Étiquette : Albin Michel
Eterna par C. D. Simak
Fiche d’Eterna
Titre : Eterna
Auteur : C. D. Simak
Date de parution : 1967
Traduction : F. Lourbet
Editeur : Albin Michel
Première page d’Eterna
« Le « jury » cliquetait allègrement en dactylographiant à toute allure le verdict. La feuille de papier se couvrait de lettres qui formaient des mots. Ils devenaient à leur tour des phrases.
La machine s’arrêta et le juge fit un signe de tête au greffier. Celui-ci s’avança vers le jury, dégagea la feuille de papier portant la sentence, la prit à deux mains et se tourna vers le magistrat :
— Accusé, levez-vous, dit celui-ci.
Franklin Chapman se dressa sur ses pieds. Ann Harrison, assise à ses côtés, l’imita et lui posa la main sur le bras. À travers le mince tissu de la chemise, elle sentait les muscles de l’homme se contracter. »
Extrait de : C. D. Simak. « Eterna. »
Les prairies bleues par A. C. Clarke
Fiche de Les prairies bleues
Titre : Les prairies bleues
Auteur : A. C. Clarke
Date de parution : 1957
Traduction : R. Albeck
Editeur : Albin Michel
Première page de Les prairies bleues
« L’apprenti
Un tueur en liberté dans le pâturage !
La patrouille aérienne du Pacifique Sud avait aperçu le grand cadavre ballotté par les vagues qu’il teignait de cramoisi. En quelques secondes, l’alerte s’était étendue à tout le dispositif complexe de surveillance. De San Francisco à Brisbane, les ordinateurs cliquetaient et des hommes traçaient des cercles de délimitation sur des cartes. Et Don Burley, se frottant encore les yeux, se trouva installé devant le tableau de bord du minuscule patrouilleur N°5 qui gagnait déjà ses vingt brasses de fond.
Enfin ! Avec cette alerte dans son secteur, c’était la première sensation forte depuis des mois. Les yeux fixés sur les instruments dont dépendait sa vie, il tenta de prévoir la suite. Que s’était-il passé ? Rien de plus qu’un message très bref rendant compte »
Extrait de : A. C. Clarke. « Les prairies bleus. »
Le monde obscur par H. Kuttner
Fiche de Le monde obscur
Title : Le monde obscur
Auteur : H. Kuttner
Date de parution : 1946
Traduction : A. Modlinger
Editeur : Albin Michel
Première page de Le monde obscur
« Des feux dans la nuit
Au nord, sur la face sombre du ciel, on pouvait apercevoir un mince filet de fumée. Je me sentis à nouveau envahi d’une peur irrésistible. J’eus le sentiment de sombrer dans un cauchemar sans fond, mais, en même temps, un sentiment contraire, celui de la futilité de mes craintes. Il ne s’agissait en fin de compte que d’une colonne de fumée s’élevant des marécages de Limberlost, à cinquante lieues de Chicago, d’où, me disais-je, toute trace de superstition a été depuis bien longtemps extirpée, à coups d’acier et de béton armé. »
Extrait de : H. Kuttner. « Le Monde Obscur. »
Les mutants du brouillard par A. et B. Strougatski
Fiche de Les mutants du brouillard
Titre : Les mutants du brouillard
Auteur : A. et B. Strougatski
Date de parution : 1972
Traduction : P. Chwat
Editeur : Albin Michel
Première page de Les mutants du brouillard
« Lorsque Irma sortit en refermant soigneusement la porte derrière elle, maigre, de longues jambes, souriant avec courtoisie de sa grande bouche aux lèvres éclatantes comme celles de sa mère, Victor s’appliqua à rallumer sa cigarette à demi éteinte. (Ce n’est pas du tout une enfant, pensa-t-il, abasourdi. Les enfants ne parlent pas de la sorte. Ce n’est même pas de la grossièreté, c’est… de la dureté, pas même de la dureté, tout simplement de l’indifférence. C’est comme si elle nous avait démontré un théorème – ayant tout calculé, tout analysé, et ayant gravement annoncé le résultat, elle s’est éloignée en laissant balancer ses nattes et avec une parfaite sérénité.)
Combattant un sentiment de gêne, Victor porta son regard sur Lola. Le visage de celle-ci était couvert de plaques rouges, ses lèvres tremblaient, don- »
Extrait de : A. et B. Strougatski. « Les mutants du brouillard. »
La troïka par A. et B. Strougatski
Fiche de La troïka
Titre : La troïka
Auteur : A. et B. Strougatski
Date de parution : 1972
Traduction : P. Chwat
Editeur : Albin Michel
Première page de La troïka
« L’histoire débute au beau milieu d’une journée de travail. Je suais à grosses gouttes sur la rédaction de l’habituelle réclamation à adresser à l’usine des techniques magnétiques de Kitejgrad lorsque mon ami Edik Ampériane se présenta à mon bureau. D’une exquise politesse et de parfaite éducation, il n’avait pas surgi sans crier gare, ne s’était pas brusquement emparé du siège réservé aux visiteurs, n’avait pas effrontément fait irruption à travers un mur et ne s’était pas engouffré par le vasistas ouvert à coups de lance-pierres. La plupart de mes amis sont généralement pressés d’arriver on ne sait où, sont toujours en retard, aussi jaillissent-ils avec une totale désinvolture, négligeant les voies d’accès qu’empruntent ceux du commun. Edik, lui, n’appartient pas à cette race et il était tout bonnement entré »
Extrait de : A. et B. Strougatski. « La Troïka. »
Le voyage fantastique par I. Asimov
Fiche de Le voyage fantastique
Titre : Le voyage fantastique (Tome 1 sur 2 – Le voyage fantastique)
Auteur : I. Asimov
Date de parution : 1966
Traduction : R. Latour
Editeur : Albin Michel
Première page de Le voyage fantastique
« L’avion
C’était un vieil avion, un quadriréacteur à plasma retiré du service actif. Il avait pris une route qui n’était ni économique ni spécialement sûre : un vol de douze heures à travers des bancs de nuages, alors qu’il n’en aurait fallu que cinq pour un supersonique à fusée.
