Catégorie : Livres
Les cendres de la nuit… par Robert Clauzel

Fiche de Les cendres de la nuit…
Titre : Les cendres de la nuit…
Auteur : Robert Clauzel
Date de parution : 1983
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les cendres de la nuit…
« Le rapide fonçait en hurlant sur la voie hallucinante de symétrie, sous la pluie qui le cinglait et qu’il pulvérisait. Frédéric Hoffman était nonchalamment assis dans un compartiment de première classe.
Il faisait doux et chaud, et l’immense bruissement de la vitesse était berceur ; la campagne noyée de pluie, dans un bain de grisaille liquide, était uniformément triste. Frédéric Hoffman était voyageur de commerce pour la Maison Sodruka et Réal, produits de beauté et de cosmétologie. Il visitait les coiffeurs, les esthéticiennes et les dermatologues. Il était grand et assez séduisant malgré une calvitie précoce. Trente-huit ans, l’œil gris, le nez droit, le menton volontaire. Pas mal de succès féminins, mais il était amoureux, et ses pensées étaient accaparées par la très jolie et très sensuelle Clara, très courtisée, peut-être un peu volage, dix-neuf ans, apprentie coiffeuse, parisienne. Où était-elle en ce moment ? C’était lundi. Il était près de 16 heures… Le lundi, elle ne travaillait pas. Que faisait-elle ? »
Extrait de : R. Clauzel. « Les cendres de la nuit. »
Le secret des secrets par Robert Clauzel

Fiche de Le secret des secrets
Titre : Le secret des secrets
Auteur : Robert Clauzel
Date de parution : 1978
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le secret des secrets
« Emmanuelle Collins sursauta intérieurement. Quelque chose n’était pas normal. Cela faisait un moment que cette impression l’avait effleurée mais c’était difficile à définir. Une sorte de déclic qui n’était pas suivi du mécanisme d’intégration ou de reconnaissance psychique, une sorte d’aura d’étrangeté, une sorte de coloration affective insolite et suspecte concernant tout ce qui l’entourait.
Mais tout était flou, vague, incertain… Que diable lui arrivait-il ? Et surtout que faisait-elle dans ce train ? Dans ce T.E.E. de grand luxe aux voitures élancées qui fonçaient dans la grisaille et dans la pluie sur le chemin d’acier luisant. Que faisait Emmanuelle Collins dans ce grand rapide, en rupture totale avec sa routine habituelle ? »
Extrait de : R. Clauzel. « Le secret des secrets. »
Le nuage qui vient de la mer par Robert Clauzel

Fiche de Le nuage qui vient de la mer
Titre : Le nuage qui vient de la mer
Auteur : Robert Clauzel
Date de parution : 1974
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le nuage qui vient de la mer
« Comme un automate, le docteur Alexander Griffin sortit lentement une cigarette d’un paquet fripé. Les yeux dans le vague et d’un geste machinal, il la plaça entre ses lèvres minces, et essaya de l’allumer. Il lui fallut s’y prendre à plusieurs reprises. Son regard était d’une fixité hallucinante, son teint gris, livide ; une légère sueur perlait à son front. Une angoisse sourde l’oppressait et un étau broyait son cœur. Il souffla plusieurs bouffées de fumée, successivement ; ça n’avait aucun goût en plein air. Dès qu’il la rejetait, la fumée était balayée par le souffle léger mais tenace. Il fit un trou avec son talon pour enfouir l’allumette. Pour qu’elle ne mette pas le feu aux aiguilles de pin.
Il fit quelques pas sur le sol souple, élastique, rénitent ; les troncs tourmentés des pins parasols défilaient devant lui dans une douce et tranquille pénombre. Le tapis d’aiguilles de pin était lisse, glissant, d’autant plus qu’il était incliné. »
Extrait de : R. Clauzel. « Le nuage qui vient de la mer. »
Le ciel sous la Terre par Robert Clauzel

