Catégorie : Livres

 

L’italien par Ann Radcliffe

Fiche de L’italien

Titre : L’italien
Auteur : Ann Radcliffe
Date de parution : 1797
Traduction : N. Fournier
Editeur : Bibebook

Première page de L’italien

« Vers l’an 1764, quelques Anglais voyageant en Italie s’arrêtèrent, aux environs de Naples, devant l’église de Santa Maria del Pianto qui dépendait d’un ancien couvent de l’ordre des Pénitents Noirs. Le porche de cette église, quoique dégradé par les injures du temps, excita par sa magnificence l’admiration des voyageurs ; curieux de visiter l’intérieur de l’édifice, ils montèrent les degrés du perron de marbre qui y conduisait. Dans la pénombre produite par les piliers du porche marchait à pas mesurés un personnage vêtu d’une robe de moine, et qui, les bras croisés, les yeux baissés, était tellement absorbé dans ses pensées qu’il ne s’était pas aperçu de l’approche des étrangers. Au bruit de leurs pas, il se retourna tout à coup mais gagna, sans s’arrêter, une porte qui donnait dans l’église et disparut. La figure de cet homme, sa démarche et ses manières avaient on ne savait quoi de singulier qui provoqua l’attention des visiteurs : il était maigre et de haute taille ; il avait les épaules un peu voûtées, le teint bilieux, les traits durs et le regard farouche. »

Extrait de : A. Radcliffe. « L’Italien. »

Le château d’Otrante par Horace Walpole

Fiche de Le château d’Otrante

Titre : Le château d’Otrante
Auteur : Horace Walpole
Date de parution : 1764
Traduction : D. Corticchiato
Editeur : Librairie José Corti

Première page de Le château d’Otrante

« Manfred, Prince d’Otrante, avait un fils et une fille : celle-ci, très belle jeune fille de dix-huit ans, s’appelait Mathilde. Conrad, le Prince héritier, de trois ans plus jeune, était un garçon sans originalité, maladif et d’un avenir médiocre. Il n’en était pas moins l’idole de son père qui n’éprouvait pas la moindre affection pour Mathilde. Manfred avait contracté, au nom de son fils, un mariage avec la fille du marquis de Vicence, Isabelle ; et ses tuteurs l’avaient déjà remise entre ses mains afin qu’il pût célébrer le mariage dès que le mauvais état de santé de Conrad le permettrait. L’impatience avec laquelle Manfred attendait la cérémonie fut remarquée par ses voisins et sa famille. Celle-ci, à la vérité, redoutant la colère du Prince, n’osait pas exprimer ses idées sur cette hâte. Sa femme Hippolite, qui était une aimable Princesse, se hasarda plusieurs fois à représenter au Prince le danger qu’il y avait, en considération de sa grande jeunesse et surtout de sa grande débilité, à marier si tôt leur fils unique, mais il ne lui répondit jamais que par des reproches sur la stérilité dont elle avait fait preuve en ne lui donnant qu’un seul héritier. »

Extrait de : H. Walpole. « Le Chateau d’Otrante. »

L’exorciste par W. P. Blatty

Fiche de L’exorciste

Titre : L’exorciste
Auteur : William P. Blatty
Date de parution : 1971
Traduction : J. Remillet
Editeur : J’ai lu

Première page de L’exorciste

« Le soleil flamboyant faisait perler des gouttelettes de sueur sur le front de l’homme, mais il serrait pourtant son verre de thé chaud et sucré entre ses mains comme s’il voulait les réchauffer. Il ne parvenait pas à chasser le pressentiment qui lui collait au dos comme des feuilles mouillées et froides.
Les fouilles étaient terminées. Le tell avait été tamisé, couche par couche, ses entrailles examinées, étiquetées et expédiées : colliers et pendentifs, phallus, mortiers de pierre dure tachés d’ocre, pots brunis au feu. Rien d’exceptionnel. Un coffret de toilette assyrien en ivoire. Et puis l’homme. Les os d’un homme. Fragiles vestiges de tourmente cosmique qui l’avaient conduit un jour à se demander si la matière ne serait pas tout simplement la remontée à tâtons de Lucifer vers son Dieu. Mais il en savait plus long là-dessus maintenant. »

Extrait de : W. P. Blatty. « L’exorciste. »

L’esprit du mal par W. P. Blatty

Fiche de L’esprit du mal

Titre : L’esprit du mal
Auteur : William P. Blatty
Date de parution : 1983
Traduction : A. Gattegno
Editeur : Stock

Première page de L’esprit du mal

« Il pensa à la mort et à ses déchirements éternels : les Aztèques arrachant des cœurs vivants, le cancer, les bébés de trois ans enterrés vivants, et il se demanda si Dieu était inconséquent et cruel. Mais il songea alors à Beethoven, aux merveilles de ce monde, aux moments de bonheur, à la bonté et au fameux « Hourrah pour Karamazov ! » Il regarda le soleil se lever derrière le Capitole, teintant de reflets orangés les eaux du Potomac ; puis il baissa les yeux vers l’atrocité qui gisait à ses pieds. Quelque chose s’était brisé entre l’homme et son Créateur et la preuve en était là, sur ce quai.

