Catégorie : Livres

 

Vide qui songe par Peter F. Hamilton

Fiche de Vide qui songe

Titre : Vide qui songe (Tome 1 sur 3 – Trilogie du vide)
Auteur : Peter F. Hamilton
Date de parution : 2007
Traduction : N. Savic
Editeur : Bragelonne

Première page de Vide qui songe

« Le vaisseau spatial CNE Caragana apparut dans le ciel nocturne. Sa coque grise et rouge brillait dans la lumière pâle et iridescente de l’énorme orage ionique qui secouait l’espace sur des années-lumière dans toutes les directions. Sous l’appareil, la station Centurion dessinait un croissant scintillant sur la surface de roche et de poussière d’une planète jamais baptisée. L’équipage et les passagers avisèrent l’enclave habitée avec un sentiment de soulagement partagé. En dépit d’un hyperréacteur capable de les propulser à la vitesse de quinze années-lumière par heure, le voyage depuis le Grand Commonwealth avait duré quatre-vingt-trois jours. En ce milieu du XXXIVe siècle, c’était le voyage le plus long que l’on pouvait entreprendre.

Depuis sa couchette installée dans le salon principal, Inigo étudiait ce paysage étrange avec une curiosité détachée. Ce qu’il voyait ressemblait en tout point aux images projetées des mois plus tôt lors de la réunion d’avant-départ – des plaines de lave anciennes et monotones striées de canaux peu profonds qui ne menaient nulle part. »

Extrait de : P.F Hamilton. « Vide qui songe – Trilogie du vide. »

La vie comme une course de chars à voile par Dominique Douay

Fiche de La vie comme une course de chars à voile

Titre : La vie comme une course de chars à voile
Auteur : Dominique Douay
Date de parution : 1978
Editeur : Calmann-Lévy

Première page de La vie comme une course de chars à voile

« À l’ouest des Açores, à plus de cent milles de toute côte habitée, l’air se mit soudain à tournoyer sans cause apparente. Un minuscule entonnoir se creusa dans l’eau que parvenait à peine à agiter une houle paresseuse. Le phénomène ne dura que deux ou trois secondes, puis les molécules un instant dérangées reprirent leur cours sans surprise.

À chaque fois que François fermait les yeux, une étrange sensation affectait chacun de ses nerfs jusqu’à s’emparer totalement de lui. Son esprit soudain libéré s’en allait orbiter très loin de son corps qui ne lui apparaissait plus alors que comme une dépouille dont lui parvenait un flux d’impressions si ténues qu’elles en atteignaient presque à l’abstraction. Ou alors l’enveloppe charnelle enflait démesurément tandis que le centre de la conscience rétrécissait, minuscule pois chiche suspendu dans l’ombre d’une caverne qui eût pu contenir l’univers tout entier. »

Extrait de : D. Douay. « La vie comme une course de chars à voile. »

La fin des temps, et après par Dominique Douay

Fiche de La fin des temps, et après

Titre : La fin des temps, et après
Auteur : Dominique Douay
Date de parution : 1990
Editeur : Denoël

Première page de La fin des temps, et après

« Plus tard, tandis que, juché dans la cabine du bulldozer jaune, il frayait une route aux hommes et aux femmes qui, désormais, constitueraient sa seule compagnie, Dahanne eut mille fois le temps de revivre en pensée les événements postérieurs à son retour à Lyon. Une conviction s’imposa peu à peu : toutes les années vécues auparavant constituaient une sorte d’itinéraire initiatique, une épreuve dont, sans le savoir ni le chercher, il était sorti vainqueur.
Le colosse d’acier vrombissait en écrasant les échos d’Histoire, ce qui l’emplissait d’une étrange exaltation. Il finit par voir, dans cette destruction systématique, la métaphore de son existence passée.
Du haut de son perchoir brinquebalant, il lui arrivait d’apercevoir, de loin en loin, le reflet irisé d’une bulle. Très vite, il prit l’habitude de les ignorer, voire de faire dévier la trajectoire de son mastodonte si d’aventure l’une d’elles se trouvait trop près de sa route. L’Histoire qu’elles contenaient ne le concernait plus. »

