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Ce qu’il y avait derrière l’horizon par J.-P. Andrevon

Fiche de Ce qu’il y avait derrière l’horizon

Titre : Ce qu’il y avait derrière l’horizon
Auteur : J.-P. Andrevon
Date de parution : 1988
Editeur : Fleuve noir

Première page de Ce qu’il y avait derrière l’horizon

« Quelque chose réveilla Jo. Mais il ne sut pas quoi. Un bruit peut-être, ou un frôlement d’insecte, ou la chute d’une feuille sur sa joue… Un contact furtif sur sa peau, une vibration dans ses tympans, une intrusion minime dans son sommeil qu’il avait déjà oubliée en reprenant conscience. Et ça n’avait aucune importance. En fait, il n’avait même pas cru s’être endormi. Mais le silence du soir, la douceur de l’air, la quiétude de cette journée d’été avaient dû avoir raison de ses sens.

Il se racla la gorge, ses paupières papillonnèrent, gorgées de lumière bleue. Une touffe d’herbe un peu plus pointue, un peu plus coupante que les autres, irritait ses côtes à travers sa chemise. Il se redressa sur les coudes, passa son avant-bras droit derrière ses reins pour se gratter. »

Extrait de : J.-P. Andrevon. « Ce qu’il y avait derrière l’horizon. »

Cauchemars de sang par J.-P. Andrevon

Fiche de Cauchemars de sang

Titre : Cauchemars de sang
Auteur : J.-P. Andrevon
Date de parution : 1986
Editeur : Fleuve noir

Première page de Cauchemars de sang

« Une main le secouait par l’épaule. Une voix criait à ses oreilles. Elle criait? Elle hurlait, plutôt.
— Est-ce que tu vas te lever? Tu sais l’heure qu’il est? Lève-toi, fainéant, lève-toi !
La voix lui perçait les tympans, elle lui broyait le crâne, elle lui poignardait la tête et, plus que la tête, tout le corps. Il essaya de s’y soustraire en rabattant son oreiller sur sa figure. Mais la voix était toujours là, aiguë, perçante, lacérante. La voix, et aussi cette main qui le secouait, le secouait, le sec…
— Lève-toi, fumier f Lève-toi, je te dis î II est six heures et demie ! Tu vas encore être en retard ! Lève-toi ! C’est pas possible, un gosse pareil… Mais il va me rendre folie… folle !
La main, la voix, la voix, la main. Il essaya de toutes ses forces de leur échapper, de s’enfoncer à nouveau dans les plis du sommeil. Mais c’était un combat perdu d’avance.
— Lève-toi, cochon de gosse ! Tu vas finir par être renvoyé ! Et qui c’est qui rapportera des sous à la maison, hein ? Lève-toi, merdeux ! »

Extrait de : J.-P. Andrevon. « Cauchemars de Sang. »

Cauchemars d’acier par J.-P. Andrevon

Fiche de Cauchemars d’acier

Titre : Cauchemars d’acier
Auteur : J.-P. Andrevon
Date de parution : 1993
Editeur : Fleuve noir

Première page de Cauchemars d’acier

« Le début de l’histoire, ce fut pour Fred Carré cette soirée chez Henri et Marina Vachet. Une soirée entre copains, de celles qu’on arrose bien parce qu’on est là pour ça et qu’il n’y a pas grand-chose d’autre à faire. Entre copains ? En réalité, sur le nombre des présents, Fred ne connaissait véritablement qu’une demi-douzaine de personnes, dont deux collègues de travail, François Gros et Brigitte Laurent, plus une nana avec qui il avait eu une brève liaison deux ans auparavant. Bien avant Karin.

En fait, s’il était là, par ce samedi soir frais et pluvieux d’octobre, dans cette maison cossue située à une vingtaine de kilomètres de la ville, au milieu des collines, il le devait à Karin. C’est elle qui était amie, avec les Vachet. Une amie apparemment proche, et sans doute de longue date. Il n’y avait qu’à voir la façon dont elle se comportait avec l’architecte entre deux âges et sa voyante épouse pour s’en persuader : messes »

Extrait de : J.-P. Andrevon. « Cauchemars d’acier. »

Cauchemar … cauchemars ! par J.-P. Andrevon

Fiche de Cauchemar … cauchemars !

Titre : Cauchemar … cauchemars !
Auteur : J.-P. Andrevon
Date de parution : 1982
Editeur : J’ai lu

Première page de Cauchemar … cauchemars !

« — Est-ce que c’est prêt ?

— Tout est en ordre, monsieur Baron… Je crois que nous pouvons démarrer.

M. Baron hoche la tête, sourit, fait glisser ses lunettes sur l’arête de son nez – un mouvement machinal qui doit lui être coutumier.

— Eh bien, allons-y !

M. Baron serre son poing droit dans sa paume gauche, se penche légèrement en avant. Derrière les verres de ses lunettes, ses yeux brillent d’impatience, de contentement, d’attention.

Le premier assistant abaisse un contacteur, le deuxième assistant pianote trois secondes sur un clavier.