Fiche de Le ciel sous la Terre
Titre : Le ciel sous la Terre
Auteur : Robert Clauzel
Date de parution : 1977
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le ciel sous la Terre
« Le Dr Roy Erwin rangea son interminable Cadillac violine sur le parking du motel. Il n’était pas loin de Sacramento et il avait conduit toute la journée. Il préféra s’arrêter pour la nuit dans cet endroit déferlant de néon multicolore. Il faisait chaud – il avait fait une chaleur torride toute la journée – et le crépuscule orange et mauve adoucissait à peine cette jungle d’asphalte, de béton, de lumière fluorescente, de publicité monstrueuse.
Il descendit, redressa sa longue silhouette et regarda autour de lui. Le bâtiment était ultra-moderne, écrasé, plat ; les pompes à essence ressemblaient à des êtres humains, molochs du XXe siècle présidant à notre destinée jusque dans ses moindres détails.
D’innombrables motos comme d’innombrables insectes s’entassaient dans un coin, brillant de mille feux. Une musique violente, style marteau pneumatique, provenait de la salle principale ainsi que les crépitements des jeux. »
Extrait de : R. Clauzel. « Le Ciel sous la Terre. »
La Terre, échec et mat… par Robert Clauzel

Fiche de La Terre, échec et mat…
Titre : La Terre, échec et mat…
Auteur : Robert Clauzel
Date de parution : 1976
Editeur : Fleuve noir
Première page de La Terre, échec et mat…
« Le Dr Griffon ouvrit la porte de son pavillon de banlieue et reçut, comme un bienfait du ciel, la douce caresse du crachin vespéral. Il referma derrière lui, mit la clef dans sa poche et alluma une cigarette malgré la pluie. Il releva le col de son trench-coat et traversa le bout de jardin qui s’étendait devant la maison. Le gravier mouillé crissa sous son pas. Il poussa la grille dont les barreaux laissaient échapper des perles d’eau froide et se retrouva dans la rue. Il regarda la rue. Il ne la reconnaissait pas. Tout lui semblait étrange et hostile tout d’un coup.
Soir d’hiver, passants anonymes, silhouettes vagues qui se pressaient, entre chien et loup, vaquant à leur obscure besogne…
Des gens de son quartier avec leurs habitudes, leurs soucis, leurs espérances… Des femmes, des hommes, des enfants, des vieillards… »
Extrait de : R. Clauzel. « La Terre, échec et mat. »
La planète suppliciée par Robert Clauzel

Fiche de La planète suppliciée
Titre : La planète suppliciée
Auteur : Robert Clauzel
Date de parution : 1976
Editeur : Fleuve noir
Première page de La planète suppliciée
« Patrick Maughan avait échappé à ses très lourdes préoccupations expérimentales et se rendait en voiture à cette soirée ennuyeuse chez les de Mandria, près de Ballainvilliers. S’il s’était imposé cette corvée, c’était surtout parce qu’il espérait revoir, ce soir, Nancy Linda qu’il avait connue à un bal mondain à Versailles chez des amis, puis revue à deux ou trois reprises à Honfleur, en vacances. Puis encore, alors que rien ne l’autorisait à envisager d’autres rencontres, en Italie, à Venise, par le plus grand des hasards. Là, elle était avec un homme assez beau, de type napolitain, mais n’avait eu d’yeux que pour lui, Patrick, comme si elle était heureuse de le revoir, comme si elle avait souhaité lui parler, ou être avec lui. C’était à la terrasse du Vantori, par un soir bleu et chaud. Ses yeux luisaient à son intention par-dessus les petites lampes orangées qui éclairaient les tables de leur velours lumineux. Il en avait éprouvé une attirance accrue et une secrète jalousie momentanée. Nancy était si belle. Si étrange aussi. »
Extrait de : R. Clauzel. « La planète suppliciée. »
La flamme des cités perdues par Robert Clauzel

Fiche de La flamme des cités perdues
Titre : La flamme des cités perdues (?? – Claude Eridan)
Auteur : Robert Clauzel
Date de parution : 1979
Editeur : Fleuve noir
Première page de La flamme des cités perdues
« Je n’avais jamais vu le Pr Georges Béranger dans cet état-là.
— Oui, grogna-t-il avec férocité. Oui, ce roman a été écrit par un ordinateur. Aussi invraisemblable que cela puisse paraître. D’ailleurs…
— Vous voulez dire que ce manuscrit intitulé La Flamme des Cités Perdues…
— Ai-je déclaré autre chose ? M’avez-vous entendu annoncer autre chose que cela ? Oui, je le répète… à votre corps défendant… ce manuscrit est l’œuvre d’un ordinateur. Et pourquoi ce fait vous choque-t-il, s’il vous plaît ?
— Mais…
Le vent soufflait avec rage et précipitait des paquets de pluie sur les carreaux des grandes baies du living-room de la Planésie. Novembre vomissait toutes ses bises aigres et faisait naître des flaques d’eau où traînaient des lueurs crépusculaires, annonçant l’hiver tout proche. Les grands arbres du parc se tordaient dans tous les sens, véritable houle végétale. Le vent soufflait et murmurait des choses inconnues des hommes de la Terre et essayait d’envelopper la Planésie dans son linceul irréel et mouvant. »
Extrait de : R. Clauzel. « La flamme des cités perdues. »
La fantastique énigme de Pentarosa par Robert Clauzel

