Catégorie : Livres
L’origine des victoires par Ugo Bellagamba

Fiche de L’origine des victoires
Titre : L’origine des victoires
Auteur : Ugo Bellagamba
Date de parution : 2013
Editeur : Mémoires Millénaires
Première page de L’origine des victoires
« La vieille dame regarde le ciel.
Ce n’est pas difficile, son fauteuil ergonomique la maintient dans une position semi-allongée qui ne lui laisse que peu de choix : c’est soit les dalles grises du faux-plafond, soit le ciel qui se déroule lentement, comme un papier cadeau à l’azur froissé, à travers les grandes fenêtres du salon de la maison de retraite. Elle en est venue, avec le temps, à préférer lorsqu’il pleut, lorsqu’il tonne, là-bas, de l’autre côté du double vitrage mal nettoyé, et que le ciel descend si bas qu’il pourrait presque l’emporter loin de cette vie d’attente, d’éclats de voix perdues, de raclements de gorges flétries. Et puis, le ciel gris lui rappelle celui de l’aube de l’humanité, quand il fallait courir pour survivre. Dans ses souvenirs les plus lointains qui ont considérablement gagné en puissance, au point d’occulter tout ce qui se passe autour d’elle, le ciel a déjà été d’une autre couleur que bleu ou gris. Une fois, elle s’en souvient comme si c’était hier, il a été blanc, noyé d’une lumière si pure qu’elle en devenait douloureuse.
C’était un été. »
Extrait de : U. Bellagamba. « L’Origine des Victoires. »
Dictionnaire utopique par Ugo Bellagamba

Fiche de Dictionnaire utopique
Titre : Dictionnaire utopique de la science-fiction
Auteur : Ugo Bellagamba
Date de parution : 2023
Editeur : Bélial
Première page de Dictionnaire utopique
« J’ai toujours aimé les dictionnaires, surtout ceux qui parlent de science-fiction. Celui qui a marqué ma génération, et dont je garde jalousement un exemplaire aujourd’hui, même s’il peut paraître un peu obsolète, c’est Le Science-fictionnaire (1994) de Stan Barets. L’ouvrage se présente en deux tomes : le premier identifie, par ordre alphabétique, tous les auteurs de science-fiction connus à l’époque, avec une forte dominante anglo-saxonne ; le second, toujours par ordre alphabétique, présente les grands thèmes du genre, mais aussi certains de ses éléments structurels, tels que les prix et les collections. Je me suis beaucoup inspiré de ce second volume pour structurer mon propre dictionnaire. Je voudrais également rendre hommage, ici, au travail de Lorris Murail, avec Les Maîtres de la science-fiction (1993), dictionnaire alphabétique paru presque simultanément. Murail y fait une habile et passionnante présentation des grands auteurs, en les répartissant en deux époques, les anciens, « de Poe à Campbell », et les modernes, « de Campbell aux Cyberpunks », et en ajoutant, in fine, un dictionnaire qu’il qualifie de « complémentaire », contenant des auteurs qu’il n’avait pas pu évoquer dans les deux premières parties. »
Extrait de : U. Bellagamba. « Dictionnaire utopique de la science-fiction. »
Les marais de la mort par Philippe Ébly

