Catégorie : Livres
Clameurs par André Caroff

Fiche de Clameurs
Titre : Clameurs
Auteur : André Caroff
Date de parution : 1962
Editeur : Fleuve noir
Première page de Clameurs
« Le soleil descend lentement, fait flamboyer l’horizon, couronne d’or la cime des sapins. La route étroite brille comme la surface d’un lac et, haut dans le ciel, un minuscule petit nuage tache l’azur d’un point sanglant.
Je dois être au centre de la Forêt Noire, à quelque neuf cents mètres d’altitude. J’ai traversé Fribourg, laissé loin sur ma droite les sources du Danube. Bientôt, je longerai les rives enchanteresses de la Neckar, puis atteindrai le village de Frischen et enfin l’île où se dresse la maison des Hinrichsen, coincée entre les premiers contreforts de la Forêt Noire et du Jura souabe.
Là m’attend Flamand.
Un Flamand inquiet, qui doit guetter depuis des heures la route par laquelle je dois arriver.
C’est, en effet, la première fois que je tiens un volant depuis mon accident. »
Extrait de : A. Caroff. « Clameurs. »
Ceux des ténèbres par André Caroff

Fiche de Ceux des ténèbres
Titre : Ceux des ténèbres
Auteur : André Caroff
Date de parution : 1973
Editeur : Fleuve noir
Première page de Ceux des ténèbres
« Henry Garrisson essuya la sueur perlant à son front, se frotta énergiquement les yeux. La chaleur, alliée au ronronnement du moteur, à l’interminable et rectiligne ruban de la Fédérale 10, agissait sur lui comme un soporifique. A quarante ans, il se sentait en pleine forme, sauf la nuit… Probablement la vue.
En rentrant à Phœnix, il irait voir un oculiste. Cette fois, c’était décidé.
Garrisson commuta son poste radio, tomba sur l’inévitable concert de musique classique, éteignit d’un geste sec. Il n’aimait pas la musique, ni classique ni moderne, ne s’intéressait qu’aux résultats sportifs et à la politique. En fait, Garrisson était un homme simple, sans complications, et peu bavard. Chauffeur-routier depuis seize ans pour la Bronco Company ayant son siège social et ses entrepôts à Phœnix/Arizona, il était trop souvent seul dans son trente tonnes pour se montrer brillant parleur.
Généralement, Garrisson écoutait et regardait, sans doute par déformation professionnelle car, cinq jours sur sept, il écoutait le chant d’un moteur et regardait une route défiler sous sa cabine avancée. »
Extrait de : A. Caroff. « Ceux des ténèbres. »
Bactéries 3000 par André Caroff

Fiche de Bactéries 3000
Titre : Bactéries 3000
Auteur : André Caroff
Date de parution : 1979
Editeur : Fleuve noir
Première page de Bactéries 3000
« Sunie Taylor traversa vivement la cour du vieil hôpital et se dirigea vers le pavillon des contagieux. Elle avait trois minutes de retard. Depuis quelque temps la jeune infirmière se sentait lasse. Malgré trois séjours en bloc de régénération et un massif traitement de dragées vitalisantes, elle ne parvenait pas à refaire surface.
Après six mois de travail intensif dans le cadre du Centre Hospitalier Extérieur de New York, elle n’aspirait plus qu’à prendre les huit semaines de congé auxquelles elle avait droit.
Malheureusement il fallait d’abord transférer la totalité des malades jusqu’au nouvel hôpital de New Wanaque, la cité neuve construite auprès du lac du même nom afin de désengorger New York surpeuplée depuis plus de cinquante ans. »
Extrait de : A. Caroff. « Bactéries 3000. »
L’oiseau dans le ciment par André Caroff

