Étiquette : A comme Association
Le regard brûlant des étoiles par Erik L’Homme
Fiche de Le regard brûlant des étoiles
Titre : Le regard brûlant des étoiles (Tome 8 sur 8 – A comme association)
Auteur : Erik L’Homme
Date de parution : 2012
Editeur : Gallimard / Rageot
Première page de Le regard brûlant des étoiles
« Je suppose que le Sphinx a explicitement demandé à être enterré.
Moi, depuis que je sais que des goules hantent les cimetières, je penche plutôt pour la crémation.
De toute façon, dans un funérarium ou devant une tombe fraîchement creusée, l’ambiance reste la même.
Silencieuse et digne.
Triste.
Mortelle…
Dans le cimetière Stephen King, les arbres qui dressent vers le ciel leurs longs bras squelettiques font office de gardiens.
Aux États-Unis, ce genre d’endroits, grands comme des parkings de supermarché, permet à des limousines de dégorger les men in black venus rendre un dernier hommage à leurs camarades tombés dans l’exercice du devoir.
Ici, l’espace entre les tombes est à peine suffisant pour accueillir la douzaine de personnes présentes. »
Extrait de : E. L’Homme. « Le regard brûlant des étoiles – A comme association. »
Car nos coeurs sont hantés par Erik L’Homme

Fiche de Car nos coeurs sont hantés
Titre : Car nos coeurs sont hantés (Tome 7 sur 8 – A comme association)
Auteur : Erik L’Homme
Date de parution : 2012
Editeur : Gallimard / Rageot
Première page de Car nos coeurs sont hantés
« – Tu as une tête horrible, sorcière. Tu aurais dû dormir, au lieu de faire les cent pas toute la nuit.
– Ce que je fais de mes nuits ne te regarde pas, démon.
Quant à ma tête, si elle te déplaît, je peux toujours ranger dans un placard le miroir qui te sert de prison,
comme ça tu ne la verras plus !
– Je retire ce que j’ai dit à propos de ta tête. Je m’ennuie déjà à mourir, alors quitter le mur de ta cuisine pour l’obscurité d’une étagère… Je préfère ne pas y penser !
– Penses-y, au contraire. Ça t’évitera des problèmes. Je ne suis pas d’humeur à supporter tes sarcasmes.
– J’en prends bonne note, sorcière. Alors ?
– Alors quoi ? Tu veux toujours savoir ce que j’ai fait de ma nuit ?
– Oh, oui ! Nous vivons un moment historique : la débâcle de l’Association. Je ne veux pas en perdre une
miette !
– Débâcle ? »
Extrait de : E. L’Homme. « Car nos coeurs sont hantés – A comme association. »
Ce qui dort dans la nuit par Erik L’Homme

Fiche de Ce qui dort dans la nuit
Titre : Ce qui dort dans la nuit (Tome 6 sur 8 – A comme association)
Auteur : Erik L’Homme
Date de parution : 2011
Editeur : Gallimard / Rageot
Première page de Ce qui dort dans la nuit
« Tout est sombre. Désespérément obscur.
Je m’enfonce dans une galerie déserte. Je martèle de mes semelles métalliques le sol dur et froid.
Autour de moi patrouillent des volutes de fumée grise.
La roche creusée, éventrée, martelée, martyrisée, transpire un écœurant goudron, une substance poisseuse qui ressemble à du sang.
J’avance sans savoir où je vais, les poumons brûlés par l’air vicié.
Comme un somnambule surpris.
Un pied après l’autre.
Mains en avant pour ne pas me cogner.
La galerie débouche sur une caverne immense. Roche irrégulière et béton lisse, comme de la glace. Étrange le béton. Des tentures sanglantes dégoulinent le long des parois.
Je me rends compte que je vois tout, absolument tout, en nuances de noir et de rouge. Comme si un filtre avait chassé les autres couleurs de mes yeux. »
Extrait de : E. L’Homme. « A Comme Association – Ce qui dort dans la nuit. »
Là où les mots n’existent pas par Erik L’Homme

Fiche de Là où les mots n’existent pas
Titre : Là où les mots n’existent pas (Tome 5 sur 8 – A comme association)
Auteur : Erik L’Homme
Date de parution : 2011
Editeur : Gallimard / Rageot
Première page de Là où les mots n’existent pas
« Ombe ne mentait pas. On vole littéralement.
Plus de feux, plus de panneaux, juste les lumières de la ville qui se confondent dans une grande traînée lumineuse.
Et le rugissement du moteur.
Je me cramponne, les deux bras autour de sa taille.
Je ne peux m’empêcher de respirer son odeur, près de son cou. Ce n’est pas du parfum mais une fragrance naturelle. Un mélange de mousse et d’herbe brûlée, de pierre chauffée au soleil et d’eau de rivière.
C’est délicieux.
Mon cœur s’affole tandis que je me contrains au calme.
Le mot « sœur » m’est venu naturellement, tout à l’heure. Il s’est imposé à moi comme une évidence. Il me paraissait le plus adapté, le plus juste pour décrire ce que je ressens au fond de moi depuis ce soir – depuis toujours ? »
Extrait de : E. L’Homme. « A Comme Association – Là où les mots n’existent pas. »
Le subtil parfum du soufre par Pierre Bottero

