Catégorie : Livres

 

Le mystère Lyphine par Ayerdhal

Fiche de Le mystère Lyphine

Titre : Le mystère Lyphine (Tome 2 sur 2 – Le chant du Drille)
Auteur : Ayerdhal
Date de parution : 1992
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le mystère Lyphine

« Kristen Maleg n’avait jamais rencontré Lodève Dalellia et, pour ce qu’il en savait, elle n’avait jamais entendu parler de lui, mais il la connaissait mieux que personne, mieux même que feu Vernang Lyphine. En fait, il lisait en elle comme dans un livre ouvert, aussi aisément que son ordinateur affichait les millions d’informations qu’il possédait sur elle. Le directeur de la Sefali avait beaucoup de mépris pour la xénologue de l’IGC, or – et elle l’ignorait –, il était son ennemi.

Bien sûr, il n’était pas le seul, ni probablement le plus acharné (Maleg n’avait pas besoin de s’acharner), mais il était celui qu’elle cherchait, ou qu’elle aurait dû chercher si elle avait eu un tant soit peu de jugeote, ou qu’elle chercherait, d’ici peu, quand de fil en aiguille un concours de circonstances lui offrirait son nom. »

Extrait de : Ayerdhal. « Le mystère Lyphine – Le chant du Drille. »

Le syndrome des baleines par Ayerdhal

Fiche de Le syndrome des baleines

Titre : Le syndrome des baleines (Tome 1 sur 2 – Le chant du Drille)
Auteur : Ayerdhal
Date de parution : 1992
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le syndrome des baleines

« D’abord, le ciel est magenta, uniformément, avec pour tout décor la piécette pourpre de la naine aurorale quand, pour quelques heures, elle règne, seule et timorée, sur le monde. Depuis qu’elle s’est levée, aux pieds des arbres et des roches se devinent des flaques d’ombre d’ombres, plus éthérées encore que celles des lunes qui déchirent la nuit. Tout paraît sépia ou, comme l’eau, d’un violet très sombre, et l’œil doit s’adapter avant de distinguer les bistres, les ocre-rouille, les brique et toutes les confusions brunâtres aux dominantes de chaque couleur primitive. L’air est vibrant d’émois pépiés, d’appétits gazouillants, de bourdonnements et de caquètements affairés, d’un million de sons qui se fondent ou se heurtent dans un chœur allègre et léger.
C’est l’instant quotidien du Chant du Drille.
L’atmosphère est à la balade, le regard pèlerin, et soudain l’on s’arrête, le cœur se ralentit sensiblement, l’esprit ne demande qu’à s’asseoir sur cette souche moussue et l’on prend enfin conscience d’une mélodie cristalline et syncopée. C’est un soprano limpide qui s’envole au-delà des tympans humains et les silences de ces ultrasons brisent le Chant d’une arythmie dont le cerveau s’abreuve jusqu’à l’ivresse. Une deuxième voix s’insinue dans les aigus, sur un autre thème, selon une autre mesure, comme s’il n’existait aucune relation musicale entre les deux ménestrels. D’autres timbres jaillissent, d’autres harmoniques viennent se confondre et donnent à l’air la consistance des songes. Un compositeur, soit-il de génie, s’en arracherait l’imaginaire ! Le Chant du Drille est un délire d’individualités sonores dont chaque mélodie est délicieuse et entière, et dont le tout est le plus cohérent des univers musicaux. »

Extrait de : Ayerdhal. « Le syndrome des baleines – Le chant du Drille. »

Ely, l’esprit-miroir par Ayerdhal

Fiche de Ely, l’esprit-miroir

Titre : Ely, l’esprit-miroir (Tome 4 sur 4 – La bohême et l’ivraie)
Auteur : Ayerdhal
Date de parution : 1990
Editeur : Fleuve noir

Première page de Ely, l’esprit-miroir

« Cette fois, Ylvain jouait seul ; c’était sa décision, sa colère et sa partie, il avait préparé son action froidement et il l’accomplissait froidement. Pour commencer, il avait écarté ses amis et les avait placés sous la protection d’Ely. Personne sur Terre ne savait où ils étaient, personne ne pouvait les localiser, parce qu’il avait contraint sous faisceaux une équipe d’informaticiens à shunter tout ce qui concernait leur situation dans l’Ordinateur Central.

Ylvain s’était promené une semaine entière sans cesser de projeter des hallucinations ; en une semaine, il avait fait disparaître tous ses proches, un véritable hôpital mobile, deux navettes spatiales, plusieurs agraves et de quoi défendre une forteresse. Il avait agi seul, ne confiant à Ely que le rôle de cerbère. Ely avait protesté, puis râlé, puis elle s’était rendue à la raison d’Ylvain. Elle avait de toute façon fort à faire avec leurs blessés et, même si Lovak officiait comme infirmier et Jed comme assistant technique, elle ne manquait pas d’occupations. Son tour viendrait… »

Extrait de : Ayerdhal. « Ely l’Esprit-Miroir – La bohême et l’ivraie. »