Fiche de L’oiseau dans le ciment
Titre : L’oiseau dans le ciment (Tome 4 sur 4 – La saga des Rouges)
Auteur : André Caroff
Date de parution : 1983
Editeur : Fleuve noir
Première page de L’oiseau dans le ciment
« Le glisseur s’immobilisa devant le camp, débarqua les équipes de relève et s’éloigna après avoir chargé ceux qui venaient d’assurer la garde pendant la première partie de la nuit.
Le camp se composait d’une trentaine de bâtiments séparés par des allées rectilignes, d’une bande de circulation circulaire, d’une clôture électrifiée. Les cuisines et les ateliers qui se trouvaient au nord, étaient nettement coupés des baraquements par une seconde clôture, non électrifiée celle-là, mais formée par un haut grillage hérissé de barbelés.
Le camp se situait en Idaho, à une douzaine de kilomètres de Big Creek. Trente baraquements abritaient les Inadaptés de sexe masculin, les autres étaient réservés aux Inadaptées de sexe féminin. Parmi ces femmes, natives de toutes les régions de la planète, il y avait de très jolies filles au charme desquelles les gardes n’étaient pas insensibles. Mais le règlement interdisait naturellement « tout contact » entre les prisonnières et leurs gardiens. Ce qui n’empêchait pas des rapports sexuels de s’établir parfois, lorsque les circonstances le permettaient, c’est-à-dire en évitant de prendre le risque d’être surpris par un chef de patrouille.
Eddy Winter, matricule E.W. 010.523.898-S.C. (pour South Carolina) appartenait à la Garde civile. Il se trouvait en compagnie d’Adams, sur le mirador numéro 6, à la jonction de la clôture électrifiée et de celle coupant les baraquements des femmes de ceux des hommes. »
Extrait de : A. Caroff. « L’oiseau dans le ciment. »
Le piège des sables par André Caroff

Fiche de Le piège des sables
Titre : Le piège des sables (Tome 3 sur 4 – La saga des Rouges)
Auteur : André Caroff
Date de parution : 1982
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le piège des sables
« Elles avaient voyagé de nuit, à bord de gros hélicojets aux hublots obturés et ne savaient où elles se trouvaient. Après l’atterrissage, on les avait regroupées à l’extrémité d’un terrain pierreux plongé dans l’obscurité, puis, après une marche forcée de quatre heures, on les avait parquées dans ce hangar, comme des bêtes, à coups de pied et de crosse. Elles n’avaient rien bu ni mangé depuis la veille. Certaines étaient enceintes ou malades.
Hébétée, menton appuyé sur ses genoux relevés, Fann se tenait assise contre le mur brûlant. Dans cette espèce de hangar chauffé à blanc par un soleil féroce, les gardes de la Sécurité avaient entassé un millier » d’inadaptées » en provenance de plusieurs régions d’Europe.
Dans la pénombre, Fann n’apercevait que des têtes inclinées vers le sol. L’odeur mêlée des corps et des déjections était terrible. Fann ferma les yeux, revécut l’attaque U.S. contre le campement installé par Hem le Rouge dans les grottes supérieures du ravin. Cela s’était produit la veille, peu de temps après la désintégration de la Cité métallique, alors que les partisans baignaient encore dans l’allégresse. Nul n’avait eu le loisir de réagir. Les gardes et les légionnaires avaient froidement assassiné les hommes, poussé les femmes en direction des transporteurs. »
Extrait de : A. Caroff. « Le piège des sables. »
Captif du temps par André Caroff

Fiche de Captif du temps
Titre : Captif du temps (Tome 1 sur 4 – La saga des Rouges)
Auteur : André Caroff
Date de parution : 1982
Editeur : Fleuve noir
Première page de Captif du temps
« Hem se glissa derrière la roche et jeta un regard en direction du sud. C’était la nuit mais loin, très loin au-delà du Territoire, il distinguait les fulgurances électriques de la Cité métallique dont les
poutrelles se perdaient dans le ciel.
La frontière se trouvait à quatre heures de marche mais aucun Inadapté ne l’avait jamais franchie. Ceux qui avaient essayé étaient morts en quelques minutes, dans la zone de dévitalisation, au beau milieu de la bande nivelée par les Machines.
— Avance, grogna Kor, on nous attend.
Kor avait quarante ans, soit vingt ans de plus que Hem, et était de ce fait l’un des plus anciens habitants du village. Sa patience s’était usée au fil des années mais l’âge en était moins la cause que la mort de sa compagne pour qui on avait un jour déployé le drapeau rouge. Alors les Maîtres l’avaient emportée à bord d’un appareil volant et nul ne l’avait jamais revue. Quand quelqu’un ne revenait pas au village, on le considérait comme mort. C’était très mauvais signe quand les Maîtres décidaient d’emporter un malade vers le sud. Djara était cependant revenue au bout de six mois, maigre comme une branche morte, les yeux hors des orbites mais guérie. »
Extrait de : A. Caroff. « Captif du temps. »
Rod, Vacuum 02 par André Caroff
Fiche de Rod, Vacuum 02
Titre : Rod, Vacuum 02 (Tome 4 sur 4 – Rod)
Auteur : André Caroff
Date de parution : 1980
Editeur : Fleuve noir
Première page de Rod, Vacuum 02
« La pluie formait un rideau fluctuant entre le convoi et le paysage. Des rafales hurlantes venaient s’écraser contre les hublots panoramiques, couraient en rigoles fugitives sur le velax, opacifiaient à ce point la clarté diurne que Lonia Imis apercevait fréquemment son reflet dans le panneau transparent.
Sur son axe de force, le turbojet trouait l’air comme un obus, se frayait un chemin rectiligne à travers la tempête qui sévissait depuis plus de douze heures sur Continent 5. Lonia Imis allongea les jambes sur le plot de décontraction, fit doucement basculer son dossier inclinable.
Le ciel roulait des nuages d’encre que les deux soleils d’Osma perçaient malaisément et la pluie crépitait sur le toit translucide avec une violence de mitraille. Sous des rafales de vent plus intenses, le turbojet frémissait quelquefois. Ses rivets de rexylium gémissaient, l’ensemble de sa structure donnait l’impression de plier comme une colonne vertébrale, et une faible irradiation d’électricité statique faisait jouer les cheveux et les sourcils de la jeune femme.
À cette allure le convoi atteindrait Zaphamoca dans six minutes, aux confins de Continent 5, là où le relief était trop accidenté et la population pas assez dense pour que soit rentable la construction d’un spatiodrome. »
Extrait de : A. Caroff. « Rod, Vacuum 02. »
Rod, patrouille de l’espace par André Caroff

