Catégorie : Livres
A l’image du dragon par Serge Brussolo
Fiche de A l’image du dragon
Titre : A l’image du dragon
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 1982
Editeur : Editions du Masque
Première page de A l’image du dragon
« – Tout ce qui est conçu à l’image du dragon est mauvais, dit le prêtre. La seule lueur que vous pourrez entr’apercevoir dans les pupilles de la bête est celle du mal. Pour cette raison vous ne devez avoir qu’un seul but : tuer, encore tuer. Toujours tuer.
Ils étaient dix. Dix jeunes hommes en armure noire agenouillés dans le sable brûlant du désert. Nath n’avait pas besoin de tourner la tête pour les compter. Il en connaissait parfaitement le nombre puisqu’il était l’un d’eux. Comme ses compagnons, il tenait le bouclier rond sur son ventre, comme eux il sentait la morsure du soleil sur le couvre-nuque du casque à large visière, où seule une mince fente laissait filtrer le regard.
L’armure était noire. Le sable beige, décoloré par tant de lumière et d’éblouissement. Le paysage de dunes et de rocailles avait blanchi sous les feux du jour, telle une étoffe oubliée sur un fil, et que cuit et recuit la brûlure de midi.
Devant eux le monde perdait ses lignes pour s’évaporer dans l’intense luminosité du matin. Le soleil gommait les contours jusqu’à les dissoudre dans le néant. »
Extrait de : S. Brussolo. « A l’image du dragon. »
Les mangeurs de murailles par Serge Brussolo
Fiche de Les mangeurs de murailles
Titre : Les mangeurs de murailles (Tome 4 sur 4 – Sigrid et les mondes perdus)
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 2002
Editeur : Plon
Première page de Les mangeurs de murailles
« C’était comme un champ de bataille à la tombée du jour. Une plaine de corps enchevêtrés, mêlés en un inextricable fouillis de bras, de têtes et de jambes. Parfois, au milieu de ce tapis de membres brisés, une main se mettait à pianoter, une bouche à former des mots sans suite. Mais ni David ni le chef éboueur n’y prenaient garde.
La cave avait les dimensions d’une petite ville. C’était un univers de béton, avec un ciel de béton, un horizon de béton…
— Avec de bonnes jambes, il faut deux jours de marche pour atteindre le bout de la salle ! avait coutume de ricaner Waldo le chef éboueur. Et presque une semaine pour en faire le tour ; une sacrée excursion, pas vrai, petit ?
Généralement, David répondait par un grognement inintelligible. La géographie de la soute d’évacuation avait toujours éveillé en lui une vague angoisse. »
Extrait de : S. Brussolo. « Les Mangeurs de murailles – Sigrid et les mondes perdus. »
Le grand serpent par Serge Brussolo
Fiche de Le grand serpent
Titre : Le grand serpent (Tome 3 sur 4 – Sigrid et les mondes perdus)
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 2002
Editeur : Editions du Masque
Première page de Le grand serpent
« À bord du bateau tout le monde mourait de faim, Sigrid plus que les autres, peut-être en raison de son jeune âge. À vingt ans, elle était capable d’engloutir des tonnes de riz et de poisson séché sans prendre une once de graisse. Mais les occasions de faire bombance devenaient rares ces temps derniers.
Assis sur le bastingage, les matelots laissaient traîner des lignes, appâtées avec des morceaux de chiffon frottés de graisse à canon, sans jamais rien attraper. Il n’y avait pas de poisson, pas dans ces eaux du moins, car la présence du dragon les avait fait fuir depuis longtemps.
Au début, quand les vivres avaient commencé à manquer, on avait essayé de piéger les cormorans volant dans le sillage du navire. Le stratagème avait fonctionné deux ou trois fois, puis les oiseaux avaient éventé la ruse. Désormais, ils ne commettaient plus l’erreur de se poser sur le pont. »
Extrait de : S. Brussolo. « Le Grand Serpent – Sigrid et les mondes perdus. »
La fiancée du crapaud par Serge Brussolo
Fiche de La fiancée du crapaud
Titre : La fiancée du crapaud (Tome 2 sur 4 – Sigrid et les mondes perdus)
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 2002
Editeur : Editions du Masque
Première page de La fiancée du crapaud
« — Les monstres apparaissent au sommet de ce mur, grinça Malvina Goodson en désignant la paroi de parpaings qui séparait son jardin de celui du voisin. Tous les matins, ils terrorisent mon fils, Kévin. La fenêtre de sa chambre donne de ce côté, et c’est la première chose qu’il voit en ouvrant les yeux : ces sales monstres se pavanant le long du mur. À 10 ans c’est un spectacle insupportable !
