Étiquette : auteur-Andrevon
Ne coupez pas ! par J.-P. Andrevon

Fiche de Ne coupez pas !
Titre : Ne coupez pas !
Auteur : J.-P. Andrevon
Date de parution : 1985
Editeur : Editions La découverte
Sommaire de Ne coupez pas !
- France-Nouvelles 21/06/1999
- Ne coupez pas !
- France-Nouvelles 22/06/1999
- Jusqu’à la victoire finale !
- France-Nouvelles 23/06/1999
- Brouillage PSI
- France-Nouvelles 24/06/1999
- Intérieur, nuit / Extérieur, jour
- France-Nouvelles 25/06/1999
- La muraille occident
- France-Nouvelles 26/06/1999
- Le grand jour
- France-Nouvelles 27/06/1999
- Il avait failli se passer quelque chose
- France-Nouvelles 28/06/1999
- Pénurie
- France-Nouvelles 29/06/1999
- World-News (…) 1999
Première page de Ne coupez pas !
« DRIIIIN… DRIIIIN… DRIIIIN…
…
— Allô ? Allô ? Il y a quel…
…
— Allô ! Je… Vous… Allô ? Al…
…
— Écoutez… Écoutez-moi, bon sang ! Il ne faut pas qu’on parle en même temps sinon…
…
— Mais oui ! Je disais : parlons pas en même temps, sinon on va pas arriver à se comprendre… Alors moi je suis…
…
— Écoutez… Écoutez-moi madame… ou mademoiselle, je… hein ?
…
— Oui, bien sûr je vais vous le dire… Mais si vous me laissiez seulement le temps d’en placer une je pourrais… »
Extrait de : J.-P. Andrevon. « Ne coupez pas. »
Les revenants de l’ombre par J.-P. Andrevon

Fiche de Les revenants de l’ombre
Titre : Les revenants de l’ombre
Auteur : J.-P. Andrevon
Date de parution : 1989
Editeur : Denoël
Première page de Les revenants de l’ombre
« Le vallon est allongé, en forme de cédille. C’est une cicatrice claire dans le pelage foncé des collines environnantes, une larme de verdure qui tranche sur la rudesse bigarrée des pins, des épicéas, des chênes, des trembles, qui couvrent cette région au relief tourmenté.
À l’est, au nord, la plaine nue est riche en cultures céréalières, en vignobles prestigieux, en gras pâturages ; vers l’ouest, l’eau se mêle à la terre dans un puzzle d’étangs et de fondrières, et les grandes villes de la région, Châlons, Épernay, Troyes, Reims, paraissent plus éloignées qu’elles ne le sont en réalité. C’est que l’endroit est sauvage et qu’aux alentours du vallon les collines moutonnent, épaule contre épaule, laissant à peine la place à un ravin encaissé, une combe touffue, un précipice inhospitalier. »
Extrait de : J.-P. Andrevon. « Les revenants de l’ombre. »
Les retombées par J.-P. Andrevon

Fiche de Les retombées
Titre : Les retombées
Auteur : J.-P. Andrevon
Date de parution : 2014
Editeur : Le passager clandestin
Première page de Les retombées
« Par la suite, leur appréciation sur la force, la durée, la distance de l’éclair, varia considérablement : le souvenir qu’ils en gardaient, l’impression qui restait attachée à leur physique et à leur mental ne concordaient pas.
Pour François, l’éclair n’avait duré qu’une fraction de seconde ; mais il faut dire qu’il s’était immédiatement couvert les yeux de ses mains, puis jeté à plat ventre sur le sol après avoir tourné le dos à la direction de la déflagration, inspiré peut-être par la lecture de vieilles brochures de la Protection civile. Le couple pensait que l’éclair avait au contraire flamboyé pas loin d’une minute ; trente secondes au moins, précisait la femme ; en fait, pour lui et pour elle, ce n’avait pas été véritablement un éclair, mais plutôt une énorme flamme à la base renflée et au sommet pointu qui avait illuminé l’horizon, comme si un titan avait craqué une allumette au ras de la vallée. »
Extrait de : J.-P. Andrevon. « Les retombées. »
Les guerriers de la nuit par J.-P. Andrevon

