Catégorie : Livres

 

Etat d’urgence par Michael Crichton

Fiche de Etat d’urgence

Titre : Etat d’urgence
Auteur : Michael Crichton
Date de parution : 2004
Traduction : P. Berthon
Editeur : Pocket

Première page de Etat d’urgence

« – Restez là, fit-il en effleurant son bras dans l’obscurité.

Elle attendit sans bouger. L’odeur de l’eau salée était forte ; elle percevait le murmure de l’eau.

Quand les lumières s’allumèrent, leur éclat se réfléchit sur la surface du réservoir long d’une cinquantaine de mètres et large de vingt. Il ressemblait à une grande piscine couverte, avec cette différence qu’il était entouré de tout un appareillage électronique.

Et qu’une étrange machine se trouvait à l’extrémité du bassin.

Jonathan Marshall revint, un sourire niais sur le visage.

– Qu’est-ce que tu en penses ? lança-t-il en français, avec sa prononciation épouvantable.

– C’est magnifique, répondit la jeune femme en anglais.

Jonathan trouvait son accent exotique ; tout en elle lui paraissait exotique. Avec sa peau mate, ses pommettes hautes et ses cheveux de jais, elle aurait pu être mannequin. Et elle marchait comme un mannequin en jupe courte et talons aiguilles. Elle s’appelait Marisa ; elle était eurasienne, de mère vietnamienne. »

Extrait de : M. Crichton. « État d’urgence. »

Dent de dinosaure par Michael Crichton

Fiche de Dent de dinosaure

Titre : Dent de dinosaure
Auteur : Michael Crichton
Date de parution : 2017
Traduction : P. Brévignon
Editeur : L’archipel

Première page de Dent de dinosaure

« William Jason Tertullius Johnson, fils aîné de Silas Johnson, constructeur naval de Philadelphie, entra à l’université Yale à l’automne 1875. Selon son proviseur à Exeter, Johnson était « doué, charismatique, athlétique et très capable ». Mais le même proviseur ajoutait qu’il était aussi « indolent, têtu et bien trop gâté, manifestant une indifférence remarquable pour tout ce qui ne relève pas de son seul plaisir. À moins de trouver un but à son existence, il court le risque de sombrer dans l’indolence, le vice et autres travers inconvenants ».

Ces mêmes qualificatifs auraient pu servir à décrire des milliers de jeunes hommes dans l’Amérique de la fin du XIXe siècle, des garçons dotés d’un père intimidant et entreprenant, pas mal d’argent et d’une absence totale d’idées sur la façon d’occuper leur temps.

Durant sa première année d’études à Yale, William Johnson confirma la prédiction de son proviseur. En novembre, il se retrouva placé sous probation pour s’être adonné au jeu, puis de nouveau en février, à la suite d’un incident fortement alcoolisé au cours duquel la vitrine d’un commerçant de New Haven avait été brisée. »

Extrait de : M. Crichton. « Dent de Dinosaure. »

Congo par Michael Crichton

Fiche de Congo

Titre : Congo
Auteur : Michael Crichton
Date de parution : 1980
Traduction : J.P Martin
Editeur : Pocket

Première page de Congo

« L’aube se leva sur la forêt humide du Congo.

Le pâle soleil consumait la fraîcheur matinale et la brume à la moiteur tenace, révélant un monde gigantesque et silencieux. D’énormes arbres aux troncs de douze mètres de diamètre s’élevaient à soixante mètres au-dessus du sol, où ils étalaient une dense voûte feuillue qui masquait le ciel et d’où l’eau dégouttait perpétuellement. Des rideaux de mousses grises, de plantes grimpantes et de lianes pendaient des arbres en s’enchevêtrant ; des orchidées parasites jaillissaient des troncs. Au niveau du sol, d’immenses fougères luisantes d’humidité croissaient à hauteur d’épaule et retenaient le brouillard à ras de terre. Çà et là, une tache de couleur : les rouges efflorescences des acanthemas, poison mortel, et les fleurs grimpantes bleues des dicindras qui ne s’ouvraient qu’au petit matin. Mais on avait surtout l’impression d’un monde vaste, démesuré, d’un vert teinté de gris : un milieu étranger à l’homme, inhospitalier.

Jan Kruger posa son fusil près de lui et étira ses muscles engourdis. L’aube arrivait vite sous l’équateur ; rapidement il fit totalement jour, bien que la brume demeurât. Il jeta un coup d’œil au campement de l’expédition pour lequel il avait monté la garde : huit tentes de nylon orange vif, une tente bleue servant de mess, une bâche fixée par-dessus les caisses de matériel en une vaine tentative de les préserver de l’humidité. Il vit l’autre garde, Misulu, qui se tenait sur un rocher ; Misulu, l’air endormi, lui fit un signe de la main. »

Extrait de : M. Crichton. « Congo. »

Le monde perdu par Michael Crichton

Fiche de Le monde perdu

Titre : Le monde perdu (Tome 2 sur 2 – Jurassic Park)
Auteur : Michael Crichton
Date de parution : 1995
Traduction : P. Berthon
Editeur : Pocket

Première page de Le monde perdu

« Dans la lumière déclinante de l’après-midi, l’hélicoptère longea la côte en rase-mottes, suivant la ligne où la végétation touffue mordait sur le sable de la plage. L’appareil avait survolé le dernier village de pêcheurs dix minutes plus tôt. Il n’y avait plus maintenant que la jungle impénétrable du Costa Rica, la mangrove et des kilomètres de plages désertes. Assis à côté du pilote, Marty Guitierrez regardait par la vitre la grève défiler sous l’hélicoptère. Il n’y avait même pas de routes dans la région, du moins n’en voyait-il pas.