Fiche de Les marais de la mort
Titre : Les marais de la mort (tome 5 sur 5 – Les patrouilleurs de l’an 4003)
Auteur : Philippe Ébly
Date de parution : 1986
Editeur : Hachette
Première page de Les marais de la mort
« L’aventure commença par un petit cri bizarre à la foi aigu et bref, et à ce moment, il y avait à peu près seize heures que l’Épervier 7 avait quitté sa base. Ce cri, c’était une espèce de couinement, qui ne pouvait provenir que d’un jeune animal ou d’un ordinateur.
« Khaïï… Khaïï… »
Dogann se détourna légèrement pour observer l’écran de l’ordinateur, où un avertissement venait d’apparaître.
« FONCTIONNEMENT ANORMAL DU MOTEUR ! » Au-dessous de cette inscription, on voyait une série de chiffres et de symboles, que Dogann sembla comprendre sans aucune peine.
« Pas trop grave », dit-il simplement.
Il poussa deux boutons du tableau de bord, et on cessa de sentir la poussée des moteurs.
« Tu vas réparer ? »
Hina était une jeune Eurasienne aux grands yeux sombres – très jolie. Elle savait, en toute occasion, éviter les phrases inutiles. »
Extrait de : P. Ebly. « Les marais de la mort – Les patrouilleurs de l’an 4003. »
L’enlèvement du dieu blanc par Philippe Ébly

Fiche de L’enlèvement du dieu blanc
Titre : L’enlèvement du dieu blanc (tome 4 sur 5 – Les patrouilleurs de l’an 4003)
Auteur : Philippe Ébly
Date de parution : 1985
Editeur : Hachette
Première page de L’enlèvement du dieu blanc
« C’est encore loin ? » demanda Hina.
Elle avait posé cette question d’une voix tranquille. Son visage et son attitude n’exprimaient ni impatience ni inquiétude. Elle restait d’ailleurs toujours calme, même si tout le monde s’énervait autour d’elle.
« Plus tellement », répondit Dogann.
Le garçon qui venait de parler était solide et bien bâti. C’était, à coup sûr, le plus robuste des quatre patrouilleurs. Au contraire d’Hina, il semblait indécis et plutôt inquiet. Il observa longuement le carrefour autour de lui, à la recherche d’un signe ou d’un repère quelconque. Puis il ajouta, à mi-voix :
« Non. Nous ne sommes plus loin, maintenant. »
On devinait qu’il ne connaissait pas du tout l’endroit et qu’il n’avait pas de plan de la ville, ou qu’il ne voulait pas s’en servir. Le ciel, d’un gris terne, était déjà sombre. Seules quelques étoiles étaient visibles.
« Vous cherchez quelque chose ? » dit une voix, tout près d’eux. »
Extrait de : P. Ebly. « L’enlèvement du dieu blanc – Les patrouilleurs de l’an 4003. »
La vallée des cyclopes par Philippe Ébly

Fiche de La vallée des cyclopes
Titre : La vallée des cyclopes (tome 3 sur 5 – Les patrouilleurs de l’an 4003)
Auteur : Philippe Ébly
Date de parution : 1984
Editeur : Hachette
Première page de La vallée des cyclopes
« Pourquoi nous a-t-on fait venir ici ? » demanda Xoni.
Le garçon qui venait de parler portait l’uniforme bleu de la Police de l’Espace, avec un galon d’or à chaque manche. Ses cheveux blonds coupés court et ses yeux bleus très clairs lui donnaient l’air assez jeune, et les gens s’étonnaient souvent qu’il eût déjà ce premier galon. Et pourtant, Xoni avait passé toutes les épreuves nécessaires — une à une, et en travaillant dur — comme tous les autres aspirants.
« Sais pas ! répondit Hina. Personne ne m’a rien dit… On va sans doute nous parler de notre prochaine mission, A part ça, je ne sais rien. Vraiment rien. »
Hina était une Eurasienne — très jolie, avec de grands yeux sombres et de lourds cheveux noirs. Elle portait le même uniforme que son compagnon, et tous deux arboraient l’écusson rouge et blanc des Patrouilleurs de l’Espace. La lettre et le chiffre imprimés en bleu sur cet écusson — E. 7 — montraient qu’ils appartenaient, l’un comme l’autre, à l’équipage de l’Epervier 7. Elle laissa passer quelques secondes, puis demanda :
« Et toi ? Tu as une idée ? »
Xoni eut un geste d’incertitude. »
Extrait de : P. Ebly. « Les Patrouilleurs de l’An 4003 – La Vallée des Cyclopes. »
Au pouvoir des corsaires par Philippe Ébly