Fiche de Les guerriers de la nuit
Titre : Les guerriers de la nuit
Auteur : J.-P. Andrevon
Date de parution : 2011
Editeur : Flammarion
Première page de Les guerriers de la nuit
« LA NUIT ROUGE
La nuit est rousse, couleur de la pleine lune ouverte dans une étroite bande de ciel fuligineux, œil de cyclope à la sclérotique ensanglantée. L’homme se tient plaqué à la paroi du canyon dont il sent dans son dos les aspérités rocheuses lui entrer douloureusement dans les côtes. Il doit serrer les paupières, cligner des yeux à cause de la poussière soulevée par le vent qui balaye le défilé, criblant sa figure de grenailles infinitésimales.
L’homme sursaute, ses omoplates entrent un peu plus durement encore en contact avec la roche. Il a cru… mais non, ce n’est qu’une boule d’adobe qui roule en cahotant, charriée par la bourrasque. Ce vent moite ne cessera-t-il jamais ? Les rafales de sable rouge lui masquent toute visibilité au niveau du sol à guère plus de dix mètres. Comment, dans ce cas, faire face avec efficacité à l’approche de »
Extrait de : J.-P. Andrevon. « Les guerriers de la nuit. »
Les crocs de l’enfance par J.-P. Andrevon

Fiche de Les crocs de l’enfance
Titre : Les crocs de l’enfance
Auteur : J.-P. Andrevon
Date de parution : 1999
Editeur : Denoël
Sommaire de Les crocs de l’enfance
- Le téléphone sonne
- La neige
- Un enfant solitaire
- La nuit des petits couteaux
- Apparition des monstres
- Belle et sombre
- Les crocs de l’enfance
Première page de Le téléphone sonne
« On frappait sur son crâne à coups de marteau.
Les coups s’enfonçaient dans son crâne, traversaient la voûte d’os de son crâne. Il se mit à crier de douleur. Il se redressa, porta les mains à son crâne, à ses tempes, pour se protéger des coups. Sa tête sonnait, sa tête résonnait. Il respira bruyamment, gémit. Ses mains se décollèrent en tremblant de la peau de son crâne, moite sous les cheveux emmêlés. Les coups faiblirent, s’estompèrent.
On ne le frappait pas. Aucun marteau ne s’acharnait sur sa tête. Qui l’aurait ainsi frappé, chez lui, en pleine nuit ? C’était seulement quelqu’un qui frappait à sa porte. Quelqu’un qui était derrière la porte, qui voulait entrer, et qui cognait sur le battant.
Il essaya de se laver de la boue qui lui emplissait le crâne. »
Extrait de : J.-P. Andrevon. « Les crocs de l’enfance. »
Le visiteur de l’anti-monde par J.-P. Andrevon

Fiche de Le visiteur de l’anti-monde
Titre : Le visiteur de l’anti-monde
Auteur : J.-P. Andrevon
Date de parution : 2000
Editeur : Editions Degliame
Première page de Le visiteur de l’anti-monde
« Un mirage pour des Mirage
Le P.C. opérationnel bourdonnait sagement. À sept mètres sous terre, il offrait son visage habituel des temps de paix, avec sa douzaine d’officiers de l’armée de l’air avachis devant les pupitres où s’alignaient les écrans de surveillance multicolores.
Sous le plafond cintré, quelques rampes fluorescentes grésillaient, maintenant la voûte de béton brut dans une pénombre léthargique. À l’inverse, la brillance vert émeraude des moniteurs vidéo, celle, bleu turquoise, des écrans numériques et la vive lueur rouge minium émanant des deux grands planisphères qui se faisaient face, déployaient au niveau du sol un arc-en-ciel de lumières. Pour qui aurait été amateur d’art contemporain, le PC offrait une ressemblance frappante avec une salle d’exposition réservée aux projections vidéo et aux structures lumineuses… »
Extrait de : J.-P. Andrevon. « Le Visiteur de l’Anti-Monde. »
Le travail du furet par J.-P. Andrevon

Fiche de Le travail du furet
Titre : Le travail du furet
Auteur : J.-P. Andrevon
Date de parution : 2015
Editeur : Gallimard
Première page de Le travail du furet
« Le panneau de propagande du ministère Pop proclamait :
CONDITIONS DE VIE SAINES
MORTALITÉ EN RECUL !
Au cours de la dernière décennie,
grâce aux efforts du ministère de la Population :
- 5,8% de décès par cancers en moins
- 9,1% de décès par maladies
cardio-vasculaires en moins - 7,8% de décès par maladies virales en moins
Le baratin se poursuivait, grandiose, sur une dizaine d’autres lignes, mais je n’ai pas lu jusqu’au bout. J’étais bien content pour ceux qui n’étaient pas décédés de tout ça, mais pour l’instant ce n’était pas vraiment mon problème.
Mon problème était même plutôt inverse. »
Extrait de : J.-P. Andrevon. « Le Travail Du Furet. »
Le temps des grandes chasses par J.-P. Andrevon