Sigrid examina la plaignante du coin de l’œil. Une femme sèche, à la bouche pincée, désagréable. Visiblement, décidée à en découdre.
— J’ai déjà déposé trois plaintes au service du contrôle des monstres, répéta la dénommée Malvina d’un ton grincheux. On ne peut pas dire que vous soyez prompts à réagir !
Gus, posté dans le dos de Mme Goodson, adressa à Sigrid une grimace que la mère du petit Kévin ne pouvait voir. La jeune fille se mordit la langue pour s’empêcher de rire et baissa les yeux sur le formulaire officiel qu’elle devait remplir. »
Extrait de : S. Brussolo. « La Fiancée du Crapaud – Sigrid et les mondes perdus. »
L’oeil de la pieuvre par Serge Brussolo
Fiche de L’oeil de la pieuvre
Titre : L’oeil de la pieuvre (Tome 1 sur 4 – Sigrid et les mondes perdus)
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 2002
Editeur : Editions du Masque
Première page de L’oeil de la pieuvre
« Sigrid Olafssen et Gus McQueen dînaient à la cantine du sous-marin. À cette heure avancée de la nuit, il n’y avait guère de monde, et il était déconseillé de se montrer difficile sur la qualité du menu.
Gus et Sigrid avaient fêté leur vingtième anniversaire la semaine précédente. Pour célébrer ce mémorable événement, le chef cuistot leur avait accordé une part de purée supplémentaire… et deux yaourts.
Gus était un grand garçon maigre, aux cheveux rouges.
— Je suis un légume-garou, avait-il coutume d’affirmer. À chaque pleine lune, je me change en carotte vivante. C’est pour ça que les lapins sont mes pires ennemis.
Sigrid avait les yeux bridés, d’un vert très clair, et bien qu’elle eût le crâne tondu, on devinait au duvet repoussant sur ses tempes que sa chevelure avait la couleur pâle du miel. Des taches de rousseur criblaient ses pommettes de minuscules éclaboussures roses. »
Extrait de : S. Brussolo. « L’oeil de la pieuvre – Sigrid et les mondes perdus. »
Les dieux du Grand Crâne par D. Morlok

Fiche de Les dieux du Grand Crâne
Titre : Les dieux du Grand Crâne (Tome 3 sur 3 – Shag l’idiot)
Auteur : D. Morlok
Date de parution : 1998
Editeur : Denoël
Première page de Les dieux du Grand Crâne
« La solitude retrouvée provoqua chez Shag une panique à laquelle il ne s’attendait pas. Il prit conscience qu’il s’était sottement fortifié dans la conviction illusoire de pouvoir continuer son chemin en solitaire. Le départ de ses compagnons de voyage le plongeait dans un malaise proche du désespoir. Galopant dans le labyrinthe des roches, il chercha à rattraper Aldabar, le cheval… ou Aka, la jeune fille après qui il avait tant soupiré, mais il ne vit ni l’un ni l’autre. Les fuyards avaient bien évidemment pris la précaution de se déplacer à couvert, et Shag, malgré tous ses efforts, ne put les localiser. Sa précipitation le fit s’engager dans un éboulis instable ; il fut happé par une avalanche de cailloux crayeux qui le roula jusqu’au bas du versant nord de la montagne. Quand il se redressa il était meurtri, perdant son sang par mille estafilades. »
Extrait de : D. Morlok. « Shag l’idiot – Les dieux du Grand Crâne. »
Les guerriers du Grand Crâne par D. Morlok

Fiche de Les guerriers du Grand Crâne
Titre : Les guerriers du Grand Crâne (Tome 2 sur 3 – Shag l’idiot)
Auteur : D. Morlok
Date de parution : 1998
Editeur : Denoël
Première page de Les guerriers du Grand Crâne
« La planète Gurtä vit depuis plusieurs siècles à l’âge des cavernes. Ses habitants – dont les ancêtres ont été jadis à l’origine d’un holocauste nucléaire – sont génétiquement manipulés par une mystérieuse puissance supérieure (les Juges) de manière que leur intelligence ne puisse se développer et finir par accéder à un savoir dangereux. Le cerveau des survivants du grand hiver nucléaire reste ainsi bridé, bloqué à un stade de développement néandertalien, ce qui les conduit à vivre comme des bêtes. Gurtä est un enfer primitif, de violence et de danger. Un âge des cavernes truqué, une sorte de Disneyworld où la mort et le carnage règnent en despotes absolus.
