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Cauchemar… cauchemars ! par Jean-Pierre Andrevon

Fiche de Cauchemar… cauchemars !
Titre : Cauchemar… cauchemars !
Auteur : Jean-Pierre Andrevon
Date de parution : 1982
Editeur : J’ai lu
Première page de Cauchemar… cauchemars !
« — Est-ce que c’est prêt ?
— Tout est en ordre, monsieur Baron… Je crois que nous pouvons démarrer.
M. Baron hoche la tête, sourit, fait glisser ses lunettes sur l’arête de son nez – un mouvement machinal qui doit lui être coutumier.
— Eh bien, allons-y !
M. Baron serre son poing droit dans sa paume gauche, se penche légèrement en avant. Derrière les verres de ses lunettes, ses yeux brillent d’impatience, de contentement, d’attention.
Le premier assistant abaisse un contacteur, le deuxième assistant pianote trois secondes sur un clavier.
Un bourdonnement naît, si ténu qu’il en est presque imperceptible. Les respirations se sont faites plus mesurées, on entend un raclement de gorge vite étouffé.
Un contacteur abaissé, quelques touches d’un clavier frappées par deux index.
Deux gestes…
Mais pour Jean-Marie Perrier, tout commence. »
Extrait de : J.-P. Andrevon. « Cauchemar, cauchemars !. »
C’est arrivé mais on n’en a rien su par Jean-Pierre Andrevon

Fiche de C’est arrivé mais on n’en a rien su
Titre : C’est arrivé mais on n’en a rien su
Auteur : Jean-Pierre Andrevon
Date de parution : 1984
Editeur : Denoël
Sommaire de C’est arrivé mais on n’en a rien su
- Qu’est-ce qu’il faisait, le jeune docteur Frankenstein, en mai 81 ? et en mai 68 ?
- Nativité
- Ils sont rev
- Ce sacré putain de déluge vu de cette sacrée putain d’arche
- Notes pour une chronologie succincte de l’histoire de la conquête de l’espace
- Le géant du froid
- Le bassin aux triphoniae
- Le dernier film
- Les présents
- L’arche de Marcel Dupond
- L’anniversaire du Reich de Mille ans
Première page de Qu’est-ce qu’il faisait, le jeune docteur Frankenstein, en mai 81 ? et en mai 68 ?
« Il ne faisait rien.
Il observait les résultats de ses expériences, et une moue de déception plissait le modelé de ses belles lèvres aristocratiques.
À supposer que ses lèvres eussent un modelé aristocratique… Car le détail ne change rien à l’affaire, c’est juste une touche littéraire qui peut aider à préciser un portrait, qui sert à incarner un personnage qui n’a pas d’existence réelle.
Qui est le jeune Dr Frankenstein ? Admettons qu’il soit l’arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-petit-fils du Dr Victor Frankenstein l’Ancien, celui qui mourut en plein océan Arctique, le 11 septembre 17.. Admettons. Mais cela n’a pas beaucoup d’importance non plus. Depuis la fin du XVIIIe siècle, les choses ont bien changé pour les »
Extrait de : J.-P. Andrevon. « C’est arrivé mais on n’en a rien su. »
Buveurs de vie par Jean-Pierre Andrevon

Fiche de Buveurs de vie
Titre : Buveurs de vie
Auteur : Jean-Pierre Andrevon
Date de parution : 1998
Editeur : Le navire en pleine ville
Première page de Buveurs de vie
« Kofi ! Hé, Kofi, tu m’attends ? » Fabien dut répéter le prénom deux ou trois fois avant que Kofi ne daigne glisser un coup d’œil oblique par-dessus son épaule. Mais ce ne fut pas pour autant qu’il rétrécit le compas de ses enjambées. Fabien dut presque courir pour rejoindre son camarade. Et, quand il l’eut rejoint, il n’avait plus un gramme de souffle. Aussi dut-il chercher ce qu’il lui fallait d’air au fond des poumons pour arriver à sortir une phrase.
« Dis donc, tu t’entraînes pour le cross ?
— Quel cross ? »
Kofi N’Dzana, son grand corps chaloupé par sa démarche élastique, venait de lui jeter un second regard de haut. Pour ça, il n’avait pas besoin d’échasses : Kofi mesurait bien vingt centimètres de plus que lui. Fabien secoua la tête. »
Extrait de : J.-P. Andrevon. « Buveur de vie. »
Aujourd’hui, demain et après par Jean-Pierre Andrevon

