Catégorie : Livres

 

L’héritage de saint Leibowitz par Walter M. Miller

Fiche de L’héritage de saint Leibowitz

Titre : L’héritage de saint Leibowitz (Tome 2 sur 2 – Leibowitz)
Auteur : Walter M. Miller
Date de parution : 1977
Traduction : J.-D. Brèque
Editeur : Denoël

Première page de L’héritage de saint Leibowitz

« ALORS QU’IL ATTENDAIT EN FRISSONNANT que le tribunal décide de son châtiment, frère Dent-Noire Saint-Georges, OAL, assis dans le lugubre couloir devant la salle de réunion, se rappela le jour où son oncle l’avait emmené voir la Femme-Mustang lors d’une cérémonie tribale des Nomades des Plaines, ainsi que la façon dont le diacre Poney-Brun (dit « Sang-mêlé »), à l’époque en mission diplomatique dans les Plaines, avait tenté d’exorciser les prêtres de la Femme-Mustang avec de l’eau bénite et de chasser son esprit de la loge du conseil. Pendant l’émeute qui avait suivi, les chamans (« hommes-médecine ») avaient tenté de s’en prendre au jeune diacre, qui n’était pas encore devenu cardinal, se faisant pour leur peine exécuter sans sommations par le sharf nomade fraîchement baptisé. »

Extrait de : Walter M. Miller. « L’héritage de saint Leibowitz. »

Un cantique pour Leibowitz par Walter M. Miller

Fiche de Un cantique pour Leibowitz

Titre : Un cantique pour Leibowitz (Tome 1 sur 2 – Leibowitz)
Auteur : Walter M. Miller
Date de parution : 1961
Traduction : C. Saunier
Editeur : Denoël

Première page de Un cantique pour Leibowitz

« Frère Francis Gérard de l’Utah n’aurait peut-être jamais découvert les documents sacrés sans le pèlerin qui apparut, les reins ceints de toile à sac, pendant le jeûne du Carême que le novice observait au milieu du désert.

Frère Francis n’avait encore jamais vu de pèlerin ceint de toile à sac mais il fut certain que celui-là était bien l’article bona fide dès qu’il fut remis de la peur paralysante causée par l’apparition à l’horizon d’un petit iota noir gigotant dans une tremblante brume de chaleur. Sans jambes, avec une tête minuscule, le iota se matérialisa hors des reflets miroitants sur la route défoncée. »

Extrait de : Walter M. Miller. « Un cantique pour Leibowitz. »

La grande quincaillerie par Georges Soria

Fiche de La grande quincaillerie

Titre : La grande quincaillerie
Auteur : Georges Soria
Date de parution : 1976
Editeur : Denoël

Première page de La grande quincaillerie

« L’Arbitre – grande carcasse nordique, longs bras aux mains voltigeant comme des papillons fous, visage aigu au crâne lisse comme une boule de billard, yeux bleu saphir distillant une intériorité née du monologue mathématique quotidien l’Arbitre, dis-je (quarante ans? il n’avouait jamais son âge et personne ne le connaissait au juste), regardait le tableau noir couvert d’une longue chaîne d’équations, ponctuées de signes évoquant (pour le profane) des idéogrammes chinois.

Réfléchissait-il au contenu de ces symboles ou tentait-il de chasser de son esprit quelque trivialité obsédante? La seule chose dont je puisse ici témoigner, c’est que, bondissant du fauteuil . – peau de bête tendue sur quatre tubes horizontaux eux-mêmes perpendiculaires à trois jambages aluinox- où il s’était emmuré dans son silence du matin, il s’empara tout à coup d’une éponge humide et lui faisant décrire trois demi-cercles successifs, effaça l’élégant ballet de craie blanche qu’un calculateur avait tracé sur l’ardoise. »

Extrait de : G. Soria. « La grande Quincaillerie. »

Tigre par Daniel Walther

Fiche de Tigre

Titre : Tigre
Auteur : Daniel Walther
Date de publication : 1988
Editeur : Fleuve noir

Première page de Tigre

« Dans le silence de la nuit, Tigre se laissa glisser le long du mur d’enceinte. Il retomba souplement sur le sol. Respira profondément, huma le vent. Se mit à courir. Tigre aimait la nuit avec la passion des poètes et des tueurs. Il ne revivait que lorsque la lumière du jour se voilait et que de lourdes draperies d’encre recouvraient la ville. Alors seulement il sortait de sa retraite et courait dans l’ombre, à longues enjambées.

Tigre aimait la nuit, la nuit de la ville. Et la nuit lui prêtait ses espaces dérobés, ses labyrinthes, ses masques.

Il s’enfonça dans l’ombre.

