Catégorie : Livres
Alice aux pays des merveilles par Lewis Carroll

Fiche de Alice aux pays des merveilles
Titre : Alice aux pays des merveilles
Auteur : Lewis Carroll
Date de parution : 1869
Traduction : H. Bué
Editeur : Bibliothèque numérique romande
Première page de Alice aux pays des merveilles
« ALICE, assise auprès de sa sœur sur le gazon, commençait à s’ennuyer de rester là à ne rien faire ; une ou deux fois elle avait jeté les yeux sur le livre que lisait sa sœur ; mais quoi ! pas d’images, pas de dialogues ! « La belle avance, » pensait Alice, « qu’un livre sans images, sans causeries ! »
Elle s’était mise à réfléchir, (tant bien que mal, car la chaleur du jour l’endormait et la rendait lourde,) se demandant si le plaisir de faire une couronne de marguerites valait bien la peine de se lever et de cueillir les fleurs, quand tout à coup un lapin blanc aux yeux roses passa près d’elle. »
Extrait de : Lewis Carroll. « Alice au pays des merveilles. »
Survol par K. Roberts

Fiche de Survol
Titre : Survol
Auteur : Keith Roberts
Date de parution : 1985
Traduction : G. Abadia
Editeur : Robert Laffont
Première page de Survol
« L’équipage de sol avait presque achevé sa litanie. Les hommes attendaient l’un derrière l’autre, la tête inclinée en avant, profilant leurs silhouettes sur les dernières lueurs estompées du couchant. En contrebas de l’endroit où je me tenais, le Véhicule de Lancement frémissait doucement tandis que l’eau bruissante ruisselait autour d’un rivet de chaudière rouillé. Une rafale d’air chaud monta vers le portique, apportant des effluves de vapeur et d’huile qui se mélangèrent aux odeurs omniprésentes des enduits. À côté de moi, le Captain Servant renifla, apparemment en signe d’impatience. Puis il remua les pieds sur le sol et enfonça un peu plus sa tête taurine dans ses épaules. Je regardai autour de moi dans le hangar de plus en plus sombre, enregistrant mentalement la scène familière. Les rouleaux de câbles, debout sur leurs chariots, les lames luisantes des systèmes d’ancrage, le train de levage complexe s’étirant brasse après brasse. »
Extrait de : K. Roberts. « Survol. »
Pavane par K. Roberts

Fiche de Pavane
Titre : Pavane
Auteur : Keith Roberts
Date de parution : 1968
Traduction : F. Straschitz
Editeur : Le livre de poche
Première page de Pavane
« Par une chaude soirée de l’an 1588, dans le palais royal de Greenwich, aux portes de Londres, une femme se mourait ; dans sa poitrine, dans son abdomen, les balles d’un assassin. Son visage était ridé, ses dents noircies, et la mort ne lui prêtait nulle dignité. Elizabeth Ire, la Grande Elizabeth, reine d’Angleterre, n’était plus.
La rage des Anglais ne connut pas de bornes. Un seul mot, un murmure, suffisait ; un jeune benêt, mis en pièces par la foule, appelait sur lui la bénédiction du Pape… Les catholiques anglais, saignés à blanc par les amendes, portant toujours le deuil de la reine d’Écosse, n’ayant pas oublié le sanglant Soulèvement du Nord, durent faire face à de nouveaux pogroms. À contrecœur, pour assurer leur survie, ils prirent les armes contre leurs compatriotes, tandis que l’incendie allumé par les massacres de Walsingham s’étendait à tout le pays, mêlant à la lumière des feux d’alarme les sombres flammes des autodafés. »
Extrait de : K. Roberts. « Pavane. »
Molly zéro par K. Roberts

