Catégorie : Livres

 

Wonder Woman Warbringer par Leigh Bardugo

Fiche de Wonder Woman Warbringer

Titre : Wonder Woman Warbringer
Auteur : Leigh Bardugo
Date de parution : 2017
Traduction :
Editeur : Bayard

Première page de Wonder Woman Warbringer

« Quand on concourt, c’est pour gagner.

Diana sautillait derrière la ligne de départ, les muscles des mollets comme deux arcs bandés, en ressassant ces quelques mots que lui avait soufflés sa mère. Les Jeux némésiens devaient commencer d’une minute à l’autre et, dans les gradins, la foule trépignait d’impatience. Elle attendait les combats de lutte, le lancer de javelot, mais surtout la course au drapeau. D’autant qu’on murmurait que la princesse elle-même serait de la compétition.

Quand la reine Hippolyta avait repéré sa fille parmi les athlètes qui se bousculaient dans l’arène, elle était restée de marbre. Elle était descendue de sa tribune pour souhaiter bonne chance aux candidates et leur prodiguer des encouragements, comme l’exigeait la tradition. Quand elle s’était trouvée face à Diana, elle ne lui avait pas témoigné d’attention particulière, se contentant de lui adresser un petit signe du menton. C’est à ce moment-là qu’elle s’était penchée pour lui chuchoter à l’oreille : « Quand on concourt, c’est pour gagner. » »

Extrait de : L. Bardugo. « Wonder Woman Warbringer. »

Le familier par Leigh Bardugo

Fiche de Le familier

Titre : Le familier
Auteur : Leigh Bardugo
Date de parution : 2024
Traduction : R. Pache
Editeur : Editions Sabran

Première page de Le familier

« Si le pain n’avait pas brûlé, cette histoire aurait été bien différente. Si le fils de la cuisinière n’était pas rentré tard la veille au soir, si la cuisinière n’avait pas appris qu’il traînait avec cette dramaturge, si elle n’était pas restée éveillée à s’inquiéter pour l’âme immortelle de son fils et à pleurer sur le sort futur de ses éventuels petits-enfants, si elle n’avait pas été aussi fatiguée et distraite, le pain n’aurait pas brûlé et les calamités qui s’ensuivirent auraient pu être le lot d’une autre maison que la Casa Ordoño, sise dans une autre rue que la Calle de Dos Santos.
Si, ce matin-là, Don Marius s’était penché pour déposer un baiser sur la joue de sa femme avant de s’en aller vaquer à ses occupations du jour, cette histoire aurait été plus heureuse. S’il l’avait appelée « ma chérie, ma colombe, ma beauté », s’il avait remarqué le lapis bleu à ses oreilles ou les fleurs qu’elle avait disposées dans le couloir, si Don Marius n’avait pas négligé sa femme pour se rendre aux écuries d’Hernán Saravia afin de se repaître du spectacle de chevaux qu’il ne pourrait jamais se payer,  »

Extrait de : L. Bardugo. « Le Familier.  »

Le chant des ronces par Leigh Bardugo

Fiche de Le chant des ronces

Titre : Le chant des ronces
Auteur : Leigh Bardugo
Date de parution : 2017
Traduction : A. Riveline
Editeur : Editions Milan

Sommaire de Le chant des ronces :

  • Ayama et le bois aux épines
  • Le renard trop rusé
  • La sorcière de Duva
  • Petite lame
  • Le prince soldat
  • Quand l’eau chantait le feu

Première page de Ayama et le bois aux épines

« L’ANNÉE OÙ L’ÉTÉ S’ÉTERNISA, la chaleur pesait sur les prairies, aussi lourde qu’un cadavre. Les herbes hautes partaient en cendres sous le soleil impitoyable, les animaux tombaient les uns après les autres dans les champs desséchés. Cette année-là, seules les mouches furent heureuses. La reine de la vallée de l’ouest connut, quant à elle, de sérieux ennuis.

Nous savons tous comment la reine devint reine. Nous savons comment, malgré ses haillons et son humble naissance, sa beauté attira l’attention du jeune prince qui la fit venir au palais, où elle fut vêtue d’or et ses cheveux parés de bijoux. Tous durent s’incliner devant cette jeune fille qui n’était qu’une simple domestique quelques jours plus tôt.

C’était avant que le prince soit couronné, lorsqu’il était encore sauvage et intrépide et qu’il chassait tous les après-midi sur le cheval rouge qu’il avait dompté lui-même. Cela lui avait fait plaisir de contrarier son père en choisissant une fille du peuple plutôt que d’assurer une alliance politique au royaume. »

Extrait de : L. Bardugo. « Le chant des ronces. »

La cité corrompue par Leigh Bardugo

Fiche de La cité corrompue

Titre : La cité corrompue (tome 2 sur 2 – Six of Crows – Univers Grisha)
Auteur : Leigh Bardugo
Date de parution : 2016
Traduction : A. Riveline
Editeur : Editions Milan

Première page de La cité corrompue

« Penché sur le bar, Retvenko plongeait son nez dans son verre sale. Son whisky n’avait pas réussi à le réchauffer. Rien, dans cette ville maudite, n’y parvenait. Et on ne pouvait pas échapper à l’odeur, cette puanteur d’eau de cale, de palourdes et de pierres mouillées qui semblait s’être imprégnée dans tous les pores de sa peau. Il avait l’impression d’infuser dans l’essence putride de la cité comme dans la plus infecte des tasses de thé.