La Naïa, hors limites par Ayerdhal

Fiche de La Naïa, hors limites

Titre : La Naïa, hors limites (Tome 3 sur 4 – La bohême et l’ivraie)
Auteur : Ayerdhal
Date de parution : 1990
Editeur : Fleuve noir

Première page de La Naïa, hors limites

« Dix-huit jours qu’ils étaient là, dix-huit jours, et la situation était devenue incontournable… Non : elle avait toujours été incontournable, c’était lui qui s’était réfugié dans l’espoir d’une issue facile et sereine. Mais cette fois, même lui était à bout de confiance. Il n’existait qu’une solution, qu’un choix et, de bien des façons, c’était la guerre… ouverte. Pourquoi avait-il autant de mal à l’admettre ? Il avait toujours su que cela finirait ainsi, ou commencerait… Et Made avait toujours eu raison, et tout le monde le savait, et il allait la laisser faire… « Enfin ! dirait-elle.

Une dernière fois, pour se laisser une chance de ne pas plonger tout de suite, Ylvain ressassa les événements de ces dernières semaines.

*

Il y avait eu l’atterrissage et, déjà, cela s’annonçait mal : on avait parqué leur astronef dans un recoin de l’astroport, entre de petits appareils militaires, près de la caserne.

— C’est pas bon ! avait commenté Djian Dju Yoon.

Djian savait de quoi il parlait : avant de travailler en indépendant, il avait servi comme astropilote dans la garde homéocrate. »

Extrait de : Ayerdhal. « la Naïa, hors limites – La bohême et l’ivraie. »

Made, concerto pour Salmen et Bohême par Ayerdhal

Fiche de Made, concerto pour Salmen et Bohême

Titre : Made, concerto pour Salmen et Bohême (Tome 2 sur 4 – La bohême et l’ivraie)
Auteur : Ayerdhal
Date de parution : 1990
Editeur : Fleuve noir

Première page de Made, concerto pour Salmen et Bohême

« Neuf jours qu’ils étaient revenus sur Chimë ! Neuf jours, et le Conseil ne se réunissait que maintenant ! Elle avait déjà attendu trois jours avant qu’Ennieh la reçût, en coup de vent et en dilettante : une demi-heure à l’écouter d’une oreille distraite, à l’interrompre tous les vingt mots et à répéter : « Nous verrons cela au Conseil. » Et là, dans la salle des maes, elle était obligée d’attendre encore son tour, contrainte de subir la bêtise bêlante des conseillers, la stupidité de Lagedt et la sénilité d’Anadar, et encore la bêtise d’un maes ou d’un autre. Dix fois qu’elle demandait la parole, dix fois qu’Ennieh ignorait le signal du tableau d’interventions pour la donner à d’autres. Elle ne comprenait pas, elle ne comprenait plus ; que s’était-il produit, que s’était-il abattu sur Chimë pour que l’Institut s’enlisât tout à coup dans cette torpeur bureaucrate et inepte ? Qu’était-il arrivé à Ennieh ? Se pouvait-il qu’Ylvain, par sa seule démonstration, chamboulât à ce point l’école et des siècles de bon fonctionnement ? »

Extrait de : Ayerdhal. « Made, concerto pour Salmen et Bohème – La bohême et l’ivraie. »

Ylvain, rêve de vie par Ayerdhal

Fiche de Ylvain, rêve de vie

Titre : Ylvain, rêve de vie (Tome 1 sur 4 – La bohême et l’ivraie)
Auteur : Ayerdhal
Date de parution : 1990
Editeur : Fleuve noir

Première page de Ylvain, rêve de vie

« La pierre était fraîche sous la soie du saroual, délicieusement fraîche. Elle se jouait de la tiédeur de son corps et de la brûlure du soleil, comme si elle refusait d’afficher une température qui ne fût pas la sienne ; été comme hiver, elle maintenait ses dix-huit degrés ; les ondes de chaleur stagnaient à quelques centimètres de sa rugosité, la glace n’y avait aucune prise. La pierre de Myve traversait les siècles de sa seule obstination à n’être qu’elle ; il fallait la conserver des semaines entières au zéro kelvin ou des heures au cœur d’une étoile pour que, d’une seule déflagration, elle volât en atomes. La pierre de Myve était vivante ; on pouvait la sculpter, la façonner, la tailler, la recouvrir, la broyer, on pouvait la tuer, mais jamais courber son isothermie.

Assis sur une dalle de Myve, adossé contre un mur de Myve, face aux feux d’un après-midi torride, le jeune homme goûtait l’indépendance de ses rêves, des rêves de Myve. L’idée d’être aussi inflexible que la pierre lui procurait la satisfaction d’attendre là, sans regards impatients vers cette porte qui ne coulissait pas. Il attendait, l’esprit au repos, seulement conscient d’être le dernier à attendre. »

Extrait de : Ayerdhal. « Ylvain, rêve de vie – La bohême et l’ivraie. »

Zéro cool par Michael Crichton

Fiche de Zéro cool

Titre : Zéro cool
Auteur : Michael Crichton
Date de parution : 1969
Traduction : I.D. Philippe
Editeur : Robert Laffont

