Catégorie : Livres

 

La nuit de la lumière par P. J. Farmer

Fiche de La nuit de la lumière

Titre : La nuit de la lumière
Auteur : Philip José Farmer
Date de parution : 1966
Traduction : F.-M. Watkins
Editeur : J’ai lu

Première page de La nuit de la lumière

« Sur la terre, ce serait effroyable de voir un homme courir dans la rue après la peau d’un visage humain – fine pellicule de tissu chassée par le vent comme un bout de papier.

Sur la planète de la Joie de Dante, ce spectacle retenait à peine l’attention des passants. Et s’ils s’y intéressaient, c’était uniquement parce que l’homme qui courait était un Terrien et, par conséquent, une curiosité en soi.

John Carmody courait dans la longue rue droite, passant devant les vertigineuses façades des tours construites d’énormes blocs de granit striés de quartz, ornées de gargouilles et de formes de cauchemar ricanant au fond des nombreuses niches obscures, ou de dieux et déesses penchés aux innombrables balcons.

Petit, et plus encore rapetissé par les murailles élevées et les arcs-boutants, il galopait fébrilement à la poursuite de la peau translucide voletant au vent, sans cesse retournée, exposant tour à tour les trous des yeux, des oreilles, de la bouche béante, traînant quelques longs cheveux blonds de la ligne du front, le cuir chevelu lui-même étant absent. »

Extrait de : P. J. Farmer. « La nuit de la lumière. »

L’univers à l’envers par P. J. Farmer

Fiche de L’univers à l’envers

Titre : L’univers à l’envers
Auteur : Philip José Farmer
Date de parution : 1964
Traduction : D. Hersant
Editeur : J’ai lu

Première page de L’univers à l’envers

« Ils étaient deux à flotter dans le vide crépusculaire.
Enlacés, le menton de chacun appuyé sur l’épaule de l’autre, ils pivotaient autour d’un axe commun, dans un interminable tournoiement.
Autour d’eux (il n’existait ni haut ni bas), il n’y avait rien. Rien que l’air invisible qui les poussait vers le centre de la sphère, vers le soleil occulté par un nuage de poussière.
Jack Cull serrait étroitement contre lui Phyllis Nilstrom, tout en regardant fixement par-dessus l’épaule de celle-ci. Au bout d’un certain temps, impossible à déterminer avec précision en ce monde où le soleil restait toujours à la même place dans le ciel, il vit apparaître une petite tache. Son cœur se mit à battre à coups redoublés. Puis la tache grossit. Cull comprit qu’elle ne se dirigeait pas droit sur eux. »

Extrait de : P. J. Farmer. « L’univers à l’envers. »

L’odyssée verth par P. J. Farmer

Fiche de L’odyssée verth

Titre : L’odyssée verth
Auteur : Philip José Farmer
Date de parution : 1957
Traduction : J.-P. Pugi
Editeur : Presses Pocket

Première page de L’odyssée verth

« Depuis deux ans, Alan Green vivait sans connaître l’espoir. Du jour où sa capsule de sauvetage s’était échouée sur ce monde inconnu, il s’était résigné et avait accepté le destin que lui imposaient cet accident et les probabilités. Les chances pour qu’un autre appareil vînt se poser sur cette planète au cours des cent prochaines années étaient de une contre un million. En conséquence, il eût été inutile de rester assis à attendre des secours. Il haïssait cette idée, mais il savait qu’il devrait passer le reste de sa vie en ce lieu et tenter de tirer tout le sang de ce navet de la taille d’une planète. Cependant, ce monde était exsangue et il lui semblait que c’était lui qui se vidait de son sang. En fait, peu après son naufrage, Green avait été réduit en esclavage.

Cependant, le Terrien venait brusquement de retrouver des raisons d’espérer. »

Extrait de : P. J. Farmer. « L’Odyssée Verth. »

Des rapports étranges par P. J. Farmer

Fiche de Des rapports étranges

Titre : Des rapports étranges
Auteur : Philip José Farmer
Date de parution : 1960
Traduction : M. Deutsch
Editeur : J’ai lu

Première page de Des rapports étranges

« — Regarde, mère ! La pendule tourne à l’envers.

