Catégorie : Livres

 

Inversia par François Richard-Bessière

Fiche de Inversia

Titre : Inversia
Auteur : François Richard-Bessière
Date de parution : 1966
Editeur : Fleuve noir

Première page de Inversia

« Tous les palais de justice se ressemblent. Aussi bien ceux de la Terre que ceux de Mars, de Vénus ou de Jupiter. C’est-à-dire qu’ils ont tous des salles, des arrière-salles, des couloirs interminables, et puis des juges et des prévenus qui s’affrontent dans des duels oratoires à n’en plus finir.

Il en va également ainsi sur Evoz, à part le fait que les juges (pour conserver le mot) n’ont qu’un rôle purement symbolique dans les débats qui se déroulent en leur présence, leur véritable fonction consistant à faire appliquer ipso jure les verdicts rendus par une machine électronique tragiquement baptisée Machine de Justice. »

Extrait de : Richard-Bessière. « Inversia. »

Le vide incandescent par Vector Magroon

Fiche de Le vide incandescent

Titre : Le vide incandescent
Auteur : Vector Magroon
Date de parution : 1956
Traduction : I. Maslowski
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le vide incandescent

« C’est à George Watson, rédacteur en chef du Daily Courier que le professeur William Temple devait son surnom de « Viking de l’Espace ». Depuis le jour où, dans une de ses éditions télévisées, le journal avait ainsi baptisé le savant, celui-ci ne fut jamais plus appelé autrement. On dit qu’être connu sous un sobriquet est la preuve la plus solide de gloire. Dans ces conditions, c’est au Daily Courier et à son dynamique animateur que Temple était redevable, d’une partie tout au moins, de sa célébrité.

Il faut ajouter que Temple méritait certainement, en l’an de grâce 2014, d’être ainsi connu de l’Univers entier. N’était-il point l’inventeur du premier appareil qui avait permis à l’homme de s’évader d’une Terre devenue trop petite, de franchir la stratosphère puis le vide de l’espace et de prendre enfin pied sur plusieurs planètes dont on espérait qu’elles absorberaient un jour le surplus de l’humanité ? »

Extrait de : V. Magroon. « Le vide incandescent. »

Je reviens de… par Kemmel

Fiche de Je reviens de…

Titre : Je reviens de…
Auteur : Jean « Kemmel » Bommart
Date de parution : 1957
Editeur : Fleuve noir

Première page de Je reviens de…

« Si vous voyez une soucoupe volante, sachez que c’est faux, que vous avez la berlue.
Ne le dites ni à votre femme, ni à votre chien, ni à personne. Et surtout, ne montez pas dedans.

Cette bizarre aventure avait fort bien commencé. Sauf qu’il n’y avait pas de neige au Col des Oursins – 2.200 m. d’altitude – quand j’arrivai le 23 décembre 1955 pour y faire du ski. Pas un poil – je veux dire pas un flocon ! Il fallait voir la tête des hôteliers et le mal qu’ils se donnaient, les pauvres gens, pour accueillir avec un large sourire les sans-cervelles hérissées de skis n’ayant pas eu le courage de faire demi-tour en route. Conchita et moi nous en étions.
Conchita était une ravissante petite Espagnole dont les parents étaient au Chili. »

Extrait de : Kemmel. « Je reviens de …. »

Au bout du ciel par Kemmel

Fiche de Au bout du ciel

Titre : Au bout du ciel
Auteur : Jean « Kemmel » Bommart
Date de parution : 1962
Editeur : Fleuve noir

Première page de Au bout du ciel

« En ce temps-là – il peut y avoir cent millions d’années, un peu plus ou un peu moins – existait à l’autre bout du ciel une planète d’âge déjà vénérable que ses habitants appelaient « Gorla ». Elle était riche, prospère et ses peuples avaient atteint un haut degré de civilisation. Au fur et à mesure que celle-ci progressait les petites nations avaient été absorbées par les grandes, qui s’étaient elles-mêmes unies entre elles. Si bien qu’à la fin deux groupements d’hommes gorliens se partageaient la population : les Ouraliens et les Siamites. Les uns et les autres désiraient finir le travail en annexant le voisin. Mais un détail technique empêchait cette fusion hautement souhaitable pour le bon ordre moral, économique et politique de la planète : la guerre était devenue impossible. »

