédemption de Christophe Colomb

Titre : La rédemption de Christophe Colomb (Tome 1 sur 1 – Observatoire du temps)
Auteur : Orson Scott Card
Date de parution : 1996
Traduction : A. Mousnier-Lompré
Editeur : L’Atalante

Première page de La rédemption de Christophe Colomb

« UNE FOIS SEULEMENT, Colomb désespéra d’accomplir son voyage. Ce fut la nuit du 23 août, dans le port de Las Palmas, sur l’île de Grande-Canarie.

Après des années de lutte, les trois caravelles avaient enfin quitté Palos, pour se heurter presque aussitôt à des ennuis. À force de fréquenter tant de prêtres et de gentilshommes des cours d’Espagne et du Portugal qui lui faisaient risette puis essayaient de l’abattre dès qu’il avait le dos tourné, Colomb avait eu du mal à se convaincre qu’il ne s’agissait pas de sabotage lorsque le gouvernail de la Pinta s’était détaché et avait failli se briser. Après tout, Quintero, le propriétaire du navire, était tellement inquiet de voir son petit bâtiment lancé dans cette aventure qu’il s’était enrôlé à bord en tant que simple marin, rien que pour garder l’œil sur son bien ; et Pinzón avait confié à Colomb avoir vu un groupe d’hommes rassemblés à la poupe de la Pinta au moment où l’on mettait à la voile. »

Extrait de : O.S Card. « La rédemption de Christophe Colomb – Observatoire du temps. »