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L’oeil derrière l’épaule par J.-P. Andrevon

Fiche de L’oeil derrière l’épaule
Titre : L’oeil derrière l’épaule
Auteur : J.-P. Andrevon
Date de parution : 2001
Editeur : Le Masque
Première page de L’oeil derrière l’épaule
« LE DÉMÉNAGEMENT
Les Woolwright quittèrent définitivement LA pour Harmony le dernier week-end de mai.
L’initiative venait de Pam, bien sûr. Jon avait tenté plusieurs semaines durant une résistance passive dont les bastions s’effondraient à mesure, louvoyant, faisant la sourde oreille, cherchant des prétextes futiles pour retarder l’irréparable. Il avait des raisons pour ça – ou au moins une, qu’il ne pouvait évidemment pas avouer à sa femme.
— On pourrait voir… attendre encore un peu.
— Un peu quoi ? persiflait-elle de sa voix la plus pointue.
— Je ne sais pas… que Veronika entre au lycée, par exemple.
— Mais ce n’est pas un peu, ça. C’est quatre ans ! »
Extrait de : J.-P. Andrevon. « L’oeil derrière l’épaule. »
L’arche par J.-P. Andrevon

Fiche de L’arche
Titre : L’arche
Auteur : J.-P. Andrevon
Date de parution : 1995
Editeur : Alfil
Sommaire de L’arche
- L’arche
- Le bal
Première page de L’arche
« L’arche est assemblée avec de gros moellons gris empilés, scellés avec du mortier rose qui, en séchant, devient brun clair. Les ouvriers y travaillent depuis… je ne sais plus. Depuis longtemps, en tout cas. Déjà l’arche traverse la vallée sur ses deux-tiers, peut-être bien sur ses trois-quarts, surplombant la ville de haut, à dix ou quinze mètres au-dessus des toits les plus élevés. C’est un ouvrage titanesque, qui m’emplit d’admiration. De crainte aussi, à cause de cette masse qui scie le ciel en deux, qui projette dans les rues et sur les façades une ombre dense et froide.
L’arche passe juste au-dessus de ma maison, menaçante, obscure. Le dernier pilier terminé, le plus proche de chez moi, s’enracine au beau milieu de la place Saint-Sépulcre. C’est un énorme tronc, rectangulaire de section, qui doit mesurer, au niveau de son assise, huit mètres sur douze. »
Extrait de : J.-P. Andrevon. « L’arche. »
L’anniversaire du Reich de mille ans par J.-P. Andrevon

Fiche de L’anniversaire du Reich de mille ans
Titre : L’anniversaire du Reich de mille ans
Auteur : J.-P. Andrevon
Date de parution : 2013
Editeur : Bélial
Première page de L’anniversaire du Reich de mille ans
« Orna ! Orna ! Le fer est assez chaud ? »
Le petit nez en trompette de Sigrid arrive à peine au niveau de la table. Elle avance un index intrépide, touche le flanc du fer à repasser. Un petit éclair de chaleur sèche. Sigrid retire son index brûlé. Mais elle ne crie pas, elle ne pleure pas. Le Führer la regarde. Et une fille de sept ans, une future Jungmädel, ne doit pas pleurer quand elle a mal.
« Je vais le repasser, Orna, je vais le repasser ! » couine Sigrid.
Orna, sa grand-mère Margrete, vient d’entrer dans la buanderie, et dresse contre la table de repassage sa corpulence de tour.
« Mais non, mein Püppchen, tu n’y arriveras pas, tu n’es pas assez grande, fait joyeusement Grossmutter Margrete. »
Extrait de : J.-P. Andrevon. « L’Anniversaire du Reich de mille ans. »
L’affaire du calmar dans le grenier par J.-P. Andrevon

Fiche de L’affaire du calmar dans le grenier
Titre : L’affaire du calmar dans le grenier
Auteur : J.-P. Andrevon
Date de parution : 2007
Editeur : ActuSF
Première page de L’affaire du calmar dans le grenier
« Le trou dans le toit
— Écoute, Béatrice…
Mais elle ne veut pas écouter, Béatrice. Et moi, je ne sais plus quoi lui dire. La ligne grésille quelques secondes au fond de l’écouteur avant qu’elle ne lâche :
— Il vaut mieux que je raccroche. On se rappellera dans deux ou trois jours, quand ça ira mieux. Ciao !
Ciao et cling. Elle a raccroché, cette salope. Elle s’est tirée dans l’éther, elle a baissé le rideau de fer. Quand une nana vous largue, sûr qu’il n’y a plus rien à dire. On se rappellera ? Qui : « on » ? Quand une fille vous dit qu’on se rappellera, ça veut dire que ce n’est pas elle, en tout cas. Et toi, tu peux »
Extrait de : J.-P. Andrevon. « L’affaire du calmar dans le grenier. »
Incendie d’août par J.-P. Andrevon

