Catégorie : Livres

 

L’étoile par Herbert G. Wells

Fiche de L’étoile

Titre : L’étoile
Auteur : Herbert G. Wells
Date de parution : 1902
Traduction : H.-D. Davrey
Editeur : Bibliothèque numérique romande

Première page de L’étoile

« Le premier jour de l’année nouvelle, trois observatoires différents signalèrent, presque simultanément, le désordre survenu dans les mouvements de la planète Neptune, la plus éloignée de toutes les planètes qui se meuvent autour du soleil. En décembre déjà, Ogilvy avait attiré l’attention sur un ralentissement suspect de sa vitesse. Une telle nouvelle était peu faite pour intéresser un monde dont la plus grande partie des habitants ignoraient l’existence de la planète Neptune. Aussi, en dehors du monde astronomique, la subséquente découverte d’une faible et lointaine tache animée dans la région troublée, ne causa aucune agitation importante. Les gens scientifiques, cependant, trouvèrent cette nouvelle assez remarquable, avant même qu’on sût que la masse récemment découverte devenait rapidement de plus en plus grande et de plus en plus brillante, que ses mouvements étaient tout à fait différents de la révolution régulière des »

Extrait de : H. G. Wells. « L’Étoile. »

L’homme invisible (avec illustrations) par Herbert G. Wells

Fiche de L’homme invisible (avec illustrations)

Titre : L’homme invisible
Auteur : Herbert G. Wells
Date de parution : 1897
Traduction : A. Laurent
Editeur : Bibliothèque numérique romande

Première page de L’homme invisible (avec illustrations)

« L’étranger arriva en février, par une matinée brumeuse, dans un tourbillon de vent et de neige. Il venait, à pied, par la dune, de la station de Bramblehurst, portant de sa main couverte d’un gant épais, une petite valise noire. Il était bien enveloppé des pieds à la tête, et le bord d’un chapeau de feutre mou ne laissait apercevoir de sa figure que le bout luisant de son nez. La neige s’était amoncelée sur ses épaules, sur sa poitrine ; elle ajoutait aussi une crête blanche au sac dont il était chargé.
Il entra, chancelant, plus mort que vif, dans l’auberge, et, posant à terre son bagage :
« Du feu, s’écria-t-il, du feu, par charité ! Une chambre et du feu ! »
Il frappa de la semelle, secoua dans le bar la neige qui le couvrait, puis suivit Mme Hall dans le petit salon pour faire ses conditions. Sans autre préambule, et jetant deux souverains sur la table, il s’installa dans l’auberge. »

Extrait de : H. G. Wells. « L’Homme invisible (avec illustrations). »

Les Xipéhuz par Joseph-Henri Rosny aîné

Fiche de Les Xipéhuz

Titre : Les Xipéhuz
Auteur : Joseph-Henri Rosny aîné
Date de parution : 1887
Editeur : Bibliothèque numérique romande

Première page de Les Xipéhuz

« C’était mille ans avant le massement civilisateur d’où surgirent plus tard Ninive, Babylone, Ecbatane.
La tribu nomade de Pjehou, avec ses ânes, ses chevaux, son bétail, traversait la forêt farouche de Kzour, vers le crépuscule du soir, dans l’océan de la mer oblique et le chant du déclin s’enflait, planait, descendait des nichées harmonieuses.
Tout le monde étant très las, on se taisait, en quête d’une belle clairière où la tribu pût allumer le feu sacré, faire le repas du soir, dormir à l’abri des brutes, derrière la double rampe de brasiers rouges.
Les nues s’opalisèrent, les contrées polychromes vaguèrent aux quatre horizons, les dieux nocturnes soufflèrent le chant berceur, et la tribu marchait encore. Un éclaireur reparut au galop, annonçant la clairière et l’onde, une source pure.
La tribu poussa trois longs cris et tous allèrent plus vite ; des rires puérils s’épanchèrent ; les chevaux et les ânes mêmes, accoutumés à reconnaître l’approche de la halte d’après le retour des coureurs et les acclamations des nomades, fièrement dressaient l’encolure. »

Extrait de : J.-H. Rosny aîné. « Les Xipéhuz. »

Le moine (raconté par Antonin Artaud) par Matthew G. Lewis

Fiche de Le moine (raconté par Antonin Artaud)

Titre : Le moine
Auteur : Matthew G. Lewis
Date de parution : 1931
Traduction : Antonin Artaud
Editeur : Bibliothèque numérique romande

Première page de Le moine (raconté par Antonin Artaud)

« La cloche du couvent sonnait à peine depuis cinq minutes et déjà l’église des Capucins était toute bondée. Il y avait du monde partout et jusque sur les ailes des chérubins. Saint François et saint Maur portaient chacun leur charge d’hommes.

