Catégorie : Livres
Les cent mille royaumes par Nora K. Jemisin

Fiche de Les cent mille royaumes
Titre : Les cent mille royaumes (tome 1 sur 3 – L’héritage)
Auteur : Nora K. Jemisin
Date de parution : 2010
Traduction : A. Maillard
Editeur : Orbit
Première page de Les cent mille royaumes
« Je ne suis plus celle que j’étais autrefois. Ce sont eux qui m’ont fait ça, ils m’ont ouvert la poitrine et arraché le cœur. Depuis je ne sais plus qui je suis.
Je dois faire l’effort de me souvenir.
Certaines histoires circulent à propos de la nuit de ma naissance. Elles racontent que ma mère aurait croisé les jambes en plein travail et lutté de toutes ses forces pour m’empêcher de venir au monde. Bien sûr je suis née quand même ; on ne s’oppose pas à la nature. Mais je ne suis pas surprise que ma mère ait essayé.
Ma mère était l’héritière des Arameris. Un jour, au cours d’un bal organisé pour la petite noblesse – le genre d’événement censé flatter l’amour-propre des invités –, mon père osa l’inviter à danser ; elle daigna accepter. Je me suis souvent demandé ce qu’il avait pu dire ou faire ce soir-là pour qu’elle tombe amoureuse de lui à ce point, au point de renoncer à sa condition pour vivre avec lui. Mais c’est le thème de toutes les histoires célèbres, n’est-ce pas ? Très romantique, en tout cas. Dans les histoires, ce genre de couple est heureux pour toujours. Sauf qu’elles ne racontent pas ce qu’il se passe lorsque la famille la plus puissante du monde est humiliée au passage. »
Extrait de : N.K Jemisin. « Les cent mille royaumes – L’héritage. »
La lune tueuse par Nora K. Jemisin

Fiche de La lune tueuse
Titre : La lune tueuse (tome 1 sur 2 – Dreamblood)
Auteur : Nora K. Jemisin
Date de parution : 2012
Traduction : P-P Durastanti
Editeur : Pygmalion
Première page de La lune tueuse
« Les barbares du Nord apprenaient aux enfants à craindre la Lune Rêveuse, affirmant qu’elle rendait fou. Il s’agissait d’un blasphème excusable. Certaines nuits, la bizarre clarté lunaire qui baignait tout Gujaareh dans des volutes huileuses couleur d’améthyste et d’aigue-marine prêtait aux masures basse caste raffinement et solidité ; les allées de briques en argile brute luisaient, comme enduites d’argent. Dans ses ombres étranges, un homme accroupi sur la corniche d’un édifice semblait un simple bas-relief devant le gris marbré du mur.
Dans cette contrée, un tel homme serait un prêtre bien décidé à accomplir le plus sacré de ses devoirs.
Ce prêtre bénéficiait d’autres atouts que les ombres pour se montrer furtif. Un entraînement poussé allégeait ses pieds sur la pierre, des pieds qu’il avait nus. Il allait peu vêtu, car il se fiait à son teint sombre pour le camoufler tandis qu’il se faufilait, guidé par les bruits de la cité. La plainte d’un nourrisson dans le logis de l’autre côté de la rue – il fit un pas. Des rires trois étages sous sa corniche – il se redressa en atteignant la fenêtre qu’il visait. »
Extrait de : N.K Jemisin. « Dreamblood – La lune tueuse. »
Le cycle de Gormenghast par Mervyn Peake

Fiche de Le cycle de Gormenghast
Titre : Le cycle de Gormenghast
Auteur : Mervyn Peake
Date de parution : 2018
Traduction :
Editeur : Omnibus
Sommaire de Le cycle de Gormenghast :
- Titus d’enfer
- Titus dans les ténèbres
- Gormenghast
- Titus errant
Les fleurs du vide par Michael Swanwick