Ses vêtements sombres le rendaient quasiment invisible : blouson de cuir noir, pantalon de cuir noir, bottes de cuir noir, gants de cuir noir. Et, masquant à demi son visage, le casque de cuir noir… »

Extrait de : D. Walther. « Tigre. »

Sept femmes de mes autres vies par Daniel Walther

Fiche de Sept femmes de mes autres vies

Titre : Sept femmes de mes autres vies
Auteur : Daniel Walther
Date de publication : 1985
Editeur : Denoël

Sommaire de Sept femmes de mes autres vies

  • Flagrants Soleils… des canons de la mort… quel Hollandais volant ?
  • Bleu cobalt ou en arrière, professeur Serdengestler !
  • …Et avec Emyna, sur Dusan ?
  • Vanille du corps de Lia
  • Intermède sur Javeline
  • Ludmilla ou la confrontation
  • Trahison en été

Première page de Flagrants Soleils… des canons de la mort… quel Hollandais volant ?

« La tranquillité des arbres et le silence des nuages m’environnent. Je me sens en repos, en paix avec moi-même. Comment exprimer cela ? peut-être ne peut-on définir ce sentiment-là que par une absence de mots. Une absence de mots…
Je suis assis sur la terrasse de la maison, en face de la mer, et la lumière qui faiblit dans le crépuscule éclaire à peine les pages du livre que je suis en train de lire. C’est un épais volume de plus de sept cents pages, une œuvre capitale de la littérature universelle. Un de ces livres dont tous les critiques – ou presque – disent et écrivent qu’il est indispensable de les avoir lus. Des lignes se détachent sur la page de droite : des lignes qui n’occupent que la moitié de l’espace (18 x 10) de papier lavable qui leur est normalement dévolu : le passage que j’étais en train de lire avant que des pensées étrangères ne me traversent l’esprit est un dialogue. Les protagonistes de ce que je sais être une tragi-comédie n’échangent que des phrases courtes, hachées, du style : « … je ne m’attendais pas… », « Cela vous surprend donc tellement ? », « À vrai dire, pas exactement… » Et ainsi de suite, sur toute la hauteur de la page. »

Extrait de : D. Walther. « Sept femmes de mes autres vies. »

Requiem pour demain par Daniel Walther

Fiche de Requiem pour demain

Titre : Requiem pour demain
Auteur : Daniel Walther
Date de publication : 1976
Editeur : Marabout

Sommaire de Requiem pour demain

  • Antienne au commandeur
  • Solstice (aux portes d’Obriariatan)
  • Tristes derniers jardins du monde
  • Maskakrass
  • Les fourches patibulaires
  • Maintenant que Friedberg est mort …
  • Deux lunes endeuillées pour veiller la planète mourante
  • Fragments de la biographie de Vladimir Kostenstko ou un cas désespéré
  • Klimax
  • Mon cher amour, je suis si loin de toi !
  • Deus vel machina ?
  • Nocturne en bleu
  • Neiges et gel d’amour sur le château du Couchant
  • Un vent de furie

Première page de Antienne au commandeur

« astronef quenouille d’absence englué dans la gelée du non-temps semble parfaitement immobile, semble parfaitement mort. Nous approchons rapidement, dérapant sur des rails invisibles, à bout de course. Encore quelques minutes TG et nous saurons peut-être à quoi nous en tenir. Nous sommes tous crispés, les entrailles nouées, on dirait que nous sommes gelés dans notre attente. L’angoisse nous empêche de parler. Encore quelques petites minutes de Temps Galactique et nous connaîtrons peut-être la réponse à la question qui nous dévore : quelle force mystérieuse tapie dans le gouffre de l’espace entraîne nos vaisseaux dans les cavernes du néant. Nous nous tenons debout dans les coursives et nous avons l’impression que le froid du dehors s’insinue dans l’astronef, tapisse de givre les parois luminescentes. C’est une sensation à peine supportable et il faut une longue habitude des courses silencieuses dans les plaines ténébreuses du cosmos pour lutter victorieusement contre la »

Extrait de : D. Walther. « Requiem pour demain. »

Nocturne sur fond d’épées par Daniel Walther

Fiche de Nocturne sur fond d’épées

Titre : Nocturne sur fond d’épées
Auteur : Daniel Walther
Date de publication : 2007
Editeur : Eons fantasy

Première page de Nocturne sur fond d’épées

« L’univers est une vaste machine aux rouages complexes. La multitude de races intelligentes qui sont nées, qui ont vécu quelques griffures de la durée, puis sont mortes dans des cataclysmes foudroyants, des guerres, des épidémies, ou tout simplement d’ennui, de vieillesse, de désespoir, toutes ces races (plus ou moins) douées d’intelligence ont peuplé le vide de leur angoisse de dieux et de démons ; ont essayé de savoir QUEL PRINCIPE, QUEL DIEU OU QUEL DÉMON étaient à l’origine de l’univers créé, quel était le moteur de ce mécanisme géant, emporté sans but (?) à travers la nuit glacée de l’espace et du temps.