Fiche de Aujourd’hui, demain et après
Titre : Aujourd’hui, demain et après
Auteur : Jean-Pierre Andrevon
Date de parution : 1970
Editeur : Denoël
Sommaire de Aujourd’hui, demain et après
- Transfert
- Vue sur l’apocalypse
- Le temps du grand sommeil
- Jérold et le chat
- Bandes interdites
- Un combattant modèle
- La réserve
- L’homme qui fut douze
- Sans aucune originalité
- Retour à l’oeuf
Première page de Transfert
« Le demi-jour au front bas des soirées longues d’octobre pèse sur l’étendue des Causses.
Marcel Mathiod, des Mathiod de Séverac, est une ombre grise sur le gris du champ ; binette en main, il arrache du sol tenace quelques pommes de terre, dernières de la saison. Avec des coups secs et précis, la pointe d’acier éventre le flanc ridé de ce vieil animal familier qu’est la terre du haut plateau des Causses ; puis les mains de Mathiod, brunes et plissées, fouillent la terre, la peau de la terre superficiellement écorchée ; on dirait deux insectes parasites à la recherche d’un suc comestible.
Un petit sac est déjà rempli. Mathiod se redresse, une main sur la hanche. C’est maintenant un arbre, un arbuste noueux, droit comme un litre sur la table rase du champ. Mathiod est maussade, son cerveau épais referme un peu plus sa coque, ses yeux vont se perdre au fond de l’horizon qui s’est laissé couler dans la grisaille du soir. »
Extrait de : J.-P. Andrevon. « Aujourd’hui, demain et après. »
Aubes trompeuses par Jean-Pierre Andrevon

Fiche de Aubes trompeuses
Titre : Aubes trompeuses
Auteur : Jean-Pierre Andrevon
Date de parution : 2014
Editeur : La clef d’argent
Sommaire de Aubes trompeuses
- Némésis
- Il se sent bien
- Le jardin extraordinaire
- Boulot … boulot !
- Solidarité
- Dernier appel pour le vol Transatlantic 2026
- Je ne mourrai jamais
- Les ailes ne poussent qu’une fois
- Aube trompeuse
Première page de Némésis
« TROISIÈME JOUR.
Je vais descendre.
Pas de raison que je reste chez moi. Pas de raison que j’attende encore. Attendre quoi ? Aucune raison que je reste ici à me morfondre. Aucune. Je veux profiter, profiter encore, jusqu’au dernier…
Profiter jusqu’au bout.
J’ai encore quelques réglages à faire, cliquer ici, et là, et là, shunter ce genre de message m’indiquant Vous entrez dans une zone…
Mais oui, mais oui, je sais, j’entre dans une zone. J’entre dans LA zone.
Un dernier truc à cliquer… Ça y est. ACCÈS. D’un seul coup, mon épiderme se couvre de chair de poule, de frissons, de sueur. Ici et là, derrière ma nuque, sous mon diaphragme, vers mes reins, des épingles invisibles me piquent. Et mon cœur semble taper de manière anormalement forte dans ma poitrine. Je m’efforce de respirer calmement. De faire le vide. Je suis sorti sur le palier. »
Extrait de : J.-P. Andrevon. « Aubes trompeuses. »
Gare centrale par Jean-Pierre Andrevon et Philippe Cousin