Fiche de Incendie d’août
Titre : Incendie d’août
Auteur : J.-P. Andrevon
Date de parution : 1993
Editeur : L’incertain
Première page de Incendie d’août
« J’ai poussé un cri et je me suis réveillé. C’est l’impression que j’ai eue : avoir crié au moment même où je m’éveillais. Un rêve, peut-être. Un rêve désagréable qui m’avait rejeté hors du sommeil.
J’avais la bouche desséchée, le cœur battant. J’ai toussé, il a fallu que je cherche ma respiration loin dans mes poumons.
J’ai essayé pendant quelques secondes de retrouver les images de ce rêve qui m’aurait fait crier, mais rien n’est venu. J’ai soupiré, j’ai soulevé la tête, je me suis redressé. Mon dos s’est décollé du dossier, ma chemise était poisseuse. Poisseuse, oui, mais glacée. Encore une sensation désagréable.
Il faisait toujours aussi chaud. Une chaleur d’étuve qui pesait sur mes tempes et me noyait les yeux. J’ai tenté d’avaler un peu de salive. Mais elle n’est pas venue, ma gorge était rêche comme du papier émeri. J’ai fait remuer mes épaules pour chasser une crampe. »
Extrait de : J.-P. Andrevon. « Incendie d’août. »
Il faudra bien se résoudre à mourir seul par J.-P. Andrevon

Fiche de Il faudra bien se résoudre à mourir seul
Titre : Il faudra bien se résoudre à mourir seul
Auteur : J.-P. Andrevon
Date de parution : 1983
Editeur : Denoël
Sommaire de Il faudra bien se résoudre à mourir seul
- Les femmes
- Durer, c’est s’économiser
- Alpha
- Les machines
- Haute solitude
- Un nouveau livre de la jungle des villes
- Les enfants
- Les enfants ont toujours raison
- La tigresse de Malaisie
- Les bêtes
- La nuit des bêtes
- Le temps de la nuée grise
Première page de Durer, c’est s’économiser
« Il fait noir. Il y a juste au-dessus du lit la petite ampoule de secours bleu foncé, qu’on peut jamais éteindre. Luce préfère l’obscurité. Plusieurs fois déjà je lui ai dit : Allez, quoi, on va faire ça en pleine lumière, que je puisse bien voir ta figure quand tu montes au ciel. Elle m’a toujours répondu : Veux-tu bien te taire ! On ne dit pas des choses comme ça… Moi, je veux être dans le noir. Alors je capitule, mon capitaine, et on fait ça dans le noir.
Elle est catholique, Luce. Catholique, pas mariée, et pourtant pas vierge pour autant quand elle est arrivée, faut pas croire. Mais des vierges, aujourd’hui, y en a autant que des ch’veux sur la tête à Mathieu. »
Extrait de : J.-P. Andrevon. « Il faudra bien se résoudre à mourir seul. »
Huit morts dans l’eau froide par J.-P. Andrevon

Fiche de Huit morts dans l’eau froide
Titre : Huit morts dans l’eau froide
Auteur : J.-P. Andrevon
Date de parution : 1995
Editeur : Fleuve noir
Première page de Huit morts dans l’eau froide
« L’homme était assis sur une chaise, visage absent, épaules voûtées. Ses mains reposaient sur ses cuisses. Sa respiration régulière, qui soulevait sur sa poitrine une chemise bleue marbrée d’auréoles et de taches diverses, était le seul indice qu’il était bien un être vivant et pas un mannequin de cire.
Autour de lui, pourtant, dans la salle aux murs métalliques si vaste qu’elle aurait pu être une sorte de hangar, des consoles bourdonnaient, des écrans s’éclairaient sur des théories de visages fugitifs et une demi-douzaine de personnes, la plupart en blouse vert sombre, allaient et venaient entre les travées. L’une des blouses, surmontée d’un visage asiatique d’une rondeur sévère, abandonna son moniteur pour s’approcher de l’homme sur la chaise.
— Venez avec moi, dit doucement l’Asiatique en posant avec délicatesse une main sur l’épaule »
Extrait de : J.-P. Andrevon. « Huit morts dans l’eau froide. »
Gueule de rat par J.-P. Andrevon

