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Le masque au sourire de crocodile par Jean-Pierre Andrevon

Fiche de Le masque au sourire de crocodile

Titre : Le masque au sourire de crocodile
Auteur : Jean-Pierre Andrevon
Date de parution : 1995
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le masque au sourire de crocodile

« Jim Bamba fait un geste… Un geste quelque peu théâtral, comme l’est toute sa personne. Ses aides rabattent la ridelle du camion, s’engouffrent dans la caverne du gros Dodge flambant neuf, en ressortent avec un conteneur de métal gris qui ressemble à un cercueil. Le récipient est posé sans ménagement au bord du marigot artificiel. Les quatre hommes en tenue de brousse descellent le couvercle, qui comporte une partie grillagée par où des éclaboussures ont giclé pendant la manœuvre.

Lil aussi fait un geste de théâtre : son index replié porté à sa jolie bouche, qui s’est arrondie sous l’effet de la surprise, de l’excitation. Pour un peu, elle aurait poussé un petit cri de souris. Mais ç’aurait été du cinéma, plus du théâtre.

À quelques mètres d’elle, de l’autre côté du marigot à la margelle de ciment craquelé, les quatre costauds à la peau d’ébène ont saisi à bras-le-corps, par le poitrail et par la queue, une forme d’un »

Extrait de : J.-P. Andrevon. « Le masque au sourire de crocodile. »

Le livre d’or par Jean-Pierre Andrevon

Fiche de Le livre d’or

Titre : Le livre d’or de la science-fiction
Auteur : Jean-Pierre Andrevon
Date de parution : 1983
Editeur : Pocket

Sommaire de Le livre d’or

  • La réserve
  • Le château du dragon
  • Un petit saut dans le passé
  • Scant
  • Neuf déchirures dans la trame de la désespérance quotidienne
  • Salut, Wolinski!
  • Le dernier dinosaure
  • Quelques chansons…
  • Les retombées
  • De « A » à « Z »
  • Le réseau
  • Le monde enfin

Première page de La réserve

« Un oiseau aux ailes noires s’éleva silencieusement dans la caverne, gagna de son vol lourd le lointain point argenté qui s’ouvrait sur les Terres-sous-le-Ciel. Kitti Pritti nota ce fait comme un mauvais présage ; elle resserra plus fort ses bras sur le petit Phils. Celui-ci se cramponnait des deux mains à son sein gauche qu’il mordillait avec fureur, et sans grand résultat. Le lait de Kitti Pritti se faisait rare, et Phils devenait grand. Il devait avoir une dizaine de lunes maintenant, et il faudrait bientôt lui trouver autre chose à manger mais quoi ? Ce n’était que le deuxième enfant qui était sorti du ventre de Kitti Pritti, et le premier était devenu raide peu après sa deuxième lunaison. Aussi n’avait-elle pas eu de problème alimentaire à résoudre avec lui. Mais maintenant, bien que »

Extrait de : J.-P. Andrevon. « Le livre d’or de la science-fiction. »

Le jour du grand saut par Jean-Pierre Andrevon

Fiche de Le jour du grand saut

Titre : Le jour du grand saut
Auteur : Jean-Pierre Andrevon
Date de parution : 1996
Editeur : Le livre de poche

Première page de Le jour du grand saut

« Henri, tu ne crois pas qu’il est temps d’y aller ? »

Venant du rez-de-chaussée, la voix de maman a grimpé l’escalier pour pénétrer en coup de vent dans la chambre d’Henri. Il soupire. Y aller, ça veut dire à l’école, bien sûr.

Et le lundi, après un jour et demi de tranquillité, c’est dur de s’y remettre. Surtout quant on a passé un dimanche entier à la maison, avec ses parents, avec papa en particulier, qui lui a construit avec des bouts de ferraille, des bouts de plastique, des bouts de trucs et de machins, un translateur intergalactique.

C’est un engin fantastique, le translateur intergalactique. Il permet d’envoyer un être humain à l’autre extrémité de l’univers, par dissolution… non, par dissociation moléculaire. Il suffit de placer le sujet sous le rayon dissociateur, d’appuyer sur un bouton, et zip ! — disparu, le sujet. »

Extrait de : J.-P. Andrevon. « Le jour du grand saut. »

Le futur aux trousses ! par Jean-Pierre Andrevon

Fiche de Le futur aux trousses !

Titre : Le futur aux trousses !
Auteur : Jean-Pierre Andrevon
Date de parution : 2022
Editeur : Arkuiris

Sommaire de Le futur aux trousses !

