Catégorie : Livres
Malédiction sur vous par J. Brunner
Fiche de Malédiction sur vous
Titre : Malédiction sur vous
Auteur : J. Brunner
Date de parution : 1969
Traduction : J. Fillion
Editeur : Denoël
Première page de Malédiction sur vous
« — A votre avis, que va-t-il se passer en Milnie, Curfew ? me demanda Copperlee.
Je me penchai et fis tomber la cendre de ma cigarette dans le cendrier de cristal taillé posé sur son bureau recouvert de maroquin rouge.
— L’indépendance est pour l’an prochain, dis-je. Les journaux l’annonçaient, il y a un jour ou deux. L’Express pleure parce que le nom de Jasper Allen Milne disparaîtra de la carte d’Afrique quand ce pays prendra le nom de Moghazi, tandis que le Telegraph qui ne paraît que depuis 1878 prend la chose de haut. Qu’y a-t-il d’autre à votre service ?
Il me regarda de travers, puis dit au bout d’un instant :
— J’ai besoin de types intelligents, Curfew. Sinon je n’aurais pas fait appel à vous. Mais je n’aime pas les types qui font les malins. Compris ? »
Extrait de : J. Brunner. « Malédiction sur vous. »
Les productions du temps par J. Brunner
Fiche de Les productions du temps
Titre : Les productions du temps
Auteur : J. Brunner
Date de parution : 1967
Traduction : R. Lathière
Editeur : Casterman
Première page de Les productions du temps
« Du fait même que cette idée l’effrayait, Murray Douglas téléphona au Restaurant de l’Avant-Scène et retint une table pour le déjeuner avant de partir récupérer sa Daimler. L’homme qui prit note était un inconnu – si l’on en jugeait d’après la voix – et rien ne laissait croire qu’il eût identifié l’acteur quand il répéta les instructions données :
« Mr Murray Douglas… table pour une seule personne… Une heure… très bien, monsieur. »
Cela faisait si longtemps. Une éternité.
Ses doigts tremblaient lorsqu’il raccrocha. Cherchant à se maîtriser, il emplit ses poumons d’air et les vida lentement, progressivement, comme s’il voulait garder la note sur un pipeau. Pour la vingtième fois peut-être, il mit le poignet contre son veston à l’intérieur duquel il sentait la masse solide des »
Extrait de : J. Brunner. « Les productions du temps. »
Les négriers du cosmos par J. Brunner
Fiche de Les négriers du cosmos
Titre : Les négriers du cosmos
Auteur : J. Brunner
Date de parution : 1960
Traduction : M. Averlant
Editeur : Ditis
Première page de Les négriers du cosmos
« Au cours des derniers mois, Lars Talibrand voyagea vite et loin. Il fonça d’astre en astre, de système en système. Chaque fois qu’il parvenait à se ménager une journée ou deux, il revenait sur ses pas, il traçait de fausses pistes. Et pourtant il ne put échapper à la mort patiente qui le suivait pas à pas.
Il alla de la planète Vernier à la planète Arthworld. De là il se propulsa vers Creew’n Dith. Puis, laissant derrière lui Creew’n Dith, il fila jusqu’à Newholme. Il fit ensuite un détour par Mars.
Il arriva enfin sur la Terre, à l’époque du Carnaval. Le monde entier était en liesse. Et ce fut là, dans une petite chambre perchée tout en haut d’un hôtel qui d’un côté dominait le tumulte de la fête et de l’autre un paisible bras de mer, qu’il rencontra son destin.
