Catégorie : Livres
La sentence de Delphes par Michel Honaker

Fiche de La sentence de Delphes
Titre : La sentence de Delphes (Tome 2 sur 3 – Hercule)
Auteur : Michel Honaker
Date de parution : 2011
Editeur : Flammarion
Première page de La sentence de Delphes
« Le voyageur arrivait par l’ouest.
Non par la route des marchands qui traversait ces montagnes ingrates du Pinde, où transitaient les caravanes, mais par ces sentiers de chèvre enchâssés dans la roche, que seul un ancien berger comme lui pouvait déceler. Il marchait d’un pas rapide, sans se laisser ralentir par les obstacles ni les ravins qui s’ouvraient sous ses sandales. Son aspect fruste indiquait le journalier sans logis se déplaçant de chantier en chantier, de charité en charité. Du moins sa manière de se déplacer sans bruit indiquait une habitude certaine à vivre au grand air, à l’écart des cités et de leurs contraintes. Il ne portait pour tout vêtement qu’une grossière tunique de laine, échancrée sur sa large poitrine et s’arrêtant à mi-cuisses, pour toute arme qu’une massue sanglée en travers de son dos. Ses cheveux très noirs, enserrés dans un bandeau, tombaient en frises ombrageuses sur ses épaules de taureau. Son visage modelé à larges traits, dénué de barbe, laissait saillir un menton fondateur que surlignait une lèvre épaisse. »
Extrait de : M. Honaker. « Hercule – La sentence de Delphes. »
L’héritier de la foudre par Michel Honaker

Fiche de L’héritier de la foudre
Titre : L’héritier de la foudre (Tome 1 sur 3 – Hercule)
Auteur : Michel Honaker
Date de parution : 2011
Editeur : Flammarion
Première page de L’héritier de la foudre
« En Grèce, aux âges sombres de l’Humanité
Était-il midi ? Était-il minuit ?
Un brouillard sombre avait dévalé à l’improviste les pentes du mont Hélicon, et après avoir longé les frontières du royaume d’Orchomène, se répandait à présent dans la plaine de Copaïs en absorbant toute lumière. Saisie d’inquiétude à la vue de cet inexplicable phénomène, la colonne de soldats s’immobilisa comme un seul homme au milieu des champs de blé et l’officier qui les menait interrogea le ciel d’un regard inquiet.
— Ô puissant Zeus, Maître de l’Olympe, murmura-t-il, fasse que cette nuit en plein jour ralentisse mes ennemis et me donne l’occasion de les surprendre.
Probablement devina-t-il une réponse à sa prière dans le ciel tourmenté, car un sourire intrépide s’esquissa sur ses lèvres minces qui fendaient sa barbe noire. Amphitryon le Mycénien, général de Thèbes, ne connaissait pas la crainte, hormis celle que pouvaient lui inspirer les dieux. »
Extrait de : M. Honaker. « Hercule – L’héritier de la foudre. »
Terminus sanglant par Michel Honaker

Fiche de Terminus sanglant
Titre : Terminus sanglant
Auteur : Michel Honaker
Date de parution : 1987
Editeur : Fleuve noir / Gore
Première page de Terminus sanglant
« Il y a de ces rêves qui laissent un goût de sang dans la bouche, qui s’accrochent obstinément dans un coin de votre cerveau engourdi alors même qu’on tente de leur échapper. Ils continuent de trotter délibérément devant les yeux de longues minutes après le réveil troublé et nauséeux, narguant la réalité. Ils refusent de lâcher prise jusqu’au moment où le filtre cartésien du cerveau reprenant de la vigueur les renvoie dans le cloaque des terreurs subconscientes. Mais ils ne refluent pas sans avoir laissé quelques traces suintantes, dont certaines ne s’effaceront plus jamais.
C’est l’un de ces rêves qui me poursuivit, tandis que je m’assoupissais, la tête posée contre la vitre, ballotté par l’imperceptible tangage du wagon de première classe à l’arrière duquel je m’étais installé au départ de Portland. Je m’y trouvais seul, donc sans guère de chances de lier conversation avec quiconque ; la nuit était tombée, estompant progressivement le paysage neigeux. Une vraie nuit de campagne, opaque et impénétrable au regard. Je n’avais eu aucun scrupule à céder à la fatigue. »
Extrait de : M. Honaker. « Terminus sanglant. »
Canyon rouge par Michel Honaker