Eddie Fetts désignait du doigt les aiguilles de l’horloge du tableau de commande.

— Le choc de l’accident a dû inverser le mouvement, répondit le Dr Paula Fetts.

— Comment est-ce possible ?

— Je suis incapable de te le dire. Je ne sais pas tout, mon fils.

— Oh !

— Allons ! Ne prends pas cet air déçu ! Ma spécialité, c’est la pathologie, pas l’électronique.

— Ne te mets pas en colère, mère. Je ne pourrais pas le supporter. Pas maintenant. »

Extrait de : P. J. Farmer. « Des rapports étranges. »

Chacun son tour par P. J. Farmer

Fiche de Chacun son tour

Titre : Chacun son tour
Auteur : Philip José Farmer
Date de parution : 1973
Traduction : J. Lacor
Editeur : Jean-Claude Lattès

Première page de Chacun son tour

« Verne a décrit Phileas Fogg comme un Byron barbu, un Byron si serein, qu’il aurait pu vivre mille ans sans vieillir. Cette remarque à propos de son éventuelle longévité fut-elle une simple coïncidence ou une idée en l’air que le hasard aurait revêtue des ailes de la vérité ?

Une vie longue d’un millénaire, voilà exactement ce qui avait été promis à Fogg. On pensait, en 1872, qu’il avait environ quarante ans, et c’était effectivement son âge. Car l’élixir d’Éridan ne produit pas d’effet avant la quarantaine ; c’est à ce moment-là seulement qu’il se met (rapidement) à agir. S’il est toujours de ce monde, Fogg doit sembler aujourd’hui à peine plus vieux d’un an ou deux. Or il y a de grandes chances qu’il soit encore vivant, et fort bien portant au demeurant, quelque part en Angleterre. Qui pourrait montrer une pierre tombale où soient gravés son nom et sa date de naissance, 1832, suivie de celle de sa mort ? Personne. »

Extrait de : P. J. Farmer. « Chacun son tour. »

L’homme qui trahit la vie par P. J. Farmer

Fiche de L’homme qui trahit la vie

Titre : L’homme qui trahit la vie (Tome 3 sur 3 – Un exorcisme)
Auteur : Philip José Farmer
Date de parution : 1973
Traduction : A. Garsault
Editeur : Presses Pocket

Première page de L’homme qui trahit la vie

« GORDON Carfax gémit. Il s’assit dans son lit et, de la main, chercha Frances. L’aube teintait déjà les persiennes de gris. Frances était partie avec la nuit. Un coq avait chanté, il en aurait juré. Pourtant, on n’entendait que l’aboiement des chiens du voisinage. Il tenta de trouver une explication : la veille au soir, il avait lu trop longtemps et, comme pour Hamlet, un fantôme… Sa raison eut tôt fait de balayer cette hypothèse ridicule.

Brassé par un tourbillon mystérieux, les ténèbres s’étaient agglutinées en une forme humaine. Un ectoplasme s’était matérialisé devant ses yeux hagards. Frances ! Les bras tendus dans sa direction, elle avait glissé vers lui à pas lents et silencieux. Belle, telle qu’elle était restée dans son souvenir. Et elle avait souri. Un sourire qui trahissait la colère mêlée à une souffrance indéfinissable. »

Extrait de : P. J. Farmer. « L’homme qui trahit la vie – Un exorcisme. »

Gare à la bête par P. J. Farmer

Fiche de Gare à la bête

Titre : Gare à la bête (Tome 2 sur 3 – Un exorcisme)
Auteur : Philip José Farmer
Date de parution : 1968
Traduction : M. Pétris
Editeur : Presses Pocket

Première page de Gare à la bête

« La pluie semblait ne jamais devoir cesser.

Ce six au soir, dans une ville évoquant la planète Vénus vue par un auteur de science-fiction des années trente, Harald Childe suivait Vivienne Mabcrough.

Quelques instants plus tôt, il s’était arrêté à un feu rouge derrière une grosse Rolls-Royce noire, à l’intersection de Santa Monica Boulevard et de Canon Drive, à Beverly Hills.

