Catégorie : Livres

 

L’orbe et la roue par Michel Jeury

Fiche de L’orbe et la roue

Titre : L’orbe et la roue (Tome 1 sur 2 – L’orbe)
Auteur : Michel Jeury
Date de parution : 1982
Editeur : Robert Laffont

Première page de L’orbe et la roue

« Mark Jervann d’Angun vécut pour la première fois au XXIe siècle de l’ère terrestre-chrétienne : il y a donc un peu plus de trente mille ans. À cette époque, la construction de la Sphère avait commencé, puisqu’il existait des « îles de la lune » ou « villes de l’espace » : Lagrangia I, II, III et IV. L’idée de la Sphère de Dyson était connue depuis le XXe siècle. Car il y a eu Dyson avant Govan…
Mark était citoyen de la Roue : Republic of United Europe. Il était donc européen. L’Orbe désignait alors une autre grande puissance économique de la Terre : l’Alliance ou Orbite du Pacifique, qui rassemblait tous les pays formant un cercle autour de cet océan, en particulier les États-Unis d’Amérique du Nord, l’Union d’Amérique du Sud, le Japon, la Chine, l’Indonésie… En théorie, l’Orbe était dix fois plus important que la Roue. Mais c’était une alliance assez lâche, souffrant de rivalités et de dissensions internes. Longtemps amis, l’Orbe et la Roue s’affrontèrent à la fin du XXIIe siècle et se servirent de la « bombe à structure ». Ils se retrouvèrent tous les deux très amoindris et mystérieusement changés. C’était un des effets de la bombe.
 »

Extrait de : M. Jeury. « L’orbe – L’orbe et la roue. »

Le sombre éclat par Michel Jeury

Fiche de Le sombre éclat

Titre : Le sombre éclat (Tome 2 sur 2 – Ecumeurs du silence)
Auteur : Michel Jeury
Date de parution : 1980
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le sombre éclat

« Ce fut Juo qui trouva le puits de stocks du « Sanctuaire » de Max Kredi.

Ushaïa cherchait un puits traditionnel, comme celui de son village, comme tous ceux qu’elle avait vus dans les autres villages : une margelle de pierre et un cylindre de bois sur lequel s’enroulait une chaîne ou un câble avec un grappin au bout. Tels étaient les puits de stocks ; tels ils devaient être.

Juo ne croyait guère à l’histoire du Sanctuaire. Cependant, plus il visitait la maison forte du pont, ou ce qui en restait, plus il se persuadait que c’était une construction peu ordinaire et que l’histoire de Max Kredi contenait un fond de vérité. Une certitude : il y avait eu dans ce bâtiment des installations technologiques comparables à celles qui existaient dans les bases de Surveillance : en particulier l’éclairage électrique et une sorte de tableau de bord muni de plusieurs panneaux électroniques. »

Extrait de : M. Jeury. « Ecumeurs du silence – Le sombre éclat. »

Les écumeurs du silence par Michel Jeury

Fiche de Les écumeurs du silence

Titre : Les écumeurs du silence (Tome 1 sur 2 – Ecumeurs du silence)
Auteur : Michel Jeury
Date de parution : 1980
Editeur : Fleuve noir

Première page de Les écumeurs du silence

« Ushaïa, maîtresse du village d’Acharac, fut réveillée par une forte angoisse dans la nuit du 22 septembre. Il lui sembla un instant que tous ses ennemis l’attaquaient à la fois. Un bœuf sauvage avait posé deux lourds sabots sur ses seins et lui écrasait la poitrine. Un chien géant lui serrait la gorge, prêt à lui broyer le larynx au moindre geste de fuite ou de défense… La main d’Haroun le Nomade, osseuse et griffue, pesait sur sa nuque comme pour lui briser les vertèbres. Et le silence des Écumeurs hurlait dans sa tête…
Haletante, elle se souleva sur les coudes, chercha son souffle, guetta la lueur du jour aux interstices des volets. C’était encore la nuit. Sa main droite dériva vers la lampe à pile solaire qu’elle savait se trouver sur sa table de chevet. Puis elle suspendit son geste à cause de Naha. L’enfant dormait à quelques mètres de son lit, dans une sorte de coque étroite et profonde. Elle avait treize ans. À cet âge, les autres filles du village étaient presque des jeunes femmes. »

Extrait de : M. Jeury. « Ecumeurs du silence – Les écumeurs du silence. »

