Catégorie : Livres
Le volcan des sirènes par Gilbert Picard

Fiche de Le volcan des sirènes
Titre : Le volcan des sirènes (tome 1 sur 2 – Volcan des sirènes)
Auteur : Gilbert Picard
Date de parution : 1985
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le volcan des sirènes
« Natis vivait mal. Et plusieurs fois elle avait voulu mourir. Sa dernière tentative de suicide remontait à septembre dernier. Le jour de son anniversaire, pour ses vingt-cinq ans, elle s’était offert vingt-cinq cachets de Cédine, dans l’espoir d’arrêter définitivement son cœur meurtri par plusieurs grandes déceptions. Mais comment se supprimer quand on a, incorporé sous le cervelet, un microémetteur de contrôle de stress qui alerte immédiatement le psychiatre de vos intentions ? Le système permet, en plus, de localiser le porteur avec une rare précision. La brigade spécialisée antisuicide se met alors en route et le récupère avant que les médicaments n’aient produit leur effet.
Le Conseil de Survie, travaillant en étroite collaboration avec le gouvernement central, avait trouvé cette solution pour essayer de réfréner les ravages causés dans la population par la frénésie des suicides qui la possédait depuis la fin du vingt et unième siècle. L’an deux mille avait marqué d’une pierre noire le grand début de la décadence de la société. Mais par la suite les choses s’étaient considérablement aggravées et, dans la province France d’une Europe qui avait fini par se réaliser, dans le genre on enregistrait de sinistres records ! »
Extrait de : G. Picard. « Le volcan des sirènes. »
Le gîte de la vallée perdue par Guy Charmasson

Fiche de Le gîte de la vallée perdue
Titre : Le gîte de la vallée perdue
Auteur : Guy Charmasson
Date de parution : 2017
Editeur : De Borée
Première page de Le gîte de la vallée perdue
« Il est bientôt 11 heures. Il ne devrait plus tarder ! »
Nerveuse, elle résista à l’envie de retourner à la fenêtre de la chambre pour le guetter. Elle continua à entasser les vêtements élimés et rapiécés dans l’un des grands sacs-poubelle qu’elle avait apportés. Au moment de l’ajouter aux autres hardes, elle se ravisa et déplia la salopette bleue qu’elle venait de sortir de l’armoire. Elle caressa pensivement le tissu rêche.
Elle avait toujours vu son père engoncé dans une de ces combinaisons qu’il ne quittait que lorsque sa mère faisait la lessive de la semaine. Elle se souvint avec émotion de ces instants paisibles – précédant son départ pour l’école – qu’elle passait à observer cet homme à la stature puissante, à l’appétit impressionnant. Elle s’étonnait toujours devant le copieux petit déjeuner fait de pain et de charcuterie qu’il engloutissait, ne réalisant pas, elle qui se levait à peine, que le paysan avait déjà deux à trois heures de labeur dans les bras. Elle l’épiait, fascinée, tout en vidant son bol à petites gorgées. »
Extrait de : G. Charmasson. « Le gîte de la vallée perdue. »
Le crépuscule des surhommes par Guy Charmasson

Fiche de Le crépuscule des surhommes
Titre : Le crépuscule des surhommes
Auteur : Guy Charmasson
Date de parution : 1978
Editeur : Marabout
Première page de Le crépuscule des surhommes
« RÉSUMÉ DU RAPPORT ADRESSÉ PAR LE GÉNÉRAL ARLANT À M. LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE.
Archives secrètes présidentielles.
Dossier M.ooo1[1]
Paris, le 12 juin 1984
…
Dans la première partie de ce rapport, nous avons analysé en détail les trois aspects principaux de la machine de guerre telle que la conçoivent nos spécialistes, à savoir :
1° le contrôle de l’efficacité des armes technologiquement réalisables ;
2° l’élaboration des décisions à prendre en fonction des critères de rentabilité ;
3° l’administration des programmes militaires.
En ce qui concerne le premier point, il est connu depuis le début du siècle que les possibilités de développement des armes existantes dépassent de très loin ce qu’il est économiquement possible de réaliser – et cela est vrai des armes automatiques individuelles comme des méthodes de concentration électromagnétiques de l’énergie ou du contrôle de l’antimatière – ce qui nous mène au deuxième point, à savoir le choix de l’orientation à donner à nos recherches militaires. Ce choix dépend directement du budget de l’armée, c’est-à-dire, en fait, des ressources économiques du pays. »
Extrait de : G. Charmasson. « Le crépuscules des surhommes. »
La promesse de Nora par Guy Charmasson