Fiche de Les fleurs du vide
Titre : Les fleurs du vide
Auteur : Michael Swanwick
Date de parution : 1987
Traduction : J. Bonnefoy
Editeur : Denoël
Première page de Les fleurs du vide
« Elle ignorait qu’elle était morte.
Elle était, en fait, morte deux fois – la première par accident, mais la seconde était un suicide. Et maintenant, la firme dont elle était la propriété avait décidé qu’elle devait mourir une nouvelle fois, afin d’alimenter un million de vies gâchées au cours des quelques mois à venir.
Mais Rebelle Elizabeth Gavroche ne voulait rien savoir. La seule chose qu’elle savait, c’est que quelque chose clochait et que personne ne voulait rien lui en dire.
« Pourquoi suis-je ici ? » demanda-t-elle.
Le visage du médecin la dominait, menaçant. Un visage étroit, recouvert d’un masque démoniaque en peinture flugicielle rouge et verte qu’elle pouvait presque déchiffrer. Il arborait cet horrible sourire programmé censé être rassurant, avec les coins de la bouche qui repoussaient les joues comme deux petites balles bien rondes. Il lui adressa son rictus tête de mort et répondit : « Oh ! à votre place, je ne me tracasserais pas pour ça ! »
Extrait de : M. Swanwick. « Les fleurs du vide. »
Nuit noire, fille des déferlantes par Philip Reeve

Fiche de Nuit noire, fille des déferlantes
Titre : Nuit noire, fille des déferlantes (tome 1 sur 1 – Le monstre des abysses)
Auteur : Philip Reeve
Date de parution : 2021
Traduction : L. Rigoureau
Editeur : Gallimard
Première page de Nuit noire, fille des déferlantes
« Nuit Noire rêvait de la mer. Elle se voyait, telle une mouette, emportée par le vent nocturne, au-delà de la falaise, survoler les vagues dans la baie et s’éloigner à tire-d’aile vers l’ouest et ses profondeurs, là où le monde entier n’est que liquide. La houle brassait les eaux sur des milliers de kilomètres, et les reflets de la lune miroitaient sur la crête des vagues. Quand l’une d’elles montait trop haut et se brisait brièvement en écume, un léger froufrou rompait le silence par ailleurs total.
– Nuit, chuchotaient-elles, Nuit…
Un halo blanc attira soudain l’œil rêveur de la petite fille, qui constata que l’océan s’écartait devant un récif affleurant à sa surface. Des remous agitèrent les eaux, dont les murmures se transformèrent en rugissements.
– Nuit ! Nuit Noire !
Des geysers jaillirent, les vagues reculèrent, pareilles à des draps de marbre liquide dévoilant une vaste masse sombre qui, lentement, très lentement, émergeait des abysses… »
Extrait de : P. Reeve. « Le monstre des abysses – Nuit noire, fille des déferlantes. »
Le livre d’ailleurs par China Miéville et Keanu Reeves

Fiche de Le livre d’ailleurs
Titre : Le livre d’ailleurs
Auteur : China Miéville et Keanu Reeves
Date de parution : 2024
Traduction : N. Mège
Editeur : Au diable Vauvert
Première page de Le livre d’ailleurs
« Une salle, pleine de violence à venir. Alors dans un moche éclat blanc de LED. Un homme entre, s’assied entre les casiers métalliques. Il sort de sa sacoche un appareil sur lequel il lance des procédures. Il reste un moment seul, regard fixé sur son écran. Ses compagnons finissent par le rejoindre.
L’homme continue ses préparatifs. Chacun des autres soldats a ses propres rituels.
Deux rigolent ensemble à des blagues cochonnes. Deux autres vérifient leurs armes en silence, synchrones, concentrés. Un cinquième, torse nu, se lance dans une série de pompes claquées aux pieds de ses camarades. Le chef du détachement qui mène cette intervention nocturne arrive. Il scrute une carte avec autant d’application que s’il l’avait trouvée dans une tombe. Le premier soldat continue d’effectuer des diagnostics sur son scanner. »
Extrait de : K. Reeves + C. Miéville. « Le livre d’ailleurs. »
Impostors par Scott Westerfeld