Soleil chaud poisson des profondeurs par Michel Jeury

Fiche de Soleil chaud poisson des profondeurs

Titre : Soleil chaud poisson des profondeurs (Tome 3 sur 3 – Chronolyse)
Auteur : Michel Jeury
Date de parution : 1976
Editeur : Robert Laffont

Première page de Soleil chaud poisson des profondeurs

« Les psychiatres de l’hôpital Garichankar ont, les premiers, défini le syndrome de Hood – soleil chaud – et le syndrome de Boldi – poisson des profondeurs – comme deux aspects équivalents d’une fuite schizophrénique à répercussion somatique totale… L’homme est terrorisé par le froid absolu de la civilisation des hypersystèmes, alors il rêve qu’il est très loin de là, quelque part sous un soleil chaud. Et il se met à brunir. Telle est la maladie bronzée de Hood.

Mais peut-être le Hood et le Boldi ressemblent-ils aussi à l’effort du premier animal qui est sorti de l’eau pour se traîner sur le rivage. Peut-être, par cette réaction, l’organisme humain essaie-t-il – d’une façon qui paraît absurde et ridicule – de s’adapter au vide et au froid d’un monde inhumain. Peut-être essaie-t-il de remplacer le soleil par autre chose – en lui-même. »

Extrait de : M. Jeury. « Chronolyse – Soleil chaud poisson des profondeurs. »

Les singes du temps par Michel Jeury

Fiche de Les singes du temps

Titre : Les singes du temps (Tome 2 sur 3 – Chronolyse)
Auteur : Michel Jeury
Date de parution : 1973
Editeur : Robert Laffont

Première page de Les singes du temps

« Simon Clar savait que Magic-Joe allait mourir : question de jours ou peut-être d’heures… Simon avait douze ans et il passait ses après-midi de vacances dans le camion rouge, à écouter délirer le magicien du Far-West. Le médecin avait insisté longtemps pour que Joe Anton-Amos Roboam se laisse conduire à l’hôpital. Je veux crever chez moi ! répondait toujours le vieux baladin. Et il mourait lentement, en crachant ses poumons, dans le désespoir et la solitude de sa dernière étape.

Ce n’était pourtant qu’une demi-solitude. Simon venait l’écouter à l’insu de ses parents, et Sophia Shofranka, la Lovara, lui apportait à boire et à manger et nettoyait le camion de temps en temps.

— Quoi ? Quoi ? Quoi ? C’est ma vie, ma vie, ma vie ! Ah, quand je voyais ces montagnes qui grimpaient jusqu’au ciel et que je pensais à la mer, de l’autre côté, je me sentais tout petit. Je me disais : tu y arriveras jamais, au bord de la mer ! »

Extrait de : M. Jeury. « Chronolyse – Les singes du temps. »

Le temps incertain par Michel Jeury

Fiche de Le temps incertain

Titre : Le temps incertain (Tome 1 sur 3 – Chronolyse)
Auteur : Michel Jeury
Date de parution : 1973
Editeur : Le livre de poche

Première page de Le temps incertain

« Robert Holzach se leva et le décor de la chambre commença à vivre, pareil à un tranquille paysage d’autrefois. Une vache rousse paissait éternellement dans un pré vert. Au-dessus, on lisait un koan zen : après quatre mille jours de marche, la vache arrive au bout de l’univers, que fait-elle ? À l’Hôpital, chacun avait son idée sur cette importante question, sauf les hépatiques et les cartésiens qui prétendaient que l’univers n’a pas de bout. La vache décide de rentrer chez elle, pensait Rob. Mais quatre mille jours, ça fait plus de dix ans, et autant pour revenir… Elle mourra sans doute sur le chemin du retour. Nous ferons comme elle. À quoi bon partir ? Cependant, il se préparait pour un long, un très long voyage…

Il s’approcha du panneau mural pour observer une taupe en train de soulever un petit tas de terre brisée. Le monticule bougeait, grossissait, mais la minuscule tête grise et aveugle refusait toujours d’apparaître. La vache se retourna et regarda gravement le docteur Holzach. »

Extrait de : M. Jeury. « Chronolyse – Le temps incertain. »

Les animaux de justice par Albert Higon

Fiche de Les animaux de justice

Titre : Les animaux de justice
Auteur : Albert Higon
Date de parution : 1976
Editeur : J’ai lu

Première page de Les animaux de justice

« On eût dit qu’une grande lame brillante découpait l’espace en tranches horizontales, entre ciel et terre, une fois toutes les cinq ou six secondes. Alain Gorda scrutait l’horizon, les yeux plissés et les sourcils froncés, car la luminosité du couchant était encore très forte. Il se retourna vers Igor et Agnès qui se tenaient un peu en retrait, au sommet de la butte rocheuse choisie d’un commun accord comme poste d’observation.

