Catégorie : Livres
Les héritiers d’Antinéa par Dan Dastier

Fiche de Les héritiers d’Antinéa
Titre : Les héritiers d’Antinéa
Auteur : Dan Dastier
Date de parution : 1982
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les héritiers d’Antinéa
« Au sommet de la tour de contrôle du spatiodrome de Los Angeles, Samuel Norman prit, à 8 heures GMT, le relais de son collègue de la veille de nuit devant les écrans de surveillance du secteur Californie, et prit note des consignes habituelles avant de faire pivoter son fauteuil, qui s’éleva lentement à la hauteur des appareils de contrôle, à trois mètres de la grande dalle de fibroplex qui formait le sol du local entièrement vitré. Au-delà des parois polarisées de la tour, Samuel Norman englobait d’un seul coup d’œil l’immense aire d’atterrissage du spatiodrome, noyé dans une légère brume matinale. Dans la zone de fret, deux grandes nefs étincelantes venaient d’être couplées aux faisceaux de chargement. Samuel consulta l’écran des prévisions de départ. Ces deux appareils en cours de chargement ne mobiliseraient pas son attention avant plusieurs heures. Il s’intéressa à un petit astrojet en provenance de Mars, dont l’écho apparaissait sur l’écran d’altimétrie, et fit pivoter la pastille émettrice reliée à son casque pour l’amener devant sa bouche :
— Tango-November 3, en approche sur vecteur 2-5-7, attaqua-t-il. Vous pouvez brancher vos répondeurs. Je vous prends en charge dans douze minutes. Trajectoire correcte… Over ? »
Extrait de : D. Dastier. « Les heritiers d’Antinea. »
Les dieux maudits d’Alphéa par Dan Dastier

Fiche de Les dieux maudits d’Alphéa
Titre : Les dieux maudits d’Alphéa
Auteur : Dan Dastier
Date de parution : 1981
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les dieux maudits d’Alphéa
« Kaloun caressait distraitement le corps d’une fille dont il avait oublié jusqu’au nom. Elle se laissait faire, l’œil dans le vague, sans paraître prendre un plaisir excessif à ces caresses. Kaloun essayait de se souvenir dans quel Cercle il l’avait rencontrée, comme si cela pouvait avoir une importance. Il aurait pu évidemment le lui demander, mais il n’était même pas certain qu’elle se souvenait elle-même. Ils avaient dû, l’un et l’autre, forcer pas mal sur les doses de simul, la veille…
Il se coucha sur elle, et tendit le bras pour appuyer sur le contact de démarrage du stimulateur portable, posé près d’eux. La fille soupira et se mit à lui caresser le dos, le griffant légèrement de la pointe de ses ongles. Des sonorités bizarres traversèrent la pièce, entraînant une fluctuation irrégulière des spots photoniques braqués sur eux. Kaloun ne bougeait pas. Il surveillait attentivement les sensations qui naissaient en lui. Il fallait attendre encore. Il se déroba quand la fille tenta de s’emparer de lui, et elle laissa fuser un rire incertain, nerveux. Elle devait être beaucoup plus sensible que lui aux impulsions sonores et lumineuses du stimulateur. »
Extrait de : D. Dastier. « Les dieux maudits d’Alphea. »
Les androïdes meurent aussi par Dan Dastier

Fiche de Les androïdes meurent aussi
Titre : Les androïdes meurent aussi
Auteur : Dan Dastier
Date de parution : 1979
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les androïdes meurent aussi
« Quelque chose vient de changer dans notre environnement immédiat. Je n’arrive pas à déterminer quoi. En fait, je ne réussis pas à coordonner réellement mes pensées, et cela dure depuis… des semaines. Des mois, peut-être. Impossible de savoir depuis combien de temps nous sommes enfermés dans ce local qui doit mesurer une dizaine de mètres de long sur autant de large. Nous sommes une douzaine, sans doute, allongés sur les couchettes réparties dans ce local, qui baigne constamment dans une luminosité rosâtre, mais je ne puis que regarder la jeune femme qui se trouve sur la couchette située immédiatement à ma gauche. Elle me regarde, elle aussi. Ce contact visuel est la seule chose qui nous rattache à la vie. Je veux dire à l’autre vie… Celle qui était la nôtre avant que les gardes en uniforme noir de la Psi-Pol ne nous enferment dans cette pièce, qui doit se trouver quelque part au cœur de la nef énorme que nous avons eu le temps de voir en embarquant, sous la clarté crue des projecteurs photoniques de la base du Commandement Central. »
Extrait de : D. Dastier. « Les androides meurent aussi. »
Les déracinés d’Humania par Dan Dastier
Fiche de Les déracinés d’Humania
Titre : Les déracinés d’Humania
Auteur : Dan Dastier
Date de parution : 1972
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les déracinés d’Humania
« Mon doigt n’a pas tremblé quand j’ai pressé le contact sur le pupitre de commande de l’ascenseur. Je sais pourtant que ce simple geste me coupe peut-être définitivement de tout ce qui a été ma vie sur Humania.
La bulle presque immatérielle frémit à peine, et la paroi luminescente se met à défiler à une vitesse vertigineuse, sans que j’aie ressenti les effets de l’accélération. Je suis aspiré vers la surface de la planète dans le silence le plus complet, et quelques secondes suffiront pour que l’élévateur anti-gravité me dépose aux portes du spatiodrome. Je devrais dire aux portes de l’Aventure…
Les Humiens ont perdu depuis longtemps l’habitude d’analyser leurs sentiments, mais je n’ai jamais été un Humien comme les autres, et j’ai conservé cette faculté qui me permet de regarder parfois au fond de moi-même. Pourtant, au moment de quitter la planète, je n’éprouve rien d’autre qu’une sorte d’exaltation qui est l’aboutissement de la lutte que j’ai menée pour faire triompher mes idées sur l’origine de notre race. »
Extrait de : D. Dastier. « Les deracines d’Humania. »
Le talef d’Alkoria par Dan Dastier