Fiche de Canyon rouge
Titre : Canyon rouge
Auteur : Michel Honaker
Date de parution : 1987
Editeur : Fleuve noir / Gore
Première page de Canyon rouge
« Joe Mc Curdy rétrograda sèchement en seconde, sans se préoccuper du craquement peu flatteur de la boîte de vitesses, et crispa énergiquement ses deux mains sur le volant moite en grimaçant, comme si cela pouvait encourager la jeep antédiluvienne à se hisser jusqu’au sommet de la côte. Un crotale impavide, lové sur une pierre plate, le regarda passer du bord de la route de ses petits yeux noirs, immobiles comme des gemmes. Décidément, plus rien n’impressionnait ces saletés-là. Il n’était pas rare de les voir traverser la route quasiment sous les roues des visiteurs et s’échapper comme par miracle dans la pierraille.
Mc Curdy fut pris du vif désir de lui cracher dessus, car il savait que ce traitement n’était guère goûté de ces bestioles répugnantes. Mais il manquait déjà de salive pour humecter son propre gosier. Il avait la bouche pleine de la poussière du chemin parcouru depuis San Isabel et sa langue soudée à son palais lui produisait une sensation désagréable. Il se contenta donc de pester intérieurement contre toutes les engeances du désert, serpents, coyotes, scorpions et Indiens compris. »
Extrait de : M. Honaker. « Canyon rouge. »
Le totem du peuple sans ombre par Michel Honaker

Fiche de Le totem du peuple sans ombre
Titre : Le totem du peuple sans ombre (tome 4 sur 4 – L’Agence Pinkerton)
Auteur : Michel Honaker
Date de parution : 2013
Editeur : Flammarion
Première page de Le totem du peuple sans ombre
« Chicago, février 1872
La victime était étendue dans le caniveau face contre terre.
À en juger par le filet de sang qui sinuait sur la terre détrempée, l’agression s’était produite quelques instants seulement auparavant. Deux policiers en uniforme se tenaient penchés au-dessus du corps avec la nonchalance de ceux qui sont habitués à ce genre de macabre découverte. Les flammes du Grand Incendie survenu à l’automne précédent avaient peut-être réduit en cendres une grande partie du Patch, ce quartier déshérité bordant Randolph Street… Il n’en restait pas moins un creuset de violence où l’on jouait encore du poignard et du pistolet. Tripots et maisons de tolérance, propices à tous les trafics et à toutes les rivalités de territoire, s’étaient relevés des décombres plus vite que les autres commerces.
Un cercle de badauds commençait à se former autour du corps abandonné aux premières ombres du crépuscule, sans que les deux constables ne prennent la peine de les éloigner. Ces derniers se souciaient peu de recueillir les indices susceptibles de mener au coupable. »
Extrait de : M. Honaker. « Agence Pinkerton – Le totem du Peuple sans Ombre. »
Le complot de la dernière aube par Michel Honaker

Fiche de Le complot de la dernière aube
Titre : Le complot de la dernière aube (tome 3 sur 4 – L’Agence Pinkerton)
Auteur : Michel Honaker
Date de parution : 2012
Editeur : Flammarion
Première page de Le complot de la dernière aube
« Colombie-Britannique, Canada
Mars 1871
Le blizzard dévala des hauteurs sans crier gare. En quelques instants, il répandit son haleine laiteuse parmi les sapins avec la vigueur d’une avalanche. En dépit de nos manteaux en peau de castor, nous nous retrouvâmes d’un coup fouettés et griffés par des houppelandes de minuscules cristaux de glace. Plus question de continuer. Il fallait rapidement trouver un refuge. Les chevaux que nous menions par la longe renâclèrent avec force et il fallut les convaincre de nous suivre à l’abri d’un rocher qui émergeait non loin de là. Comme s’il ne suffisait pas que la neige nous monte jusqu’à mi-cuisse et que ce maudit froid s’insinue jusqu’à la moelle de nos os…
Le décor de montagnes et de forêts s’effaça autour de nous et nous courbâmes l’échine face à ce déferlement imprévu. Le Wild ne se laissait pas si facilement explorer. No, Sir. Le Wild. Ce seul nom… »
Extrait de : M. Honaker. « Agence Pinkerton – Le complot de la dernière aube. »
Le rituel de l’ogre rouge par Michel Honaker

Fiche de Le rituel de l’ogre rouge
Titre : Le rituel de l’ogre rouge (tome 2 sur 4 – L’Agence Pinkerton)
Auteur : Michel Honaker
Date de parution : 2011
Editeur : Flammarion
Première page de Le rituel de l’ogre rouge
« Au nord de l’État de Californie
Printemps 1870
Aussi loin que je me souvienne, jamais je n’eus aussi froid qu’en poussant mon cheval dans les derniers lacets menant à Trader Camp. Le crépuscule m’avait pris de vitesse et répandait ses encres sur les versants escarpés des monts Klamath. Des neiges résistantes nacraient les rochers drus et l’air giflait mon visage aussi durement qu’une cravache en cuir. C’est qu’ici l’hiver refusait de donner libre cours au renouveau des saisons. Il s’accrochait à chaque escarpement, chaque combe, avec la férocité d’un ours refusant de partager son butin.
J’avais passablement sous-estimé les rigueurs du climat de la Californie du Nord.
J’aurais dû plier sous une fourrure d’ours et porter un bonnet en bonne vieille peau de castor, mais non : cette marotte de toujours vouloir m’habiller avec élégance, en toutes circonstances, l’avait emporté sur la prudence la plus élémentaire. »
Extrait de : M Honaker. « Agence Pinkerton – Le rituel de l’ogre rouge. »
Le châtiment des hommes-tonnerres par Michel Honaker

