Catégorie : Livres

 

Quia absurdum par Pierre Boulle

Fiche de Quia absurdum

Titre : Quia absurdum – Sur la Terre comme au Ciel
Auteur : Pierre Boulle
Date de parution : 1970
Editeur : Julliard

Première page de Quia absurdum

« Le voyageur arriva au début de l’après-midi dans une petite ville du Pérou, en bordure des montagnes rocheuses, là où la forêt tropicale vient mourir sur les premières pentes de la sierra. Le car qui l’avait amené déversa ses passagers, presque tous des indigènes, au bord d’une grande place poussiéreuse. L’homme blanc sortit un des premiers, se mit un peu à l’écart de la cohue et respira bruyamment, en essayant de défriper son costume. La dernière partie du voyage s’était effectuée dans une atmosphère étouffante et sa veste blanche était marquée dans le dos d’une large tache de sueur. Ici, la proximité des montagnes rendait l’air plus léger.

L’étranger regarda autour de lui. Il était visible qu’une fête se préparait. La place était encombrée
par des baraques foraines et des Indiens finissaient de décorer un terre-plein préparé pour le bal de palmes et de guirlandes. Il ne paraissait pas s’intéresser à cette agitation. Il restait à l’écart, décontenancé, comme s’il attendait quelqu’un. Le voyage l’avait éprouvé. Il n’était plus jeune, soixante-cinq ou soixante-dix ans, de taille plutôt petite et d’une maigreur qui ne semblait pas naturelle : avec ses membres courts, sa tête ronde aux joues flasques, qui avaient dû être rebondies, on l’imaginait autrefois corpulent. Son visage était marqué de sillons. Ses yeux châtains étaient fréquemment traversés par une lueur trouble, qui semblait la manifestation d’une inquiétude permanente. »

Extrait de : P. Boulle. « Quia absurdum. »

L’univers ondoyant par Pierre Boulle

Fiche de L’univers ondoyant

Titre : L’univers ondoyant
Auteur : Pierre Boulle
Date de parution : 1987
Editeur : Julliard

Première page de L’univers ondoyant

« Ayant eu la témérité d’évoquer la face spirituelle de l’Univers, et comme sa pénétration est une des folles ambitions de cet essai, je me dois de préciser d’abord ma position au point de vue métaphysique ; un bien grand mot. Je n’ai aucun goût pour les professions de foi, qui exhalent la plupart du temps une désagréable odeur de pédantisme, mais celle-ci me semble indispensable à la suite de cet exposé.
A un inquisiteur qui s’inquiétait de savoir s’il croyait en Dieu, Albert Einstein répondit, par télégramme dit-on : Je ne crois pas au Dieu d’Abraham, mais je crois au Dieu de Spinoza. Je souscris comme pas mal de mes contemporains à cette prise de position, mais avec une réserve essentielle que j’exposerai plus loin. Cela me situe parmi les adeptes du panthéisme, d’une sorte de panthéisme du moins, car cette doctrine comporte bien des ramifications. On peut en compter de nombreuses depuis l’éveil de la philosophie dans toutes les parties du monde, jusqu’à la nouvelle gnose de Princeton et de Pasadena. On pourrait citer beaucoup de Sages, depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours, qui furent tentés par la croyance en un Dieu qui n’a pu créer la Nature, parce qu’il se confond avec elle, trait essentiel admis dans toutes les variantes et qui a été sans doute précisé et mis en valeur par Spinoza mieux que par tout autre philosophe. Je note à ce propos que Dieu occupe une place prépondérante dans son œuvre, ce qui ne l’a pas préservé d’être considéré comme un abominable athée et soumis comme tel à d’incessantes persécutions de la part des juifs et des chrétiens. »

Extrait de : P. Boulle. « L’Univers ondoyant. »

Les coulisses du ciel par Pierre Boulle

Fiche de Les coulisses du ciel

Titre : Les coulisses du ciel
Auteur : Pierre Boulle
Date de parution : 1979
Editeur : Julliard

Première page de Les coulisses du ciel

« La Société des nouvelles recherches psychiques méritait la réputation de sérieux qu’elle avait acquise en Europe. Elle n’admettait en son sein que des adhérents jouissant d’un parfait équilibre mental, de préférence habitués par leurs fonctions à des méthodes d’investigation rigoureuses. Elle se flattait ainsi à bon droit d’échapper au soupçon de mysticisme, voire d’hystérie, ou de charlatanisme, comme cela avait été souvent le cas dans le passé pour des organismes analogues. Elle comptait parmi ses membres plusieurs savants confirmés, lesquels, quoique libérés d’un scientisme sclérosé et prêts à considérer toute hypothèse nouvelle, si bizarre qu’elle pût paraître au premier abord, étaient cependant décidés à ne l’admettre qu’après une série d’expériences plusieurs fois recommencées, contrôlées avec la sévérité qu’ils apportaient à toute recherche.