Fiche de Le talef d’Alkoria
Titre : Le talef d’Alkoria
Auteur : Dan Dastier
Date de parution : 1979
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le talef d’Alkoria
« Depuis la plateforme de commandement dominant tout le poste de pilotage du
Cygnus-X-I, Chris Holden laissa son regard errer sur les écrans qui donnaient habituellement une image extraordinairement nette de l’espace environnant la nef. Pour l’heure, tous les vidéoscopes du vaisseau étaient d’un noir d’encre parcouru, parfois, par de brèves fulgurations violettes qui blessaient le regard.
Il n’y avait rien à l’extérieur de la nef. Rien en tout cas que le cerveau humain puisse définir avec une précision rigoureuse. Chris Holden se souvenait de sa première plongée hyperspatiale, bien des années auparavant, alors qu’il n’était encore qu’élève officier. Il avait supporté sans broncher les malaises sans danger qui présidaient à toute plongée ou à toute émergence hyperspatiale, mais l’idée de ce vide insondable dans lequel s’enfonçait la nef avait toujours créé en lui une angoisse bizarre. Pourtant, des mondes prodigieux défilaient à des vitesses relatives impensables au sein du continuum sous-jacent. Mais ils restaient désespérément invisibles. Dans l’absolu, les nefs hyperspatiales laissaient loin derrière elles les vieilles notions périmées auxquelles les hommes s’étaient longtemps accrochés. Entre autres celle de la barrière infranchissable que représentait la vitesse luminique ! »
Extrait de : D. Dastier. « Le talef d’Alkoria. »
Le soleil des Arians par Dan Dastier

Fiche de Le soleil des Arians
Titre : Le soleil des Arians
Auteur : Dan Dastier
Date de parution : 1978
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le soleil des Arians
« Quand le Comté de Nice fut en vue des remparts de la citadelle de Calvi, Manuel Bartoli éprouva ce petit pincement au cœur qu’il connaissait bien. C’était ainsi chaque fois qu’il revenait au pays. Il prenait toujours le bateau quand il retournait vers sa Corse natale. C’était plus pratique, à cause de la voiture, mais cela lui permettait surtout une approche progressive de l’île de Beauté. Il pouvait ainsi revenir vers elle comme on revient vers une femme aimée, lentement, pour pouvoir savourer l’instant des retrouvailles. L’arrivée en avion ne pouvait pas procurer ce plaisir rare qu’il ressentait maintenant, appuyé à la rambarde du grand bateau blanc qui pénétrait majestueusement dans le golfe aux eaux d’un bleu presque irréel dans le matin ensoleillé. Une brume légère s’accrochait au flanc des pentes couvertes de maquis qui dominaient la ville. On était au début de juin, et le soleil n’avait pas encore brûlé la végétation. Le meilleur moment pour un retour aux sources, avant le vrai départ de la saison touristique… »
Extrait de : D. Dastier. « Le soleil des Arians. »
Le sixième symbiote par Dan Dastier