Extrait de : D. Douay. « La Fin des temps, et après. »

La fenêtre de Diane par Dominique Douay

Fiche de La fenêtre de Diane

Titre : La fenêtre de Diane
Auteur : Dominique Douay
Date de parution : 2015
Editeur : Les moutons électriques

Première page de La fenêtre de Diane

« Pas un seul avion sur le tarmac mais des camions, ça oui. De pompiers, surtout. Sirènes et gyrophares. Ça grouille dans tous les sens. Pire que le centre de Rome à une heure de pointe, se dit la fille. Pourquoi Rome plutôt que, au hasard, New Delhi par exemple ? Parce que la fille s’emmerde comme un rat mort, alors pour tromper le temps elle invente des ressemblances, des échos entre le présent et ses souvenirs les plus proches. Déformation professionnelle, en quelque sorte. Mémoriser les détails les plus anodins, ça fait partie de son boulot.

Là, mine de rien, c’est bien ce qui, faute de mieux, lui occupe l’esprit. Le nez contre la vitre crasseuse, elle laisse les images pénétrer en elle. La Suzuki noire qui slalome entre les véhicules rouges ou vert-de-gris des services d’incendie ou de sécurité, personne ne s’en soucie, personne ne s’en souviendra, sauf elle. Non que cette voiture ait la moindre importance dans un scénario sans intérêt, mais elle est à présent gravée dans sa mémoire. Que la fille doive, pour une raison improbable, se retrouver ici et maintenant, et ce sera ce petit 4X4, surgissant tout à coup à la surface de ses pensées, qui lui en fournira le moyen. »

Extrait de : D. Douay. « La Fenêtre de Diane. »

Le signal des Saints par Peter F. Hamilton

Fiche de Le signal des Saints

Titre : Le signal des Saints (Tome 3 sur 3 – Salvation)
Auteur : Peter F. Hamilton
Date de parution : 2020
Traduction : N. Savic
Editeur : Bragelonne

Première page de Le signal des Saints

« Devant le vaisseau d’insertion des Neánas, Juloss brillait comme une perle couleur saphir, dont les vastes océans et petits continents étaient enveloppés de longs rubans nuageux. L’espace, autour de la planète, était constellé de grains de poussière scintillants, comme les rayons du soleil se reflétaient sur les forts orbitaux qui protégeaient la précieuse planète.

Le vaisseau d’insertion arrivait au sud de l’écliptique, déroulant une traînée irrégulière de masse froide, telle une comète noire. Lorsque commença son approche finale et discrète, il ne mesurait plus que vingt-cinq mètres de diamètre. Comme il n’avait pas de champ magnétique, sa coque externe absorbait les radiations, le rendant invisible. Parfaitement furtif, il trompa la vigilance des forts célestes, se faufila entre eux en se débarrassant de sa masse de réaction dans une ultime manœuvre de décélération.

À ce stade, il tombait littéralement vers la côte ouest du plus grand continent, où une haute chaîne de montagnes plongeait dans l’océan. De modestes éjectas lui permirent de corriger son vecteur de descente, de le rapprocher des terres où le jour ne se lèverait pas avant une trentaine de minutes. Perchée sur des contreforts ondulants, la ville solitaire d’Afrata brillait vigoureusement dans une vallée verdoyante. »

Extrait de : P.F Hamilton. « Le Signal des Saints – Salvation. »

Les chemins de l’exode par Peter F. Hamilton

Fiche de Les chemins de l’exode

Titre : Les chemins de l’exode (Tome 2 sur 3 – Salvation)
Auteur : Peter F. Hamilton
Date de parution : 2019
Traduction : N. Savic
Editeur : Bragelonne

Première page de Les chemins de l’exode

« La masse sombre et froide du vaisseau d’insertion des Neánas volait dans l’espace interstellaire depuis vingt-deux ans lorsqu’elle traversa les particules faiblement scintillantes de la ceinture cométaire de l’étoile. Une demi-année-lumière plus loin, son étoile cible de classe G9 brillait d’un éclat blanc argenté, projetant ses rayons puissants sur une famille de douze planètes. La quatrième – un petit monde solide – émettait un babillage ininterrompu sur les ondes radio, source que l’amas-demeure neána avait captée dès que les Vayans avaient diffusé leurs premiers signaux hésitants cinquante-trois ans plus tôt.

