Catégorie : Livres

 

La vérité par Terry Pratchett

Fiche de La vérité

Titre : La vérité (Tome 25 sur 41 – Annales du Disque-monde)
Auteur : Terry Pratchett
Date de parution : 2000
Traduction : P. Couton
Editeur : L’Atalante

Première page de La vérité

« La rumeur se répandit dans la ville comme un feu de brousse (lequel feu s’était souvent répandu dans Ankh-Morpork depuis que ses habitants avaient appris l’expression « assurance incendie »).

Les nains arrivent à transmuer le plomb en or…

Elle bourdonna dans l’atmosphère fétide du quartier des alchimistes qui essayaient en vain d’y parvenir depuis des siècles mais ne doutaient pas de réussir dans un jour ou deux, au plus tard mardi prochain, ou à la fin du mois sans faute.

Elle donna lieu à des conjectures chez les mages de l’Université de l’invisible qui savaient qu’on pouvait changer un élément en un autre dès lors qu’on se fichait qu’il revienne à son état premier le lendemain, alors qu’est-ce qu’on y gagnait ? Et puis la plupart des éléments se satisfaisaient de leur sort.

Elle pénétra comme un fer rouge dans les oreilles balafrées, boursouflées et parfois complètement absentes de la Guilde des Voleurs qui affûtèrent leurs pinces monseigneur. Qui ça intéressait de savoir d’où venait l’or ? »

Extrait de : T. Pratchett. « Annales du Disque-monde – La Vérité. »

Le cinquième éléphant par Terry Pratchett

Fiche de Le cinquième éléphant

Titre : Le cinquième éléphant (Tome 24 sur 41 – Annales du Disque-monde)
Auteur : Terry Pratchett
Date de parution : 1999
Traduction : P. Couton
Editeur : L’Atalante

Première page de Le cinquième éléphant

« À CE QU’ON DIT, le monde est plat et repose sur le dos de quatre éléphants, eux-mêmes juchés sur la carapace d’une tortue géante.

À ce qu’on dit, les éléphants, étant donné leur gigantisme, ont des os de pierre et de fer ainsi que des nerfs d’or qui leur assurent une meilleure conductivité sur les longues distances [1].

À ce qu’on dit, le cinquième éléphant, hurlant et barrissant, a traversé l’atmosphère du jeune monde il y a bien longtemps avant d’atterrir assez violemment pour morceler des continents et soulever des montagnes.

Nul ne le vit réellement atterrir, ce qui donna lieu à la grande question philosophique : quand des millions de tonnes tournoyantes d’éléphant en colère fendent les cieux et que personne ne les entend, est-ce que – philosophiquement parlant – ça fait du bruit ?

Et, si personne ne les a vues, sont-elles vraiment tombées ?

En d’autres mots, ne s’agit-il pas uniquement d’une histoire destinée aux enfants en guise d’explication à certains événements naturels remarquables ? »

Extrait de : T. Pratchett. « Annales du Disque-monde – Le cinquième éléphant. »

Carpe Jugulum par Terry Pratchett

Fiche de Carpe Jugulum

Titre : Carpe Jugulum (Tome 23 sur 41 – Annales du Disque-monde)
Auteur : Terry Pratchett
Date de parution : 1998
Traduction : P. Couton
Editeur : L’Atalante

Première page de Carpe Jugulum

« Un feu comme une étoile mourante fendait les lambeaux de nuages noirs, retombait à terre…

… enfin, la terre du Disque-monde…

… mais, à la différence de toutes les étoiles à ce jour, il parvenait parfois à diriger sa chute, se redressant par-ci, zigzaguant par-là, dans une descente pourtant inéluctable.

La neige s’illumina un bref instant sur les pentes montagneuses lorsqu’il crépita dans son vol.

En dessous, le pays lui-même se mit à descendre en pente. La lumière se réfléchit sur des parois de glace bleutée quand elle piqua dans l’entrée d’un canyon pour parcourir ses méandres et ses lacets dans un grondement de tonnerre.

Puis elle s’éteignit dans un claquement sec. Quelque chose continua de glisser le long du ruban entre les rochers au clair de lune.

Et jaillit du canyon au sommet d’une falaise où la neige fondue d’un glacier plongeait vers un lointain plan d’eau.

Contre toute attente, il y avait là une vallée, ou un réseau de vallées accrochées au bord des »

Extrait de : T. Pratchett. « Annales du Disque-monde – Carpe jugulum »

Le dernier continent par Terry Pratchett

Fiche de Le dernier continent

Titre : Le dernier continent (Tome 22 sur 41 – Annales du Disque-monde)
Auteur : Terry Pratchett
Date de parution : 1998
Traduction : P. Couton
Editeur : Pocket

Première page de Le dernier continent

« Sur fond d’immensité étoilée passe une tortue portant quatre éléphants sur sa carapace.

