Catégorie : Livres

 

Crétins en marche par Cyril M. Kornbluth

Fiche de Crétins en marche

Titre : Crétins en marche
Auteur : Cyril M. Kornbluth
Date de parution : 1984
Traduction : R. Louit
Editeur : Denoël

Sommaire de Crétins en marche

  • Crétins en marche par Cyril M. Kornbluth
  • A chacun son enfer par Alfred Bester

Première page de Crétins en marche

« Certaines choses n’avaient pas changé. Un tour de potier restait un tour de potier, l’argile restait l’argile. Efim Hawkins avait construit son atelier près de Goose Lake, qui offrait une mince bande de bonne argile grasse et un étroit rivage de sable blanc. Il alluma trois fours-couloirs avec des charbons provenant de la plantation de saules. La saulaie servait également à de longues promenades pendant que les fours refroidissaient ; s’il restait à proximité, il ne résistait pas à l’envie d’ouvrir les portes avant l’heure pour juger de l’effet de la cuisson sur telle forme nouvelle ou tel nouveau vernis, et alors – ping ! – forme ou vernis étaient bons pour la pile de tessons, derrière ses bacs à barbotine. »

Extrait de : C. M. Kornbluth. « Crétins en marche. »

Plus de vifs que de morts par Frederik Pohl

Fiche de Plus de vifs que de morts

Titre : Plus de vifs que de morts
Auteur : Frederik Pohl
Date de parution : 1990
Traduction : J. Bonnefoy
Editeur : Denoël

Première page de Plus de vifs que de morts

« Bien qu’il s’agisse d’un hôpital, ou que ce soit tout comme, ça n’a pas une odeur d’hôpital. Et ça n’y ressemble certainement pas. Entre les plantes grimpantes qui fleurissent sur les murs, et le plic plic doux et reposant de la minuscule cascade à la tête du lit, on dirait plutôt la suite d’apparat de quelque vieux motel anonyme. Rafiel est à présent tout beau, bien retapé, prêt à repartir pour cinq ans avant d’être obligé de revenir se faire traiter ici, si bien qu’il n’a pas trop l’air non plus d’un patient hospitalisé. On dirait plutôt une vedette de cinéma, ce qu’il est plus ou moins d’ailleurs, un homme aux alentours de la quarantaine mais en assez bonne condition physique pour passer pour un jeune de vingt ans. Là, en revanche, il y a erreur. Après tout le travail de taille, de fraise et de greffe qu’il a subi ces onze derniers jours, la vérité c’est qu’il est un homme en remarquable condition physique mais âgé de quatre-vingt-douze ans. »

Extrait de : F. Pohl. « Plus de vifs que de morts. »

Les enfants de la nuit par Frederik Pohl

Fiche de Les enfants de la nuit

Titre : Les enfants de la nuit
Auteur : Frederik Pohl
Date de parution : 1984
Traduction : P. Billon
Editeur : Denoël

Sommaire de Les enfants de la nuit

  • La machine à filmer le temps par Thomas L. Sherred
  • Les enfants de la nuit par Frederik Pohl

Première page de Les enfants de la nuit

«  Nous nous sommes déjà rencontrés, dis-je à Haber. Cela se passait en 1988, lorsque vous dirigiez le bureau de Des Moines. »

Il s’épanouit et tendit la main : « Mais c’est vrai, bon sang ! Je me souviens à présent, Odin.

— Je n’aime guère que l’on m’appelle Odin.

— Vraiment ? Très bien, Mr. Gunnarsen…

— Pas davantage Mr. Gunnarsen. Simplement Gunner.

— C’est vrai, Gunner ; j’avais presque oublié.

— Non, vous ne l’aviez pas oublié. Vous ne connaissiez même pas mon nom à Des Moines. Vous ne saviez même pas que j’étais vivant, car vous étiez trop occupé à assurer la défaite de notre client dans l’État. Je vous ai tiré de là à cette époque comme je me prépare à vous tirer de là cette fois. »

Extrait de : F. Pohl. « Les enfants de la nuit. »

Les annales de la cité 2 par Frederik Pohl

Fiche de Les annales de la cité 2

Titre : Les annales de la cité 2
Auteur : Frederik Pohl
Date de parution : 1984
Traduction : W. Desmond
Editeur : Denoël