Grâce à l’essuie-glace qui balayait la lunette arrière du véhicule, il avait pu apercevoir Vivienne Mabcrough. Assis à l’arrière avec un homme, elle avait tourné la tête au moment où le feu passait au vert, révélant un profil à jamais gravé dans la mémoire de Childe. Certes c’était le plus parfait qu’il lui ait été donné de voir. Et vu, pour la dernière fois, dans de telles circonstances que, malgré tous ses efforts, il lui était bien impossible de l’oublier. »

Extrait de : P. J. Farmer. « Gare à la bête – Un exorcisme. »

Comme une bête par P. J. Farmer

Fiche de Comme une bête

Titre : Comme une bête (Tome 1 sur 3 – Un exorcisme)
Auteur : Philip José Farmer
Date de parution : 1968
Traduction : F. Lasquin
Editeur : Presses Pocket

Première page de Comme une bête

« Du lait. Vert. En train de tourner.

La fumée montait vers la lumière, la fumée et la lumière se mêlaient, se muaient en lait vert. Le lait se décomposait en millions de particules verdâtres, montait, recouvrait le plafond d’une fumée opaque.

Le smog était partout. En haut. En bas. Dans la salle. Dehors.

Vert, aigre.

L’aigreur n’émanait pas seulement du smog qui s’était insinué à travers les climatiseurs et de la fumée des cigarettes qui formait d’épaisses volutes. Harald Childe avait encore à l’esprit les images qu’il avait vues ce matin-là, et il savait qu’il allait les revoir bientôt.

Childe n’avait jamais vu la salle de projection du commissariat central de Los Angeles plongée dans une telle obscurité. En temps ordinaire, le rayon lumineux qui sortait de la cabine de projection éclairait un peu la pénombre. »

Extrait de : P. J. Farmer. « Comme une bête – Un exorcisme. »

Miasmes de mort par R. Matheson

Fiche de Miasmes de mort

Titre : Miasmes de mort
Auteur : Richard Matheson
Date de parution : 1978
Traduction : A. Dorémieux, D. Hersant, M. Deutsch, B. Martin
Editeur : Casterman

Sommaire de Miasmes de mort

  • Journal d’un monstre
  • Derrière l’écran
  • L’habit fait l’homme
  • La maison du crime
  • La maison enragée
  • Frère de la machine
  • Appel longue distance
  • Intrusion
  • Une armée de conspirateurs
  • Les enfants de Noah
  • Cauchemar à six mille mètres
  • Sans paroles

Première page de L’habit fait l’homme

« J’allai me réfugier sur la terrasse pour fuir le caquetage des buveurs de cocktails.

Je m’assis dans un coin obscur, j’étirai mes jambes et poussai un soupir de profond ennui.

La porte donnant sur la terrasse se rouvrit ; un homme sortit en titubant de la pièce emplie d’une gaieté bruyante et alla s’appuyer contre la balustrade pour regarder la ville qui s’étendait au-dessous de lui.

« Oh ! mon Dieu ! » murmura-t-il en passant une main molle dans ses cheveux clairsemés. Il secoua la tête d’un air las en contemplant la lumière qui brillait au sommet de l’Empire State Building. »

Extrait de : R. Matheson. « Miasmes de mort. »

Les seins de glace par R. Matheson

Fiche de Les seins de glace

Titre : Les seins de glace
Auteur : Richard Matheson
Date de parution : 1954
Traduction : F. M. Watkins
Editeur : Gallimard

Première page de Les seins de glace

« Il faisait plutôt frisquet, ce jour-là, je m’en souviens. Le ciel était légèrement couvert ; les falaises paraissaient grisâtres sous leur voile de brume. C’est sans doute pour ça qu’il n’y avait pas foule sur la plage. De plus nous étions en semaine, avant les vacances scolaires. Le mois de juin, quoi ! Tout compte fait, vous voyez le tableau : une immense étendue de sable où nous étions seuls, elle et moi.

J’avais commencé par lire. Mais ça devenait rasant. Abandonnant mon livre, je restai assis, les bras noués autour des genoux, à me régaler du point de vue.

Elle portait un maillot une pièce. Elle devait faire dans les un mètre soixante-cinq. Mince, mais bien roulée. Elle paraissait fascinée par les vagues. Ses cheveux blonds, coupés court, voletaient légèrement sous la brise. »

Extrait de : R. Matheson. « Les seins de glace. »