C’était le cas de l’astrophysicien Marcole. Théoricien de grande valeur, persuadé par ses travaux et par ses réflexions que l’esprit n’était pas l’apanage et le privilège des seuls êtres humains, mais qu’il se trouvait au contraire présent partout dans le monde, il ne niait pas a priori la possibilité d’entrer en communication avec cet esprit, au moyen d’un médium approprié. »

Extrait de : P. Boulle. « Les Coulisses du ciel. »

L’étrange croisade de l’empereur Frédéric II par Pierre Boulle

Fiche de L’étrange croisade de l’empereur Frédéric II

Titre : L’étrange croisade de l’empereur Frédéric II
Auteur : Pierre Boulle
Date de parution : 1968
Editeur : Flammarion

Première page de L’étrange croisade de l’empereur Frédéric II

« Les légendes qui entourent la renommée des grands hommes sont presque aussi précieuses que les documents pour l’historien de fortune. Il est probable que l’empereur Frédéric II n’a jamais soutenu que le monde avait été berné par trois imposteurs : Moïse, Jésus et Mahomet, comme le pape Grégoire IX l’en a accusé. Il est certain, en tout cas, qu’il n’a jamais écrit le livre de tribus impostoribus, comme le murmurait la rumeur publique. La paternité de ce livre avait été attribuée avant Frédéric au philosophe arabe Averroès, qui découvrit dans Aristote des raisons de mettre en doute l’existence d’un Dieu créateur ; plus tard, le même livre fut considéré comme l’œuvre de Spinoza. Mais personne n’a jamais lu cet ouvrage fameux, excepté dans leurs songes agités certains énergumènes fébriles, et il y a un excellent motif pour cela : le livre de tribus impostoribus fait partie
de la légende et le sacrilège qu’il implique semble avoir été puisé dans l’arsenal des calomnies où les scolastiques choisissaient des armes perfides contre leurs adversaires. »

Extrait de : P. Boulle. « L’Étrange Croisade de l’empereur Frédéric II. »

Le pacte par Pierre Bordage

Fiche de Le pacte

Titre : Le pacte – préambule (Tome 0 sur 3 – Les guerriers du silence)
Auteur : Pierre Bordage
Date de parution : 2012
Editeur : L’Atalante

Première page de Le pacte

«  Ce… Cette créature insiste, Votre Sainteté. »

Le muffi Barrofill le Vingt-quatrième réprima son agacement d’une expiration à peine perceptible.

Le contrôle des émotions.

Depuis qu’il avait accédé aux plus hautes fonctions de l’Église du Kreuz, le souverain pontife se sentait épié en permanence, non seulement par le collège des dignitaires et les innombrables serviteurs – dont quatre-vingt-dix pour cent œuvraient pour ses rivaux –, mais également par les omniprésents représentants de la noblesse syracusaine. Arghetti Ang, le seigneur de Syracusa, qui l’avait soutenu tout au long de sa tortueuse accession au trône pontifical, se montrait désormais distant, irrité, lors de leurs entrevues hebdomadaires. Leur pacte n’était pas fondé sur les affinités ni même sur la convergence de vues, mais sur le chantage et l’équilibre des forces, chacun connaissant les faiblesses intimes de l’autre, et Barrofill se demandait si Arghetti Ang n’avait pas trouvé le moyen de le neutraliser et, donc, projeté de l’éliminer comme lui-même avait évincé un à un tous ses rivaux dans la course au titre suprême. »

Extrait de : P. Bordage. « Le pacte – Les guerriers du silence. »