Guitierrez était un biologiste américain de trente-six ans, barbu et peu loquace. Il vivait au Costa Rica depuis huit ans. Venu étudier les différentes espèces de toucans dans la forêt pluviale, il avait été engagé comme consultant par la Reserva Biologica de Carara, le parc national du nord du pays. Guitierrez prit le micro et s’adressa au pilote.

— Combien de temps ?

— Cinq minutes, señor Guitierrez.

— Ce ne sera plus long, fit Guitierrez en se retournant. »

Extrait de : M. Crichton. « Le monde perdu – Jurassic Park. »

Jurassic Park par Michael Crichton

Fiche de Jurassic Park

Titre : Jurassic Park (Tome 1 sur 2 – Jurassic Park)
Auteur : Michael Crichton
Date de parution : 1990
Traduction : P. Berthon
Editeur : Pocket

Première page de Jurassic Park

« Mike Bowman sifflotait gaiement au volant du Land Rover de location qui traversait la réserve biologique de Cabo Blanco, sur la côte Pacifique du Costa Rica, par une belle matinée de juillet. La route pittoresque longeait une corniche dominant d’un côté la jungle, de l’autre les flots azurés du Pacifique. Les guides touristiques affirmaient que l’on trouvait à Cabo Blanco une nature intégralement préservée, presque le paradis. En regardant autour de lui, Bowman avait l’impression que les vacances commençaient enfin.

Agé de trente-six ans, Mike Bowman, promoteur immobilier à Dallas, était venu passer deux semaines au Costa Rica avec sa femme et sa fille. C’est sa femme, Ellen, qui avait eu l’idée de ce voyage. Pendant plusieurs semaines, elle lui avait vanté la beauté des parcs nationaux du Costa Rica et répété que ce serait bien que Tina puisse les découvrir. Mais, dès leur arrivée, Mike apprit qu’Ellen avait rendez-vous à San José avec un spécialiste de la chirurgie esthétique. »

Extrait de : M. Crichton. « Jurassic Park. »

La menace Andromède par Michael Crichton et Daniel H. Wilson

Fiche de La menace Andromède

Titre : La menace Andromède (Tome 2 sur 2 – Andromède)
Auteur : Michael Crichton et Daniel H. Wilson
Date de parution : 2019
Traduction : P. Rège
Editeur : L’Archipel

Première page de La menace Andromède

« Lorsque tout débuta, Paulo Araña s’ennuyait ferme. Il n’était qu’à un an de la retraite et quitterait bientôt la Fondation nationale indienne du Brésil, connue sous son acronyme portugais, FUNAI. Basé à la périphérie des terres protégées par le gouvernement s’étendant à travers le bassin amazonien, le Sertanista avait dans les 55 ans. Assis sous une ampoule électrique à la lumière vacillante, il se laissait envelopper par la chaleur montante du matin et bercer par les sons familiers de la jungle sauvage qui pénétraient par les fenêtres ouvertes de sa station de surveillance.

L’homme accusait au moins trente kilos de trop. Installé devant un vieux bureau métallique, il suait dans son uniforme officiel vert olive de la FUNAI. Toute sa concentration était fixée sur la cigarette de tabac qu’il était en train de rouler avec ses doigts émoussés mais encore agiles. Malgré sa moustache grisonnante et sa vue déclinante, ses mouvements, dépourvus de toute hésitation ou tremblement, étaient précis et rapides. »

Extrait de : M. Crichton + D.H Wilson. « La Menace Andromède. »

La variété Andromède par Michael Crichton

Fiche de La variété Andromède

Titre : La variété Andromède (Tome 1 sur 2 – Andromède)
Auteur : Michael Crichton
Date de parution : 1969
Traduction : G. Messadié
Editeur : Pocket

Première page de La variété Andromède

« Un homme avec des jumelles. C’est ainsi que cela commença : avec un homme debout au bord de la route, sur une colline dominant une petite ville de l’Arizona, une nuit d’hiver.
Le lieutenant Roger Shawn avait dû trouver difficile le maniement des jumelles. Leur métal en était sans doute glacé et il était embarrassé dans sa pelisse et ses gros gants. Il devait être forcé de s’interrompre souvent pour en essuyer les lentilles, d’un doigt gourd et ganté.
Il ne pouvait pas savoir la futilité de ce geste. Les jumelles étaient incapables de porter le regard à l’intérieur de cette ville et d’en dévoiler les secrets. Shawn aurait été surpris d’apprendre que les hommes qui y étaient finalement parvenus avaient employé des instruments un million de fois plus puissants que des jumelles. »