Fiche de Le temps des grandes chasses
Titre : Le temps des grandes chasses
Auteur : J.-P. Andrevon
Date de parution : 1973
Editeur : Bragelonne
Première page de Le temps des grandes chasses
« Les doigts fins et translucides de l’aurore se posèrent sur la joue et l’épaule de Réda qui dormait.
Roll, qui était le premier à avoir émergé du sommeil, regarda la chair brune de sa compagne prendre peu à peu consistance dans l’eau violette qui baignait la case. Il faisait frais sous le toit d’humus où poussaient les larges feuilles à croissance rapide de la plante argoune. À travers les branches mal jointes de la paroi, trois ongles de lumière rosée s’étaient étirés et jouaient sans méchanceté sur la peau de la jeune fille endormie, commençant à la tirer doucement de l’inconscience nocturne.
Bientôt, une flèche de lumière ricocha sur l’une de ses paupières. Réda plissa le nez, éternua. Un petit nuage de poussière dorée s’éleva paresseusement au-dessus d’elle, puis s’éteignit en atteignant la zone d’ombre. »
Extrait de : J.-P. Andrevon. « Le Temps des Grandes Chasses. »
Le temps cyclothymique par J.-P. Andrevon

Fiche de Le temps cyclothymique
Titre : Le temps cyclothymique
Auteur : J.-P. Andrevon
Date de parution : 1989
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le temps cyclothymique
« Le soleil se leva sur Syrtis major. C’était une petite boule d’un blanc étincelant qui était restée longtemps cachée derrière une chaîne de collines tassées au bout de la plaine, loin à l’est. Maintenant, sa lumière crue envahissait la capsule. Foster R. Springsten masqua les deux fenêtres carrées qui faisaient face à l’astre du jour. De l’autre côté de la cabine, la plaine s’étendait à l’infini, grise et ocre.
Le cosmonaute fit trois pas dans la cellule. Il n’aurait pu faire plus, tant l’espace était réduit à l’intérieur du module martien I want. Allongé dans son fauteuil, Ernest C. Mackenzie dormait encore. Le lieutenant-colonel Springsten contempla un moment, à travers la visière baissée du casque, le visage de son compagnon, qui respirait paisiblement dans son sommeil. Puis il le secoua par l’épaule. Le commandant Mackenzie sortit immédiatement du sommeil. Ses yeux bleus s’ouvrirent, il se leva, fit jouer la visière de son casque, stoppa son arrivée d’air individuelle.
— Tu m’apportes mon petit déjeuner ? grogna-t-il. »
Extrait de : J.-P. Andrevon. « Le temps cyclothymique. »
Le petit garçon qui voulait être mort par J.-P. Andrevon

Fiche de Le petit garçon qui voulait être mort
Titre : Le petit garçon qui voulait être mort
Auteur : J.-P. Andrevon
Date de parution : 1999
Editeur : Les belles lettres
Sommaire de Le petit garçon qui voulait être mort
- Le petit garçon qui voulait être mort
- Regarde-le
- Et si nous allions danser ?
- Demain, je vais pousser
- Mort aux vieux !
- Qu’est-ce qui va encore arriver ?
- Condamné
- Une erreur au centre
Première page de Le petit garçon qui voulait être mort
« La dernière fois que le petit garçon vit sa grand-mère, il la vit morte.
Sa maman l’avait emmené, et son père. Son père lui avait dit : « Il faudra être sage, il ne faudra pas faire de bruit, il ne faudra pas la toucher. Elle dort, tu comprends ? »
Sa maman avait haussé les épaules, elle avait fait avec sa bouche ce bruit que le petit garçon n’aimait pas, elle avait regardé son mari avec ses yeux de colère. Elle avait dit : « Tu es stupide de lui parler ainsi. »
Le petit garçon n’avait pas compris pourquoi sa maman avait prétendu que son père était stupide. Mamie était couchée dans le grand lit à couverture violette et c’était vrai, elle dormait. Dans la chambre, où se trouvaient plusieurs personnes inconnues, flottait une odeur bizarre, un peu écœurante. Il sut plus tard que c’était de l’encens. »
Extrait de : J.-P. Andrevon. « Le Petit Garçon qui voulait être mort. »