Fiche de Rod, patrouille de l’espace
Titre : Rod, patrouille de l’espace (Tome 3 sur 4 – Rod)
Auteur : André Caroff
Date de parution : 1980
Editeur : Fleuve noir
Première page de Rod, patrouille de l’espace
« Le superastronef Graar pénétra dans l’atmosphère de la planète Oïlas, creva la couche nuageuse stagnant en permanence au-dessus de sa calotte glaciaire et les deux mille passagers découvrirent avec émerveillement le paysage tourmenté éclairé par le lointain soleil bleu de Rothyte.
Oïlas n’était plus habitée depuis près d’un million d’années. Oïlas était une planète « sèche », l’une de ces terres que les caprices de l’infini avaient soumises à un formidable bombardement de bolides, d’aérolithes, de météorites. Rien ne poussait sur Oïlas que l’on venait visiter du fin fond de la 612e galaxie depuis des lustres, peut-être pour mieux se convaincre du bonheur qu’on avait de vivre sur Cini, Buru, Nalia, Vator, Orgo ou Obicera…
Sid he Okla s’empara de son micro et articula en galactique :
— À votre gauche, vous découvrez la chaîne de Creb avec le mont Ajat, douze mille mètres, le plus haut sommet de notre galaxie sur lequel, selon la légende, se posèrent au début des temps les vaisseaux en provenance de Belois… »
Extrait de : A. Caroff. « Rod, patrouille de l’espace. »
Rod, menace sur Oxima par André Caroff

Fiche de Rod, menace sur Oxima
Titre : Rod, menace sur Oxima (Tome 2 sur 4 – Rod)
Auteur : André Caroff
Date de parution : 1980
Editeur : Fleuve noir
Première page de Rod, menace sur Oxima
« L’aérobus Oxima-Pomos se mit à descendre des couches supérieures de l’atmosphère. Le pilote coupa l’arrivée d’oxygène de la cabine à pression conditionnée, les rétrofusées s’allumèrent dans un fracas de tonnerre, et le gros appareil piqua à travers la mer de nuages.
Pomos apparut sous le nez du transporteur. Loin derrière lui brillait la rive septentrionale du grand lac Zermer. Encore trois cents kilomètres : à peine cinq minutes de vol…
La cigarette que Mum Psam avait allumée à cent kilomètres de là n’était encore qu’à demi consumée quand l’aérobus vira au-dessus de la vallée de Valk et mit le cap sur Pomos où Mum Psam, naute de première classe et agent de la Sûreté spatiale, se rendait en permission de détente après la terrible aventure qu’il venait de vivre sur la planète Ezhache, au cœur de la constellation de Whrane.
À bâbord, Mum Psam aperçut la ville de Borcha que la pureté de l’atmosphère permettait de distinguer avec une parfaite netteté. Les maisons-bulles blanches et crèmes de la ville étincelaient au soleil. »
Extrait de : A. Caroff. « Rod, menace sur Oxima. »