Quelques chercheurs particulièrement tenaces, parvenus au bout de longs et patients efforts, avaient mis un terme à leur existence. Mais sans rien confier à leurs semblables des résultats de leurs travaux.

Mécanique, la Création demeure également manichéenne, tandis que d’un bord à l’autre de la nuit de gel et de flamme se heurtent les épées de la Lumière et de l’Ombre. »

Extrait de : D. Walther. « Nocturne sur fond d’épées. »

Mais l’espace … mais le temps … par Daniel Walther

Fiche de Mais l’espace … mais le temps …

Titre : Mais l’espace … mais le temps …
Auteur : Daniel Walther
Date de publication : 1981
Editeur : Fleuve noir

Première page de Mais l’espace … mais le temps …

« Ceci est l’histoire de la quête qu’entreprit Anjak Devister parmi les étoiles. En ce temps-là, les hommes vivaient dispersés sur un grand nombre de planètes, les unes claires et ensoleillées avec de larges espaces fertiles, les autres balayées par des vents impitoyables brassant des océans délétères, et qu’il avait fallu terraformer à grand-peine pour y enfoncer les mèches gigantesques susceptibles de leur arracher leurs richesses naturelles.
Anjak Devister était loin de posséder les qualités requises pour faire un bon astronaute ; nerveux et velléitaire, il s’était placé dès son plus jeune âge en marge d’une société soigneusement structurée dont les individus obéissaient à de strictes et inéluctables consignes. Il lui arrivait ainsi plus qu’à son tour d’enfreindre les lois, et plusieurs »

Extrait de : D. Walther. « Mais l’espace… Mais le temps… »

Les quatre saisons de la nuit par Daniel Walther

Fiche de Les quatre saisons de la nuit

Titre : Les quatre saisons de la nuit
Auteur : Daniel Walther
Date de publication : 1980
Editeur : Néo

Sommaire de Les quatre saisons de la nuit

  • Printemps
  • Anamorphose de Franz K.
  • Eté
  • Vers l’arrière-saison de la nuit
  • Automne
  • Hiver

Première page de Printemps – Mets ta main dans la mienne, mon amour …

« — Je ne puis croire que… je veux dire, je ne sais pas… Ecoutez, Reuter, nous nous connaissons depuis de longues années et je ne vais pas y aller par quatre chemins comme avec un… malade ordinaire. Votre histoire, avouez-le, ne tient pas debout.
 — Je vous ai apporté la lettre.
 — Très bien, déclara le Docteur Pereira, dans ce cas-là, je ne puis faire autre chose que la lire. Mais pour l’amour de Dieu, Lionel, cessez de vous agiter ainsi !
L’interpellé rougit — ce qui lui arrivait fréquemment — et consentit à s’installer plus commodément dans un des fauteuils de cuir noir. Son ami le regarda par-dessus ses lunettes cerclées d’or et soupira :
 — Qu’attendez-vous pour me donner cette lettre ? »

Extrait de : D. Walther. « Les quatre saisons de la nuit. »

Le veilleur à la lisière du monde par Daniel Walther

Fiche de Le veilleur à la lisière du monde

Titre : Le veilleur à la lisière du monde
Auteur : Daniel Walther
Date de publication : 1985
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le veilleur à la lisière du monde

« Au début du siècle, le professeur Percival Lowell entreprit un long travail d’observation devant le mener à la localisation de la neuvième planète du système solaire. Rappelons que Neptune avait été découverte en 1846 grâce aux efforts de John C. Adams, Urbain-Jean-Joseph Le Verrier et Johann Gottfried Galle. Mais le professeur Lowell mourut en 1916, laissant ses travaux inachevés bien que révélateurs de l’existence plus que probable d’un neuvième monde au-delà de Neptune.
Quatorze ans après la disparition de Percival Lowell, un autre astronome, Clyde Tombaugh, localisa enfin la planète capricieuse sur des clichés pris dans la constellation des Gémeaux. Cette découverte décisive eut lieu au mois de mars 1930 à l’observatoire de Flagstaff (Arizona). La nouvelle fille du Soleil ne se trouvait qu’à 6° de la position supputée par le professeur Lowell. Pour rendre hommage au défunt astronome, la neuvième planète du système solaire fut baptisée Pluton, les deux premières lettres rappelant les initiales du découvreur malchanceux. »

Extrait de : D. Walther. « Le veilleur à la lisière du monde. »