Fiche de Impostors
Titre : Impostors
Auteur : Scott Westerfeld
Date de parution : 2012
Traduction : G. Fournier
Editeur : I2N
Première page de Impostors
« Nous sommes sur le point de mourir. Probablement.Notre meilleure chance repose sur le couteau à impulsions que j’ai dans la main. Il tremble légèrement, comme un oiseau. C’est comme ça que mon instructrice, Naya, m’a appris à le tenir.
Doucement, pour ne pas l’écraser.
Fermement, pour l’empêcher de s’envoler.
Le truc, c’est que mon couteau à impulsions a vraiment envie de s’envoler. C’est une arme militaire. Rusée comme un corbeau, pas plus docile qu’un jeune faucon. Elle adore se battre.
Elle va être servie. L’assassin, à une vingtaine de mètres, est en train de mitrailler l’estrade sur laquelle ma sœur vient de prononcer son premier discours en public. Les dignitaires de Shreve présents dans l’assistance gisent à travers la salle – morts, feignant de l’être ou cherchant juste à se faire oublier. Drones de sécurité et hovercams jonchent le sol, court-circuités par un dispositif de brouillage. »
Extrait de : S. Westerfeld. « Impostors. »
Succession – intégrale par Scott Westerfeld

Fiche de Succession – intégrale
Titre : Succession – intégrale
Auteur : Scott Westerfeld
Date de parution : 2012
Traduction : G. Fournier
Editeur : I2N
Sommaire de Succession – intégrale :
- Les légions immortelles
- Le secret de l’Empire
Piranèse par Susanna Clarke

Fiche de Piranèse
Titre : Piranèse
Auteur : Susanna Clarke
Date de parution : 2020
Traduction : I. D. Philippe
Editeur : Robert Laffont
Première page de Piranèse
« Quand la Lune se leva dans la Troisième Salle Nord, je me rendis dans le Neuvième Vestibule pour assister à la jonction des trois Marées. C’est un phénomène qui survient seulement tous les huit ans.
Le Neuvième Vestibule est remarquable par les trois grands Escaliers qu’il contient. Ses Murs sont recouverts de Statues de marbre qui, centaines après centaines, Gradin après Gradin, se dressent dans les lointaines hauteurs.
J’escaladai le Mur Ouest jusqu’à ce que j’atteigne la Statue d’une Femme portant une Ruche, quinze mètres au-dessus du Dallage. La Femme est deux ou trois fois plus grande que moi, et sa Ruche couverte d’Abeilles de marbre de la taille de mon pouce. Une des Abeilles – ce détail me donne toujours une légère sensation de malaise – trottine sur son œil gauche. Je me faufilai dans la Niche de la Femme à la Ruche, puis attendis d’entendre les Flots gronder dans les Salles Inférieures et de sentir les Murs vibrer sous la force de ce qui était imminent. »
Extrait de : S. Clarke. « Piranèse. »
Les dames de Grâce Adieu par Susanna Clarke

Fiche de Les dames de Grâce Adieu
Titre : Les dames de Grâce Adieu
Auteur : Susanna Clarke
Date de parution : 2006
Traduction : I. D. Philippe
Editeur : Robert Laffont
Sommaire de Les dames de Grâce Adieu :
- Les dames de Grâce Adieu
- Sur la colline gourmande
- Mrs Mabb
- Le duc de Wellington égare son cheval
- Mr Simonelli ou le veuf-fée
- Tom Brightwind ou comment un pont féerique fut construit à Thoresby
- Grotesques et frettes
- John Uskglass et le charbonnier du comté de Cumbria
Première page de Les dames de Grâce Adieu
« À la mort de Mrs Field, son veuf affligé regarda autour de lui et s’aperçut que le monde semblait tout aussi plein de belles jeunes femmes que du temps de sa jeunesse. Plus tard, il lui vint à l’idée qu’il était toujours aussi riche et que, même si son foyer comptait déjà une jolie jeune femme (sa nièce et pupille, Cassandra Parbringer), une autre ne lui nuirait point. Il ne se pensait pas très différent du jeune homme qu’il avait été, et Cassandra était entièrement de son avis. « Je suis sûre, monsieur, que vous étiez tout aussi assommant à vingt et un ans que vous l’êtes à quarante-neuf », songeait-elle. Mr Field s’était donc remarié. La dame était jolie et intelligente, et seulement plus vieille d’un an que Cassandra ; à sa décharge, on se doit de préciser que, n’ayant pas d’argent, elle avait le choix entre épouser Mr Field et enseigner dans une institution. La seconde Mrs Field et Cassandra se plurent mutuellement et ne tardèrent pas à devenir très proches. »
Extrait de : S. Clarke. « Les dames de Grâce Adieu. »