Catégorie : Livres

 

La métamorphose des Shaftes par Dan Dastier

Fiche de La métamorphose des Shaftes

Titre : La métamorphose des Shaftes
Auteur : Dan Dastier
Date de parution : 1981
Editeur : Fleuve noir

Première page de La métamorphose des Shaftes

« — Ce monde inconnu est très beau, constata Shan Loor en s’approchant du vidéoscope central.

Le grand vieillard à cheveux blancs qui se tenait debout près des consoles bleutées de l’ordinateur principal tourna la tête en direction du jeune homme, dont la combinaison métallisée brillait faiblement dans la pénombre reposante du poste de commandement.

— Il est très beau en effet, Shan, murmura-t-il d’une voix douce. Mais l’expérience nous a appris à nous méfier de la beauté, qui n’est parfois qu’une apparence
trompeuse.

Shan Loor fronça les sourcils, qu’il avait très blonds comme sa chevelure indisciplinée.

— Pourtant, Maître, tout semble respirer ici le calme d’un monde vierge, émit-il. Est-il vrai que nos enregistreurs n’ont décelé aucune trace de vie pensante ?

Le vieillard s’approcha en souriant :

— C’est vrai, Shan. Tu es impatient, n’est-ce pas ?

Shan Loor fit la moue. À peine sorti de l’adolescence, il gardait encore des expressions enfantines. »

Extrait de : D. Dastier. « La metamorphose des Shaftes. »

La louve de Thar-Gha par Dan Dastier

Fiche de La louve de Thar-Gha

Titre : La louve de Thar-Gha
Auteur : Dan Dastier
Date de parution : 1978
Editeur : Fleuve noir

Première page de La louve de Thar-Gha

« Et le grand soleil rouge dispersa les ombres de la nuit.

Il apparut d’un seul coup, au-delà de la brume qui s’étirait en longs rubans bleutés le long des pentes abruptes, s’attardait dans les vallées encaissées, comme si elle n’acceptait qu’à regret de se soumettre au dieu flamboyant qui la chassait.

Tenka ouvrit les yeux et cligna un moment des paupières dans la lumière revenue. Il lui fallut un certain temps pour renouer avec la réalité. C’était toujours ainsi quand elle avait dormi profondément sous l’effet narcotique du pschor.

Puis d’un seul coup, une intense exaltation déferla en elle, dissipant les derniers effets de « l’herbe à sommeil ». Elle s’assit à même l’espèce de poncho sur lequel elle avait passé la nuit, isolée du sol de la grotte – de l’anfractuosité de rocher, plutôt – par les vibrations magnétiques issues du petit générateur portable qui se trouvait près d’elle. »

Extrait de : D. Dastier. « La Louve de Thar-Gha. »

L’ère des Bionites par Dan Dastier

Fiche de L’ère des Bionites

Titre : L’ère des Bionites
Auteur : Dan Dastier
Date de parution : 1982
Editeur : Fleuve noir

Première page de L’ère des Bionites

« — C’est une fille, Pia ! annonça joyeusement le chirurgien en appliquant une tape vigoureuse sur les petites fesses de l’enfant qui venait tout juste de naître. Elle est magnifique !

Le bébé poussa son premier cri, et des larmes jaillirent des yeux de la jeune infirmière qui venait d’assister son patron au cours de l’accouchement. Pia Morrisson tendit les bras avec un sourire radieux, et le chirurgien lui remit le bébé qui hurlait maintenant à pleins poumons :

— Une minute seulement, Pia, décida-t-il. Je dois la confier aux assistantes.

Pia serra l’enfant contre elle. Ses yeux brillaient.

— Où est Mikaïl ? demanda-t-elle doucement.

Le chirurgien se débarrassait de son masque. Il tendit le bras vers la paroi vitrée de la salle d’accouchement. Un homme au visage un peu crispé se tenait de l’autre côté de la vitre. Il était vêtu d’une combinaison immaculée, identique à celles que portaient tous les membres du personnel chirurgical. »

Extrait de : D. Dastier. « L’ere des Bionites. »

L’enfant de Xéna par Dan Dastier

Fiche de L’enfant de Xéna

Titre : L’enfant de Xéna
Auteur : Dan Dastier
Date de parution : 1981
Editeur : Fleuve noir

Première page de L’enfant de Xéna

« — Pa, j’ai terminé mon translateur ! annonça Ram en pénétrant en trombe dans la cellule vidéo. Viens voir ! Il est formidable !