Fiche de Le châtiment des hommes-tonnerres
Titre : Le châtiment des hommes-tonnerres (tome 1 sur 4 – L’Agence Pinkerton)
Auteur : Michel Honaker
Date de parution : 2011
Editeur : Flammarion
Première page de Le châtiment des hommes-tonnerres
« Salt Lake City, États-Unis
Hiver 1869
Quand les trois hommes montèrent à bord du Transcontinental pour Sacramento, le moins prévenu des observateurs aurait immédiatement deviné qu’ils appartenaient à « l’Agence ». Certes, ils n’arboraient aucun insigne officiel mais une foule de détails concordants ne laissait planer aucun doute sur le sujet. D’abord, ils étaient tirés à quatre épingles, costumes sombres, gilets de soie passés sur chemises blanches, chapeaux ronds à bords roulés, sortant à l’évidence de la même boutique de confection. Au-delà de cette élégance, ils soignaient visiblement leur hygiène, vertu étonnante à cette époque où le bain était encore un luxe bourgeois. Mais c’était surtout leur posture qui ne prêtait à aucune confusion, cette manière inimitable d’être sur le qui-vive, l’œil mobile, la main ballant le long de la cuisse, prête à dégainer les revolvers Remington Model Army qui s’y trouvaient accrochés. »
Extrait de : M. Honaker. « Agence Pinkerton – Le chatiment des hommes-tonnerres. »
Stations des profondeurs par Michael Swanwick

Fiche de Stations des profondeurs
Titre : Stations des profondeurs
Auteur : Michael Swanwick
Date de parution : 1991
Traduction : E. Wessberge
Editeur : J’ai lu
Première page de Stations des profondeurs
« Le bureaucrate tomba du ciel.
Pendant un instant, il aperçut l’étendue bleu et blanc de Miranda, avec ses calottes polaires gonflées, prêtes à fondre, puis il fonça vers le sol. Il passa à grande vitesse au-dessus des plaines rocailleuses du Piedmont et atteignit Port Richmond, terminus de l’aérostat, qu’il quitta par le premier vol. Le Léviathan le haussa à la verticale des chutes, puis survola les forêts et les collines madréporiques de Vive Eau. L’écosystème, anticipant la grande marée du jubilé et ses mystérieuses mutations, était en pleine effervescence. Dans les villages délabrés et les plantations éparses, les gens faisaient provision de marchandises variées en vue de l’évacuation.
Le salon du Léviathan était désert. Mains jointes derrière le dos, le bureaucrate regardait d’un air maussade à travers les baies vitrées. À l’horizon, la ligne trouble et bleutée du Piedmont annonçait le front d’un orage. »
Extrait de : M. Swanwick. « Stations des profondeurs. »
Le baiser du masque par Michael Swanwick

Fiche de Le baiser du masque
Titre : Le baiser du masque
Auteur : Michael Swanwick
Date de parution : 1985
Traduction : M. Lederer
Editeur : Denoël
Première page de Le baiser du masque
« Keith Piotrowicz était au marché italien quand il vit passer le monstre janusien. C’était la veille de la Fête des Masques, et la 9e Rue grouillait de gens qui, se bousculant sur trois files, effectuaient leurs achats entre les quatre rangées d’éventaires.
La patrouille qui avait tué le monstre ramenait son corps à l’Hôtel des Masques. Le cadavre, tel un trophée, était suspendu à deux longues perches croisées à hauteur de son dos et il se balançait juste au-dessus de la tête des passants.
Les marchands se détournaient de leurs étalages de légumes ou cessaient de se chauffer les mains aux flammes des poubelles pour contempler le spectacle. Les enfants ramassaient des pommes de terre pourries et des feuilles de laitue noircies parmi les ordures jonchant le sol pour les lancer vers le monstre avec des cris et des quolibets. Les Masques réagissaient par de larges sourires, bombant le torse. Le béret blanc incliné, l’air désinvolte, ils échangeaient des plaisanteries avec les badauds, feignant en riant de précipiter le corps dans leur direction. »
Extrait de : M. Swanwick. « Le baiser du masque. »