Dans un peu plus de soixante minutes, il serait arrivé à destination.
L’agent à bord savait que son rôle dans cette affaire ne serait pas terminé avant l’atterrissage ; il savait aussi que la dernière heure serait la plus longue.
Il lança un coup d’œil en direction du seul autre passager de la cabine, qui somnolait, le menton affaissé sur la poitrine.
Ce passager n’avait l’air ni remarquable ni impressionnant ; il n’en était pas moins, pour l’in- »
Extrait de : I. Asimov. « Le voyage fantastique – Le Voyage fantastique. »
L’espion du dimanche par R. Sheckley
Fiche de L’espion du dimanche
Titre : L’espion du dimanche
Auteur : R. Sheckley
Date de parution : 1965
Traduction :
Editeur : Albin Michel
Première page de L’espion du dimanche
« La journée avait été longue et pénible. Mes rendez-vous m’avaient conduit dans tout Paris ; de l’Opéra au faubourg Saint-honoré, en passant par Vanves sur la rive gauche, puis de nouveau à l’Opéra. Résultats néant.
Il était près de sept heures lorsque je m’extirpais du métro à la station Cluny. C’était avril à Paris ; une file ininterrompue de camions descendait à toute allure le boulevard Saint-Michel. Une pluie froide tombait sans arrêt. J’étais fatigué, mes pieds me faisaient mal et je me sentais frustré. Parler français à des réceptionnistes maussades m’avait écorché la langue. Je n’avais plus qu’une envie : rentrer chez moi ; mais j’avais promis à George de le rencontrer pour prendre un verre.
Il m’attendait dans un bistrot sordide près de la rue des Écoles. Un moment, nous parlâmes du temps. Finalement, il me demanda si j’avais trouvé du boulot. Comme je lui répondais négativement, il devint très pensif.
Je connais George depuis le lycée, mais nous avons très peu de points communs. Il est trapu, volontaire, excessivement pratique, alors que je suis grand, impulsif et plutôt attiré par les spéculations incertaines. George est venu en Europe pour occuper un poste technique secondaire dans l’administration d’une agence peu connue ; je n’ai pas, quant à moi, attendu d’invitation spéciale pour y venir. »
Extrait de : R. Sheckley. « L’espion du dimanche. »
Opération Atlantis par Andre Norton
Fiche d’Opération Atlantis
Titre : Opération Atlantis
Auteur : Andre Norton
Date de parution : 1967
Traduction : B. Weiner
Edition : Albin Michel
Première page d’Opération Atlantis
« « L’Atlantide ? Un conte de fées ! » L’homme près de la fenêtre fit un demi-tour. « Tu plaisantes…» Il protesta d’abord avec assurance, mais cette assurance reflua devant le visage impassible de son compagnon.
« Tu as vu les films des trois premiers essais. Était-ce là le produit de l’imagination de quelqu’un ? Tu as contrôlé toutes les mesures de sécurité prévues pour s’assurer du contraire. Un conte de fées, dis-tu ? » L’air paisible, l’homme grisonnant s’affaissa un peu plus dans son siège. « Je me demande ce qui est vraiment enfoui, à la source de certains de nos contes traditionnels. Les sagas Scandinaves, considérées autrefois comme de la pure fiction, se sont révélées depuis longtemps être les chroniques d’événements historiques. Notre folklore, le plus souvent, n’est qu’une accumulation de réminiscences dénaturées, de clan, de tribu, ou de nation. Prends les dragons : il y eut un temps où des dragons cuirassés arpentaient la planète… »
Extrait de : A. Norton. « Opération Atlantis. »
Protecteur par L. Niven
Fiche de Protecteur
Titre : Protecteur
Auteur : L. Niven
Date de parution : 1973
Traduction : R. Latour
Editeur : Albin Michel
Première page de Protecteur
« Il était assis devant un cercle de deux mètres cinquante de twing clair, sans quitter des yeux un panorama qui n’avait rien de très passionnant.
Dix ans plus tôt, ces étoiles-là avaient été un saupoudrage de points rouge mat dans son sillage. Lorsqu’il avait pu les regarder de face, elles luisaient d’un éclat bleu diabolique, assez puissant pour lui permettre de lire. Vues latéralement, les plus grosses s’étaient nettement aplaties. Mais à présent elles n’étaient plus que des points blancs éparpillés sur un ciel presque tout noir. C’était un ciel de solitude. Des nuages de poussière cachaient la splendeur flamboyante de la patrie.
La lumière au centre du panorama n’était pas une étoile. Grande comme un soleil et sombre en son centre, elle brillait avec une force capable de perforer une rétine d’homme. C’était la lueur d’un statoréacteur Bussard à une douzaine de kilomètres. À quelques années d’intervalle, Phssthpok passait un peu de temps à observer le jet du propulseur, rien que pour vérifier sa régularité. Une fois, il avait repéré une lente oscillation périodique assez tôt pour empêcher son vaisseau de devenir une minus- »
Extrait de : L. Niven. « Protecteur. »