Ram Singh venait tout juste d’avoir cinq ans. Il était blond, avec un visage rond et joufflu, et ses yeux d’un bleu très doux rayonnaient de contentement quand il vint se percher sur la plateforme de réception. Distrait du spectacle qui se déroulait sur le grand écran bombé du terminal par l’intrusion de son fils dans la cellule, Mulk Singh esquissa un sourire amusé, en regardant du côté de la jolie femme brune allongée près de lui au milieu des champs de relaxation diffusés par les fentes latérales du local plongé dans une semi-obscurité. Taya lui sourit, puis regarda l’enfant qui paraissait soudain avoir oublié ce qu’il venait de dire, et qui se laissait maintenant flotter à quelques centimètres de la plateforme d’apesanteur, en souriant béatement.

— Ram, dit-elle d’une voix douce, je t’ai déjà dit cent fois de t’annoncer quand tu entres. »

Extrait de : D. Dastier. « L’enfant de Xena. »

Et les hommes voulurent mourir par Dan Dastier

Fiche de Et les hommes voulurent mourir

Titre : Et les hommes voulurent mourir
Auteur : Dan Dastier
Date de parution : 1979
Editeur : Fleuve noir

Première page de Et les hommes voulurent mourir

« Mikos Raphaelis sortit de la maison en ruine dans laquelle il avait passé la nuit, et s’étira longuement dans le jour naissant. Ce matin, le ciel lui paraissait moins rouge que les jours précédents, et les longues traînées grisâtres qui s’étiraient vers l’ouest, poussées par le vent qui devait sévir en permanence en altitude, moins menaçantes. Il haussa les épaules, avec une grimace dégoûtée. Cela ne signifiait rien. Les orages violents se déclenchaient en quelques minutes dans ces régions autrefois tempérées, et il était préférable dans ce cas de trouver au plus vite un abri.

— En tout cas, le ciel est moins rouge, décida Mikos, à voix haute.

Il parlait souvent ainsi. Une manie de solitaire. Comme si le son de sa propre voix pouvait concourir à limiter cette solitude, à en faire une chose acceptable, normale. »

Extrait de : D. Dastier. « Et les Hommes voulurent mourir. »

Dangereuse héroïne par Dan Dastier

Fiche de Dangereuse héroïne

Titre : Dangereuse héroïne
Auteur : Dan Dastier
Date de parution : 1971
Editeur : Fleuve noir

Première page de Dangereuse héroïne

« S’il était une ville au monde qu’Allan Saunders n’aimait pas, c’était bien Los Angeles ! Chaque fois qu’il avait eu l’occasion d’y séjourner, il avait ressenti la même impression : l’immense cité le mettait mal à l’aise. Tout y était démesuré, mais pas comme à New York ou Washington où les villes partaient à l’assaut du ciel. Ici, c’était plutôt l’étendue même de la ville qui n’était plus à l’échelle humaine. Il était courant de parcourir près de quarante miles d’une extrémité à l’autre de l’agglomération. Tellement courant même, qu’il fallait les autoroutes qui sillonnaient la ville pour rendre possible la circulation des innombrables véhicules.
La première chose qui déroute l’étranger se retrouvant dans le centre de Los Angeles, c’est le manque de piétons… Comme tout peut se faire sans quitter les sièges confortables des somptueuses conduites intérieures, les Angelenos ont pris peu à peu l’habitude assez étonnante de se déplacer ainsi, et de vaquer à des occupations essentielles comme celle de prendre un repas ou de passer à leur banque, sans quitter leur voiture. Il existe des restaurants « drive-in », des banques « drive-in » et des cinémas « drive-in »… »

Extrait de : D. Dastier. « Dangereuse héroïne. »

Au-delà des trouées noires par Dan Dastier

Fiche de Au-delà des trouées noires

Titre : Au-delà des trouées noires
Auteur : Dan Dastier
Date de parution : 1977
Editeur : Fleuve noir

Première page de Au-delà des trouées noires

« Kaël Talvac traversa le hall circulaire du Secteur Central, et s’engagea d’un pas rapide dans un des couloirs d’accès transparents, rayonnant à partir du hall. Au-dessus de sa tête, à l’extérieur de la base d’étude, de lourds nuages jaunâtres fuyaient dans le ciel, entraînés par un vent violent. Kaël esquissa une grimace écœurée. Depuis que l’immense nef-laboratoire s’était posée sur Syrglia, le temps n’avait guère varié ! À croire que cette planète de type terrestre, perdue aux confins de l’univers exploré, était perpétuellement livrée aux tempêtes !

Il s’arrêta devant le panneau mobile de la porte 4, et se tourna vers le capteur phonique encastré dans la paroi aux reflets satinés.

— Talvac… Kaël, énonça-t-il. Unité-Six-Sept. Affectation temporaire au Secteur Central. Je demande l’autorisation de sortir de la base.