Lars Talibrand n’avait pas perdu une seule seconde. Parce qu’il savait que de sa rapidité dépendait quelque chose de beaucoup plus important que sa vie elle-même. »
Extrait de : J. Brunner. « Les négriers du cosmos. »
Les dramaturges de Yan par J. Brunner
Fiche de Les dramaturges de Yan
Titre : Les dramartuges de Yan
Auteur : J. Brunner
Date de parution : 1971
Traduction : C. Gilbert
Editeur : Le livre de poche
Première page de Les dramaturges de Yan
« Tel un arc d’argent l’Anneau de Yan s’incurvait dans le ciel nocturne, lançant comme des fléchettes de feu ses météores dans la haute atmosphère. Le Dr Yigael Lem était fatigué mais sa tension nerveuse était telle qu’il se sentait encore incapable de dormir – et il ne voulait pas, sauf en cas d’absolue nécessité, faire appel à son inducteur de sommeil. Il se débarrassa de ses vêtements de Terrien un peu trop stricts et enfila une robe yannienne en fil d’arachne, chaussa des sandales de roseau, et sortit sur sa véranda pour contempler ce spectacle qui d’habitude calmait ses pensées. Madame de Pompadour, la joufflonde domestique qui l’avait accompagné dans sept systèmes, avait cru qu’il se retirerait et s’était en conséquence installée dans le dormitoire pour l’attendre. Quand elle s’aperçut qu’il était ailleurs, elle proféra une petite plainte mais finit par rassembler l’énergie nécessaire pour venir le »
Extrait de : J. Brunner. « Les dramaturges de Yan. »
Les dissidents d’Azraël par J. Brunner
Fiche de Les dissidents d’Azraël
Titre : Les dissidents d’Azraël
Auteur : J. Brunner
Date de parution : 1982
Traduction : F. Maillet
Editeur : Opta
Première page de Les dissidents d’Azraël
« Il y a des machines qui déplacent – qui déplacent bel et bien – un demi-million de personnes par jour d’un monde à l’autre, de façon aussi expéditive que des colis postaux, et un million de tonnes de marchandises en même temps, comme des écritures dans un livre de comptes, pour balancer.
Et moi, Jorgen Thorkild, je marche. Sur mes deux jambes, à l’ancienne mode. Le long d’un couloir que ne foule jamais un pied humain. Qui peut dire combien de temps s’est écoulé depuis que quelqu’un l’a emprunté ? Bien sûr, il n’y a pas de poussière ; des machines efficaces et silencieuses veillent à cela, chaque fois que c’est nécessaire. Celui qui a conçu le Centre des Ponts travaillait à une époque où nos créations n’étaient pas aussi fiables qu’à pré- »
Extrait de : J. Brunner. « Les dissidents d’Azraël. »
Les chimères de l’ombre par J. Brunner
Fiche de Les chimères de l’ombre
Titre : Les chimères de l’ombre
Auteur : J. Brunner
Date de parution : 1970
Traduction : D. Haas
Editeur : Pocket
Première page de Les chimères de l’ombre
« DANS le dernier club à la mode, Bitchy (« la Rosse ») Legree renvoya en arrière d’un mouvement de tête les mèches de la perruque de ce soir-là – blond platine – effleura les touches du piano blanc et or et se mit à chanter, sur un air voisin de Jesse James :
« Sammy Logan était beaucoup plus riche que vous ou moi ;
Il avait fait sa fortune tout seul,
Il avait donné des bouts de son cœur à une douzaine de poules de Mayfair,
Et une nuit, son pauvre palpitant éclata en mille morceaux. »
Quelqu’un protesta que la chanson était de mauvais goût. Quelqu’un d’autre suggéra que l’individu »
Extrait de : J. Brunner. « Les chimères de l’ombre. »
Les anges de l’ombre par J. Brunner
Fiche de Les anges de l’ombre
Titre : Les anges de l’ombre
Auteur : J. Brunner
Date de parution : 1956
Traduction : B. Godec
Editeur : Presses de la cité
Première page de Les anges de l’ombre
« J’en tremblais encore lorsque je pénétrai dans le bureau de Chambord, une bonne dizaine de minutes plus tard.
Ramona, la jolie fille du cru qui jouait le rôle de barrière entre Chambord et le monde extérieur, porta la main à sa bouche au moment où je passais à sa hauteur. Son regard exprimait la stupéfaction la plus totale.