Fiche de Le sixième symbiote
Titre : Le sixième symbiote
Auteur : Dan Dastier
Date de parution : 1987
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le sixième symbiote
« Shadoun Kazan ouvrit les yeux et découvrit en premier plan la poitrine nue d’une fille. Il bougea sur la couche de spaltex, de façon à prendre un peu de recul. Elle était plutôt jolie, avec un teint mat et des cheveux très noirs, mi-longs. Shadoun sourit dans le vide. Il se sentait parfaitement incapable de mettre un nom sur ce visage ! Il avait dû la ramener de cette soirée où la bande avait expérimenté les nouveaux cocktails qu’on trouvait depuis quelque temps dans tous les distribs de Jeerioo. En tout cas, il était chez lui. La plupart des modules d’habitation de Jeerioo se ressemblaient comme deux gouttes d’eau, mais son regard accrochait des objets personnels, au-delà des vêtements éparpillés dans la pièce. Ça avait dû être une sacrée partie, elle et lui, mais ses souvenirs de la nuit étaient vagues. Il avait toujours un peu de mal à rassembler ses idées, au réveil, mais là, il battait les records toutes catégories ! En tout cas, il était certain que la fille avait crié, à un moment donné. Il s’en souvenait parce qu’il n’aimait pas… Enfin, pas comme elle avait crié. Cela lui rappelait trop les clips de série H, très en vogue ces derniers temps. Ces vidéos violentes et souvent à la limite du sordide lui laissaient toujours une impression étrange. »
Extrait de : D. Dastier. « Le sixieme symbiote. »
Le secret d’Irgoun par Dan Dastier

Fiche de Le secret d’Irgoun
Titre : Le secret d’Irgoun
Auteur : Dan Dastier
Date de parution : 1982
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le secret d’Irgoun
« Le soleil rouge d’Alkantéa venait de surgir dans le ciel de plomb fondu quand les trois hommes abandonnèrent leur translateur près d’un énorme rocher noir, dressé comme un défi dans l’immensité désolée qui les entourait maintenant. Après la verdure des abords de la grande cité blanche, dont on apercevait à peine les tours élancées dans le lointain, l’aridité brûlante du désert avait quelque chose de déconcertant. On s’éloignait rarement des zones aménagées, sur Alkantéa. D’abord parce que cela présentait toujours un certain nombre de risques, que la plupart des habitants jugeaient depuis longtemps inutiles, et ensuite parce que cela ne servait à rien. Il y avait tout ce qu’il fallait pour vivre confortablement dans les cités, et seuls quelques aventuriers irréductibles se hasardaient encore en dehors des Secteurs aménagés. Il fallait être un peu fou pour oser affronter les déserts ! »
Extrait de : D. Dastier. « Le secret d’Irgoun. »
Le règne d’Astakla par Dan Dastier
Fiche de Le règne d’Astakla
Titre : Le règne d’Astakla
Auteur : Dan Dastier
Date de parution : 1981
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le règne d’Astakla
« À la sortie de Saint-Sauveur, Christian Bareuil hésita pendant une ou deux secondes puis vira à gauche, engageant sa BMW sur la petite route de Saint-Martin. Il ralluma ses phares de route et accéléra légèrement pour attaquer une côte en lacet. En général, il ne prenait jamais cette route pour regagner sa propriété. Surtout la nuit. Mais ce soir, il n’avait pas envie de prendre l’autre, celle qui suivait le cours sinueux des gorges de l’Eyrieux.
Il haussa les épaules, en négociant la série de virages qui précédait une courte ligne droite. Sa réaction était idiote. Surtout plusieurs mois après le drame qui avait bouleversé sa vie. Pourquoi justement ce soir ? Il ne savait pas très bien. Brusquement, l’idée de longer le torrent pendant plusieurs kilomètres avait déclenché en lui un sentiment de haine violente. Oui, il haïssait encore le torrent qui lui avait pris Florence. Une haine viscérale qu’il lui arrivait de ne pas pouvoir dominer. Il se demandait parfois pourquoi il ne vendait pas la maison, pour partir. N’importe où, au bout du monde. Un rire amer lui secoua les épaules. Partir n’avait pas de sens. Partout où il pourrait aller, le souvenir de Florence continuerait à hanter ses nuits… »
Extrait de : D. Dastier. « Le regne d’Astakla. »
Le feu de Klo-Ora par Dan Dastier

Fiche de Le feu de Klo-Ora
Titre : Le feu de Klo-Ora
Auteur : Dan Dastier
Date de parution : 1976
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le feu de Klo-Ora
« Marcus Olsen abaissa une série de leviers sur le vaste tableau de bord qui lui faisait face, déclenchant l’allumage des voyants lumineux correspondants. Quelque part dans les fonds de l’astronef naquit une sourde vibration qui amena une grimace dubitative sur les lèvres du second pilote, installé à sa droite.
— Ça recommence, Marcus, dit-il sans quitter des yeux l’image de la planète qui grossissait rapidement sur l’écran de contrôle. Tu sais qu’un jour ou l’autre cette vieille carcasse pourrie finira par rendre lame, et alors…
— Je sais, coupa un peu sèchement Marcus.
Il se tourna franchement vers son second et esquissa un sourire qu’on pouvait interpréter de cent façons différentes.
— Je sais également quel prix coûte un astronef neuf, Frany… Il va bien falloir que cette vieille carcasse, comme tu dis, tienne encore le coup pendant deux voyages comme celui que nous venons d’effectuer…
Il désigna l’écran. »
Extrait de : D. Dastier. « Le feu de Klo-Ora. »