Paradoxalement, les animaux ont fini par y devenir plus intelligents que les hommes et souffrent de voir l’ordre des choses ainsi bouleversé, car ils ne peuvent supporter une telle atteinte aux lois naturelles. »
Extrait de : D. Morlok. « Les guerriers du Grand Crâne – Shag l’idiot. »
Le clan du Grand Crâne par D. Morlok

Fiche de Le clan du Grand Crâne
Titre : Le clan du Grand Crâne (Tome 1 sur 3 – Shag l’idiot)
Auteur : D. Morlok
Date de parution : 1998
Editeur : Denoël
Première page de Le clan du Grand Crâne
« Gort leva la hache vers la lune, pour que la lumière de l’astre fasse scintiller le tranchant de la pierre polie. C’était une arme très lourde, que seul son bras pouvait manier, et il en éprouvait une grande fierté. La horde frissonna de terreur. Gort était grand, épais. Comme le voulait la coutume, il avait cessé de se laver du jour où il était devenu chef de clan, de manière que le sang de ses ennemis lui couvre le corps d’une pellicule coagulée d’un brun noir qui s’écaillait aux plis de la peau. Ses mains, ses bras, sa barbe, avaient tous cette même couleur d’hémorragie, à tel point qu’il semblait avoir été immergé dans un lac de sang. Au premier regard on savait qu’il s’agissait d’un tueur, d’un meneur d’hommes, d’un casseur de crânes.
Gort possédait des membres aussi épais que des troncs d’arbre, sa barbe s’étalait sur sa poitrine en un éventail rigide aux poils soudés par le jus des viandes et les débris de ses derniers repas. Il était très fier de sa tête qu’il estimait plus grosse que celle des autres membres de la tribu, et qu’il mesurait chaque semaine au moyen d’un morceau de ficelle pour voir si elle continuait à grossir. »
Extrait de : D. Morlok. « Le clan du Grand Crane – Shag l’idiot. »
Le cirque maudit par Serge Brussolo

Fiche de Le cirque maudit
Titre : Le cirque maudit (Tome 2 sur 4 – Peggy Sue et le chien bleu)
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 2008
Editeur : Plon
Première page de Le cirque maudit
« Peggy Sue, Marie-Geneviève et le chien bleu savaient qu’ils étaient en danger. Au début de leur exil, ils s’étaient sottement imaginé que personne ne s’intéresserait à eux dans ce pays étranger – nommé Nikovod – où ils mettaient les pieds pour la première fois. Quelle erreur ! Ils n’avaient pas tardé à mesurer l’étendue de leur légèreté.
Tout avait commencé avec les affiches magiques placardées ici et là, dans les villages qu’ils traversaient en catimini.
– Eh! vous avez vu? s’était exclamé le chien. Nos portraits sont collés sur les murs… Les dessins ne sont pas fameux. J’ai l’air d’un veau, Peggy ressemble à une guenon, quant à Marie Geneviève, on dirait qu’elle porte une marmite sur la tête. On ne risque pas d’être reconnus!
Il se trompait.
Peggy, méfiante, s’approcha du rectangle de papier jaune pour déchiffrer le texte imprimé au- dessus des portraits. »
Extrait de : S. Brussolo. « Le cirque maudit – Peggy Sue et le chien bleu. »
Le loup et la fée par Serge Brussolo
Fiche de Le loup et la fée
Titre : Le loup et la fée (Tome 1 sur 4 – Peggy Sue et le chien bleu)
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 2008
Editeur : Plon
Première page de Le loup et la fée
« Voilà, une page était tournée. Une nouvelle vie commençait.
Ainsi pensait Peggy Sue en regardant s’éloigner la Terre à travers le hublot de la fusée qui l’emportait en direction de son monde d’origine, Ankartha, une planète où elle était née et dont elle ne conservait pourtant aucun souvenir.
C’était étrange, excitant… et effrayant.
Depuis qu’elle avait retrouvé sa vraie mère, Azéna, la fée aux cheveux rouges, tout était bouleversé, elle n’avait plus aucun point de repère. En quittant la Terre, elle avait dû dire adieu à tous ses amis, car Azéna n’avait accepté d’emmener que le chien bleu. C’était là sa seule concession aux liens noués par Peggy durant son exil terrestre.
La jeune fille avait vécu cela comme un arrachement, mais Azéna s’était montrée intraitable. »
Extrait de : S. Brussolo. « Le loup et la fée – Peggy Sue et le chien bleu. »