Fiche de La promesse de Nora
Titre : La promesse de Nora
Auteur : Guy Charmasson
Date de parution : 2015
Editeur : De Borée
Première page de La promesse de Nora
« Tout partait à la vente. Pour presque rien. Une misère.
Ida Beccaria et ses employées pleuraient à chaudes larmes. Leur atelier fermait définitivement.
Les ouvrières avaient vu le regard de leur patronne s’assombrir, son inquiétude, puis sa peur grandir tandis que les commandes se faisaient plus rares et plus maigres. Leur charge de travail avait diminué de façon dramatique. Celles qui avaient démissionné, pour partir à l’étranger le plus souvent, n’avaient pas été remplacées.
Cela n’avait pas suffi.
Elles avaient refusé d’envisager l’idée même de faillite, cependant. Elles avaient voulu croire, jusqu’au dernier moment, qu’Ida trouverait le moyen de rétablir la situation. Elles s’étaient concentrées sur leur tâche comme si le fait d’ignorer la catastrophe pressentie allait permettre de l’éviter. Mais il n’y avait pas eu de miracle. Le marasme général avait eu raison de l’atelier de confection créé par les parents d’Ida dans les années 30. »
Extrait de : G. Charmasson. « La promesse de Nora. »
La main du maître par Guy Charmasson

Fiche de La main du maître
Titre : La main du maître
Auteur : Guy Charmasson
Date de parution : 2010
Editeur : De Borée
Première page de La main du maître
« Une certaine fébrilité enfièvre les femmes lorsque le bavardage des jardiniers devient perceptible. Les paysans se lavent les mains dans le seau posé sur la margelle du puits tandis que le maître du mas ramène le mulet à l’écurie. Puis ils entrent à la queue leu leu dans la grande cuisine dallée de grès, essuyant leurs pognes au pan de leur veste.
— Ça sent bon ! lance joyeusement Gustave. Qu’est-ce que vous nous avez mijoté, les femmes ?
— Ça, c’est bien mon mari ! ironise Augustine, dite la Mamette, une petite femme sèche et ridée, âgée d’une quarantaine d’années. Il a autant de nez qu’une mule ! Une aigo boulido1, ça t’ira ?
— Pas après une journée de dix heures, proteste le valet. Mais un bon ragoût de patates avec du lard et des saucisses, je ne serais pas contre. Pas vous, les gars ?
— Ma foi… pourvu qu’il y ait des olives noires ! sourit Paulet, l’un des deux saisonniers qui travaillent au mas depuis une quinzaine. »
Extrait de : G. Charmasson. « La main du maître. »
La fille du causse par Guy Charmasson

Fiche de La fille du causse
Titre : La fille du causse
Auteur : Guy Charmasson
Date de parution : 2020
Editeur : De Borée
Première page de La fille du causse
« Ça fait trop longtemps que Damien vit avec une boule dans la gorge, avec l’acide qui lui ronge l’estomac. Le soir, quand il se couche, il se recroqueville, il se réfugie sous le drap comme si le linge avait le pouvoir de l’isoler et de le protéger. Il retarde au maximum le moment de fermer les yeux, il résiste aussi longtemps que possible parce que dormir c’est passer sans transition d’une journée d’angoisse à une autre journée d’angoisse.
Tête levée, le visage blafard, il regarde l’entrait. La charpente est ancienne mais toujours solide en dépit des lourdes lauzes qu’elle soutient depuis des décennies. Elle supportera le choc facilement.
Il tient la boucle dans une main et le rouleau dans l’autre. Il a le sentiment que son bras droit se meut de lui-même. Il se détend vers le haut. Le rouleau s’envole, passe par-dessus l’entrait et retombe. Damien tire sur la corde jusqu’à ce que le nœud coulant se trouve à environ deux mètres du sol. »
Extrait de : G. Charmasson. « La fille du causse. »
La blessure par Guy Charmasson

Fiche de La blessure
Titre : La blessure
Auteur : Guy Charmasson
Date de parution : 2014
Editeur : De Borée
Première page de La blessure
« IL VENAIT DE SAUTER LE PAS.
Après avoir revendu son cabinet lyonnais à un jeune médecin frais émoulu de la faculté, il s’apprêtait à remplacer un confrère âgé qui avait consacré sa vie aux paysans de cette Ardèche sauvage et mal connue que méprisait le reste du pays.
« Il n’est pas français, il est ardéchois ! » La plaisanterie, maintes fois entendue à l’armée, l’avait amusé en son temps. Il n’aurait jamais pensé, alors, qu’il viendrait un jour se réfugier dans cette contrée misérable. Il ressentait un mélange d’excitation, d’appréhension et de curiosité. Il rajusta son chapeau, veillant instinctivement à ce que la longue mèche de cheveux raides tombe sur ce qui avait été son œil gauche.
Il regarda l’autobus qui s’éloignait en direction de Langogne avec un pincement de cœur. La grisaille l’accompagnait depuis son départ de Lyon, comme accrochée aux différents véhicules qu’il avait empruntés pour arriver jusqu’ici, au cœur du Vivarais, sur une route pierreuse et sinueuse paraissant ne mener nulle part. »
Extrait de : G. Charmasson. « La blessure. »
L’incroyable odyssée par Guy Charmasson

