Catégorie : Livres

 

Base spatiale 14 par Max-André Rayjean

Fiche de Base spatiale 14

Titre : Base spatiale 14
Auteur : Max-André Rayjean
Date de parution : 1957
Editeur : Fleuve noir

Première page de Base spatiale 14

« François Chame hésita un instant avant de heurter discrètement du doigt la porte devant laquelle il venait de s’arrêter.
Il hocha la tête en se demandant s’il était vraiment indispensable de déranger Henry Wayne, le chef de la petite colonie terrienne du Planétoïde Quatorze, gravitant quelque part aux confins du système solaire, entre Neptune et Pluton.
Chame hésitait d’autant plus que sa montre à cadran lumineux indiquait deux heures du matin. Ce n’était évidemment pas une heure à réveiller les gens, surtout Henry Wayne qui n’admettait pas qu’on le dérangeât pour une futilité.
Peut-être Nelton exagérait-il, après tout, l’importance de sa découverte, au point de considérer comme un phénomène inexplicable une simple constatation astronomique… »

Extrait de : M.-A. Rayjean. « Base spatiale 14. »

Attaque sub-terrestre par Max-André Rayjean

Fiche de Attaque sub-terrestre

Titre : Attaque sub-terrestre
Auteur : Max-André Rayjean
Date de parution : 1956
Editeur : Fleuve noir

Première page de Attaque sub-terrestre

« Mac-Corry, accoudé à la fenêtre de son bureau, plongea son regard distrait dans Spark-Avenue. Du haut de son quinzième étage, la foule lui apparaissait minuscule, semblable à une cohorte de fourmis dociles et disciplinées.

Les automobiles glissaient, silencieuses, souples, sur la chaussée recouverte d’une mince pellicule de caoutchouc synthétique.

Vert. Orange. Rouge. Les feux multicolores se succédaient automatiquement, à une cadence régulière. Un sourire tirailla nerveusement la bouche de Mac-Corry.

Le spectacle, vu du quinzième étage, il le connaissait. Il le connaissait même trop. Cela l’écœurait. Pourtant il venait s’accouder à la fenêtre et plongeait son regard dans Spark-Avenue. Peut-être parce qu’il n’y avait pas d’autre coin, pour distraire l’esprit…

Mac-Corry avait en effet besoin de distraction. Il avait dénoué sans élégance son nœud de cravate et son regard sondait l’abîme. Et dire que les gens se promenaient, insouciants, égoïstes, alors qu’il avait à résoudre un problème indéchiffrable. Oui, indéchiffrable, même pour le plus malin. Inexplicable et déconcertant.

Il faisait chaud en cette après-midi de juin. Dans la pièce, les ventilateurs tournaient à plein régime, à une telle vitesse que Mac-Corry en était pris de vertige ! »

Extrait de : M.-A. Rayjean. « Attaque sub-terrestre. »

Alpha-park par Max-André Rayjean

Fiche de Alpha-park

Titre : Alpha-park
Auteur : Max-André Rayjean
Date de parution : 1983
Editeur : Fleuve noir

Première page de Alpha-park

« L’hôtesse apparut sur les petits écrans individuels disposés en face de chaque passager. C’était une belle fille aux yeux en amande, au teint café au lait. Race hybride, de plus en plus fréquente sur la Terre. Cheveux noirs, avec une frange sur le front. Son sourire découvrait des dents très blanches. L’uniforme bleu pâle de la Compagnie lui seyait à
ravir.

Sa voix chaude annonça :

— Attachez vos ceintures. Nous arrivons sur Alpha-Park.

Recommandation traditionnelle que les voyageurs suivaient scrupuleusement. Puis une boule légèrement indigo, voire verdâtre, se substitua à l’hôtesse, sur fond d’ébène. Alpha-Park. Ou plutôt Hio-West, dans le système solaire du Centaure.

J’ancrai ma ceinture aux points de fixation. Je sortais comme les autres de l’hibernation totale, après plusieurs mois de traversée spatiale. Installé confortablement sur mon siège-couchette, j’observai mes voisins. »

Extrait de : M.-A. Rayjean. « Alpha-Park. »

Notes d’un voyage dans l’ouest de la France par Prosper Mérimée

Fiche de Notes d’un voyage dans l’ouest de la France

Titre : Notes d’un voyage dans l’ouest de la France
Auteur : Prosper Mérimée
Date de parution : 1836
Editeur : BnF

