Catégorie : Livres

 

La fille du juif-errant par Paul Féval

Fiche de La fille du juif-errant

Titre : La fille du juif-errant
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1879
Editeur : Bibebook

Sommaire de La fille du juif-errant

  • La fille du juif-errant
  • Le carnaval des enfants

Première page de La fille du juif-errant

« On n’avait pu emmener Paul au grand dîner de la préfecture, quoiqu’il fût vicomte et très-certainement le plus important personnage de la maison. Il n’était invité ni au grand dîner ni au grand bal qui devait suivre le grand dîner. Voilà la vérité : Paul n’appartenait pas encore à cette catégorie de vieux bambins qui dînent et qui dansent à la préfecture.

Il allait prendre ses onze ans, le vicomte Paul ; c’était un magnifique gamin, rieur et fier, qui vous regardait bien en face avec ses longs yeux d’un bleu profond pleins de tapages et de caresses. Il était grand pour son âge, élancé, gracieux, il montait supérieurement son cheval : Little-Grey, le plus joli poney de la Touraine. Son précepteur, l’abbé Romorantin, lui avait appris l’orthographe, mais pas beaucoup, et Joli-Cœur, le vieux hussard, lui montrait à tirer l’épée. Paul parlait déjà de tuer tous les Anglais de l’Angleterre ; cependant les Anglais ne lui avaient rien fait encore : il ne connaissait pas sir Arthur ! »

Extrait de : P. Féval. « La Fille du Juif-Errant. »

La fée des grèves par Paul Féval

Fiche de La fée des grèves

Titre : La fée des grèves
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1850
Editeur : Feedbooks

Première page de La fée des grèves

« Si vous descendez de nuit la dernière côte de la route de Saint-Malo à Dol, entre Saint-Benoît-des-Ondes et Cancale, pour peu qu’il y ait un léger voile de brume sur le sol plat du Marais, vous ne savez de quel côté de la digue est la grève, de quel côté la terre ferme. À droite et à gauche, c’est la même intensité morne et muette. Nul mouvement de terrain n’indique la campagne habitée ; vous diriez que la route court entre deux grandes mers.
C’est que les choses passées ont leurs spectres comme les hommes décédés ; c’est que la nuit évoque le fantôme des mondes transformés aussi bien que les ombres humaines.
Où passe à présent le chemin, la mer roula ses flots rapides. Ce marais de Dol, aux moissons opulentes, qui étend à perte de vue son horizon de pommiers trapus, c’était une baie. Le mont Dol et Lîlemer étaient deux îles, tout comme Saint-Michel et Tombelène. Pour trouver le village, il fallait gagner les abords de Châteauneuf, où la mare de Saint-Coulman reste comme une protestation de la mer expulsée. »

Extrait de : P. Féval. « La Fée des grèves. »

La fabrique de crimes par Paul Féval

Fiche de La fabrique de crimes

Titre : La fabrique de crimes
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1866
Editeur : Feedbooks

Première page de La fabrique de crimes

« Il était dix heures du soir…
Peut-être dix heures un quart, mais pas plus.
Du côté droit, le ciel était sombre ; du côté gauche, on voyait à l’horizon une lueur dont l’origine est un
mystère.
Ce n’était pas la lune, la lune est bien connue. Les aurores boréales sont rares dans nos climats, et le
Vésuve est situé en d’autres contrées.
Qu’était-ce ?…
Trois hommes suivaient en silence le trottoir de la rue de Sévigné et marchaient un à un. C’était des
inconnus !
On le voyait à leurs chaussons de lisière et aussi à la précaution qu’ils prenaient d’éviter les sergents de ville.
La rue de Sévigné, centre d’un quartier populeux, ne présentait pas alors, le caractère de propreté qu’elle affecte aujourd’hui ; les trottoirs étaient étroits, le pavé inégal ; on lui reprochait aussi d’être mal éclairée, et son ruisseau répandait des odeurs particulières, où l’on démêlait aisément le sang et les larmes… »

Extrait de : P. Féval. « La fabrique de crimes. »

La cavalière par Paul Féval

Fiche de La cavalière

Titre : La cavalière
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1881
Editeur : BnF

Première page de La cavalière

« Piètre Gadoche s’était trompé quelque peu dans ses calculs, ce qui arrive, dit-on, aux mathématiciens les plus habiles. Tout ne va pas, en ce monde, sur des roulettes, même les coquineries les mieux montées. Piètre Gadoche avait voulu faire sortir de Paris, où la bataille décisive était impossible, le chevalier de Saint-Georges, et il avait réussi ; mais, cinq jours après la promenade militaire effectuée de l’hôtel de Lauzan à la ville qui fut le berceau de Marguerite de Navarre et de Louis XIV, le chevalier de Saint-Georges était encore à Saint-Germain-en-Laye.