Extrait de : Kemmel. « Au bout du ciel. »

Fléau de l’univers par François Richard-Bessière

Fiche de Fléau de l’univers

Titre : Fléau de l’univers
Auteur : François Richard-Bessière
Date de parution : 1957
Editeur : Fleuve noir

Première page de Fléau de l’univers

« L’homme s’était une fois de plus traîné jusqu’à la fenêtre à travers laquelle il voyait maintenant les brumes épaisses du soir envahir peu à peu le paysage désertique qui l’entourait.

Déjà, dans le ciel violacé, quelques points brillants apparaissaient çà et là, et dans une heure à peine ce serait la nuit, la nuit qui s’ajouterait à tant d’autres, mais qui serait peut-être la dernière pour cet homme, dont le visage ravagé par la fièvre se tendait dans une attente fébrile.

La main crispée sur son arme, il guettait, prêt à tout. D’un instant à l’autre, il s’attendait à LES voir surgir devant lui, aussi impitoyables qu’une meute de chiens dans la forêt. Il était seul, dans son refuge, et chaque mouvement lui causait une douleur affreuse qu’il surmontait avec l’énergie du désespoir. Même l’inconnu qui l’avait soigné s’était enfui, l’abandonnant à son triste sort, et il en vint à maudire cette jambe cassée qui lui était la plénitude de ses moyens.

Non, ils ne l’auraient pas vivant, il se défendrait jusqu’au bout s’il le fallait. Pourtant, sa mission était loin d’être achevée. »

Extrait de : Richard-Bessière. « Fléau de l’univers. »

Feu dans le ciel par François Richard-Bessière

Fiche de Feu dans le ciel

Titre : Feu dans le ciel
Auteur : François Richard-Bessière
Date de parution : 1956
Editeur : Fleuve noir

Première page de Feu dans le ciel

« Le professeur Reginald Taylor, président de la W.U.S. (World United Scientific) tourna d’un geste sec le bouton de nacre qui commandait le fonctionnement de l’écran opalescent de son téléviseur personnel. L’image d’une jeune et jolie secrétaire apparut sur l’écran, avec un relief et une coloration remarquables.
— Avez-vous réussi à contacter le professeur Roland Mercadier ? Il devrait être ici depuis une heure…
— J’ai tout essayé, monsieur le professeur et je suppose qu’il ne va pas tarder, car il a quitté son appartement parisien voici déjà presque deux heures, avec son aérojet particulier.
— Parfait. Prévenez-moi dès que vous aurez de ses nouvelles. Terminé. »

Extrait de : Richard-Bessière. « Feu dans le ciel. »

Escale chez les vivants par François Richard-Bessière

Fiche de Escale chez les vivants

Titre : Escale chez les vivants
Auteur : François Richard-Bessière
Date de parution : 1960
Editeur : Fleuve noir

Première page de Escale chez les vivants

« L’homme s’engagea dans l’allée centrale du petit cimetière, fit quelques pas, s’orienta rapidement et tourna à gauche, en direction de la chapelle.

Une pluie fine s’était mise à tomber depuis le matin, et le sol détrempé était déjà recouvert de nombreuses flaques bourbeuses dans lesquelles l’homme pataugeait sans paraître s’en rendre compte. Il avançait, perdu dans ses pensées, et ce n’est que lorsqu’il atteignit la chapelle qu’il sortit de ses rêveries pour promener un regard anxieux vers la longue rangée de tombes qui s’étendait devant lui.

Machinalement il essuya d’un revers de main l’eau qui ruisselait sur son visage, remonta le col de son loden et avança lentement.