Tortue comme éléphants sont plus grands qu’on ne l’imagine, mais au milieu des étoiles la différence entre immense et minuscule est relativement dérisoire.

Cette tortue et ces éléphants sont pourtant, selon les normes des tortues et des éléphants, franchement grands. Ils soutiennent le Disque-monde et ses vastes continents, formations nuageuses et océans.

L’homme ne vit pas plus sur le Disque qu’il ne vit, dans des secteurs du multivers moins élaborés, sur des boules. Oh, il se peut que son enveloppe charnelle prenne le thé sur des planètes, mais il vit en réalité dans des mondes à part qui orbitent idéalement autour du noyau de son cerveau. »

Extrait de : T. Pratchett. « Annales du Disque-monde – Le dernier continent. »

Va-t-en-guerre par Terry Pratchett

Fiche de Va-t-en-guerre

Titre : Va-t-en-guerre (Tome 21 sur 41 – Annales du Disque-monde)
Auteur : Terry Pratchett
Date de parution : 1997
Traduction : P. Couton
Editeur : L’Atalante

Première page de Va-t-en-guerre

« C’ÉTAIT UNE NUIT SANS LUNE, idéale pour ce que voulait faire Solide Jacquard.

Il pêchait le calmar curieux, ainsi dénommé parce qu’en plus d’être un calmar il était curieux. Entendez curieux de par sa curiosité.

Peu après avoir manifesté leur curiosité envers la lanterne que Solide avait accrochée à la poupe de son bateau, les calmars devenaient curieux de la façon dont divers congénères disparaissaient brusquement vers la surface dans un éclaboussement.

Certains étaient même curieux – très brièvement – de voir de plus près le bidule pointu à barbillon qui leur fonçait dessus à toute vitesse.

Le calmar curieux était terriblement curieux. Mais hélas peu doué pour additionner deux et deux.

Le lieu de pêche se situait au diable vauvert, mais Solide était rarement déçu du voyage. Le calmar curieux était tout petit, inoffensif, difficile à dénicher et, de l’avis des connaisseurs, le plus infect produit de la mer au monde. De ce fait, il était recherché dans un certain type de restaurant où des chefs fortement « toqués » cuisinaient avec un soin extrême des plats dépourvus de toute trace de la bête en question. »

Extrait de : T. Pratchett. « Annales du Disque-monde – Va-t-en-guerre. »

Le père porcher par Terry Pratchett

Fiche de Le père porcher

Titre : Le père porcher (Tome 20 sur 41 – Annales du Disque-monde)
Auteur : Terry Pratchett
Date de parution : 1996
Traduction : P. Couton
Editeur : L’Atalante

Première page de Le père porcher

« Tout commence quelque part, quoi qu’en pensent beaucoup de physiciens.

Mais on sent confusément le problème que pose un commencement. On se demande tout haut comment les conducteurs de chasse-neige se rendent à leur travail ou comment les auteurs de dictionnaires vérifient l’orthographe des mots. Chacun nourrit cependant le désir constant de trouver un point dans les réseaux sinueux, noués et enchevêtrés de l’espace-temps sur lequel on pourrait poser un doigt métaphorique pour indiquer que c’est ici, précisément, que tout a commencé…

Quelque chose commença lorsque la Guilde des Assassins enrôla monsieur Leureduthé, lequel ne »

Extrait de : T. Pratchett. « Annales du Disque-monde – Le père Porcher. »

Pieds d’argile par Terry Pratchett

Fiche de Pieds d’argile

Titre : Pieds d’argile (Tome 19 sur 41 – Annales du Disque-monde)
Auteur : Terry Pratchett
Date de parution : 1996
Traduction : P. Couton
Editeur : L’Atalante

Première page de Pieds d’argile

« PAR UNE CHAUDE NUIT DE PRINTEMPS, un poing frappa si violemment à une porte que les gonds en fléchirent.

Un homme ouvrit et fouilla la rue des yeux. De la brume montait du fleuve et le ciel nocturne était couvert. Autant chercher à voir à travers du velours blanc.

Mais il se demanda après coup s’il n’avait pas quand même distingué des silhouettes, juste au-delà de la flaque de lumière déversée sur la chaussée. Un grand nombre de silhouettes qui l’observaient avec attention. Il avait même cru deviner des points lumineux très faibles…

Mais il n’y avait pas à se tromper sur celle qui se dressait devant lui. Une grande forme rouge brique qui ressemblait aux figurines humaines en argile des enfants. Ses yeux étaient deux charbons ardents.