Un trio de lunes orbitait autour de la planète chaude et foisonnante de vie, décrivant des boucles excentriques un million de kilomètres au-dessus de ses nuages blancs, de ses continents verdoyants et de ses océans bleu foncé. Désormais, deux d’entre d’elles émettaient également des signaux électromagnétiques, les ondes radio provenant de bases de recherche scientifique récemment installées par les Vayans. Ayant réussi à tirer un trait sur une histoire lourde de conflits, quarante-sept clans vayans s’étaient entendus pour lancer un vaste programme d’exploration spatiale. »

Extrait de : P.F Hamilton. « Les Chemins de l’exode – Salvation. »

Les portes de la délivrance par Peter F. Hamilton

Fiche de Les portes de la délivrance

Titre : Les portes de la délivrance (Tome 1 sur 3 – Salvation)
Auteur : Peter F. Hamilton
Date de parution : 2018
Traduction : N. Savic
Editeur : Bragelonne

Première page de Les portes de la délivrance

« Dérivant dans l’espace interstellaire à trois années-lumière de l’étoile 31 Aquilae, l’amas-demeure des Neánas capta pendant dix-huit ans et par intermittence une série de courtes impulsions électromagnétiques de faible puissance. Les premières signatures étaient familières et quelque peu inquiétantes : des explosions produites par la fission atomique suivies, sept années plus tard, de détonations augmentées par la fusion thermonucléaire. Les progrès technologiques de la civilisation émergente qui en était responsable étaient exceptionnellement rapides.

Du métaviral frais mordit dans la masse cométaire qui ancrait le vaste amas, filant des toiles réceptrices arachnéennes longues d’une vingtaine de kilomètres, qui s’alignèrent sur l’étoile de classe G distante de cinquante années-lumière où les armes barbares étaient déployées.

Comme prévu, la troisième planète du système déversait un véritable torrent de signaux électromagnétiques. Une espèce intelligente entrait dans sa phase scientifique et industrielle.

Les Neánas s’inquiétaient de voir autant d’armes nucléaires utilisées. Cette nouvelle espèce était agressive, ce dont se félicitaient certains des esprits de l’amas.

L’analyse des signaux radio – et désormais des émissions audiovisuelles analogiques – révéla une espèce bipède organisée en groupes géotribaux engagés dans des conflits sans fin. Du fait de leur composition biochimique spécifique, ils avaient – du point de vue des Neánas – une espérance de vie tristement courte. Cela expliquait peut-être leur évolution technologique plus rapide que la normale. »

Extrait de : P.F Hamilton. « Les Portes de la délivrance – Salvation. »

Une nuit sans étoiles par Peter F. Hamilton

Fiche de Une nuit sans étoiles

Titre : Une nuit sans étoiles (Tome 2 sur 2 – Les naufragés du commonwealth)
Auteur : Peter F. Hamilton
Date de parution : 2016
Traduction : N. Savic
Editeur : Bragelonne

Première page de Une nuit sans étoiles

« Lorsqu’il frappa la haute atmosphère de la planète, la vitesse du Vermillion équivalait à un pourcentage non négligeable de la vélocité orbitale. Comme la plupart de ses systèmes embarqués, les moteurs ingrav et regrav du vaisseau colon dysfonctionnaient sérieusement dans le Vide, les empêchant de lutter contre l’attraction de la planète et de poser la masse titanesque en douceur. Ils firent cependant de leur mieux pour la freiner, pour réduire une vitesse d’approche catastrophique. Sur le pont, le capitaine Cornelius et les dix volontaires qui s’étaient joints à lui s’efforcèrent de mitiger quelque peu le désastre qui se préparait. Les champs de force, normalement assez résistants pour les protéger contre des explosions atomiques, menaçaient de rompre bel et bien quand ils s’étendirent hors de la coque. Des messages d’alerte rouge fleurissaient dans l’exovision de Cornelius, tandis qu’ils maintenaient le Vermillion au centre d’une bulle de plasma incandescent mesurant cinq kilomètres de diamètre.