Le ressuscité de Titan par Karl-Herbert Scheer et Clark Darlton

Fiche de Le ressuscité de Titan

Titre : Le ressuscité de Titan (Tome 18 sur 28 – Perry Rhodan #7 (Les Cappins))
Auteur : Karl-Herbert Scheer et Clark Darlton
Traduction : C. Lamy
Date de parution : 1970
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le ressuscité de Titan

« Quand le robot entra en planant, je fis semblant de dormir tout en observant chacun de ses mouvements à travers mes paupières mi-closes. Nous l’appelions Poséidon, ou plus exactement je l’appelais ainsi car jamais il ne serait venu à l’esprit de Merkosh d’accepter un nom que j’avais choisi. Lui, de son côté, devait l’avoir baptisé « hybscher ». Du moins le mot qui sortait du haut-parleur du translateur, en corrélation manifeste avec les apparitions de la machine, sonnait-il ainsi. L’Opronien avait le timbre aussi instable que celui d’un adolescent au plus pénible moment de la puberté et il roulait les « r » d’une façon aussi horripilante que le crissement d’une craie sur une ardoise. À croire qu’il ne s’en apercevait pas… Il me portait sur les nerfs, particulièrement lorsqu’il riait. Parfois, il caquetait comme une poule avant de pousser sans transition un grognement qui dérapait dans les aigus.

Je le regardai. Cette fois-ci, il se tenait tranquille, allongé sur son lit. Son corps d’une taille de deux mètres, incroyablement mince et à l’épiderme transparent, lui donnait un air si désarmé et vulnérable que j’oubliais presque combien il était dangereux. »

Extrait de : K.H Scheer + C. Darlton. « Le ressuscité de Titan – Perry Rhodan. »

Un frère au-delà des siècles par Karl-Herbert Scheer et Clark Darlton

Fiche de Un frère au-delà des siècles

Titre : Un frère au-delà des siècles (Tome 17 sur 28 – Perry Rhodan #7 (Les Cappins))
Auteur : Karl-Herbert Scheer et Clark Darlton
Traduction : M Vannereux
Date de parution : 1970
Editeur : Fleuve noir

Première page de Un frère au-delà des siècles

« Joaquin Manuel Cascal émergea de sa salle de bains, revêtu d’un peignoir de coton blanc. Il avait consacré les trente dernières minutes à se doucher et à se raser, terminant par un massage complet. À présent, il se sentait en pleine forme. Il en avait eu bien besoin, après ce long séjour dans le passé de la Terre.

Il but une bonne gorgée de jus d’orange – à base de vrais fruits, cultivés sur Sol III – et poussa un profond soupir.

— Je crains, murmura-t-il, qu’une journée difficile ne nous attende !

Il s’approcha nonchalamment d’un terminal relié à la positronique de l’hôtel, afficha une liste qu’il étudia, puis sélectionna divers articles en pianotant sur le minuscule clavier. Dès qu’il eut validé sa commande, le Terranien alluma l’écran de la trividéo et attendit les nouvelles du matin.

Par simple frôlement d’un contact, il modifia la transparence de la fenêtre. »

Extrait de : K.H Scheer + C. Darlton. « Un frère au-delà des siècles – Perry Rhodan. »

A l’aube de Lémuria par Karl-Herbert Scheer et Clark Darlton

Fiche de A l’aube de Lémuria

Titre : A l’aube de Lémuria (Tome 16 sur 28 – Perry Rhodan #7 (Les Cappins))
Auteur : Karl-Herbert Scheer et Clark Darlton
Traduction : J.M Gasser, M Vannereux, J Gérard
Date de parution : 1970
Editeur : Fleuve noir

Première page de A l’aube de Lémuria

« Le léger séisme se produisit peu après minuit ; il passa inaperçu chez la plupart des habitants de Viti Levu, l’une des îles Fidji, car ils dormaient d’un profond sommeil. Ceux qui étaient encore éveillés ne lui accordèrent aucune importance.

Le docteur Kenosha Bashra, anthropologue et spécialiste de l’histoire lémurienne, se tenait à ce moment sur le balcon de sa chambre d’hôtel, goûtant la fraîche brise nocturne qui caressait son visage.

Comme presque tous les soirs, il avait ingurgité de nombreux daïquiris en discutant avec les autres clients du bar.