Il s’arrêta devant une croix, une grossière croix de bois qui émergeait d’une tombe abandonnée, à demi envahie par les mauvaises herbes. Quelques boutons d’or étaient ouverts au milieu de ce fouillis. Emouvante et délicate attention d’une Nature sensible à l’indifférence des hommes. »

Extrait de : Richard-Bessière. « Escale Chez Les Vivants. »

Destination moins J-C par François Richard-Bessière

Fiche de Destination moins J-C

Titre : Destination moins J-C
Auteur : François Richard-Bessière
Date de parution : 1961
Editeur : Fleuve noir

Première page de Destination moins J-C

« Le sphéroïde avait émergé dans le continuum espace-temps par le pire des hasards ; mais ce qu’il y avait de pire encore, c’est que les êtres qui l’occupaient savaient qu’ils n’avaient plus, désormais, le moindre espoir de revenir dans leur univers originel.

Quel que soit le cerveau ou l’esprit qui invente une machine, quelles que soient les conceptions imaginées pour la réaliser, la complexité ou l’ultra-complexité de la chose demeure. Une mécanique de chez nous ou d’ailleurs n’est rien de moins qu’une mécanique, et fût-elle réalisée par le plus grand génie, elle possède toujours ses défauts, son petit rien qui un beau jour paralyse tout le système, l’unité tout entière.

Tel était le cas pour cet appareil. Le grain de sable avait provoqué la destruction complète des coordinateurs hyperspatiaux. »

Extrait de : Richard-Bessière. « Destination moins J-C. ».

Des hommes, des hommes et encore des hommes par François Richard-Bessière

Fiche de Des hommes, des hommes et encore des hommes

Titre : Des hommes, des hommes et encore des hommes
Auteur : François Richard-Bessière
Date de parution : 1968
Editeur : Fleuve noir

Première page de Des hommes, des hommes et encore des hommes

« C’était une manœuvre insensée.

Le renversement des puissances pouvait provoquer l’explosion des générateurs encore miraculeusement intacts derrière leur blindage, mais c’était la seule tentative possible.

Rien ne pouvait empêcher un choc désormais inévitable. Une voix, dans les haut-parleurs, essaya de donner quelques ordres rapides, mais il était trop tard.

Un bruit épouvantable ébranla la structure du vaisseau cosmique et l’engin, après avoir lourdement rebondi, heurta de nouveau le sol avec violence.

Entraîné par l’élan, le monstre d’acier glissa encore pendant de longues secondes, puis se cabra une deuxième fois pour s’immobiliser en une ultime secousse.

David Marchal ne sut jamais combien dura son inconscience. Quelques secondes… plusieurs minutes… »

Extrait de : Richard-Bessière. « Des hommes, des hommes et encore des hommes. »

Déjà presque la fin par François Richard-Bessière

Fiche de Déjà presque la fin

Titre : Déjà presque la fin
Auteur : François Richard-Bessière
Date de parution : 1977
Editeur : Fleuve noir

Première page de Déjà presque la fin

« Une lumière sale filtrait à travers un ciel gris. Perpétuellement gris. Et la ville elle-même était noyée dans une grisaille infinie laissant parfois apparaître les sommets arrondis de ses dômes d’observation lorsque le vent, plus violent que d’habitude, s’acharnait à disperser les nuées floconneuses qui stagnaient entre les hauts édifices.

Au printemps, toutefois (mais quelle valeur pouvait-on attacher à ce mot?), les nuées se diluaient à l’approche de midi, permettant ainsi au soleil de faire quelques brèves apparitions, et cela durait jusqu’à ce que les pluies d’août viennent à nouveau transformer la ville en un véritable bourbier.

Les nuages revenaient, le soleil se refondait dans la grisaille et c’était ainsi pendant de longs mois encore.

Rubi comptait les jours. Le printemps approchait. Bientôt le soleil réapparaîtrait et ce serait la Fête… la Fête de la Lumière et de la Renaissance. Il y aurait des danses, des mascarades, des jeux, des buvettes gratuites installées à tous les carrefours aux frais du gouvernement. »

Extrait de : Richard-Bessière. « Déjà presque la fin. »