  • Intérieur nuit / extérieur jour
  • Une dernière fois le temps battit des ailes
  • La muraille occident
  • Brouillage psi
  • De longues vacances en perspectives
  • Androsaurus
  • Le futur t’attend !

Première page de Intérieur nuit / extérieur jour

« Le timbre familier de la porte grelotte dans tout l’appartement. Le jeune homme est dans sa chambre, il est allongé sur le ventre en travers de son lit, il est vêtu d’une tunique ample et d’un pantalon de jeans, il est pieds nus. Il lit, ou il fait semblant de lire un livre quelconque, à couverture jaune et noire. C’est un vieux livre. On n’en imprime plus guère, peut-être plus du tout. Au grelottement de la sonnerie, le jeune homme redresse la tête, il se tourne sur le flanc, sa main lâche le livre qui tombe sur les lattes du plancher, une fibrose quelconque, on ne fait plus guère de vrais planchers en bois, ou plus du tout. 

Dans le visage difforme du jeune homme, sa bouche de poisson s’ouvre, comme s’il cherchait de l’air. Mais ce doit être seulement un sourire, ou bien un ricanement. Le jeune homme ne semble pas pressé de se lever. Alors l’écran placé à la tête du lit s’éclaire, et un plan américain du professeur s’y affiche. »

Extrait de : J.-P. Andrevon. « Le Futur aux trousses !. »

Le fromage de nos voisins de la planète Xyloon pue tout particulièrement par Jean-Pierre Andrevon

Fiche de Le fromage de nos voisins de la planète Xyloon pue tout particulièrement

Titre : Le fromage de nos voisins de la planète Xyloon pue tout particulièrement
Auteur : Jean-Pierre Andrevon
Date de parution : 2004
Editeur : Dreampress

Sommaire de Le fromage de nos voisins de la planète Xyloon pue tout particulièrement

  • Le fromage de nos voisins de la planète Xyloon pue tout particulièrement
  • Six courtes excursions

Première page de Le fromage de nos voisins de la planète Xyloon pue tout particulièrement

« ANDROÏDES

Je n’ai rien eu à redire au sujet du nouveau robot ménager humanoïde que ma femme s’était offert pour l’anniversaire de ses trente-sept ans, jusqu’au jour où je me suis rendu compte que, sous son tablier de cuisine, la créature synthétique bandait.

Le Pape électronique, livré en catastrophe par la firme Oshima pour remplacer le souverain pontife en état de décrépitude avancée, fut immédiatement renvoyé à son concepteur quand, après sa première apparition publique, les cardinaux s’aperçurent qu’au lieu de bénir les fidèles réunis sur la place Saint-Pierre, l’automate faisait en direction de la foule des bras d’honneur bien envoyés. »

Extrait de : J.-P. Andrevon. « Le Fromage de nos voisins de la planète Xyloon pue tout particulièrement. »

Le dieu de lumière par Jean-Pierre Andrevon

Fiche de Le dieu de lumière

Titre : Le dieu de lumière
Auteur : Jean-Pierre Andrevon
Date de parution : 1973
Editeur : Milady

Première page de Le dieu de lumière

« La porte se referma avec un claquement sec autant que définitif. Patrick Bensousan, qui avait franchi le sas le dernier, se retourna pour tâter du plat de la main la surface lisse du métal.

— Cette fois, ça y est, lâcha-t-il sans enthousiasme excessif.

Ses trois compagnons se retournèrent vers lui. Sous leur scaphandre boudiné, leur silhouette disparaissait et ce n’était plus qu’un groupe de Bibendum qui faisait face à Patrick — au commandant Patrick. Carol fut la première à parler. Sa voix incisive était un peu voilée, non par l’émotion, songea Patrick, mais simplement par l’épaisseur de métal, de verre et de kevlon qui murait sa bouche.

— On dirait que le commandant regrette déjà son voyage, fit-elle avec une moue visible à travers »

Extrait de : J.-P. Andrevon. « Le Dieu de lumière. »

Le désert du monde par Jean-Pierre Andrevon

Fiche de Le désert du monde

Titre : Le désert du monde
Auteur : Jean-Pierre Andrevon
Date de parution : 1977
Editeur : Denoël

Première page de Le désert du monde

« Une voix :
— Est-il prêt, maintenant ?
Une autre voix :
— Il est prêt. Il est entièrement intégré…
La première voix :
— Contact !
— Contact…
La première voix :
— La forme est parfaite… Mais est-elle accordée à l’environnement ?
Deuxième voix :
— Concepteur… prêt ?
— Prêt ?
— Contact !…
Première voix :
— En effet… cela m’a l’air satisfaisant… Mais les relations entre néoforme et environnement sont-elles alignées ? »