« Madre de Dios », murmura-t-elle, avant de se signer rapidement.
Je devais ressembler à un homme qui vient d’apercevoir un fantôme.
En fait, c’était bel et bien en présence d’un fantôme que je venais de me trouver.
Chambord trônait derrière son immense bureau, devant un panneau mural représentant la nébuleuse »
Extrait de : J. Brunner. « Les anges de l’ombre. »
Le traqueur d’étoiles par J. Brunner
Fiche de Le traqueur d’étoiles
Titre : Le traqueur d’étoiles
Auteur : J. Brunner
Date de parution : 1968
Traduction : D. Lemoine
Editeur : Opta
Première page de Le traqueur d’étoiles
« Craignant désespérément que le caprice qui avait amené l’homme vêtu d’or à accepter son invitation inspirée et partiellement sincère ne s’évapore face au mépris dans lequel ses pareils tenaient le présent, Creohan maudit intérieurement l’entrée de sa maison, qui lui parut mettre trop longtemps à leur ouvrir un passage. La haie protectrice d’épines empoisonnées parut s’écarter à contrecœur, comme si la maison eût souffert de sénilité.
Mais c’était peut-être à cause de la terreur installée dans son esprit, conséquence du savoir qu’il détenait, que les secondes lui paraissaient des heures, les minutes des avant-goûts d’éternité.
Dès que l’espace fut assez large pour leur permettre de passer, il prit son compagnon par le bras et l’entraîna. Automatiquement, l’homme vêtu d’or »
Extrait de : J. Brunner. « Le traqueur d’étoiles. »
Le passager de la nuit par J. Brunner
Fiche de Le passager de la nuit
Titre : Le passager de la nuit
Auteur : J. Brunner
Date de parution : 1958
Traduction : Fantasscienza
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le passager de la nuit
« Il avait porté quantité de noms, mais sa nature restait unique. Et cette unicité le contraignait à respecter certaines lois qui ne s’appliquaient pas au commun des mortels. En contrepartie, il était affranchi de nombre d’obligations beaucoup plus habituelles.
L’un et l’autre systèmes se valaient cependant en rigidité ; il n’était nulle possibilité pour lui, aux changements de saison, de relâcher sa surveillance sur la partie du tout placée sous sa responsabilité.
Quatre planètes étaient entrées en conjonction, la veille ; il importait donc de se préparer à un voyage semblable à, et différent de tous ceux qu’il avait accomplis précédemment, car il avait été ordonné qu’à cette époque, sauf en cas de force majeure, il parcoure les chemins de l’ordinaire. Et, avec une relative bonne volonté – il n’était pas dans sa nature de se rebeller contre la contingence –, il allait faire en sorte de se trouver partout où sa présence se révélait nécessaire, pour finir sa route en un lieu proche de son point de départ. »
Extrait de : J. Brunner. « Le passager de la nuit. »
Le long labeur du temps par J. Brunner
Fiche de Le long labeur du temps
Titre : Le long labeur du temps
Auteur : J. Brunner
Date de parution : 1965
Traduction : A. Dorémieux
Editeur : J’ai lu
Première page de Le long labeur du temps
« La crise débuta un matin où j’étais en retard. À mon entrée dans le vestibule du Bureau des Relations Culturelles, la pendule-calendrier indiquait : 9.38 – zone 7 – mardi 30 février.
Professionnellement, je n’étais pas en faute. Malgré les plaisanteries malveillantes visant le Bureau des Relations « Pauvres », j’avais le sentiment d’accomplir un travail fécond et je m’y consacrais à plein temps ; aussi cette arrivée tardive était-elle une exception. D’ailleurs, j’avais une excuse que personne ne pouvait discuter… pas même Tinescu, le directeur du B.R.C., dans l’une de ses humeurs matinales les plus acerbes.
C’est du moins ce que je pensais en gagnant l’ascenseur, totalement inconscient du bourbier où j’allais me trouver plongé. »
Extrait de : J. Brunner. « Le long labeur du temps. »