Très peu d’entre eux ignoraient qu’il passait ses journées sur les hauteurs du Mont Lémur, dans la vallée d’Enada. Cela le rendait à la fois énigmatique et intéressant. Le site était classé zone interdite ; même son survol en glisseur était prohibé. L’anthropologue avait l’habitude d’atterrir sur le toit de l’hôtel en toute fin d’après-midi ; il était le seul scientifique à s’offrir le luxe d’une chambre individuelle — les autres vivaient dans les nombreuses coupoles qui avaient éclos dans la combe durant les derniers mois. Bien que le docteur Bashra s’avérât de nature particulièrement loquace, les clients de l’hôtel essayaient vainement d’en savoir plus sur le projet qui attendait son aboutissement dans la vallée d’Enada. Le savant restait discret, même après plusieurs verres. »

Extrait de : K.H Scheer + C. Darlton. « A l’aube de Lémuria – Perry Rhodan. »

Expédition sur Zeut par Karl-Herbert Scheer et Clark Darlton

Fiche de Expédition sur Zeut

Titre : Expédition sur Zeut (Tome 15 sur 28 – Perry Rhodan #7 (Les Cappins))
Auteur : Karl-Herbert Scheer et Clark Darlton
Traduction : J.M Gaillard-Paquet
Date de parution : 1970
Editeur : Fleuve noir

Première page de Expédition sur Zeut

« Une fois Ras Tschubaï mis dans l’incapacité de se battre, Perry Rhodan se rendit compte que leurs adversaires avaient compris quel danger représentait pour eux le mutant.

Les prisonniers se trouvaient toujours dans la halle gigantesque de la Centrale de Contrôle Ovaron, du nom donné à cette base par le Cappin qui en était le propriétaire. Depuis la disparition de celui-ci quelques heures auparavant, plus aucun étranger ne leur avait rendu visite. Seuls Takvorian et un petit nombre de robots assuraient leur surveillance.

Le Stellarque avait déjà essayé à plusieurs reprises d’entrer en conversation avec le bizarre équidé, par l’intermédiaire du translateur qu’on lui avait rendu. Mais Takvorian n’avait pas réagi, bien que son interlocuteur eût la certitude d’avoir été compris.

Tschubaï était couché par terre, immobile et recroquevillé, sous les yeux de Rhodan, de Tolot et de Saedelaere. Il ne fallait pas s’attendre à ce qu’il reprenne conscience avant un certain temps. Cependant, Ovaron avait au moins tenu sa promesse : il avait fait ramener le Halutien auprès de ses compagnons. »

Extrait de : K.H Scheer + C. Darlton. « Expédition sur Zeut – Perry Rhodan. »

Rencontre avec Ovaron par Karl-Herbert Scheer et Clark Darlton

Fiche de Rencontre avec Ovaron

Titre : Rencontre avec Ovaron (Tome 14 sur 28 – Perry Rhodan #7 (Les Cappins))
Auteur : Karl-Herbert Scheer et Clark Darlton
Traduction : C. Lamy
Date de parution : 1970
Editeur : Fleuve noir

Première page de Rencontre avec Ovaron

« Appelée également amas de Lasztman, la nébuleuse irrégulière se trouvait à quarante-neuf années-lumière en arrière des trois nefs sphériques qui, pour ressortir de cette dangereuse formation, avaient emprunté le seul chemin praticable connu : un tunnel vide de toute matière et surnommé l’Œsophage. H s’agissait de deux ultracroiseurs de classe Galaxie, ceux du Maréchal d’État Reginald Bull et de Perry Rhodan, ainsi que d’un autre navire de huit cents mètres de diamètre qui ne relevait pas de l’Astromarine Solaire. Aucun non initié n’aurait cru le fait que cette unité naviguait de concert avec les vaisseaux amiraux terraniens. En effet, elle appartenait au chef des Pirates Galactiques, Lady Tipa Riordan.
Le Stellarque, son adjoint et la vieille femme rentraient d’une intervention qu’ils avaient planifiée en commun, une opération qui avait consisté en un enlèvement.
Celui de Ribald Corello, le Supermutant !
Le monstre qui, avec ses inimaginables facultés parapsychiques, avait infligé d’énormes dommages à l’ensemble de l’Humanité, asservi d’innombrables êtres vivants et assassiné quantité d’autres. »

Extrait de : K.H Scheer + C. Darlton. « Rencontre avec Ovaron. »