Fiche de Molly zéro
Titre : Molly zéro
Auteur : Keith Roberts
Date de parution : 1980
Traduction : M. Lebailly
Editeur : Calmann-Levy
Première page de Molly zéro
« Tu frissonnes, enveloppée dans ton manteau. C’est un beau manteau ; flambant neuf, un macfarlane vert olive ; bien sanglé à la taille, le col relevé, très militaire. Il te donne fière allure, mais, ne t’empêche pas de trembler. Tu enfonces plus profondément les mains dans tes poches et tu remontes les épaules. Tu te dis qu’il n’y a pas de raison de te tracasser, ce n’est qu’un Décentrement ; quelque chose qui arrive à tout le monde. Mais cela ne t’aide pas beaucoup. Toi, tu es Molly Zéro, et tu es morte de peur.
Les bruits semblent résonner sous le toit voûté ; le grondement des locomotives diesels, les voix criant des ordres, sans relâche. Et à travers tout cela, une stridence grêle ; produite par des centaines et des centaines de gosses. Tu regardes fixement le macadam à tes pieds. »
Extrait de : K. Roberts. « Molly Zero. »
Les seigneurs des moissons par K. Roberts

Fiche de Les seigneurs des moissons
Titre : Les seigneurs des moissons
Auteur : Keith Roberts
Date de parution : 1976
Traduction : D. Le Nouaille
Editeur : Opta (Galaxie)
Première page de Les seigneurs des moissons
« LA grosse voiture progressait avec lenteur sur des chemins se rétrécissant continuellement. Une fois dépassé le bourg de Wilton, la neige devint plus épaisse. Silhouettés par le faisceau des phares, les arbres et les buissons apparaissaient revêtus d’une blancheur immaculée. L’arrière de la Mercedes chassa légèrement, puis se redressa. Mainwaring entendit le chauffeur jurer à mi-voix. L’interphone était resté branché.
Des cadrans encastrés dans le dossier témoignaient du bon fonctionnement du véhicule : pression d’huile, température de l’eau, régime, vitesse. La lumière du répétiteur éclairait avec douceur le visage de sa compagne. Celle-ci s’agitait et il voyait voltiger sa chevelure blonde. Il se tourna à demi. Elle portait un kilt sobre quoique succinct, et de lourdes bottes. Ses jambes ne laissaient rien à désirer. »
Extrait de : K. Roberts. « Les Seigneurs des moissons. »
Les géants de craie par K. Roberts

Fiche de Les géants de craie
Titre : Les géants de craie
Auteur : Keith Roberts
Date de parution : 1974
Traduction : C. et L. Meistermann
Editeur : Opta
Première page de Les géants de craie
« La voiture de patrouille se remet en marche, remontant le flot de la circulation bloqué dans la direction du sud. Son haut-parleur est branché ; les paroles en sortent, grésillantes et ternes, déformées par la chaleur aoûtienne de la plaine de Salisbury.
Stan Potts observe le gyrophare, transpire, se gratte, jure. Il a envie de faire pipi ; il y a une heure, sinon plus, qu’il a envie de faire pipi, la douleur sourde s’est faite aiguë, puis nécessité dominante. Il fait glisser d’avant en arrière le levier de changement de vitesse, son regard fixe traverse le pare-brise sale ; il essaye de ne penser à rien, absolument rien…
L’observateur a quitté la Wolseley et progresse d’un véhicule à l’autre, se frayant un chemin dans le bouchon. »
Extrait de : K. Roberts. « Les géants de craie. »
Les furies par K. Roberts

Fiche de Les furies
Titre : Les furies
Auteur : Keith Roberts
Date de parution : 1966
Traduction : F. Straschitz
Editeur : Le masque
Première page de Les furies
« On peut les nommer les Gardiens. La chose qu’ils gardaient si jalousement n’était pas matérielle dans le sens où nous l’entendons. Elle avait du volume, mais pas de forme ; de la masse, mais pas de dimension. Bouillonnant nœud de mémoire, frémissant arbre de sagesse, elle avait bourgeonné à travers l’espace, ballottée par les courants gravitationnels, léchée par les flammes blanches des novæ. Et elle avait atteint la Terre…
Peut-être les Gardiens étaient-ils las. Pour eux, Vanderdecken était une créature éphémère et le millénium des Ahasuerws, guère plus que le lent clignement d’un œil. Leur voyage s’étendait à l’infini dans l’avenir comme dans le passé, loin, loin, loin avant notre ère, jusqu’au jour, peut-être, de la Première Création. Et les Gardiens eux-mêmes avaient oublié d’où ils venaient, et n’avaient jamais su comment ils avaient propagé leur espèce. »
Extrait de : K. Roberts. « Les Furies. »
Anita par K. Roberts