« Je pense qu’ils l’ont trouvé, lieutenant.

— Pardon ? »

Extrait de : W. P. Blatty. « L’esprit Du Mal. »

Le gnome rouge par Frank Belknap Long

Fiche de Le gnome rouge

Titre : Le gnome rouge
Auteur : Frank Belknap Long
Date de parution : 1975
Traduction : J. Parsons
Editeur : Néo

Sommaire de Le gnome rouge

  • La mort surgie des eaux
  • Le recenseur
  • La sangsue de l’océan
  • Cela va être votre tour
  • Une faille dans le temps
  • Les réfugiés
  • Un pas dans mon jardin
  • Les vilaines bêtes
  • Le gnome rouge

Première page de La mort surgie des eaux

« Nous étions installés dans le poste de pilotage du Habakkuk, un drôle de petit remorqueur qui promène pour la journée des passagers des steamers de New York le long de la côte du Honduras, entre Trujillo et le lagon de Carataska. Nous formions un groupe d’originaux bavards. Des affairistes minables coudoyaient de jeunes naturalistes pleins d’enthousiasme (botanistes d’Olanchito, entomologistes venant d’au-delà de Jamalteca) et des géographes venant du plateau, éreintés et découragés. Une fumée bleuâtre et malsaine se dégageant de pipes fantastiques obscurcissait l’atmosphère et formait des nuages au contour curieux autour de la tête des plus âgés. Personne ne courait le risque de perdre sa réputation, si bien que la conversation reflétait la bonne humeur et l’absence d’affectation. »

Extrait de : F. B. Long. « Le gnome rouge. »

Le druide noir par Frank Belknap Long

Fiche de Le druide noir

Titre : Le druide noir
Auteur : Frank Belknap Long
Date de parution : 1977
Traduction : J. Parsons
Editeur : Marabout

Sommaire de Le druide noir

  • Le druide noir
  • Un visiteur venu d’Egypte
  • La chance du pêcheur
  • Le danger des sacs à malice
  • Le curieux
  • La seconde nuit
  • Sombre vision
  • La petite fille en or
  • La tête de pont
  • L’esprit élémentaire

Première page de Le druide noir

« M. Stephen Benefield –entra dans la bibliothèque et suspendit son pardessus de ville noir à l’un des rares portemanteaux que les administrateurs avaient fait installer pour y accrocher les accessoires destinés à protéger des intempéries et du froid. Il y avait déjà sept pardessus. M. Benefield prit le temps de les compter car c’était un homme méthodique, doué du sens de l’observation, puis il alla au bureau du catalogue. Lorsque la bibliothécaire s’approcha, il lui fit un signe de tête aimable.

— Je désirerais, s’il vous plaît, consulter Les Cromlechs de Lucian Brown. C’est le n° 3268 A. Je l’ai vu hier dans le catalogue.

La bibliothécaire prit un air renfrogné et alla chercher le livre. Quand elle le rapporta à M. Benefield, celui-ci le saisit fermement dans ses longues mains gantées et le feuilleta jusqu’à ce qu’il eût trouvé le passage qu’il recherchait « Rutilius Namatianus affirmait que les Druides transféraient à tous les objets qu’ils touchaient quelque chose du pouvoir maléfique qui leur était particulier, à tel point que quiconque effleurait seulement le bas de leur robe était exposé au terrible danger de devenir un participant de leur culte aboli.  »

Extrait de : F. B. Long. « Druide noir.  »

L’avant-poste des Grands Anciens par Brian Lumley

Fiche de L’avant-poste des Grands Anciens

Titre : L’avant-poste des Grands Anciens
Auteur : Brian Lumley
Date de parution : 1986
Traduction : J.-D. Brèque
Editeur : Néo

Sommaire de L’avant-poste des Grands Anciens

  • Le coquillage de Chypre
  • La conque des grands fonds
  • Un fou du volant
  • L’avant-poste des Grands Anciens
  • Le chuchoteur
  • Enigmatiquement vôtre
  • L’horreur dans l’asile
  • Necros

Première page de Le coquillage de Chypre

« Mon cher George,

Je te prie d’accepter mes excuses les plus sincères pour la façon inqualifiable dont Alice et moi vous avons faussé compagnie lors de la soirée de samedi dernier. Alice n’a pas cessé de me faire des remarques sur l’expression de mon visage, sur mon manque total de politesse et sur la façon grossière dont je l’ai enlevée à votre merveilleuse tablée ; et tout cela, hélas, sous les yeux de nombre de nos connaissances de l’Armée. J’espère seulement que notre longue amitié et la confiance qui n’a cessé de régner entre nous t’auront permis de comprendre que seule une question d’extrême urgence avait pu me faire quitter ta demeure d’aussi extraordinaire façon.