Le prétendant était retenu là, non plus par la nécessité, mais par le charme qu’il éprouvait à voir réunies lady Mary Stuart de Rothsay et sa mère, ses deux amours. Longtemps après, à Rome, quand il regardait des hauteurs du Vatican le lointain de sa jeunesse, il déclara bien souvent que cette semaine perdue à Saint-Germain représentait les plus heureux jours de sa vie.

Piètre Gadoche, dans sa sagesse, avait décidé que le dénoûment de cette royale tragi-comédie devait avoir lieu à Nonancourt. Peut-être, en cela, se trompait-il encore. »

Extrait de : P. Féval. « La Cavaliere. »

L’homme sans bras par Paul Féval

Fiche de L’homme sans bras

Titre : L’homme sans bras
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1881
Editeur : Feedbooks

Première page de L’homme sans bras

« Tanneguy ne savait pas trop au juste si la vieille métayère de Château-le-Brec, sèche et raide sous sa coiffe, était bien son aïeule. Au bourg d’Orlan, les bonnes gens l’appelaient tantôt Tanneguy Le Brec, tantôt le petit Monsieur. Pourquoi ce dernier nom, s’il était le fils d’une fermière ? Quant à cela, il ne s’était point fait faute de questionner à tort et à travers : mais les bonnes gens du bourg n’en savaient pas beaucoup plus long que lui.

Douairière Le Brec n’était pas, d’ailleurs, une fermière à la douzaine ; elle portait des habits de paysanne en étoffe de soie. Tanneguy n’avait jamais été vêtu comme ses compagnons d’enfance. Certes, au milieu du Palais-Royal, tout plein de vainqueurs à breloques, les doigts passés dans la double fente de leurs pantalons de nankin à petit pont, les cheveux frisottés, les favoris roulés, le binocle énorme au creux de l’estomac, Tanneguy ne pouvait point passer pour un mirliflor ; mais il avait un pantalon flottant de toile écrue sur sa guêtre pareille et bien lacée ; une jaquette de velours nantais dessinait sa taille gracieuse et déjà robuste ; »

Extrait de : P. Féval. « L’homme sans bras. »

Jean Diable – Tome 2 par Paul Féval

Fiche de Jean Diable – Tome 2

Titre : Jean Diable – Tome 2
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1861
Editeur : Bibebook

Sommaire de Jean Diable – Tome 2

  • Le procès criminel

Première page de Le procès criminel

« Juge Bamboche.

Il était assis sur son siége, le juge bamboche (puppet-Justice), l’homme le plus gai de Londres ; son siège était une barrique, dont le ventre largement ouvert et chantourné formait un fauteuil commode en même temps que majestueux. Devant lui était sa table : une vieille planche sur deux tréteaux, supportant un effrayant verre de gin. Pour simarre, il avait la jaquette goudronnée des porteurs de charbon ; pour perruque, il portait un paquet d’étoupes qui avait dû servir longtemps de faubert et laver le pont de bien des alléges. Auprès de lui reposaient sa pipe et sa poche à tabac, ainsi que son chapeau muni d’un appendice long et large comme cette queue du castor architecte qui attendrit tous les naturalistes. Cette queue ici n’est pas une truelle, c’est le bouclier qui protège la rude peau d’Hercule charbonnier contre les caresses de son panier trop lourd.

A sa droite, son greffier s’asseyait ; à sa gauche, dans une autre barrique, siégeait l’attorney du roi. Les avocats étaient à leurs bancs, l’accusé sur sa sellette, l’auditoire les pieds dans la boue. »

Extrait de : P. Féval. « Jean Diable – Tome II. »

Jean Diable – Tome 1 par Paul Féval

Fiche de Jean Diable – Tome 1

Titre : Jean Diable – Tome 1
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1861
Editeur : Bibebook

Sommaire de Jean Diable – Tome 1

  • Une nuit à Londres
  • Le chateau de Belcamp

Première page de Une nuit à Londres

« Le quatorzième jour de mars de l’année 1817, Gregory Temple, intendant supérieur au bureau central de Scotland-Yard s’asseyait devant sa longue table de chêne noir et tenait son front entre ses mains, plongé qu’il était sans doute tout au fond de ces savants calculs déductionnistes qui ont rendu son nom si célèbre dans les fastes de la police londonnienne, et qui font encore de lui à l’heure présente le miroir le plus parfait du détectif sans peur et sans reproche : La table, dont le bois disparaissait, d’ordinaire sous la multitude des papiers épars, était aujourd’hui presque nette, et il était aise de faire le compte des objets qu’elle supportait.