Extrait de : M. Crichton. « La Variété Andromède. »

Sexomorphoses par Ayerdhal

Fiche de Sexomorphoses

Titre : Sexomorphoses (Tome 2 sur 2 – Cycle du Daym)
Auteur : Ayerdhal
Date de parution : 1994
Editeur : J’ai lu

Première page de Sexomorphoses

« C’était une pièce vide : un seul mur circulaire courant entre le sol et le plafond – bruts de béton, blancs – pour, de ses deux extrémités, rejoindre la porte. Ni fenêtre, ni digit, ni poussière, ni éclairage, il y avait juste un champ gravifique au centre et, dans la bulle d’impesanteur qu’il entretenait, un corps parfaitement nu. Il s’agissait d’un corps de femme, une belle femme suspendue allongée, bras et jambes ouverts, ballants, ses longs cheveux blonds dégoulinant sans mouvement de son crâne rejeté en arrière. Elle avait les yeux clos, elle respirait à peine. Inerte, plus molle que souple, elle flottait physiquement entre bas et haut, elle ondoyait entre somnolence et concentration.

D’une seule déferlante, cette vague cérébrale se communiqua à tout l’épiderme, le hérissant d’un bout à l’autre d’aiguilles invisibles, comme si les nerfs eux-mêmes se déchargeaient de leur électricité, mais il ne pouvait pas s’agir d’un potentiel interne tant il était faramineux. Une étoile n’eût pu communiquer ou absorber une telle énergie ; le corps se tendit simplement d’une élongation crispée et la tête se redressa, les paupières béantes, les yeux exorbités, plus bleus et striés d’acier qu’ils ne l’avaient jamais été. »

Extrait de : Ayerdhal. « Sexomorphoses – Cycle du Daym. »

L’histrion par Ayerdhal

Fiche de L’histrion

Titre : L’histrion (Tome 1 sur 2 – Cycle du Daym)
Auteur : Ayerdhal
Date de parution : 1993
Editeur : J’ai lu

Première page de L’histrion

« Il ou elle s’appelait Aimlin, ou Aimline, cela se prononçait de la même façon. Il-ou-elle était hermaphrodite sexomorphe et ne le revendiquait plus depuis longtemps : il-ou-elle avait passé l’âge des provocations, sans avoir gagné en maturité. En fait, il-ou-elle était mûr-e depuis longtemps, depuis les premières vexations, depuis la constatation que certaines différences se paient chèrement. Et si Aimline taisait maintenant sa très délicate particularité, c’était qu’il-ou-elle avait fait le tour des humiliations et celui des revanches et que, tout bien pesé, l’amertume des unes était plus prononcée que le miel des autres.

Très vite, Aimlin avait dû partager sa vie en deux. Il y avait les lieux et les gens qui le connaissaient femme et ceux qui le vivaient au masculin. Il n’y avait d’ailleurs plus beaucoup d’endroits où l’on se souvenait d’elle : cela faisait deux ans qu’il n’avait pas changé de sexe. Vers la fin de l’adolescence, les sexomorphoses étaient devenues de plus en plus douloureuses et déséquilibrantes, jusqu’à lui être insupportables. Une dernière année, elle avait vécu dans son corps de naïade, puis elle s’était faite il et il demeurait homme, c’était plus facile dans les milieux où il évoluait. De toute façon, quelle que fût sa sexuation, il-ou-elle n’aimait pas beaucoup les mâles. »

Extrait de : Ayerdhal. « L’histrion – Cycle du Daym. »

L’oeil du Spad par Ayerdhal

Fiche de L’oeil du Spad

Titre : L’oeil du Spad (Tome 4 sur 4 – Cybione)
Auteur : Ayerdhal
Date de parution : 2003
Editeur : Au diable Vauvert

Première page de L’oeil du Spad

« Vous m’avez demandé de raconter ? Je raconte.

Elle est là : à deux cents mètres de moi, légèrement en contrebas, assise sur un reste de couverture isolante que zieutent deux zonards plus sales que blêmes, défoncés. Elle est là, avachie sur son bout de tissu, le dos rond, la sébile tendue au hasard vers une obole qu’aucun passant ne lui offrira, parce que ce n’est pas l’heure, pas la bonne vague, seulement le flux du troupeau qui transite des bureaux à ses foyers. Elle a le teint cireux, la peau craquelée, le regard rouge et vitreux, les cheveux blancs et secs, la lèvre bleue de froid. Elle est vieille, mais pas tellement en âge. Elle est vieille d’une vieillesse qui se compte en heures de mendicité, en journées trop longues de mauvaises faims, en nuits interminables d’inconfort. Elle est une guenille fripée fagotée de hardes puantes, et les zonards la guettent comme le chien surveille l’assiette du chat, espérant que le maître tourne le dos. Ils tiennent l’affaire de la soirée : un demi-mètre carré de toile isolante dont ils tireront cinq, peut-être dix stellars, une ou deux doses de tue-rêves glauque. »

Extrait de : Ayerdhal. « L’Oeil du Spad – Cybione. »