J’imagine que notre sortie vous a tous plongés dans l’étonnement. Alice était toute désemparée et a refusé de m’adresser la parole jusqu’à ce que je lui aie fourni l’explication complète d’un comportement qu’elle qualifiait de lunatique. »

Extrait de : B. Lumley. « L’avant-poste des Grands Anciens. »

Compartiment terreur par Brian Lumley

Fiche de Compartiment terreur

Titre : Compartiment terreur
Auteur : Brian Lumley
Date de parution : 1989
Traduction : J.-D. Brèque, C. Boland-Maskens
Editeur : Néo

Sommaire de Compartiment terreur

  • Fermentation
  • Compartiment terreur
  • L’inspiration d’Ambler
  • La nuit où la Sea-Maid fut engloutie
  • Uzzi
  • La cité soeur
  • Le rempart de béton

Première page de Fermentation

« Mes arrière-grands-parents, et mes grands-parents après eux, ont vécu à Easingham ; normalement, cela aurait dû être aussi le cas de mes parents, mais depuis trois cents ans, le vieux village tombait peu à peu dans la mer sans apparemment vouloir s’arrêter, et c’est ainsi que je suis né à Durham. Mes quatre grands-parents avaient fait partie des dernières personnes à quitter le village, ayant acheté une nouvelle maison grâce à une subvention exceptionnelle allouée par le gouvernement eu égard à leur situation catastrophique. Depuis lors, je n’était retourné à Easingham qu’une seule fois, durant mon enfance.
Mon père m’y avait emmené un beau jour de printemps où la marée était fort haute. Je me rappelle encore les quelques taches de neige noirâtre subsistant dans les coins ombragés des champs, colorées par la suie et la fumée comme l’étaient toutes choses dans le nord-est du pays à cette époque. »

Extrait de : B. Lumley. « Compartiment terreur. »

La légende de Titus Crow par Brian Lumley

Fiche de La légende de Titus Crow

Titre : La légende de Titus Crow
Auteur : Brian Lumley
Date de parution : 1974 à 1989
Traduction : F.-M. Watkins, B. Billion
Editeur : Mnémos

Sommaire de La légende de Titus Crow

  • Ceux qui se terrent dans les tréfonds
  • La transition de Titus Crow
  • L’horloge des songes
  • Le démon du vent
  • Les lunes de Borée
  • Elysia

Première page de Ceux qui se terrent dans les tréfonds

« CHAPITRE II

ÉTRANGES
ET TERRIBLES MERVEILLES

Extraits
des carnets d’Henri-Laurent de Marigny

DEPUIS DES SEMAINES, J’ÉPROUVAIS cette sensation aussi singulière qu’inexplicable – une profonde appréhension mentale, une angoisse psychique – et cette atmosphère quasi indéfinissable de folie latente sur mon système, la tension de mes nerfs généralement solides, produisait un effet horrible et destructeur. Je ne pouvais imaginer d’où me venaient ces craintes de choses inconnues ; ni même deviner la source de la hideuse oppression de l’air qui semblait peser lourdement sur chacun de mes instants de veille et de sommeil, mais leur combinaison avait été plus que suffisante pour me faire fuir Londres et chercher refuge sur le continent. »

Extrait de : B. Lumley. « La légende de Titus Crow – Intégrales. »

La lune des rêves par Brian Lumley

Fiche de La lune des rêves

Titre : La lune des rêves (Tome 3 sur 3 – Terre des rêves)
Auteur : Brian Lumley
Date de parution : 1987
Traduction : I. Troin
Editeur : Pocket

Première page de La lune des rêves

« — Dans le monde éveillé, dit David Hero (ou le Héros des Rêves, comme on l’appelait souvent), si tant est qu’il existe…
— Oh, il existe, crois-moi, coupa son ami et compagnon, Eldin l’Aventurier. J’y ai vécu autrefois, et toi aussi, mais tu sembles t’en souvenir encore moins bien que moi.
— Dans ce cas, reprit Hero, légèrement irrité par cette interruption, puisque ta mémoire est meilleure que la mienne, tu te rappelles sans doute la lune du monde éveillé ?
— Sa lune ?
— Je veux dire : es-tu certain qu’il en avait une ? lâcha Hero, visiblement frustré de se débattre dans les profondeurs obscures de sa mémoire.
Les deux hommes étaient assis dos contre le tronc d’un énorme cèdre, sur les rives du Skai. »

Extrait de : B. Lumley. « La Lune des rêves – Terre des rêves. »