Fiche de La fantastique énigme de Pentarosa
Titre : La fantastique énigme de Pentarosa
Auteur : Robert Clauzel
Date de parution : 1974
Editeur : Fleuve noir
Première page de La fantastique énigme de Pentarosa
« Si Gilbert Krone n’avait pas décidé de prolonger de vingt-quatre heures ses vacances à Saint-Jean-Cap-Ferrat, rien de tout cela ne serait arrivé. Tout serait passé inaperçu et le mécanisme diabolique aurait pu se mettre en place en toute tranquillité, en toute impunité, tandis que les hommes auraient continué leurs sordides querelles jusqu’à l’incroyable événement.
Mais Gilbert a décidé de rester, et, de ce fait, va se produire une insolite conjonction. Le signal approche, la distance se réduit entre le lieu où se trouve le jeune homme et celui qui arrive en vue de la station balnéaire…
La blonde journée s’achève. Septembre a rendu la mer, le sable et le ciel évanescents, presque anémiques ; l’air a été comme une stase de velours. Pas un souffle dans cette marine immobile et figée. Maintenant, à l’heure où le jour bascule, le crépuscule a allumé un incendie derrière les pins parasols et l’horizon flambe tout entier. »
Extrait de : R. Clauzel. « La fantastique énigme de Pentarosa. »
La cité de l’éternelle nuit par Robert Clauzel

Fiche de La cité de l’éternelle nuit
Titre : La cité de l’éternelle nuit
Auteur : Robert Clauzel
Date de parution : 1983
Editeur : Fleuve noir
Première page de La cité de l’éternelle nuit
« Il s’avança jusqu’à ce paysage chaotique qu’il ne comprenait pas et qui était fait de piliers démolis et de bâtiments en ruine, de pierres vitrifiées et d’éboulis. Le ciel était lie-de-vin, comme la plupart du temps, et des nuées étranges roulaient comme de la fumée ; comme de la fumée en provenance d’un incendie qui n’en finirait pas. Il était habitué à ça, ainsi qu’à tous les curieux changements qu’opérait ce ciel incompréhensible.
Une dartre noire détala en grinçant comme de la tôle rouillée, ses pinces tendues menaçantes, et feula à plusieurs reprisés. Elle était énorme. Elle creusa une pierre et s’y enfonça, tapissant ensuite son abri d’une paroi aussi duré que le minéral. Il y a longtemps que Aad était habitué aux dartres et réciproquement. Mais un instinct lui disait qu’il ne fallait pas y toucher et une impression de malaise se dégageait toujours de ces crustacés de terre qui vivaient dans les pierres. »
Extrait de : R. Clauzel. « La Cité de l’éternelle nuit. »
L’horrible découverte du Dr Coffin par Robert Clauzel

Fiche de L’horrible découverte du Dr Coffin
Titre : L’horrible découverte du Dr Coffin
Auteur : Robert Clauzel
Date de parution : 1982
Editeur : Fleuve noir
Première page de L’horrible découverte du Dr Coffin
« Richard Temple prenait du bon temps avec un groupe de jeunes sirènes dans un motel de la chaîne « Impérial 400 Motels » sur la route d’Annatown, à 17 kilomètres exactement de cette charmante localité californienne, et, bien que son métier l’obligeât à laisser en permanence ses propres coordonnées à ses supérieurs hiérarchiques directs, rien ne l’autorisait à penser que quelque chose se préparait qui allait bouleverser le destin d’une bonne centaine de ses concitoyens à court terme.
La température était encore douce et clémente, l’air était de velours et le calme serein de cette fin septembre se cachait dans l’atmosphère, un peu nostalgique pourtant, d’une saison finissante.
L’eau de la piscine était agréable, bleue et fraîche, et son étendue miroitait au soleil couchant.
Laura était une fille splendide, assise, en maillot saumon, à sa table et sirotant un Damarkin… »
Extrait de : R. Clauzel. « L’horrible découverte du Dr Coffin. »