Il y avait devant Gregory Temple un dossier assez volumineux, dont l’enveloppe ou chemise portait ces mots : Assassinat de Constance Bartolozzi, 3 février 1817 ; à sa gauche était un mouchoir de toile fine, avec une lettre ouverte ; le mouchoir était taché de deux ou trois gouttes de sang et marqué R. T. ; la lettre était signée des mêmes initiales. A droite enfin, une demi-douzaine de feuilles-épreuves d’imprimerie, corrigées et chargées de renvois, s’étalaient. »

Extrait de : P. Féval. « Jean Diable – Tome I. »

Fontaine aux perles par Paul Féval

Fiche de Fontaine aux perles

Titre : Fontaine aux perles
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1880
Editeur : WikiSources

Première page de Fontaine aux perles

« Les deux voyageurs

En 1772, la forêt de Rennes rejoignait encore, par une ligne non interrompue de taillis, les grands bois de Broons. La petite rivière de Vanvre, modeste affluent de la Vilaine, coulait obscurément parmi les vastes friches et les interminables bruyères qui côtoyaient la lisière orientale de la foret.
À peu près à égale distance du bourg de la Bouëxière et de Thorigné, la Vanvre s’encaissait en un petit vallon dont les rampes se couvraient de jeunes taillis, entre lesquels de rares baliveaux dressaient ça et là leurs têtes rondes.
La route qui conduisait de Broons à Saint-Aubin-du-Cormier, route dont s’éloigne considérablement le nouveau chemin communal, suivait une sorte de ravin qui venait couper à angle droit la petite vallée et le cours de la Vanvre.
Cette route, creuse, descendait presque à pic la rampe nord du vallon et venait aboutir à un petit pont formé de deux madriers, soutenus dans l’eau par des poutres.
Les voitures ne pouvaient point passer sur cette arche frêle, et il fallait avoir confiance en sa monture pour s’y risquer à cheval. »

Extrait de : P. Féval. « Fontaine aux Perles. »

Douze femmes par Paul Féval

Fiche de Douze femmes

Titre : Douze femmes
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1878
Editeur : BnF

Sommaire de Douze femmes

  • Eve
  • Gaïte
  • Fleur des batailles
  • Francine
  • Marina
  • Mariole
  • Clémentine
  • Claire
  • Miss Anna
  • Ernestine Quesnot
  • Mademoiselle de Presmes
  • Juliette

Première page de Eve

« PREMIÈRE LETTRE
Robert à Charles

Depuis quelques jours je remets sans cesse à vous écrire. J’attendais le dénouement d’une romanesque aventure dont je suis le héros, pour vous la raconter en détail. Le dénouement est venu ; je n’ai pas lieu d’en être très fier : néanmoins je ne m’en plains pas. Il m’est arrivé, comme à tous, et vous le savez mieux que personne, vous dont j’ai fatigué la patiente amitié à force de confidences, il m’est arrivé de subir en amour de cruels désappointements. Leur souvenir est resté vif en moi ; quand j’y songe, j’éprouve encore une sorte de ressentiment mêlé de dépit, de honte et de souffrance : la mémoire est si fidèle à garder ouvert son livre aux pages qu’on voudrait en arracher ! Mais cette fois ma chute a été si doucement ménagée, j’ai trouvé à ma déconvenue une si aimable consolation, que, en définitive, le dépit a eu tort. »

Extrait de : P. Féval. « Douze femmes. »

Corbeille d’histoires par Paul Féval

Fiche de Corbeille d’histoires

Titre : Corbeille d’histoires
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1880
Editeur : BnF

Première page de Corbeille d’histoires

« On se rend au Mont-Saint-Michel par la ligne de Paris à Brest en faisant coude à Vitré, respectable petite ville bretonne que madame la marquise de Sévigné a illustrée rien qu’en y venant toucher les fermages de sa terre des Rochers. Vous figurez-vous la cataracte d’épithètes étonnées qui eût jailli de sa plume si, au lieu d’apprendre seulement la tardive folie de Mademoiselle, Sévigné avait vu un jour, de ses yeux, passer sous sa fenêtre, en foudre, ce monstrueux dragon qui s’appelle un train express, et respiré la noire haleine qu’il vomit, et entendu le terrible râle de ses poumons ? Le bel étang de Paintourteau, qui baignait les domaines de la tout aimable marquise, mis à sec et rempli d’adjectifs, n’aurait point fourni de quoi peindre, cette fois, ses légitimes stupeurs. »

Extrait de : P. Féval. « Corbeille d’histoires. »