Première page de Zéro cool

« — Tu es bien installé, papy ?
Tressaillant à ce nom, Peter Ross se cala dans son fauteuil pour fixer son petit-fils Todd, onze ans, qui pressait une petite caméra vidéo contre son visage.
— Je suis très bien, Todd.
Peter Ross s’éclaircit la voix. Ils séjournaient dans sa résidence d’été au cap Cod. Toute la famille était là pour le week-end, son fils James, sa fille Emily et leurs enfants. Dont son petit-fils aîné.
— Ceci est un entretien vidéo avec mon grand-père, le Dr Peter Ross, directeur du service de radiologie au Memorial Hospital de Boston. Tu es prêt ?
— Oui, Todd. Tu peux y aller quand tu veux.
Dehors, il entendait les rires des enfants qui dévalaient la pelouse menant à la plage. Il aurait préféré être avec eux, plutôt que se livrer à cet exercice. Mais c’était le projet scolaire de Todd, et il avait promis de l’aider des semaines auparavant.
— J’aimerais t’interroger, commença Todd, sur tes débuts en médecine.
— Ça n’a pas grand intérêt, répondit Peter Ross. J’ai suivi le cursus assez ordinaire d’un jeune radiologue des années soixante. »

Extrait de : M. Crichton. « Zéro cool. »

Voyages par Michael Crichton

Fiche de Voyages

Titre : Voyages
Auteur : Michael Crichton
Date de parution : 1988
Traduction : P.E Dauzat
Editeur : Pocket

Première page de Voyages

« Il n’est pas facile de découper la tête d’un homme à la scie à métaux. La lame ne cessait de faire des accrocs à la peau et de déraper sur l’os lisse du front. Si je faisais une erreur, je glissais d’un côté ou de l’autre, et il m’aurait été impossible de voir avec précision le centre du nez, de la bouche, du menton et de la gorge. Il y fallait une formidable concentration. Je devais être très attentif et, en même temps, ne pas trop penser à ce que j’étais en train de faire, parce que c’était trop horrible.
Quatre étudiants se partageaient ce cadavre depuis des mois, mais c’est sur moi que c’est tombé. C’est moi qui ai dû ouvrir la tête de la vieille femme. Je demandai aux autres de quitter la pièce pendant que je m’affairais. Ils ne pouvaient pas regarder sans faire de plaisanteries, sans troubler ma concentration.
Les os du nez étaient particulièrement délicats. Il me fallait procéder avec soin, découper sans émietter ses os qui avaient la finesse d’un tissu. »

Extrait de : M. Crichton. « Voyages. »

Un train d’or pour la Crimée par Michael Crichton

Fiche de Un train d’or pour la Crimée

Titre : Un train d’or pour la Crimée
Auteur : Michael Crichton
Date de parution : 1975
Traduction : M.L Ponty-Audibert
Editeur : Pocket

Première page de Un train d’or pour la Crimée

« A quarante minutes de Londres, après avoir traversé les champs verts et les cerisaies du Kent, le train du matin de la Compagnie du chemin de fer du Sud-Est atteignit sa vitesse maximale de quarante milles à l’heure. On pouvait voir le mécanicien en uniforme rouge, debout à l’extérieur, sans cabine ni pare-brise, tandis qu’à ses pieds le chauffeur accroupi jetait des pelletées de charbon dans la fournaise rougeoyante de la locomotive bleu vif. Derrière la locomotive haletante et le tender, venaient trois voitures jaunes de première classe, suivies de sept voitures vertes de seconde classe, et, tout au bout, un fourgon gris à bagages, sans fenêtres.

Alors que le train descendait avec fracas vers la côte, la porte du fourgon à bagages s’ouvrit brusquement, laissant voir à l’intérieur un combat désespéré. Les forces étaient très inégales : un jeune homme mince, dépenaillé, se battait contre un gaillard en uniforme bleu, gardien du chemin de fer. Bien que plus faible, le jeune homme ne se défendait pas mal, et il assena à son adversaire un ou deux coups bien placés. »

Extrait de : M. Crichton. « Un train d’or pour la Crimée. »

Turbulences par Michael Crichton

Fiche de Turbulences

Titre : Turbulences
Auteur : Michael Crichton
Date de parution : 1996
Traduction : G. Méssadié
Editeur : Pocket

Première page de Turbulences

« Emily Jansen poussa un soupir de soulagement. Le long vol approchait de son terme. Le soleil du matin filtrait par les hublots de l’avion. Assise dans son giron, la petite Sarah cligna des yeux dans cette lumière inhabituelle tandis qu’elle aspirait bruyamment le reste de son biberon, qu’elle repoussa ensuite de ses petits poings. « C’était bon, hein ? dit Emily. Bon… on se lève maintenant… »

Elle souleva le bébé, l’appuya à son épaule et commença à lui tapoter le dos. Sarah émit un rot et son corps se détendit.

Dans le siège voisin, Tim Jansen bâilla et se frotta les yeux. Il avait dormi toute la nuit, depuis Hong Kong. Emily ne dormait jamais en avion ; elle était trop nerveuse. »

Extrait de : M. Crichton. « Turbulences. »