Fiche de Au pouvoir des corsaires
Titre : Au pouvoir des corsaires (tome 2 sur 5 – Les patrouilleurs de l’an 4003)
Auteur : Philippe Ébly
Date de parution : 1984
Editeur : Hachette
Première page de Au pouvoir des corsaires
« Qu’est-ce que tu fais ? » demanda Katia.
Il y avait presque une heure que Xoni n’avait plus ouvert la bouche, ce qui semblait plutôt anormal. Il était assis dans le fauteuil du pilote — c’était sa place préférée — et au moment où Katia lui parlait, il était plongé dans des calculs compliqués, avec un bloc-notes et une carte du ciel sur les genoux.
« Tu n’as pas besoin de faire le point, dit encore Katia. Nous sommes en pilotage automatique… Alors, à quoi servent-ils, tous tes calculs ? Et pour commencer, qu’est-ce que tu fabriques ? »
Tous deux se trouvaient à bord de l’Epervier 7. A la fin du XXe siècle, on aurait dit que cet engin était une « soucoupe volante ». En l’an 4003, on l’appelait plus simplement une « vedette spatiale du type E ». Vus du dehors, ces Eperviers avaient à peu près la forme d’une énorme lentille, et le poste de pilotage se trouvait juste au centre de la face supérieure, bien protégé par une coupole de plexiglas. Ces vedettes étaient rapides et maniables, capables de décoller à la verticale et de se poser n’importe où — au milieu d’un lac, s’il le fallait. Elles pouvaient jouer le rôle de long-courriers dans l’espace, ou voler très longtemps à basse altitude. »
Extrait de : P. Ebly. « Les Patrouilleurs de l’An 4003 – Au Pouvoir des Corsaires. »
La forêt des castors par Philippe Ébly

Fiche de La forêt des castors
Titre : La forêt des castors (tome 1 sur 5 – Les patrouilleurs de l’an 4003)
Auteur : Philippe Ébly
Date de parution : 1984
Editeur : Hachette
Première page de La forêt des castors
« On y voyait à peine à quinze pas. Au-delà, le brouillard noyait tout le marais dans une grisaille menaçante. Xoni se retourna lentement, en observant chaque détail autour de lui. Il savait que sa vie allait se jouer tout entière dans les minutes à venir. Il écoutait en même temps, sans rien entendre que le bourdonnement des libellules géantes, et par moments le vol rapide d’une guêpe d’eau. Et pourtant, le spont était là, prêt à l’attaque, sans doute à la limite du brouillard.
Bien entendu, la Bête avait un nom scientifique, assez compliqué, que personne n’employait jamais. On l’appelait « le spont » depuis si longtemps, qu’à présent, c’était devenu son seul nom. Xoni flaira l’air avec attention, en cherchant à reconnaître l’odeur du monstre. Mais non… Il n’y avait que la senteur des fleurs sauvages, et celle de l’herbe à demi pourrie. Alors, le garçon se rappela qu’il devait plutôt cacher sa propre odeur. Il se baissa, prit quelques poignées de boue et, sans bruit, en enduisit ses vêtements — il ne portait qu’une salopette de toile rude, car le temps était chaud. Il frotta l’étoffe longuement, pour qu’elle s’imprègne bien d’eau et de terre, puis il se frotta aussi les cheveux. Il savait que l’odeur de la vase n’attirait pas le spont. »
Extrait de : P. Ebly. « Les Patrouilleurs de l’An 4003 – La Forêt des Castors. »
Les dix jours impossibles par Philippe Ébly