« Quoi ? Qu’est-ce que tu veux à une heure pareille ? »

Extrait de : T. Pratchett. « Annales du Disque-monde – Pieds d’argile. »

Masquarade par Terry Pratchett

Fiche de Masquarade

Titre : Masquarade (Tome 18 sur 41 – Annales du Disque-monde)
Auteur : Terry Pratchett
Date de parution : 1995
Traduction : P. Couton
Editeur : L’Atalante

Première page de Masquarade

« LE VENT HURLAIT. L’orage crépitait sur les montagnes. La foudre aiguillonnait les rochers à pic comme un vieillard cherchant à déloger un pépin de mûre insaisissable de son dentier.

Entre les bouquets d’ajoncs bruissants brillait un feu dont les rafales de vent bousculaient les flammes d’un bord puis de l’autre.

Une voix effrayante criailla : « Quand nous revoyons-nous toutes les deux ? »

Le tonnerre gronda.

Une voix plus naturelle répondit : « Pourquoi tu t’mets à brailler ? Tu m’as fait lâcher ma tartine dans l’feu. »

Nounou Ogg se rassit.

« Pardon, Esmé. J’faisais ça à cause… tu sais… en souvenir du passé… Pas facile à dire, remarque.

— Grillée bien comme il faut, en plus.

— Pardon.

— De toute façon, t’avais pas à brailler.

— Pardon.

— Ce que j’veux dire, c’est que j’suis pas sourde. T’aurais pu me l’demander normalement. Et je t’aurais répondu : “Mercredi prochain. »

Extrait de : T. Pratchett. « Annales du Disque-monde – Masquarade. »

Les tribulations d’un mage en aurient par Terry Pratchett

Fiche de Les tribulations d’un mage en aurient

Titre : Les tribulations d’un mage en aurient (Tome 17 sur 41 – Annales du Disque-monde)
Auteur : Terry Pratchett
Date de parution : 1994
Traduction : P. Couton
Editeur : L’Atalante

Première page de Les tribulations d’un mage en aurient

« VOICI où les dieux jouent avec les vies des hommes, sur un plateau qui est à la fois aire de jeu et le monde entier. Et le Destin gagne toujours.

Oui, le Destin gagne toujours. La plupart des dieux jouent aux dés mais le Destin, lui, joue aux échecs, et on ne découvre qu’à la fin, donc trop tard, qu’il s’est servi depuis le début de deux reines.

Le Destin gagne. Du moins, c’est ce qu’on prétend. Quoi qu’il arrive, on dit toujours après coup que c’était le Destin[1].

Les dieux savent prendre n’importe quelle apparence, mais la seule chose qu’ils ne peuvent pas modifier en eux, c’est leurs yeux qui révèlent leur vraie nature. Ceux du Destin sont à peine des yeux, plutôt des trous noirs sur un infini piqueté de points lumineux qui sont peut-être des étoiles ou, là encore, peut-être autre chose.

Il battit des paupières, gratifia les autres joueurs du sourire suffisant des gagnants juste avant la victoire et annonça :

« J’accuse le grand prêtre de la Robe Verte dans la bibliothèque avec la hache d’armes. »

Extrait de : T. Pratchett. « Annales du Disque-monde – Les tribulations d’un mage en aurient. »

Accros du roc par Terry Pratchett

Fiche de Accros du roc

Titre : Accros du roc (Tome 16 sur 41 – Annales du Disque-monde)
Auteur : Terry Pratchett
Date de parution : 1994
Traduction : P. Couton
Editeur : L’Atalante

Première page de Accros du roc

« Le présent récit traite de la mémoire. Et, pour autant qu’on se rappelle…

… la Mort du Disque-monde, pour des raisons personnelles, a un jour sauvé une petite fille et l’a ramenée chez lui[1] entre les dimensions. Il l’a laissée grandir jusqu’à ses seize ans parce qu’il croyait plus facile de s’occuper d’adolescents que de jeunes enfants, ce qui prouve bien qu’on peut être une personnification anthropomorphique immortelle et quand même se fourrer la phalange dans l’orbite, comme qui dirait…

… il a engagé par la suite un apprenti du nom de Mortimer – Morty pour les intimes. Ysabell et Morty ont éprouvé l’un pour l’autre une antipathie immédiate mais tout le monde sait ce qu’il en résulte à long terme. Comme suppléant du Faucheur, Mortimer s’est révélé d’une nullité retentissante, semant une pagaïe qui s’est soldée par un vacillement de la Réalité et un duel entre son patron et lui, duel qu’il a perdu… »

Extrait de : T. Pratchett. « Annales du Disque-monde – Accros du roc. »