Première page de Notes d’un voyage dans l’ouest de la France

« La cathédrale de Chartres est trop connue par de bonnes monographies pour que j’essaie d’en donner une description nouvelle. Dans ma précédente tournée, j’ai eu l’honneur de vous adresser un rapport sur la situation de ce magnifique monument ; je vous ai particulièrement signalé la nécessité de réparer les toitures et les balustrades des galeries extérieures. Depuis, des accidens graves se sont manifestés1, et en quelques endroits les voûtes mêmes ont paru compromises. Sachant combien serait coûteuse la réparation complète d’un édifice aussi vaste, je ne demandais que les moyens d’arrêter les progrès de la destruction. Si, comme je le suppose, le département de l’intérieur ne pouvait prendre à sa charge toute la dépense nécessaire, je vous prierai de nouveau de vouloir bien appeler sur l’urgence des réparations toute la sollicitude de votre collègue M. le ministre des cultes.
Les dates de la construction de Notre-Dame de Chartres sont imparfaitement connues, et ce qu’on possède de renseignemens historiques semblent en contradiction avec les caractères architectoniques du monument. »

Extrait de : P. Mérimée. « Notes d’un voyage dans l’ouest de la France. »

Notes d’un voyage en Auvergne par Prosper Mérimée

Fiche de Notes d’un voyage en Auvergne

Titre : Notes d’un voyage en Auvergne
Auteur : Prosper Mérimée
Date de parution : 1838
Editeur : BnF

Première page de Notes d’un voyage en Auvergne

« Il ne paraît pas douteux que la ville actuelle de Bourges n’occupe l’emplacement de l’antique Avaricum ; on ne doit point s’attendre pourtant à retrouver aujourd’hui des monuments de la cité des Bituriges. Si l’armée de César avait laissé quelque chose à détruire, la civilisation romaine, encore plus puissante, aurait bientôt promené son niveau sur ces vestiges d’un temps de liberté. L’inscription suivante prouve que, dès le premier siècle de notre ère, Avaricum était devenu une ville romaine.

On voit dans les caves de plusieurs maisons de Bourges quantité de blocs de pierre sculptés, employés dans des constructions plus ou moins modernes. Parmi ces débris, quelques fragments d’une frise couverte d’armures, et des bas-reliefs mutilés paraissent avoir fait partie d’un arc de triomphe ; enfin une certaine étendue des murs de l’enceinte actuelle atteste encore une origine romaine. »

Extrait de : P. Mérimée. « Notes d’un voyage en Auvergne. »

Notes d’un voyage en Corse par Prosper Mérimée

Fiche de Notes d’un voyage en Corse

Titre : Notes d’un voyage en Corse
Auteur : Prosper Mérimée
Date de parution : 1841
Editeur : BnF

Première page de Notes d’un voyage en Corse

« Je n’hésite point à rapporter à une époque antérieure à l’établissement des Romains dans là Corse quelques monuments d’origine inconnue, et absolumeut analogues à ceux qu’en France ou en Angleterre on nommerait druidiques ou celtiques. Si, dans notre pays, on est embarrassé pour assigner une date à leur construction, à plus forte raison l’incertitude redouble lorsqu’on les rencontre dans une île assez éloignée du continent celtique, et qui n’a eu que fort tard des relations connues avec des peuples du Nord.

Déjà M. Mathieu, capitaine d’artillerie, avait signalé un dolmen dans la vallée du Taravo ; mais l’existence d’un semblable monument, en Corse, avait quelque chose de si improbable à mes yeux que je balançais à entreprendre une excursion pour m’en assurer. »

Extrait de : P. Mérimée. « Notes d’un voyage en Corse. »

La chambre bleue par Prosper Mérimée

Fiche de La chambre bleue

Titre : La chambre bleue
Auteur : Prosper Mérimée
Date de parution : 1871
Editeur : BnF

Première page de La chambre bleue

« Un jeune homme se promenait d’un air agité dans le vestibule d’un chemin de fer. Il avait des lunettes bleues, et quoiqu’il ne fût pas enrhumé, il portait sans cesse son mouchoir à son nez. De la main gauche il tenait un petit sac noir qui contenait, comme je l’ai appris plus tard, une robe de chambre de soie et un pantalon turc.