Tous les coins étaient remplis, tous les sièges étaient occupés. Certes, la foule qui était là ne respirait ni la soif de s’instruire, ni un désir très vif d’édification. La crapule, il faut le dire, n’y était pas moins forte que dans les théâtres ou sur une place publique un jour de carnaval. Les femmes venaient pour être vues et les hommes cherchaient la promiscuité des femmes, absolument comme si l’on ne se fût pas trouvé dans un lieu soi-disant consacré.

Un prédicateur fameux était annoncé au programme, mais il est très probable que la majeure partie des spectateurs s’en serait bien passée. »

Extrait de : M. G. Lewis. « Le Moine. »

Happy end par Daniel Walther

Fiche de Happy end

Titre : Happy end
Auteur : Daniel Walther
Date de publication : 1982
Editeur : Denoël

Première page de Happy end

« Suleyman-Pacha scrutait l’horizon.
Mais l’horizon demeurait désert. Jouait simplement son rôle de ligne imaginaire tirée entre le ciel et l’océan.
Il y avait des tonnes d’excréments dans la mer et une foule de poissons mutants, presque tous carnivores.
La barque de Suleyman-Pacha filait régulièrement vers le sud, poussée par des courants favorables et des vents de bon augure.
Max, endormi dans la petite cahute, dormait tranquillement, car il avait une confiance absolue dans les capacités de Suleyman-Pacha.
Dans son rêve, il habitait une ville merveilleuse, pleine de créatures maternelles qui le berçaient entre leurs bras soyeux.
Biles lui murmuraient que tout irait bien, que tout allait bien et que jamais aucune catastrophe n’avait réellement menacé le monde.
Max avait trente-deux ans. »

Extrait de : D. Walther. « Happy end. »

Embuscade sur Ornella par Daniel Walther

Fiche de Embuscade sur Ornella

Titre : Embuscade sur Ornella
Auteur : Daniel Walther
Date de publication : 1983
Editeur : Fleuve noir

Première page de Embuscade sur Ornella

« Dans les grandes cités de la Confédération, les spécialistes de la conjoncture essayaient de raccommoder les silences du temps. Ils erraient comme des âmes en peine dans les longs corridors des Relais informatiques, – d’étranges constructions anonymes, qui ressemblaient parfois à des pyramides, parfois à des cônes tronqués, parfois à des sphères gigantesques haussées sur des tripodes miroitants.

Les grandes cités de la Confédération vivaient dans l’inquiétude. Une fois de plus, les colombes de la paix s’enfuyaient, chassées par les faucons de la guerre. Entre les dominions lointains et les territoires asservis de longue date se propageaient, plus vite que la lumière, des rumeurs troubles, des nouvelles sournoises qui faisaient état d’une nouvelle conjuration de l’ENNEMI. »

Extrait de : D. Walther. « Embuscade sur Ornella. »

Coeur moite et autres maladies modernes par Daniel Walther

Fiche de Coeur moite et autres maladies modernes

Titre : Coeur moite et autres maladies modernes
Auteur : Daniel Walther
Date de publication : 1984
Editeur : Néo

Sommaire de Coeur moite et autres maladies modernes

  • Adramelech
  • Intra muros
  • Carnaval à Rio
  • Le dernier étage des ténèbres …
  • La mer de glace ou l’expédition polaire perdue et l’espoir naufragé
  • Deux allers simples pour Samarcande
  • Coeur moite
  • Sertão des Serres tièdes
  • Fête rouge … fête noire …
  • Sinfonietta à temps perdu
  • Les singes une fantaisie exotique
  • Les chambres transparentes
  • L’éternité du vent éphémère