Le vaisseau décrivit une courbe autour de la planète, déchirant l’atmosphère et employant l’aérofreinage pour diminuer sa vitesse, son sillage hypersonique enflammé semant la destruction sur les terres qu’il survolait. »

Extrait de : P.F Hamilton. « Une nuit sans étoiles – Les naufragés du commonwealth. »

L’abîme au-delà des rêves par Peter F. Hamilton

Fiche de L’abîme au-delà des rêves

Titre : L’abîme au-delà des rêves (Tome 1 sur 2 – Les naufragés du commonwealth)
Auteur : Peter F. Hamilton
Date de parution : 2014
Traduction : N. Savic
Editeur : Bragelonne

Première page de L’abîme au-delà des rêves

« Ce n’était pas la première fois que Laura Brandt sortait de suspension ; elle avait l’habitude. Par ailleurs, il y avait longtemps de cela, avant les implants biononiques, avant que le séquençage de gènes Avancés dans l’ADN humain ait pratiquement éradiqué le processus de vieillissement, elle avait subi un rajeunissement à l’ancienne, procédure au terme de laquelle on revenait à la vie d’une façon assez similaire à une sortie de suspension. Cela commençait toujours par un lent et agréable retour à la conscience, le corps se réchauffant à un rythme régulier, l’injection de nutriments et de narcotiques chassant tout inconfort ou sensation désagréable de désorientation. Quand on était complètement réveillé et sur le point d’ouvrir les paupières, on avait l’impression d’émerger d’une bonne nuit de sommeil, prêt à affronter la journée avec enthousiasme. Pour que l’expérience de ce retour à la conscience soit pleinement réussie, il ne fallait pas négliger le petit déjeuner – complet – composé de crêpes, de bacon grillé, de sirop d’érable et de jus d’orange bien frais (mais sans glace, merci).

Cette fois-ci aurait dû être spéciale, car elle aurait dû se réveiller dans un amas stellaire situé hors de la Voie lactée. Là, elle aurait commencé une nouvelle vie avec d’autres membres de la Dynastie Brandt ; elle aurait fondé une nouvelle civilisation – une civilisation tellement différente du Commonwealth sclérosé qu’ils avaient tous abandonné. »

Extrait de : P.F Hamilton. « L’Abîme au-delà des Rêves – Les naufragés du commonwealth. »

La grande route du nord tome 2 par Peter F. Hamilton

Fiche de La grande route du nord tome 2

Titre : La grande route du nord tome 2
Auteur : Peter F. Hamilton
Date de parution : 2012
Traduction : N. Savic
Editeur : Bragelonne

Première page de La grande route du nord tome 2

« Dimanche 17 mars 2143

Il ne pleuvait plus. Un soleil lumineux dans un ciel sans nuages baignait les rues humides de Newcastle dans une chaleur douce annonciatrice du retrait d’un hiver féroce. Sid Hurst parcourut en voiture la courte distance qui séparait Jesmond de l’infirmerie Royal Victoria d’Arevalo. Les fondations de la nouvelle clinique d’oncologie étaient déjà creusées à l’emplacement de l’ancien parking, mais trouver où se garer n’était pas un problème un dimanche matin à 8 heures.

Sid localisa un magasin caritatif dans le hall et acheta quelques fleurs ainsi qu’une grosse boîte de chocolats. Son i-e le guida dans le labyrinthe de couloirs qui reliaient entre elles les différentes parties du complexe. Deux minutes plus tard, il atteignait l’aile Hadley. Tilly Lewis avait une chambre individuelle au septième étage.

Il frappa à sa porte entrouverte. Elle sourit en découvrant sa tête dans l’embrasure.

— Eh ! je ne m’attendais pas à vous voir. Entrez.

Sid examina la pièce claire et propre. Elle était décorée comme une chambre d’hôtel de moyenne catégorie. En dehors de quelques moniteurs éteints accrochés au mur, aucun matériel médical n’était visible.

— Votre famille n’est pas là. »

Extrait de : P.F Hamilton. « La grande route du Nord 2. »