Fiche de Les dix jours impossibles
Titre : Les dix jours impossibles (tome 9 sur 9 – Les évadés du temps)
Auteur : Philippe Ébly
Date de parution : 1988
Editeur : Hachette
Première page de Les dix jours impossibles
« Il y avait quatre garçons dans la pièce. L’un d’eux, à demi couché sur la moquette, écoutait un disque. Deux autres lisaient, affalés sur un divan. Le quatrième — Thierry — était assis à une table, en face d’un gros tas de papiers qu’il consultait de temps en temps.
Pendant un long moment, on n’entendit rien d’autre qu’un froissement de feuilles, sur un fond sonore agréable formé par un des Préludes de Liszt. Puis Thierry secoua la tête avec vigueur, à la manière d’un jeune chien qui s’ébroue, et émit un bruit bizarre qui tenait à la fois du soupir et du reniflement.
« Hhhhummffrrr… »
Après quoi il se replongea dans ses documents, et une voix s’enquit gentiment :
« Ça va pas comme tu veux ? »
Extrait de : P. Ebly. « Les Evadés du Temps – Les dix jours impossibles. »
Descente au pays sans nom par Philippe Ébly

Fiche de Descente au pays sans nom
Titre : Descente au pays sans nom (tome 7 sur 9 – Les évadés du temps)
Auteur : Philippe Ébly
Date de parution : 1985
Editeur : Hachette
Première page de Descente au pays sans nom
« Est-ce que je vous apporte le petit déjeuner tout de suite ? Ou bien vous attendez vos amis ? »
La femme qui avait posé ces deux questions pouvait avoir une cinquantaine d’années et on voyait, au premier coup d’œil, qu’elle était la patronne de l’auberge. Elle parlait à deux garçons de quinze ou seize ans qui venaient de s’installer à une table. Ce fut le plus jeune qui lui répondit.
« Si ça ne vous ennuie pas, dit-il gentiment, nous attendrons un peu. Nos copains ne vont pas tarder. Ils seront sûrement ici dans cinq minutes. »
Ce garçon s’appelait Thierry. Il avait un visage mobile et très ouvert, nettement sympathique, avec des cheveux châtain clair, de grands yeux gris, et le nez criblé de taches de rousseur.
« C’est entendu. Je vous apporte les quatre petits déjeuners dans cinq minutes. Café au lait, je suppose ?
‑ Oui, madame. Merci. »
Extrait de : P. Ebly. « Les Evadés du Temps – Descente au Pays sans nom. »
Chasse au tigre en Corrèze par Philippe Ébly

Fiche de Chasse au tigre en Corrèze
Titre : Chasse au tigre en Corrèze (tome 5 sur 9 – Les évadés du temps)
Auteur : Philippe Ébly
Date de parution : 1983
Editeur : Hachette
Première page de Chasse au tigre en Corrèze
« C’ÉTAIT une belle nuit d’été, chaude et douce, sans aucun nuage. Il était près de minuit et la lune se trouvait exactement au sud, car elle était en son plein cette nuit-là – et elle donnait une lumière magnifique.
Toutes les bêtes dormaient paisiblement dans la campagne – toutes, excepté Tejr. Et au moment précis où commence cette histoire, Tejr était en arrêt. Il tournait lentement la tête pour tout observer autour de lui, en fouillant du regard les coins d’ombre. Il dressait l’oreille, prêt à s’enfuir au moindre frémissement d’un arbre ou d’un buisson. Et surtout, il flairait l’odeur du vent, en cherchant avec soin toute senteur qui ne serait pas celle de l’herbe ou des feuilles.
Chacun de ses muscles était tendu, car Tejr devinait un danger en face de lui. Nul n’aurait pu dire d’où venait son inquiétude – peut-être d’un léger frémissement du sol sous ses pattes, peut-être d’un autre signe imperceptible. Sans être tout proche, le péril était là, et Tejr le savait. Et pourtant, il continuait d’avancer pas à pas, comme si ce danger mystérieux l’attirait, comme si une force inconnue le poussait à marcher malgré tout. »
Extrait de : P. Ebly. « Chasse au Tigre en Corrèze – Les évadés du temps. »