Première page de Adramelech

« Rupert tomba sur le livre en fouillant les éventaires poussiéreux, un peu nauséabonds de Justus Dietermeyer. Le vieux Dietermeyer était un bouquiniste à l’ancienne mode. Chez lui, on pouvait rester des heures durant sans qu’il fît la moindre remarque désobligeante. Au contraire, il venait vous poser gentiment des questions et vous proposait son aide tout naturellement, sans pour autant, si vous découvriez grâce à lui, le bouquin dont vous rêviez depuis tant d’années, forcer sur les prix. Dommage qu’il se montrât si peu soigné et si peu soigneux. Son « officine » sentait le renfermé, le mal lavé, le tout-à-l’abandon. Mais Rupert aimait le vieil homme et passait parfois des après-midi entiers à discuter avec lui d’une multitude de sujets allant de la carpe frite aux philosophes chinois. »

Extrait de : D. Walther. « Coeur moite et autres maladies modernes. »

Cité de la mort lente par Daniel Walther

Fiche de Cité de la mort lente

Titre : Cité de la mort lente
Auteur : Daniel Walther
Date de publication : 2005
Editeur : Editions du Rocher

Première page de Cité de la mort lente

« Freddy Breslauer se leva ce matin-là avec un désir de liberté. Même ce désir secret pouvait devenir dangereux. En Europe chrétienne et blanche, tout était calme, aussi calme que les grands cimetières sous la lune que chantait, jadis, dans un autre temps et un autre monde, un certain Georges Bernanos (1888-1948). Il avait dans l’idée de baiser Catherine Larsen, une assez jolie blonde, très aryenne. Son désir secret se révéla tellement dangereux qu’il n’alla pas plus loin que la première partie de la soirée, lorsqu’il fut arrêté dans le bistro où il était en train de passer la main sous la jupe de la jeune Larsen par les Gardiens de la Constitution et sommé de plaider coupable. Selon la nouvelle-nouvelle loi, dite Perben IV. Son avocat lui arrangea le coup et il ne fut condamné qu’à mille heures de travaux d’intérêt général. »

Extrait de : D. Walther. « Cité de la mort lente. »

Baba Yaga par Daniel Walther

Fiche de Baba Yaga

Titre : Baba Yaga
Auteur : Daniel Walther
Date de publication : 2005
Editeur : Nestiveqnen

Sommaire de Baba Yaga

  • Baba Yaga ou les ogresses blondes
  • Jazz me blue
  • Les katakhanas sortent à midi
  • Le triomphe de la morale
  • Ichor, le sang des dieux
  • Parmi les ombres
  • Les voyageurs
  • Cauchemar dans la cité des rêves
  • Le guetteur
  • L’ombre du bousquet
  • Le dernier étage des ténèbres

Première page de Baba Yaga ou les ogresses blondes

« Chasser / traquer la fillette, c’est le passe-temps favori de Baba Yaga.

Elle habite en bordure de la ville de Cern une maison de pierres lourdes et blanches. Étincelante dans le soleil d’août, poussiéreuse en automne, pisseuse sous la neige sale quand tombe l’hiver comme une gifle.

Baba Yaga est vieille comme les légendes. Elle vit sans vieillir, parce qu’elle et ses sœurs blondes se repaissent de chair vierge et blanche.

C’est dit en toutes lettres dans certains livres.

Chasser la fillette, l’attirer dans son antre.

Et jamais aucune police du monde ne lui a demandé des comptes.

Elle vit et chasse.

Elle vit de sa chasse. »

Extrait de : D. Walther. « Baba Yaga. »

Apollo XXV par Daniel Walther

Fiche de Apollo XXV

Titre : Apollo XXV
Auteur : Daniel Walther
Date de publication : 1983
Editeur : Fleuve noir

Première page de Apollo XXV

« J’aurais dû me méfier !

L’enquête avait mal commencé.

Elle sentait le coup fourré, le piège à plein nez.

Mais personne ne m’avait prévenu ; personne dans toute la ville n’avait jugé utile de me donner « un conseil d’ami ».

Tous, les uns comme les autres, s’étaient tenus cois. Ils avaient fourré la tête dans le sable et ils s’étaient laissés vivre. Ce qui était une façon de parler. Dans cette ville, comme dans beaucoup d’autres, on ne vivait plus que par procuration.

Mais commençons par le commencement.

Par la mort brutale et incompréhensible de Bertil Erikson, l’astronaute.

Il avait été retrouvé égorgé dans son luxueux appartement de San Joselito, et le monde entier avait vibré d’angoisse quand les médias s’étaient lancés dans des hypothèses réellement délirantes. Le premier prix revenant sans conteste à Francis Costa, de la VWBC, qui parla d’un complot ourdi par une mystérieuse organisation subversive. »

Extrait de : D. Walther. « Apollo XXV. »