La misère se remarquait surtout dans le Barrel et particulièrement dans ce trou à rats sordide : une taverne minable, au rez-de-chaussée d’un immeuble à peine salubre du quartier le plus mal famé de Ketterdam. Construit avec des matériaux de mauvaise qualité, le plafond ployait sous l’effet de l’humidité. Une couche de suie noircissait les poutres, et pourtant la cheminée ne fonctionnait plus depuis bien longtemps, son conduit entièrement bouché par des débris. »

Extrait de : L. Bardugo. « La cité corrompue – Univers Grisha. »

Six of Crows par Leigh Bardugo

Fiche de Six of Crows

Titre : Six of Crows (tome 1 sur 2 – Six of Crows – Univers Grisha)
Auteur : Leigh Bardugo
Date de parution : 2015
Traduction : A. Riveline
Editeur : Editions Milan

Première page de Six of Crows

« Joost avait deux problèmes : la lune et sa moustache.
Il aurait déjà dû être en train de faire ses rondes dans la maison de Hoede, mais il venait de passer les quinze dernières minutes à tourner autour du mur sud-est des jardins, cherchant en vain quelque chose de romantique et d’intelligent à dire à Anya.
Si seulement elle avait les yeux bleus comme la mer ou vert émeraude. Mais non, ils étaient marron, adorables, rêveurs… marron chocolat fondu ? Marron pelage de lapin ?
— Dis-lui juste que sa peau est pareille à la lune, lui avait conseillé son ami Pieter. Les filles adorent ça.
La solution parfaite, mais le temps sur Ketterdam ne jouait pas en sa faveur. Aucune brise n’avait soufflé depuis le port ce jour-là, et un brouillard gris laiteux enveloppait d’humidité les canaux de la ville et les allées sinueuses. Même ici, entre les manoirs de Geldstraat, l’air était chargé de l’odeur du poisson et de l’eau de cale. La fumée des raffineries dans les îles alentour recouvrait le ciel nocturne d’une brume saumâtre. La pleine lune ressemblait moins à un bijou qu’à une cloque prête à être percée. »

Extrait de : L. Bardugo. « Six of Crows – Univers Grisha. »

Le règne des loups par Leigh Bardugo

Fiche de Le règne des loups

Titre : Le règne des loups (tome 2 sur 2 – King of Scars – Univers Grisha)
Auteur : Leigh Bardugo
Date de parution : 2021
Traduction : A. Riveline
Editeur : Editions Milan

Première page de Le règne des loups

« Makhi Kir-Taban, Née des Cieux, était issue d’une longue lignée de reines.

Toutes des imbéciles, songea-t-elle, son pouls s’accélérant alors qu’elle relisait l’invitation. Si elles avaient eu un peu plus de jugeote, je n’en serais pas là à présent.

Son visage ne trahissait aucune colère. Le sang ne montait pas à ses joues lisses et délicates. Elle était reine et se comportait comme telle : digne, le dos droit. Ses doigts ne tremblaient pas, même si tout son corps brûlait de réduire cette missive en cendres.

Le roi Nikolai Lantsov, grand-duc d’Udova, et la princesse Ehri Kir-Taban, Fille des Cieux, la plus céleste de la lignée des Taban, invitent la reine Makhi Kir-Taban à célébrer la formidable union qui se tiendra dans la chapelle royale d’Os Alta. »

Extrait de : L. Bardugo. « Le règne des loups – Univers Grisha. »

King of Scars par Leigh Bardugo

Fiche de King of Scars

Titre : King of Scars (tome 1 sur 2 – King of Scars – Univers Grisha)
Auteur : Leigh Bardugo
Date de parution : 2019
Traduction : A. Riveline
Editeur : Editions Milan

Première page de King of Scars

« Dima entendit avant tout le monde les portes de l’étable se refermer bruyamment. Dans la maison, la cuisine bouillonnait telle une casserole sur un poêle. Avec ses fenêtres barricadées pour résister à la tempête, l’air y était chaud et humide. Les murs tremblaient du chahut causé par la discussion animée de ses frères, tandis que sa mère fredonnait une chanson que Dima ne connaissait pas, tout en battant la mesure avec le pied. Elle recousait la manche déchirée d’une des chemises de son père, son aiguille perçant le tissu à un rythme régulier, un écheveau de laine glissant entre ses doigts.