Fiche de Anita
Titre : Anita et autres nouvelles
Auteur : Keith Roberts
Date de parution :
Traduction :
Editeur :
Sommaire de Anita
- Alerte à la sirène
- A l’assaut du vétérinaire
- Par ici la sortie
- Expédition sur la troisième planète
- Subliminal
- L’être de beauté
- Terreur des hommes
- Le naufrage de la garce aux baisers
Première page de Alerte à la sirène
« Le message arriva, porté par des pépiements et des gazouillis. Il frémit à travers les hautes herbes des collines, vibra et froufrouta dans les feuilles. Des pattes duveteuses le tambourinèrent, d’étranges créatures le hurlèrent à la lune. Il se balança dans le sillage des nuées d’orage, crépita dans la grêle de l’été. Il se propageait inlassablement, s’épuisait au long des kilomètres mais, partout où il parvenait, des museaux se pointaient, des queues se tortillaient, des ailes emplumées et des ailes encloutées se tendaient vers le nord. Il avait des ratés, il s’affaiblissait, menaçait de se désagréger, de se dissoudre dans le néant. C’était un soupir, un sanglot mais, à la fin des fins, il atteignit sa destination.
Anita se promenait dans le Hallier de l’Homme Mort. Elle s’arrêta et se raidit. Ses oreilles palpitèrent, elle huma l’air. Au-dessus d’elle, les arbres s’agitaient. »
Extrait de : K. Roberts. « Anita et autres nouvelles. »
Le dernier cadeau du temps par P. J. Farmer

Fiche de Le dernier cadeau du temps
Titre : Le dernier cadeau du temps
Auteur : Philip José Farmer
Date de parution : 1972
Traduction : M.-C. Ferrer
Editeur : Presses de la cité
Première page de Le dernier cadeau du temps
« La violence de la déflagration ébranla la colline.
Une onde de choc terrifiante dévala la pente, déferlant sur la vallée et la rivière avant de revenir frapper de plein fouet la forme oblongue qui achevait de se matérialiser.
Tout en restant parfaitement immobile dans l’espace, le H.G.Wells I venait d’effectuer un formidable bond dans le temps, passant de l’année 2070 de notre ère à l’année 12 000 avant Jésus-Christ.
Après s’être immobilisé à environ soixante centimètres au-dessus du bord de la falaise, l’appareil s’écrasa brusquement sur le sol spongieux et se mit à descendre le coteau en roulant doucement sur lui-même. Prenant rapidement de la vitesse, il fit exploser des blocs de calcaire et décapita un bosquet de pins nains avant d’arrêter sa course folle cent mètres plus bas. »
Extrait de : P. J. Farmer. « Le dernier cadeau du temps. »
La porte du temps par P. J. Farmer

Fiche de La porte du temps
Titre : La porte du temps
Auteur : Philip José Farmer
Date de parution : 1966
Traduction : M. Lodigiani
Editeur : Fleuve noir
Première page de La porte du temps
« La guerre était terminée depuis un an lorsque mon éditeur m’envoya en Norvège pour y rencontrer Roger Two Hawks. J’avais carte blanche pour négocier avec lui les termes d’un contrat particulièrement alléchant, surtout si l’on se rappelle les incroyables difficultés que rencontrait alors un auteur pour se faire publier et distribuer. C’était sur ma requête que cette mission m’avait été confiée : j’avais entendu raconter toutes sortes de fables sur Roger Two Hawks, invraisemblables pour la plupart, parfois même contradictoires. Mes informateurs m’avaient pourtant tous juré la véracité de leurs témoignages.
J’étais tellement dévoré de curiosité que si mon employeur avait repoussé ma demande, j’aurais été capable de démissionner sur-le-champ pour me rendre en Norvège de mon propre chef. Et pourtant, dans ma partie, les boulots ne couraient pas les rues, à cette époque !… Objectif primordial : rebâtir un monde, une civilisation, réduits à néant. »
Extrait de : P. J. Farmer. « La porte du temps. »