Extrait de : J.-P. Andrevon. « Le désert du monde. »

Le dernier dimanche de M. le Chancelier Hitler par Jean-Pierre Andrevon

Fiche de Le dernier dimanche de M. le Chancelier Hitler

Titre : Le dernier dimanche de M. le Chancelier Hitler
Auteur : Jean-Pierre Andrevon
Date de parution : 1995
Editeur : Après la Lune

Première page de Le dernier dimanche de M. le Chancelier Hitler

« — Attention, ça va être à nous…
Les doigts tendus l’ont touché sur le haut du bras. Il sursaute. Mais c’est plutôt une réaction d’agacement. Il déteste qu’on le touche, il ne supporte pas, surtout les inconnus.
Sa main droite se lève avec peine, vient masser le biceps à l’endroit où les doigts étrangers l’ont effleuré. Et puis pourquoi ce clown a-t-il dit « Ça va être à nous ? » C’est un manque de tact incroyable. Un manque de respect. Il aurait dû dire : Ça va être à vous. Mais le manque de tact, le manque de respect, le manque de déférence, il connaît.
Il tente de fixer dans les yeux le grand type qui se penche sur lui. Comment s’appelle-t-il, déjà ? Voilà qu’il ne se souvient plus. Et la silhouette qui le surplombe n’est qu’une ombre qui ondule, soulignée d’un liseré strident, la lumière des projecteurs. Il fait chaud, ici. Bien trop chaud. Il est en sueur et pourtant, à l’intérieur, très loin au-dedans de lui, il tremble de froid. Il voudrait chasser ce froid, plus éprouvant, plus terrible que la chaleur. »

Extrait de : J.-P. Andrevon. « Le Dernier Dimanche de M. le Chancelier Hitler. »

La trace des rêves par Jean-Pierre Andrevon

Fiche de La trace des rêves

Titre : La trace des rêves
Auteur : Jean-Pierre Andrevon
Date de parution : 1988
Editeur : J’ai lu

Première page de La trace des rêves

« L’insecte volait dans la chaleur.
Son vol produisait un léger bourdonnement, ses ailes n’étaient qu’un seul battement éparpillant la coulée d’acier du ciel. Parfois l’insecte interrompait sa course hasardeuse pour se poser sur la plate-forme lancéolée d’une feuille. Son poids infime ne la faisait même pas plier. L’insecte, de sa trompe, parcourait les sillons nervurés de la feuille, en quête d’un fragment de nourriture assimilable. Le plus souvent il ne trouvait pas, alors il replongeait vers les hauteurs.
Sa vie n’était faite que de deux pulsions fondamentales : se nourrir, se reproduire. L’insecte était une machine, au ressort indéfiniment remonté. Cette programmation primaire trouvait sans grand mal à s’exercer. Ici ou là, dans la nervure d’une feuille, contre l’écorce d’un tronc, il y avait toujours des parcelles de protéines en décomposition, provenant d’un autre insecte. »

Extrait de : J.-P. Andrevon. « La trace des rêves. »

La nuit des bêtes par Jean-Pierre Andrevon

Fiche de La nuit des bêtes

Titre : La nuit des bêtes et autres histoires fantastiques d’animaux
Auteur : Jean-Pierre Andrevon
Date de parution : 1997
Editeur : Le livre de poche

Sommaire de La nuit des bêtes

  • La nuit des bêtes
  • La porte au fond de l’armoire
  • Sébastien qui voulait avoir un cheval
  • Un paysage d’octobre

Première page de La nuit des bêtes

« L’alerte atomique fut déclenchée un 19 septembre, à cinq heures de l’après-midi.
Une alerte atomique, ça voulait dire que des fusées atomiques avaient été lancées quelque part sur la planète, et qu’elles allaient bientôt retomber autre part sur la planète, mais on ne savait pas où.
Elles allaient retomber sur la tête de millions de gens innocents et elles exploseraient dans une lumière si vive que le soleil à côté paraîtrait une allumette qui flambe… Elles exploseraient avec un bruit si gigantesque qu’une pile d’assiettes se brisant dans la cuvette de l’évier semblerait un soupir en comparaison… Elles exploseraient avec une chaleur si forte que tout brûlerait, tout fondrait, comme neige au soleil !
Là où les bombes tomberaient, tout le monde mourrait.
C’est pour prévenir les gens, pour qu’ils aient le temps de se mettre à l’abri et aient une petite chance de ne pas mourir, que l’alerte avait été déclenchée dans tous les pays du monde, dans toutes les villes de France. Et, parmi celles-ci, dans la ville où habitait Clo. »

Extrait de : J.-P. Andrevon. « La nuit des Bêtes. »