Première page de Les annales de la cité 2

« Je suis un gosse de la dépression. Je suis né pendant la Guerre qui devait mettre fin à toutes les Guerres – celle de 1914. Je suis rentré en sixième au moment du krach de Wall Street, en 1929, puis en 1930 j’ai dû aller au collège public parce que mon père n’avait plus assez d’argent. En 1933, je quittai définitivement l’école. Je devais gagner ma vie, mais le problème était de trouver du travail. Une époque terrible ! Il y avait des queues pour le pain, les paysans de l’Oklahoma fuyaient le Dust Bowl, les vétérans faisaient des marches de protestation, la pauvreté, la peur – j’avais en horreur le monde sinistre dans lequel je vivais. Savez-vous ce qui m’a permis de tenir ? Le cinéma. En particulier les films d’anticipation. Lorsque j’étais dans une salle, et restais durant deux ou trois projections successives de Le Monde en 1981 ou de La Vie future, j’arrivais à oublier le monde réel. J’arrivais à me figurer que je vivais vraiment dans l’une de ces grandes villes resplendissantes de l’avenir, où tout le monde était heureux, en bonne santé et riche, et où l’on vivait comme des rois en dessous d’un

Ciel de
rechange
 »

Extrait de : F. Pohl. « Les annales de la cité-2. »

Les annales de la cité 1 par Frederik Pohl

Fiche de Les annales de la cité 1

Titre : Les annales de la cité 1
Auteur : Frederik Pohl
Date de parution : 1984
Traduction : W. Desmond
Editeur : Denoël

Première page de Les annales de la cité 1

« Je suis ce que l’on pourrait appeler un authentique New-Yorkais. Je me déplace comme un félin, j’ai la langue bien pendue et je remplis mes poumons de suie et d’oxyde de carbone. À l’endroit où j’habite, les bennes à ordure et les voitures de police m’empêchent chaque nuit de dormir, je risque ma peau en traversant la rue, et ces plaisirs me coûtent les yeux de la tête – les impôts sont astronomiques et les loyers exorbitants.
Pourtant, pas question de changer de mode de vie. Car c’est ici que les choses se passent. Même si cela implique une bonne chance de me faire agresser dans la rue et la quasi-certitude d’être cambriolé tous les deux ou trois ans, je me trouve au cœur de l’action. Il n’y a qu’une chose que je redoute. Chaque mois nous apporte son lot de nouveaux crimes, de nouvelles grèves, de nouvelles catastrophes, et je crains qu’un jour tout ne se produise en même temps… car ce jour-là, ce sera vraiment la

Panique à New York »

Extrait de : F. Pohl. « Les annales de la cité-1. »

Les animaux de la guerre par Frederik Pohl

Fiche de Les animaux de la guerre

Titre : Les animaux de la guerre
Auteur : Frederik Pohl
Date de parution : 1957
Traduction : J.-P. Carasso
Editeur : Marabout

Première page de Les animaux de la guerre

« Dans l’avion qui m’amenait de Montauk, nous avons eu une alerte au missile-guidé mais, pour finir, c’était l’un des nôtres. Il s’est dirigé sur nous en hurlant, bien visible à travers les hublots du zinc et, comme un seul homme, les cent quarante passagers ont pris une profonde inspiration. Mais son radar I.F.F. nous a reconnus. Il a viré puis, après un demi-tour sur lui-même, il s’est remis en chasse d’un Caodaï – encore qu’à ma connaissance il n’y en eût guère dans les parages.
On s’est donc posé dans les temps. Je me retrouvais sur la côte de Floride. Tout à fait furieux.
Pas trace de l’hélicoptère qui était censé m’attendre. Je me suis débrouillé avec la fille du stand de papeterie – pas mal pour un simple soldat – pour téléphoner et j’ai appelé le numéro qui figurait sur mon ordre de route. »

Extrait de : F. Pohl. « Les animaux de la guerre. »

La promenade de l’ivrogne par Frederik Pohl

Fiche de La promenade de l’ivrogne

Titre : La promenade de l’ivrogne
Auteur : Frederik Pohl
Date de parution : 1960
Traduction : A. Rosenblum
Editeur : Pocket

Première page de La promenade de l’ivrogne

« CET homme se nomme Cornut, il est né en 2166 et a maintenant trente ans. Il est professeur.
Les mathématiques sont sa discipline. La Théorie des Nombres est sa spécialité. Il enseigne la Mnémotechnie des Nombres, occupation qui absorbe toutes ses facultés créatrices. Mais il pense aussi beaucoup aux femmes ; d’une façon quelque peu distante, détachée.
Il n’est pas marié. Il couche seul et cela n’est pas très bon.
Si vous allez faire un tour dans sa chambre (elle a des murs lilas et un plafond crème, ce sont les couleurs de la Tour des Maths), vous entendrez un chuchotement et un faible ronronnement. Ce ne sont pas les bruits de la respiration de Cornut, bien qu’il dorme paisiblement. Le chuchotement est le ouip-ouip tout juste audible d’une pendulette électrique. »