Fiche de Gueule de rat
Titre : Gueule de rat
Auteur : J.-P. Andrevon
Date de parution : 1999
Editeur : La table ronde
Première page de Gueule de rat
« La balle était un calibre 9 mm Parabellum, avec un cœur de plomb recouvert d’un alliage blindé. Elle avait été tirée par un pistolet automatique Sig-Sauer P 226. Cette arme de poing, fabriquée en Suisse, est à la fois robuste, relativement légère et d’un maniement simplifié. Elle possède un levier de désarmement du chien juste au-dessus de la détente, ce qui permet à son possesseur de la porter en toute sécurité. Un mécanisme à glissière et encoche bloque le percuteur jusqu’à ce que la détente soit pressée. Comme le précise la publicité, il n’y a qu’à viser et tirer.
Le modèle 226, amélioration du 225, est monté avec une crosse à deux colonnes, ce qui porte la capacité balistique de l’arme à quinze cartouches. Bien que l’armée américaine lui ait préféré le Beretta 92-F en raison de son moindre coût, le P 226 reste l’arme préférée de nombreux corps de police dans le monde et de la plupart des services de sécurité. »
Extrait de : J.-P. Andrevon. « Gueule de Rat. »
Gorilles en péril par J.-P. Andrevon

Fiche de Gorilles en péril
Titre : Gorilles en péril (Tome 5 sur 11 – Planète verte)
Auteur : J.-P. Andrevon
Date de parution : 1998
Editeur : Hachette
Première page de Gorilles en péril
« Le maréchal des logis Maréchal et le gendarme Ducrouay virent arriver de loin le camion suspect.
Il était deux heures de l’après-midi. Les deux hommes étaient à cheval sur leur moto à l’arrêt, en bordure de la nationale, sous l’ombre d’un chêne majestueux ayant échappé à plusieurs générations de tronçonneuses. Ils avaient le dos au tournant, devant eux la route s’étirait vers l’ouest, droite et luisante comme un double décimètre de plastique sous le soleil de juin.
« Tu le vois, celui-là ? interrogea Maréchal.
— Hon-hon… », répondit Ducrouay, avec un petit coup d’œil de côté en direction de son supérieur.
Même s’il en avait eu envie, Gilles Ducrouay, nouveau à la brigade de Monteyrac, n’aurait jamais osé une plaisanterie sur le patronyme du maréchal des logis, un vieux de la vieille, qui avait deux fois son âge et était destiné à ne jamais changer de »
Extrait de : J.-P. Andrevon. « Planète verte – Gorilles en péril. »
Demain le monde par J.-P. Andrevon

Fiche de Demain le monde
Titre : Demain le monde
Auteur : J.-P. Andrevon
Date de parution : 2013
Editeur : Bélial
Sommaire de Demain le monde
- La réserve
- Un nouveau livre de la jungle des villes
- Un petit saut dans le passé
- L’arme
- L’homme qui fut douze
- La bête des étoiles et l’empathe
- Manuscrit d’un roman de SF trouvé dans une poubelle
- Le château du dragon
- Régression
- L’anniversaire du Reich de mille ans
- La porte au fond du parc entre le cèdre et les chênes
- Rien qu’un peu de cendre, et une ombre portée sur un mur
- … il revient au galop
- Salut, Wolinski !
- Tout à la main !
- Halte à Broux
- Comme un rêve qui revient
- Sur la banquette arrière
- Comme une étoile solitaire et fugitive
- En route pour la chaleur !
- Epilogue peut-être
- Le monde enfin
Première page de La réserve
« Un oiseau aux ailes noires s’éleva silencieusement dans la caverne, gagna de son vol lourd le lointain point argenté qui s’ouvrait sur les Terres-sous-le-Ciel. Kitti Pritti nota ce fait comme un mauvais présage ; elle resserra plus fort ses bras sur le petit Phils. Celui-ci se cramponnait des deux mains à son sein gauche qu’il mordillait avec fureur, et sans grand résultat. Le lait de Kitti Pritti se faisait rare, et Phils devenait grand. Il devait avoir une dizaine de lunes maintenant, et il faudrait bientôt lui trouver autre chose à manger, mais quoi ? Ce n’était que le deuxième enfant qui était sorti du ventre de Kitti Pritti, et le premier était devenu raide peu après sa deuxième lunaison. Aussi n’avait-elle pas eu de problème alimentaire à résoudre avec lui. Mais maintenant, bien que ses seins fussent gros et fermes encore, ils ne contenaient presque plus de lait ; d’autre part, il n’y avait pas encore de dents à l’intérieur de la »
Extrait de : J.-P. Andrevon. « Demain le monde. »