Un bourdonnement naît, si ténu qu’il en est presque imperceptible. Les respirations se sont faites plus mesurées, on entend un raclement de gorge vite étouffé.

Un contacteur abaissé, quelques touches d’un clavier frappées par deux index.

Deux gestes…

Mais pour Jean-Marie Perrier, tout commence. »

Extrait de : J.-P. Andrevon. « Cauchemar, cauchemars !. »

C’est arrivé mais on n’en a rien su par J.-P. Andrevon

Fiche de C’est arrivé mais on n’en a rien su

Titre : C’est arrivé mais on n’en a rien su
Auteur : J.-P. Andrevon
Date de parution : 1984
Editeur : Denoël

Sommaire de C’est arrivé mais on n’en a rien su

  • Qu’est-ce qu’il faisait, le jeune docteur Frankenstein, en mai 81 ? et en mai 68 ?
  • Nativité
  • Ils sont rev
  • Ce sacré putain de déluge vu de cette sacrée putain d’arche
  • Notes pour une chronologie succincte de l’histoire de la conquête de l’espace
  • Le géant du froid
  • Le bassin aux triphoniae
  • Le dernier film
  • Les présents
  • L’arche de Marcel Dupond
  • L’anniversaire du Reich de Mille ans

Première page de Qu’est-ce qu’il faisait, le jeune docteur Frankenstein, en mai 81 ? et en mai 68 ?

« Il ne faisait rien.
Il observait les résultats de ses expériences, et une moue de déception plissait le modelé de ses belles lèvres aristocratiques.
À supposer que ses lèvres eussent un modelé aristocratique… Car le détail ne change rien à l’affaire, c’est juste une touche littéraire qui peut aider à préciser un portrait, qui sert à incarner un personnage qui n’a pas d’existence réelle.
Qui est le jeune Dr Frankenstein ? Admettons qu’il soit l’arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-petit-fils du Dr Victor Frankenstein l’Ancien, celui qui mourut en plein océan Arctique, le 11 septembre 17.. Admettons. Mais cela n’a pas beaucoup d’importance non plus. Depuis la fin du XVIIIe siècle, les choses ont bien changé pour les »

Extrait de : J.-P. Andrevon. « C’est arrivé mais on n’en a rien su. »

Buveurs de vie par J.-P. Andrevon

Fiche de Buveurs de vie

Titre : Buveurs de vie
Auteur : J.-P. Andrevon
Date de parution : 1998
Editeur : Le navire en pleine ville

Première page de Buveurs de vie

« Kofi ! Hé, Kofi, tu m’attends ? » Fabien dut répéter le prénom deux ou trois fois avant que Kofi ne daigne glisser un coup d’œil oblique par-dessus son épaule. Mais ce ne fut pas pour autant qu’il rétrécit le compas de ses enjambées. Fabien dut presque courir pour rejoindre son camarade. Et, quand il l’eut rejoint, il n’avait plus un gramme de souffle. Aussi dut-il chercher ce qu’il lui fallait d’air au fond des poumons pour arriver à sortir une phrase.
« Dis donc, tu t’entraînes pour le cross ?
— Quel cross ? »
Kofi N’Dzana, son grand corps chaloupé par sa démarche élastique, venait de lui jeter un second regard de haut. Pour ça, il n’avait pas besoin d’échasses : Kofi mesurait bien vingt centimètres de plus que lui. Fabien secoua la tête. »

Extrait de : J.-P. Andrevon. « Buveur de vie. »

Aujourd’hui, demain et après par J.-P. Andrevon

Fiche de Aujourd’hui, demain et après

Titre : Aujourd’hui, demain et après
Auteur : J.-P. Andrevon
Date de parution : 1970
Editeur : Denoël

Sommaire de Aujourd’hui, demain et après

  • Transfert
  • Vue sur l’apocalypse
  • Le temps du grand sommeil
  • Jérold et le chat
  • Bandes interdites
  • Un combattant modèle
  • La réserve
  • L’homme qui fut douze
  • Sans aucune originalité
  • Retour à l’oeuf

Première page de Transfert

« Le demi-jour au front bas des soirées longues d’octobre pèse sur l’étendue des Causses.

Marcel Mathiod, des Mathiod de Séverac, est une ombre grise sur le gris du champ ; binette en main, il arrache du sol tenace quelques pommes de terre, dernières de la saison. Avec des coups secs et précis, la pointe d’acier éventre le flanc ridé de ce vieil animal familier qu’est la terre du haut plateau des Causses ; puis les mains de Mathiod, brunes et plissées, fouillent la terre, la peau de la terre superficiellement écorchée ; on dirait deux insectes parasites à la recherche d’un suc comestible.