Extrait de : F. Pohl. « La promenade de l’ivrogne. »

L’ultime fléau par Frederik Pohl

Fiche de L’ultime fléau

Titre : L’ultime fléau
Auteur : Frederik Pohl
Date de parution : 1962
Traduction : J. Gil
Editeur : Le livre de poche

Première page de L’ultime fléau

«  Dis donc, Chandler, dit Larry Grantz, le geôlier. Je te parie cinquante contre un que tu seras condamné. Qu’est-ce que t’en penses ?
— Va au diable, dit Chandler.
— Allez, tu peux me mettre dans le coup ! Tu ne garderais pas en réserve une petite surprise pour le juge, par hasard ? »
Chandler ne répondit rien. Il ne regarda même pas le geôlier. Un homme en route pour l’enfer a autre chose à faire que de se soucier de l’opinion des gens.
« Bon, écoute, fit le geôlier, il se pourrait bien que tu aies besoin d’un ou deux copains plus tôt que tu ne penses. Tu ne crois pas ? Tiens, je ne parie plus que cinq contre un si tu plaides coupable. C’est bien ce que tu as l’intention de faire, hein ? »

Extrait de : F. Pohl. « L’ultime fléau. »

L’ère du satisfacteur par Frederik Pohl

Fiche de L’ère du satisfacteur

Titre : L’ère du satisfacteur
Auteur : Frederik Pohl
Date de parution : 1969
Traduction : M. Barrière
Editeur : Le Masque

Première page de L’ère du satisfacteur

« Dans la pièce — ou peut-être était-ce un parc — l’éclairage projetait sur chacun des formes et des symboles de couleur. La jeune fille à la robe transparente avait, un moment, des yeux d’un rose scintillant et, l’instant d’après, un halo de cheveux d’argent. L’homme à côté de Forrester avait une peau dorée et un masque d’ombre. Des bouffées de senteurs — de la sauge à la rose — passaient dans l’air à tour de rôle. De temps à autre émanait du néant une musique aux résonances cristallines.
— Je suis riche ! s’écria Forrester. Et vivant !
Ce qui laissait visiblement tout le monde indifférent. Il cueillit une grappe de ce raisin incolore que Hara lui avait recommandé, se leva et, caressant au passage l’épaule de la jeune fille à la robe transparente, il se dirigea d’une démarche titubante vers la piscine où les convives s’ébattaient joyeusement, toute nudité confondue. »

Extrait de : F. Pohl. « L’ère du satisfacteur. »

L’avènement des chats quantiques par Frederik Pohl

Fiche de L’avènement des chats quantiques

Titre : L’avènement des chats quantiques
Auteur : Frederik Pohl
Date de parution : 1986
Traduction : J. Bonnefoy
Editeur : Denoël

Première page de L’avènement des chats quantiques

« 16 août 1983 
20:20. Nicky DeSota

Quand mon bruiteur s’est mis à sonner, j’avais une main sur le levier de vitesses, prête à passer la seconde, et l’autre sortie par la vitre pour indiquer que j’allais tourner à gauche. J’avais l’attention fixée sur le flic au carrefour, qui prenait un temps désagréablement long pour laisser passer le trafic de Meacham Road. J’avais la tête comme une citrouille, entre les taux d’hypothèques variables, les calculs de points, les acceptations de dossier de prêt, et l’éventualité ou non d’aller piquer une tête avec ma petite amie après le dîner. On était mardi. Par conséquent, une bonne occasion pour aller nager, parce que, des fois, les soirs de semaine, en fin de soirée, le maître nageur regarde de l’autre côté quand quelqu’un enlève le haut.

Le bruiteur bousilla tout ça.

J’ai horreur de laisser sonner un téléphone. Je pris le risque. Je retirai la main du levier de vitesses pour décrocher. « Dominic DeSota à l’appareil, oui ? » dis-je, juste au moment où le flic, se rappelant qu’il y avait des voitures qui attendaient sur Meacham Road, m’ordonnait de virer d’un geste péremptoire. »

Extrait de : F. Pohl. « L’avènement des chats quantiques. »