Dima était le dernier de six garçons, le bébé arrivé tard dans la vie de sa mère. Bien après que le médecin, qui passait dans leur village chaque été, lui avait annoncé qu’elle n’aurait plus d’enfant. Une bénédiction inattendue, aimait répéter maman en tenant son petit dans ses bras et en le cajolant, les autres déjà occupés à leurs tâches quotidiennes. Encore une bouche à nourrir, se moquait Pyotr, l’avant-dernier dans la fratrie. »

Extrait de : L. Bardugo. « King of Scars – Univers Grisha. »

L’oiseau de feu par Leigh Bardugo

Fiche de L’oiseau de feu

Titre : L’oiseau de feu (tome 3 sur 3 – Grisha – Univers Grisha)
Auteur : Leigh Bardugo
Date de parution : 2014
Traduction : A. Riveline
Editeur : Editions Milan

Première page de L’oiseau de feu

« Le monstre s’appelait Izumrud, le grand serpent. Certains disaient qu’il avait creusé le réseau de tunnels se trouvant sous Ravka. Insatiable, il dévorait la vase et le gravier, s’enfonçant toujours plus profondément dans la terre, à la recherche de ce qui pourrait satisfaire son appétit, jusqu’à ce que, parti trop loin, il se fût perdu dans le noir.

Ce n’était qu’une légende, mais dans la Cathédrale blanche, on faisait bien attention de ne pas s’éloigner dans les coursives sinueuses qui partaient des cavernes principales. On murmurait que des sons étranges vibraient dans les dédales obscurs, des grognements et des grondements inexpliqués ; des instants glacés de silence étaient brisés par des sifflements sourds qui pouvaient n’être rien du tout, ou bien être les mouvements complexes d’un long corps, à l’affût d’une proie dans une galerie toute proche. Il était alors facile de croire qu’Izumrud vivait toujours, attendant d’être réveillé par l’appel des héros, rêvant de son prochain repas quand un enfant sans défense aurait l’imprudence d’entrer dans sa gueule. Une créature pareille ne meurt pas, elle sommeille. »

Extrait de : L. Bardugo. « L’oiseau de feu – Univers Grisha. »

Le dragon de glace par Leigh Bardugo

Fiche de Le dragon de glace

Titre : Le dragon de glace (tome 2 sur 3 – Grisha – Univers Grisha)
Auteur : Leigh Bardugo
Date de parution : 2013
Traduction : A. Riveline
Editeur : Editions Milan

Première page de Le dragon de glace

« Le garçon et la fille avaient autrefois rêvé de navires, il y a fort longtemps, bien avant qu’ils aient jamais vu la Vraie-Mer. Les vaisseaux des histoires, ces bateaux magiques avec des mâts taillés dans du cèdre et des voiles cousues par de jolies demoiselles avec des fils d’or pur, qui avaient pour équipage des souris blanches qui chantaient des chansons et astiquaient le pont avec leurs queues roses.

Le Verrhader n’avait rien de magique. C’était un bateau de commerce kerch qui transportait des cargaisons de millet et de mélasse. Il empestait la crasse des matelots sales et les oignons crus censés prévenir le scorbut. L’équipage crachait, jurait et négociait les rations de rhum. Le pain qu’on distribuait au garçon et à la fille grouillait de charançons et on leur avait attribué une cabine pas plus grande qu’un placard, qu’ils devaient partager avec deux autres passagers et un baril de morue salée. »

Extrait de : L. Bardugo. « Le dragon de glace – Univers Grisha. »

Les orphelins du Royaume par Leigh Bardugo

Fiche de Les orphelins du Royaume

Titre : Les orphelins du Royaume (tome 1 sur 3 – Grisha – Univers Grisha)
Auteur : Leigh Bardugo
Date de parution : 2012
Traduction : N. Savic
Editeur : Castelmore

Première page de Les orphelins du Royaume

« Les serviteurs les appelaient les malenchki, les « petits fantômes », parce qu’ils étaient les plus petits et les plus jeunes, et parce qu’ils hantaient la demeure du duc en gloussant. Ils couraient partout, se cachaient dans les placards pour espionner les conversations et se faufilaient dans la cuisine pour voler les dernières pêches d’été.

Le garçon et la fille étaient arrivés à quelques semaines d’intervalle, deux orphelins de plus victimes de la guerre des confins, réfugiés au visage couvert de crasse retrouvés dans les ruines d’une ville lointaine et conduits chez le duc pour y apprendre à lire et à compter, mais aussi un métier. Le garçon était petit, trapu, timide, quoique toujours souriant. La fille était différente et le savait.

Recroquevillée dans le placard de la cuisine pour écouter les échanges entre grandes personnes, elle entendit Ana Kuya, la bonne du duc, dire :

— C’est une vilaine petite chose. Aucun enfant ne devrait être comme ça. Elle est pâle et amère comme un verre de lait qu’on a laissé tourner. »

Extrait de : L. Bardugo. « Les Orphelins du royaume – Univers Grisha. »