Un petit sac est déjà rempli. Mathiod se redresse, une main sur la hanche. C’est maintenant un arbre, un arbuste noueux, droit comme un litre sur la table rase du champ. Mathiod est maussade, son cerveau épais referme un peu plus sa coque, ses yeux vont se perdre au fond de l’horizon qui s’est laissé couler dans la grisaille du soir. »

Extrait de : J.-P. Andrevon. « Aujourd’hui, demain et après. »

Aubes trompeuses par J.-P. Andrevon

Fiche de Aubes trompeuses

Titre : Aubes trompeuses
Auteur : J.-P. Andrevon
Date de parution : 2014
Editeur : La clef d’argent

Sommaire de Aubes trompeuses

  • Némésis
  • Il se sent bien
  • Le jardin extraordinaire
  • Boulot … boulot !
  • Solidarité
  • Dernier appel pour le vol Transatlantic 2026
  • Je ne mourrai jamais
  • Les ailes ne poussent qu’une fois
  • Aube trompeuse

Première page de Némésis

« TROISIÈME JOUR.

Je vais descendre.

Pas de raison que je reste chez moi. Pas de raison que j’attende encore. Attendre quoi ? Aucune raison que je reste ici à me morfondre. Aucune. Je veux profiter, profiter encore, jusqu’au dernier…

Profiter jusqu’au bout.

J’ai encore quelques réglages à faire, cliquer ici, et là, et là, shunter ce genre de message m’indiquant Vous entrez dans une zone…

Mais oui, mais oui, je sais, j’entre dans une zone. J’entre dans LA zone.

Un dernier truc à cliquer… Ça y est. ACCÈS. D’un seul coup, mon épiderme se couvre de chair de poule, de frissons, de sueur. Ici et là, derrière ma nuque, sous mon diaphragme, vers mes reins, des épingles invisibles me piquent. Et mon cœur semble taper de manière anormalement forte dans ma poitrine. Je m’efforce de respirer calmement. De faire le vide. Je suis sorti sur le palier. »

Extrait de : J.-P. Andrevon. « Aubes trompeuses. »

Gare centrale par J.-P. Andrevon et P. Cousin

Fiche de Gare centrale

Titre : Gare centrale (Tome 3 sur 3 – Recueils)
Auteur : J.-P. Andrevon et P. Cousin
Date de parution : 1986
Editeur : Denoël

Sommaire de Gare centrale

  • Tu iras quand même !
  • Le mystère des treize consignes
  • Train de guerre
  • Un jeune con dans le train de l’Histoire
  • Les trains de la vie
  • Le naufrage de l’Alpennic
  • Le train des extraterrestres
  • En route pour la chaleur !

Première page de Tu iras quand même !

« C’est à cinq heures de l’après-midi que Cyril Brandemburger se glissa silencieusement hors de chez lui.

Cinq heures de l’après-midi, ou un peu plus. Car il venait d’écouter les nouvelles à la radio, d’une oreille distraite, les yeux fixés sur la surface bleue du ciel de juillet qui rentrait par la fenêtre ouverte. Un ciel à la fois limpide, sans grain, sans aspérité, sans bavure, et bouillonnant aussi, boursouflé de toute la chaleur qu’il couvait. Un ciel de juillet, céruléum foncé, qui promettait l’étouffoir cobalt des jours d’août à venir, avec les vacances à préparer, à subir, à regretter.

Seulement il n’y aurait pas de vacances pour Cyril Brandemburger. Il se tenait dans sa pièce à tout faire donnant sur la rue des Échangeurs, une salle vaste et peu meublée qui servait de salon, de lieu d’écoute pour la hi-fi, la chaîne et la télévision, de bureau pour les petits travaux d’écriture de la maison, plus rarement de salle à manger, quand venaient des parents ou des amis. »

Extrait de : J.-P. Andrevon et P. Cousin. « Recueils – Gare centrale. »

Hôpital nord par J.-P. Andrevon et P. Cousin

Fiche de Hôpital nord

Titre : Hôpital nord (Tome 2 sur 3 – Recueils)
Auteur : J.-P. Andrevon et P. Cousin
Date de parution : 1983
Editeur : Denoël

Sommaire de Hôpital nord

  • Mais où est donc Debronkaert ?
  • Maladie d’amour
  • Le noyé du casier 71
  • Il faut opérer !
  • La mise en abîme de Gabriel Chadenas
  • L’homme qui fut soigné par un extraterrestre
  • J’peux pas tout faire !
  • Nuit de garde
  • Une erreur de livraison
  • Nacht und nebel
  • L’opéré oublié

Première page de Mais où est donc Debronkaert ?

« Pas plus ce matin-là que les autres matins, Debronkaert n’a pris le boulevard bordé de tilleuls et de pavillons de meulière qui monte vers l’hôpital Nord.

L’aurait-il fait, Debronkaert traverserait les stratifications industrielles d’une ville que la dernière révolution technologique a fait s’effondrer sur elle-même. Terraforming et Psychoentropie sont regroupés en banlieue sud, de sorte que la banlieue nord est aujourd’hui déserte. Les routes et les rues retournent à l’état de garenne et les fières usines de jadis ne sont plus que violons pour le vent.

Debronkaert – à supposer qu’il ait pris le boulevard bordé de tilleuls et de pavillons de meulière – aurait alors tout le temps de longer la sinistre litanie des ateliers éventrés, des manufactures en ruine et des quais d’embarquement dont le ciment se délite et laisse apparaître l’ossature rouillée des fers à béton. »

Extrait de : J.-P. Andrevon et P. Cousin. « Recueils – Hôpital Nord. »