De temps en temps il allait à la porte d’entrée, regardait dans la rue, puis tirait sa montre et consultait le cadran de la gare. Le train ne partait que dans une heure, mais il y a des gens qui craignent toujours d’être en retard. Ce train n’était pas de ceux que prennent les gens pressés : peu de voitures de première classe. L’heure n’était pas celle qui permet aux agents de change de partir après les affaires terminées, pour dîner dans leur maison de campagne. »

Extrait de : P. Mérimée. « La chambre bleue. »

Une aiguille en plein coeur par Richard Matheson

Fiche de Une aiguille en plein coeur

Titre : Une aiguille en plein coeur
Auteur : Richard Matheson
Date de parution : 1986
Traduction : P. Hebert, R. Durand, R. Lathière, A. Rosenblum, P.J. Izabelle, M. Deutsch, L. Lemoine, F. Bebouch, N. Balfet, M. Girard
Editeur : Néo

Sommaire de Une aiguille en plein coeur

  • Funérailles
  • Le test
  • Le pays de l’ombre
  • Le voyageur
  • Moutons de Panurge
  • Le zoo
  • Le signe du Lion
  • Une aiguille en plein coeur
  • Jusqu’à ce que la mort nous sépare
  • La troisième à partir du soleil
  • Le dernier jour
  • Qu’y a-t-il dans la boîte ?
  • Du travail bien fait

Première page de Funérailles

« Morton Silkline était dans son bureau, en train de rêver à des décorations florales pour les obsèques Beaumont, lorsque les accents carillonnants du cantique « Je vais rejoindre l’invisible chœur » lui annoncèrent l’entrée d’une personne au magasin du « Catafalque à Prix Réduit ».

En clignant des paupières pour chasser toute trace de méditation de ses yeux d’hépatique, Silkline joignit les mains en une attitude placide, puis s’adossa au cuir noir de son fauteuil, un sourire de bienvenue funèbre aux lèvres. Dans le calme du couloir, des pas résonnaient malgré l’épais tapis, des pas tranquilles. Juste avant que l’homme de haute taille entrât, la pendulette de bureau vibra discrètement pour annoncer sept heures trente.

Se levant comme s’il eût été surpris en plein tête-à-tête avec l’ange étincelant de la mort, Morton Silkline se leva et contourna son bureau poli à pas feutrés, puis il tendit une main aux doigts flasques. »

Extrait de : R. Matheson. « Une aiguille en plein cœur. »

Panique à bord par Richard Marsten

Fiche de Panique à bord

Titre : Panique à bord
Auteur : Richard Marsten
Date de parution : 1955
Traduction : J. Herisson
Editeur : Gallimard

Première page de Panique à bord

« Il s’était installé à bâbord, juste devant le poste radar et l’échelle qui montait à la passerelle de commandement. Assis sur une caisse à munitions, il avait la main appuyée contre la pièce de D.C.A. de vingt millimètres. Le canon se trouvait débâché car, ce jour-là, le public était admis à visiter le bateau.

Conformément aux ordres du pacha, il était en treillis bleus. Il n’aimait pas ça, les treillis, à cause des manches courtes, et sans poignet. Vraiment, se disait-il, la tenue de drap aurait été plus indiquée pour le Navy Day.

Il avait l’œil aux aguets, pour le cas où serait survenu un officier car, il ne l’ignorait pas, il se serait fait sonner les cloches, si on l’avait surpris tranquillement assis dans ce coin-là, au moment où le navire grouillait de visiteurs. Mais il ne voulait pas manquer la jeune femme quand elle monterait à bord. De son poste d’observation, juste au-dessous de la passerelle de commandement, il pouvait surveiller à loisir les abords du quai. »

Extrait de : R. Marsten. « Panique à bord. »

La chute des familles par Phillip Mann

Fiche de La chute des familles

Titre : La chute des familles
Auteur : Phillip Mann (Tome 2 sur 2 – Paxwax)
Date de parution : 1987
Traduction : M. Lederer
Editeur : Denoël

Première page de La chute des familles

« Sur un promontoire rocheux, au-dessus d’une mer tumultueuse aux teintes grises et blanches, se tenait accroupie une petite créature. Elle ressemblait à un dôme de cire rouge. Elle s’appelait Odin.
Des abîmes s’ouvraient entre les vagues qui déferlaient et se fracassaient contre le promontoire dans des geysers d’écume. Le vent emportait les embruns vers l’intérieur des terres. L’eau glacée aspergeait la petite créature, glissait sur elle et cascadait le long de la falaise.
Odin se sentait mieux. La gifle des embruns salins et la morsure du vent atténuaient la douleur qu’il éprouvait au plus profond de lui-même.
Des jours durant, il était demeuré là pendant que la tempête battait les rochers du rivage. Le vent, maintenant, faiblissait. Quelques pâles rayons de soleil filtraient à travers les nuages. Les énormes vagues allaient bientôt faire place à une forte houle. Mais jamais la mer ne serait calme ; ce n’était pas dans la nature du monde d’Odin. Déjà une nouvelle tempête se formait dans la mer du Sud, parmi les amas de blocs de glace, et d’ici peu elle se déchaînerait sur les terres et emplirait de bonheur les Gerbès qui vivaient près de la côte. »

Extrait de : P. Mann. « La chute des familles. »