Fiche de Le subtil parfum du soufre
Titre : Le subtil parfum du soufre (Tome 4 sur 8 – A comme association)
Auteur : Pierre Bottero
Date de parution : 2011
Editeur : Gallimard / Rageot
Première page de Le subtil parfum du soufre
« Je coupe le contact.
Ma Kawa émet un feulement déçu mais, docile autant que teigneuse, abandonne la nuit au silence.
J’enlève mon casque pour jeter un coup d’œil autour de moi. Le quai est désert.
D’un côté, une série d’entrepôts vétustes auxquels s’adossent des conteneurs moribonds, de l’autre le ruban sombre et lisse de la Seine qui ondoie doucement. Sous mes pieds un goudron humide de la dernière averse, des résidus de poubelles éventrées et des flaques d’eau huileuse dans lesquelles se reflète la lune obèse qui surveille Paris.
Une brève hésitation et je décide de ne pas attacher ma bécane. Il n’y a personne dans le coin et si, par hasard, il y avait quelqu’un et qu’un repli stratégique s’impose, je serais heureuse de ne pas perdre cette fameuse seconde qui marque si souvent la différence entre la vie et la mort. »
Extrait de : P. Bottero. « A Comme Association – Le subtil parfum du soufre. »
L’étoffe fragile du monde par Erik L’Homme

Fiche de L’étoffe fragile du monde
Titre : L’étoffe fragile du monde (Tome 3 sur 8 – A comme association)
Auteur : Erik L’Homme
Date de parution : 2011
Editeur : Gallimard / Rageot
Première page de L’étoffe fragile du monde
« Ce soir, c’est LE soir.
Le grand soir.
Pour au moins trois raisons.
D’abord, c’est le solstice d’hiver. La nuit la plus longue de l’année. À partir de demain, les jours cheminent imperceptiblement (mais sûrement) vers l’été et la fin de l’année scolaire. C’est pas chouette,
ça ?
Deuxième raison de se réjouir, pour tous ceux qui sont incapables de se projeter dans l’avenir mais qui apprécient néanmoins les expériences musicales : ce soir est celui du premier concert du groupe Alamanyar, dont je suis le joueur de cornemuse attitré (et attristant, disent certaines mauvaises langues dont la jalousie n’a d’égal que le manque de goût). Un bon vieux groupe de rock, tirant sur le médiéval et le néo-folk. »
Extrait de : E. L’Homme. « A Comme Association – L’étoffe fragile du monde. »
Les limites obscures de la magie par Pierre Bottero

Fiche de Les limites obscures de la magie
Titre : Les limites obscures de la magie (Tome 2 sur 8 – A comme association)
Auteur : Pierre Bottero
Date de parution : 2010
Editeur : Gallimard / Rageot
Première page de Les limites obscures de la magie
« – Ombe !
Je me retourne, ce qui est, avouons-le, assez logique. Ombe est mon prénom et je suis la seule à le porter
dans le coin, coin étant ici utilisé au sens le plus large du mot. Il en découle que c’est forcément moi que l’interpeleur interpelle. (Inutile de me faire remarquer qu’interpeleur n’est pas français, je le sais mais j’aime inventer des mots.)
Donc, je me retourne.
Et pas seulement par curiosité.
J’ignore si c’est le fait de me frotter régulièrement à des phénomènes étranges, pour ne pas dire franchement magiques, mais j’ai développé un sixième sens foireux qui me souffle à tout bout de champ que le nœud des possibles est en train d’exploser pour laisser entrer le rêve dans ma vie.
En termes plus clairs : et si c’était Brad Pitt qui m’appelait ?
Naïve, moi ? Non, pas vraiment. Enfin… je ne crois pas. »
Extrait de : P. Bottero. « Les limites obscures de la magie – A comme association. »
La pâle lumière des ténèbres par Erik L’Homme

Fiche de La pâle lumière des ténèbres
Titre : La pâle lumière des ténèbres (Tome 1 sur 8 – A comme association)
Auteur : Erik L’Homme
Date de parution : 2010
Editeur : Gallimard / Rageot
Première page de La pâle lumière des ténèbres
« Je m’appelle Jasper. Pourquoi pas Gaspard, comme tout le monde, il faut le demander à mes parents.
Sans garantie de réponse.
Je crois que ma mère avait un oncle dénommé Gaspard qu’elle aimait beaucoup. Lorsque je suis né, il y a environ seize ans de ça, elle a immédiatement pensé à lui, mais elle n’a pas voulu emprunter son nom sans son accord (ce qui aurait été difficile, ledit Gaspard étant mourant à l’époque).
Je précise tout de suite que ma mère est plutôt bizarre.
J’aurai l’occasion d’y revenir.
Mon père s’est finalement débarrassé du problème (c’est sa spécialité) en lui donnant une dimension internationale (une autre de ses spécialités…). Ils ont donc cousu Jasper, la version anglaise de Gaspard, sur ma layette.
Une chance que Casper soit un gentil fantôme parce que c’est comme ça qu’on m’a appelé jusqu’à la fin de l’école primaire. »
Extrait de : E. L’Homme. « A Comme Association – La pâle lumière des ténèbres. »