Fiche de Gare centrale
Titre : Gare centrale (Tome 3 sur 3 – Recueils)
Auteur : Jean-Pierre Andrevon et Philippe Cousin
Date de parution : 1986
Editeur : Denoël
Sommaire de Gare centrale
- Tu iras quand même !
- Le mystère des treize consignes
- Train de guerre
- Un jeune con dans le train de l’Histoire
- Les trains de la vie
- Le naufrage de l’Alpennic
- Le train des extraterrestres
- En route pour la chaleur !
Première page de Tu iras quand même !
« C’est à cinq heures de l’après-midi que Cyril Brandemburger se glissa silencieusement hors de chez lui.
Cinq heures de l’après-midi, ou un peu plus. Car il venait d’écouter les nouvelles à la radio, d’une oreille distraite, les yeux fixés sur la surface bleue du ciel de juillet qui rentrait par la fenêtre ouverte. Un ciel à la fois limpide, sans grain, sans aspérité, sans bavure, et bouillonnant aussi, boursouflé de toute la chaleur qu’il couvait. Un ciel de juillet, céruléum foncé, qui promettait l’étouffoir cobalt des jours d’août à venir, avec les vacances à préparer, à subir, à regretter.
Seulement il n’y aurait pas de vacances pour Cyril Brandemburger. Il se tenait dans sa pièce à tout faire donnant sur la rue des Échangeurs, une salle vaste et peu meublée qui servait de salon, de lieu d’écoute pour la hi-fi, la chaîne et la télévision, de bureau pour les petits travaux d’écriture de la maison, plus rarement de salle à manger, quand venaient des parents ou des amis. »
Extrait de : J.-P. Andrevon et P. Cousin. « Recueils – Gare centrale. »
Hôpital nord par Jean-Pierre Andrevon et Philippe Cousin

Fiche de Hôpital nord
Titre : Hôpital nord (Tome 2 sur 3 – Recueils)
Auteur : Jean-Pierre Andrevon et Philippe Cousin
Date de parution : 1983
Editeur : Denoël
Sommaire de Hôpital nord
- Mais où est donc Debronkaert ?
- Maladie d’amour
- Le noyé du casier 71
- Il faut opérer !
- La mise en abîme de Gabriel Chadenas
- L’homme qui fut soigné par un extraterrestre
- J’peux pas tout faire !
- Nuit de garde
- Une erreur de livraison
- Nacht und nebel
- L’opéré oublié
Première page de Mais où est donc Debronkaert ?
« Pas plus ce matin-là que les autres matins, Debronkaert n’a pris le boulevard bordé de tilleuls et de pavillons de meulière qui monte vers l’hôpital Nord.
L’aurait-il fait, Debronkaert traverserait les stratifications industrielles d’une ville que la dernière révolution technologique a fait s’effondrer sur elle-même. Terraforming et Psychoentropie sont regroupés en banlieue sud, de sorte que la banlieue nord est aujourd’hui déserte. Les routes et les rues retournent à l’état de garenne et les fières usines de jadis ne sont plus que violons pour le vent.
Debronkaert – à supposer qu’il ait pris le boulevard bordé de tilleuls et de pavillons de meulière – aurait alors tout le temps de longer la sinistre litanie des ateliers éventrés, des manufactures en ruine et des quais d’embarquement dont le ciment se délite et laisse apparaître l’ossature rouillée des fers à béton. »
Extrait de : J.-P. Andrevon et P. Cousin. « Recueils – Hôpital Nord. »
L’immeuble d’en face par Jean-Pierre Andrevon et Philippe Cousin

