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Cybione par Ayerdhal

Fiche de Cybione

Titre : Cybione (Tome 1 sur 4 – Cybione)
Auteur : Ayerdhal
Date de parution : 1992
Editeur : Fleuve noir

Première page de Cybione

« Évidemment, chaque fois qu’on la réveillait, c’était pour lui refiler un boulot dont personne ne pouvait se charger… Il y avait longtemps qu’on ne se contentait plus de ses beaux yeux – pourtant quels yeux ! – et, au fond, c’était mieux comme ça. Elle se les serait crevés rien que pour voir leurs têtes ! Quoiqu’une fois aveugle…

Bref, passait encore d’être réveillée, mais pour aller bosser ! D’autant que son job ne lui excitait plus les papilles depuis longtemps…

— Debout, Elyia ! Il y a un chiotte qui commence à puer du côté de Fomalhaut !

Charmant, non ?… Et pas la peine de répliquer qu’un plombier semblait plus qualifié pour résoudre un problème d’une telle gravité ; on en avait déjà expédié trois. Le premier était tombé dans la lunette, le second s’était amputé les testicules en rabattant le couvercle un peu vite, le troisième avait été dissous par la diarrhée chlorhydrique d’un Soulfa dipsomane pendant qu’il inspectait le siphon en apnée…

Ender avait ses traditions : à partir de trois accidents, Elyia devenait la plus qualifiée pour arpenter les égouts
récalcitrants. »

Extrait de : Ayerdhal. « Cybione. »

Marc « Ayerdhal » Soulier

Présentation de Marc « Ayerdhal » Soulier :

Marc Soulier, qui offrit à la République des lettres ses plus belles pages sous le singulier pseudonyme d’Ayerdhal, vit le jour au cœur de l’hiver de l’année 1959 dans la vénérable cité des Gaules, à Lyon. Figure frondeuse et éminemment engagée, cet artisan d’une littérature de conjecture audacieuse s’est imposé comme l’une des plumes les plus acérées de l’anticipation francophone, portant haut les couleurs d’une science-fiction farouchement politique et sociale.

Avant de se consacrer corps et âme à l’écriture, ce jeune homme à l’esprit résolument libertaire connut mille vies, tâtant de divers labeurs avec la fougue de ceux qui refusent de se laisser entraver par les carcans d’une société par trop conformiste. C’est à l’aube de sa trentaine que son grand œuvre romanesque éclot véritablement, révélant aux amateurs d’évasion un univers d’une densité étourdissante. Dès ses premiers écrits, et plus particulièrement avec la vaste fresque de « La Bohème et l’Ivraie », Ayerdhal témoigna d’une maîtrise éclatante de l’opéra cosmique, ce genre d’ordinaire si prisé des auteurs d’outre-Atlantique, qu’il sut réinventer avec une élégance et une impertinence toutes françaises.

Animé par un indéfectible idéal humaniste et une profonde conscience des luttes populaires, notre prosateur n’eut de cesse, au travers de romans remarqués tels que « Demain, une oasis » ou l’étonnante « Balade choréïale », d’explorer les affres du pouvoir, les méfaits de l’impérialisme et les nécessités de l’écologie. Fuyant les froides démonstrations d’une anticipation purement technicienne, il privilégia toujours les sciences de l’homme, tissant des intrigues où la sociologie, la politique et la génétique viennent éclairer les tourments des sociétés futures. D’aucuns se rappelleront d’ailleurs avec admiration sa fructueuse collaboration avec son confrère Jean-Claude Dunyach pour le magistral ouvrage « Étoiles mourantes », maintes fois couronné de prestigieux lauriers.

Toutefois, brosser le portrait de cet homme d’exception serait incomplet sans évoquer son ardent militantisme au quotidien. Authentique syndicaliste de la plume, il fut l’infatigable héraut du collectif « Le Droit du Serf », bataillant avec une verve sans pareille et une noble obstination pour la dignité et les droits d’auteur de ses camarades écrivains, n’hésitant jamais à croiser le fer avec les grandes puissances éditoriales.

Hélas, ce créateur foisonnant et défenseur farouche des justes causes nous fut ravi bien trop tôt, à l’automne de l’année 2015, en la ville de Bruxelles, terrassé par une cruelle maladie. Par la noblesse de ses engagements et la flamboyance de sa prose, Ayerdhal aura démontré de manière éclatante que la littérature d’imagination, loin de n’être qu’un simple divertissement, constitue un formidable instrument d’émancipation et de réflexion sur les grands bouleversements de notre temps.

Livres de Marc « Ayerdhal » Soulier :

Cybione :

Cycle du Daym :

La bohème et l’ivraie :

Le chant du Drille :

Mytale :

Intégrales :

Balade choreïale (1994)
Bastards 1 (2014)
Bastards 2 (2014)
Demain, une oasis (1991)
Etoiles mourantes (1999)
Genèses (1996)
L’homme aux semelles de foudre (1999)
La troisième lame (2013)
Parleur ou les chroniques d’un rêve enclavé (1997)
Rainbow warriors (2013)
Résurgences (2010)
Scintillements (2016)
Transparences (2004)

Pour en savoir plus sur Marc « Ayerdhal » Soulier :

La page Wikipédia sur Ayerdhal
La page Noosfere sur Ayerdhal
La page isfdb de Ayerdhal

Étoiles mourantes par Jean-Claude Dunyach et Ayerdhal

Fiche de Étoiles mourantes

Titre : Étoiles mourantes
Auteur : Jean-Claude Dunyach et Ayerdhal
Date de parution : 1999
Editeur : J’ai lu

Première page de Étoiles mourantes

« L’AnimalVille jaillit du néant et se laissa dériver au milieu de la mer d’étoiles.

C’était une Ville si vieille qu’elle en oubliait de compter. Elle était déjà âgée lors de la découverte de l’Humanité ; ses plus anciens souvenirs dataient d’avant la déchirure, même s’il lui était difficile aujourd’hui de remonter aussi loin dans le labyrinthe de ses pensées. Son esprit partait en lambeaux et cela l’effrayait bien plus que le durcissement de ses chairs et la perte de sensibilité de ses quartiers périphériques, dont les rues desséchées se fendillaient de rides. La mort s’attaquait d’abord à la mémoire. Un jour, ceux de son espèce la découvriraient dans un repli de l’espace profond, les rues crevassées de plaies béantes, les dômes crevés. Elle ne répondrait ni aux signaux ni aux caresses, elle ne saurait plus rien.

Avant d’avoir consumé toute sa mémoire, il lui restait à achever l’ouvrage qu’elle avait entrepris des millénaires plus tôt, quand elle se souvenait encore d’œuvres réalisées collectivement, avec tout le Troupeau. »

Extrait de : J.C Dunyach + Ayerdhal. « Étoiles mourantes. »