Fiche de L’incroyable odyssée
Titre : L’incroyable odyssée
Auteur : Guy Charmasson
Date de parution : 1988
Editeur : Fleuve noir
Première page de L’incroyable odyssée
« — … Et j’épouserai Luce ! avait craché le garçon avec défi.
Devant ce visage dur et arrogant, Arnaud Durai n’avait pu réprimer un geste d’agacement.
— Si tu veux épouser Luce, mérite-la, écolier ! Je ne donnerai pas ma fille à un sans-grade ! Encore moins s’il s’agit du fils d’Elisa !
Le regard orgueilleux s’était troublé comme une eau griffée par le vent. Presque aussitôt, le pied droit de l’enfant avait fusé vers le sexe de l’aspirant. Celui-ci bloqua machinalement le coup de l’avant-bras et, d’une rapide torsion, déséquilibra le garçon qui roula souplement avant de se relever d’un bond, le feu aux joues.
— Ne regarde jamais le point visé, conseilla l’homme narquois. Ton regard ne doit pas te trahir.
L’enfant recula d’un pas, le visage contracté, serrant les poings avec force pour contenir les larmes rageuses qui lui piquaient les yeux. »
Extrait de : G. Charmasson. « L’incroyable odyssée. »
L’heure perdue par Guy Charmasson

Fiche de L’heure perdue
Titre : L’heure perdue
Auteur : Guy Charmasson
Date de parution : 1986
Editeur : Fleuve noir
Première page de L’heure perdue
« Solidement calé sur ses genoux, Quatre-Vingts ficha la pioche dans la paroi avec un han ! de bûcheron. Puis, il fit jouer le manche pour dégager le fer et arracher quelques nouveaux débris. Un épais nuage de poussière accompagna la chute des gravats et lui irrita les voies respiratoires malgré le masque. Il renifla, posa la pioche contre la muraille et gagna à quatre pattes la cantine métallique protégeant ses outils.
Il souleva le couvercle cabossé, fouilla parmi les objets hétéroclites et grimaça. Il ne lui restait plus que trois plaquettes de feutre synthétique. Il retira le casque de mineur lui protégeant la tête et remplaça le filtre encrassé. L’opération ne lui prit que quelques secondes, mais la poussière tourbillonnante s’était déjà collée à son visage ruisselant pour former une couche grisâtre. »
Extrait de : G. Charmasson. « L’heure perdue. »
La mission par Guy Charmasson

Fiche de La mission
Titre : La mission (tome 2 sur 2 – Les tueurs d’Elmendorf)
Auteur : Guy Charmasson
Date de parution : 1988
Editeur : Fleuve noir
Première page de La mission
« Jill Tarr huma l’air pensivement. Il y avait une telle odeur de mort et de tristesse autour de lui qu’il se demanda si lui aussi n’avait pas atteint cet âge secrètement redouté où la sagesse et l’honneur conseillent de se soumettre à la grande cérémonie.
L’image de Roll Tass s’immolant dans le Temple du Kriss s’imposa à lui. Ses pensées se teintèrent de mélancolie et de fierté. La lourde succession qui l’attendait lui interdisait une fin ordinaire. Il savait que seule la Cérémonie du Grand Kriss serait digne de conclure la terrible et prestigieuse destinée que Roll Tass lui avait imposée en le choisissant pour successeur.
Pourtant, ses pensées n’étaient que doute et interrogation.
« Cultiver les plus nobles qualités du cœur et de l’esprit, élever la noblesse, le courage et le sens du devoir au niveau d’une éthique est sans doute une bonne chose pour l’individu », songeait-t-il avec amertume. Mais qu’en est-il pour l’espèce ? La vaillance et l’honneur sont-ils vraiment les seuls garants de sa survie ? Ne sont-ils pas un handicap face à la ruse et à l’agressivité de ces Primates ? »
Extrait de : G. Charmasson. « Les Tueurs d’Elmendorf – La Mission. »