Fiche de L’immeuble d’en face
Titre : L’immeuble d’en face (Tome 1 sur 3 – Recueils)
Auteur : Jean-Pierre Andrevon et Philippe Cousin
Date de parution : 1982
Editeur : Denoël
Sommaire de L’immeuble d’en face
- Cette lumière qui vient des ténèbres
- L’homme fragmenté
- L’homme à qui les extraterrestres prirent tout
- Les murs ont des jambes
- Georges voulait aller au troisième
- A la guerre comme à la guerre
- Table ouverte
- Qu’est-ce qui bouche l’évier ?
- La jeune morte du cinquième
- L’Australien
Première page de Cette lumière qui vient des ténèbres
« La première chose, c’est la conscience de respirer. Les côtes qui s’écartent comme un vieux ressort à boudin distendu, et les deux sacs, les deux éponges, qui gonflent, s’emplissant d’une eau épaisse à Tanière-goût de Javel. Puis le ressort se contracte en grinçant, comprimant les éponges mitées qui expulsent la Javel par les grossiers tuyaux aboutissant au double siphon des narines, obstruées par des touffes raidies de poils de balai. Inspiration, expiration. Une fois mise en train, cette opération douloureuse ne semble pas vouloir s’arrêter. Non, elle ne s’arrêtera pas : les outres poreuses s’emplissent du liquide pisseux, les arceaux de métal rouillé s’écartent en gémissant, et le mouvement inverse suit immédiatement, compression, expulsion.
La deuxième chose, c’est l’écoute des battements de cœur. »
Extrait de : J.-P. Andrevon et P. Cousin. « Recueils – L’immeuble d’en face. »
Des héros de la Rome Antique par Jean-Pierre Andrevon

Fiche de Des héros de la Rome Antique
Titre : Des héros de la Rome Antique (Contes et récits)
Auteur : Jean-Pierre Andrevon
Date de parution : 2001
Editeur : Nathan
Sommaire de Des héros de la Rome Antique
- Les fils de la louve
- Ersilia et Tarpeia
- Rencontre d’un borgne avec un manchot
- Vae Victis !
- Les guerres puniques (1)
- Les guerres puniques (2)
- La grande révolte des esclaves
- Les ides de mars
- Deux amants célèbres
- L’empereur fou
- Le dernier jour de Pompéi
- Un soldat chrétien
- Le premier empereur chrétien
- La bataille des champs catalauniques
Première page de Les fils de la louve
« Romulus fonde Rome (753 av. J.-C.)
TARA LA LOUVE huma l’air humide du soir.
Avec le crépuscule, elle s’était décidée à sortir des bois où elle s’était terrée après le drame. Longtemps elle était demeurée à l’abri d’un buisson, non loin de l’entrée de son terrier, le museau entre les pattes, poussant avec régularité des petits cris plaintifs.
Puis, enfin, elle s’était dressée. L’échine arquée, elle avait lancé vers les frondaisons qui commençaient à s’obscurcir un unique hurlement de désespoir. Ensuite, elle avait tourné le dos au terrier. Et, de ce trot inimitable qui caractérise son espèce, Tara avait entrepris de descendre vers la plaine. »
Extrait de : J.-P. Andrevon. « Contes et légendes – Les Héros de la Rome Antique. »
Gandahar par Jean-Pierre Andrevon

Fiche de Gandahar
Titre : Gandahar (Tome HS sur 6 – Gandahar)
Auteur : Jean-Pierre Andrevon
Date de parution : 1997
Editeur : Gallimard
Sommaire de Gandahar
- Les hommes-machines contre Gandahar
- Le château du dragon
- Un quartier de verdure
Première page de Les hommes-machines contre Gandahar
« Myrne Ambisextra, souveraine du royaume de Gandahar, envoya chercher Sylvin Lanvère au milieu de l’après-midi. La journée était douce, à vrai dire ni plus ni moins belle que les 743 autres journées qui partageaient l’année à Gandahar : le royaume, ancré sur la face boréale de Tridan, vaste planète à l’axe vertical et à la translation lente, ne connaissait pour toute saison que la tiédeur d’un éternel automne.
Automne plus que printemps, sans doute. Mais Gandahar était un vieux royaume où la vie semblait un peu endormie, l’activité réduite à son strict minimum. À côté des mondes scientifiques de Pons et d’Arcanciel, où grondaient jours et nuits les machines d’acier, à côté de Stribulle, univers guerrier, Gandahar aurait pu même paraître décadent. Mais qu’importait à ses habitants ? Leurs journées, sous le règne affable d’Ambisextra, semblaient n’être qu’une seule fête champêtre jamais achevée, où les plaisirs du sport, du jeu, de la table et de l’amour emplissaient à ras bord chaque minute, chaque seconde de la coupe de la vie. Tout simplement, à Gandahar, régnait le bonheur. »
Extrait de : J.-P. Andrevon. « Gandahar. »