Un temps de silence. Dans le poste de veille extérieure, un surveillant des Services de Sécurité devait vérifier les données. »

Extrait de : D. Dastier. « Au-dela des trouees noires. »

Opération Portes ouvertes par Dan Dastier

Fiche de Opération Portes ouvertes

Titre : Opération Portes ouvertes (Tome 35 sur 43 – Warden)
Auteur : Dan Dastier
Date de parution : 1985
Editeur : Fleuve noir

Première page de Opération Portes ouvertes

« La soudaine défaillance de sa voiture n’affecta pas John Appleby outre mesure mais il n’en fut pas de même lorsque sa torche l’abandonna à son tour.
Non que ce qui était arrivé à la voiture ne fût pas suffisamment absurde pour ne pas mettre n’importe qui de méchante humeur. La nuit était fort noire et la route déserte ; il avait fait des kilomètres sans doubler ni rencontrer le moindre véhicule. quant aux piétons ou aux cyclistes, il n’en avait aperçu aucun dans les parages, aussi ses phares puissants balayaient-ils en toute quiétude les bas-côtés. Ce fut alors que, tout à coup, il distingua les feux arrière d’une camionnette qui se traînait devant lui et, au-delà de la camionnette, le sommet d’une côte. Il avait donc ralenti et rétrogradé.
Ou du moins il avait essayé, car sa boîte de vitesses s’y était refusée, et pour cause : le levier lui était resté dans la main. »

Extrait de : D. Dastier. « Opération Portes Ouvertes – Warden. »

Warden tue le médiateur par Dan Dastier

Fiche de Warden tue le médiateur

Titre : Warden tue le médiateur (Tome 26 sur 43 – Warden)
Auteur : Dan Dastier
Date de parution : 1977
Editeur : Fleuve noir

Première page de Warden tue le médiateur

« Depuis Ismaïlia, Gamal Mourabak avait roulé pratiquement sans s’arrêter en longeant le canal de Suez, et la vieille Buick rose bonbon avait tenu le coup. Un miracle, quand on considérait certaines parties mécaniques ligaturées avec de vieux bouts de fil de fer rouillé !
Gamal Mourabak s’arrêta à l’entrée de Ras El-Ish pour faire le plein. Il attira l’attention du marchand de jus de fruits qui sommeillait à l’abri d’une toile tendue entre quatre piquets, devant son échoppe, et abandonna une poignée de piastres pour pouvoir déguster un jus de canne à sucre sans quitter le volant de sa voiture. Tout en buvant à petites gorgées le liquide douceâtre et frais, il laissa son regard errer sur le paysage. Quelques palmiers, du sable, et le canal. Depuis la réouverture du canal de Suez, les affaires reprenaient dans les villages, et il régnait toujours une certaine animation, entretenue par le passage des bateaux qui venaient de la mer Rouge. Pétroliers chargés, venant des pays du golfe Persique et cinglant vers l’Europe avide d’or noir, mais aussi cargos de tous tonnages, arborant comme un défi leurs pavillons de complaisance… »

Extrait de : D. Dastier. « Warden tue le médiateur – Warden. »

Cent lingots pour une guérilla par Dan Dastier

Fiche de Cent lingots pour une guérilla

Titre : Cent lingots pour une guérilla (Tome 12 sur 43 – Warden)
Auteur : Dan Dastier
Date de parution : 1974
Editeur : Fleuve noir

Première page de Cent lingots pour une guérilla

« Contrairement à son habitude, Francisco Carrera conduisait lui-même la vieille Jeep brinquebalante qui peinait sur la piste caillouteuse longeant le rio Motagua. Le guérillero hirsute et dépenaillé qui occupait le siège à sa droite se cramponnait du mieux qu’il pouvait à un montant métallique, à demi arraché de son support, et ne disait rien. Seule son expression crispée pouvait trahir son anxiété. Visiblement, il aurait donné n’importe quoi pour se trouver ailleurs !

A l’arrière, secoués à la limite du supportable par les cahots de la mauvaise route de montagne, les deux gardes du corps habituels de Francisco Carrera affichaient le même visage impassible. Ils en avaient vu d’autres depuis qu’ils étaient entrés dans la clandestinité de la rébellion guatémaltèque, et ils ne faisaient aucune différence entre mourir déchiquetés au fond d’un ravin ou sous les balles des soldats de l’armée régulière. De toute façon, la mort, au Guatemala, ne pouvait pas avoir la même signification qu’ailleurs… Le choix qui se posait à la plupart des habitants pauvres du pays – et ils étaient légion – s’étageait seulement entre différentes formes de morts. »

Extrait de : D. Dastier. « Cent lingots pour une guérilla – Warden. »