— Eh bien, quoi ? dit-il. C’est un orage qui monte.

Igor Vincent promena sa main musclée sur sa nuque rouge, épaisse, ruisselante de sueur.

— Je n’ai jamais vu d’éclairs de cette sorte. Cette lueur est plus large et plus pâle qu’un éclair.

— Alors, c’est un effet d’optique dû à la chaleur, dit Alain.

Agnès leva la main, fit voler ses longs cheveux blonds sur son épaule nue.

— Tu dis n’importe quoi ! La chaleur est tombée depuis longtemps. D’ailleurs, la journée a été à peine tiède… Regarde ! »

Extrait de : A. Higon. « Les Animaux De Justice. »

L’Empire du Peuple par Pierre Marlson et Albert Higon

Fiche de L’Empire du Peuple

Titre : L’Empire du Peuple
Auteur : Pierre Marlson et Albert Higon
Date de parution : 1977
Editeur : Albin Michel

Première page de L’Empire du Peuple

« La jeune femme entra dans la salle brillamment éclairée et, sans accorder un regard à l’assistance, marcha à longues enjambées jusqu’au bar. Tesérik l’entendit demander un jeton de com d’une voix essoufflée. Il lui jeta un regard distrait. Elle posa une pièce d’un cédic sur le comptoir, referma la main sur son jeton et pivota sur elle-même pour sortir, négligeant d’attendre sa monnaie.

Elle tranchait vivement par sa tenue sur la foule chamarrée qui peuplait l’immense salle. Elle portait un ensemble de chasse en velours brun et semblait harassée. Dans cette assemblée très décontractée, mais aussi très élégante, les femmes exhibaient pour la plupart la robe du soir à la mode cette année-là. Un modèle qui découvrait une jambe jusqu’à la hanche et dissimulait jalousement le genou de l’autre. Pour respecter les canons de la symétrie, le sein situé du côté de la jambe la plus couverte était par contre offert tout entier au regard, soutenu par un rembourrage garni de dentelle. »

Extrait de : A. Higon & P. Marlston. « L’Empire du peuple. »

La chimère infernale par Albert Higon

Fiche de La chimère infernale

Titre : La chimère infernale (Tome 3 sur 3 – Les mondes furieux)
Auteur : Albert Higon
Date de parution : 1992
Editeur : Fleuve noir

Première page de La chimère infernale

« En 2875, au cours d’un conflit entre la Terre des Niveaux et les Îles de l’Espace, les Spaciens utilisèrent contre leurs ennemis des missiles de rupture temporelle. Leur but n’était, semble-t-il, que de désorganiser les défenses de la Terre, avant de poursuivre leur offensive par des moyens plus classiques. Le résultat fut bien différent.
La Terre éclata littéralement en mille morceaux : un millier d’îles temporelles, autour d’un océan qui est la réunion topologique de tous les océans de la planète. Une seule de ces îles se trouve au milieu de l’Océan : c’est Temen, l’île de Justice.
De par sa position, Temen joue un rôle à part dans ce monde. Le Chancellor, son président, est devenu une sorte de juge-arbitre de l’univers des îles, le vengeur des Mondes furieux.
Au moment du cataclysme de 2875, la peine capitale sur la Terre des Niveaux était la Folie furieuse. »

Extrait de : A. Higon. « Les mondes furieux – La chimère infernale. »

Le vaisseau-démon par Albert Higon

Fiche de Le vaisseau-démon

Titre : Le vaisseau-démon (Tome 2 sur 3 – Les mondes furieux)
Auteur : Albert Higon
Date de parution : 1992
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le vaisseau-démon

« Rom Kazan s’appuya sur un poignet et écouta. Quelqu’un ou quelque chose donnait des coups réguliers et sourds dans la maison, contre une porte, une fenêtre, une cloison, une poutre… Il compta : un, deux… Un, deux, trois… Un, deux… Un, deux, trois… Toujours le même rythme. Ah, ça se prolongeait : quatre-quatre-quatre…

— Ou alors, ce vacarme est dans ma tête. Qu’est-ce qui m’arrive ?

Rom se leva dans l’obscurité, avança à tâtons jusqu’au couloir et alluma l’électrum. C’était un homme jeune encore, de taille moyenne, une courte barbe cuivre et fer cernant un visage un peu carré. Ses yeux clairs brillaient d’un éclat intense. »

Extrait de : A. Higon. « Les mondes furieux – Le vaisseau-démon. »