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Tancrède par Ugo Bellagamba

Fiche de Tancrède
Titre : Tancrède
Auteur : Ugo Bellagamba
Date de parution : 2009
Editeur : Les moutons électriques
Première page de Tancrède
« Le déluge tombe sur Amalfi-Pont-sur-Scaphard et j’observe une ville qui se noie. La baie est devenue floue et grise. Sur le beffroi, la verte oriflamme des rebelles se devine, tout au plus. Même les blanches demeures patriciennes, juchées au sommet de la colline capitale, se fondent dans les giboulées.
Je passe une main gantée sur ma nuque, fais craquer mes cervicales.
Le siège de la cité dure depuis des semaines. Amalfitains et Salernois opposent une résistance farouche à nos armées. Mais nous avons déjà verrouillé tout le sud de l’Italie et la victoire n’est plus qu’une question de jours. Ils le savent, ils ont la rage des désespérés.
Amalfi va tomber, ouvrant la voie vers Naples…
Dans l’éclat aveuglant d’un éclair lointain, je sens qu’il est temps d’agir. »
Extrait de : U. Bellagamba. « Tancrede. »
Quand il y aura des pommiers sur Mars par Ugo Bellagamba

Fiche de Quand il y aura des pommiers sur Mars
Titre : Quand il y aura des pommiers sur Mars
Auteur : Ugo Bellagamba
Date de parution : 2010
Editeur : Bélial
Première page de Quand il y aura des pommiers sur Mars
« La rhapsodie hongroise de Liszt emplissait l’espace démesuré du hall et ni les conversations ni les tintements des coupes ne parvenaient à occulter les notes aériennes, si parfaites en la circonstance.
Sacha s’approcha de la baie panoramique et leva les yeux vers ce qui se trouvait de l’autre côté. La formidable réalisation des ingénieurs chinois sous l’autorité desquels elle avait travaillé pendant de longues années, lui coupa le souffle.
« Par la moustache de Vladimir Ilitch ! Tu vois ça, Boris ? Il est encore plus impressionnant que je ne
l’imaginais… »
Son compagnon maugréa, la bouche pleine.
« Tiens, prend plutôt une coupe. C’est pas tous les jours que tu pourras boire du vrai champagne français, camarade ! »
Avec son front dégarni et ses favoris, Boris ressemblait plus à un savant fou ou à un écrivain sur le retour, qu’à un ouvrier mécanicien. Elle prit le verre qu’il lui tendait, en souriant. »
Extrait de : U. Bellagamba. « Quand il y aura des pommiers sur Mars. »
La cité du soleil par Ugo Bellagamba

Fiche de La cité du soleil
Titre : La cité du soleil et autres récits héliotropes
Auteur : Ugo Bellagamba
Date de parution : 2003
Editeur : Bélial
Sommaire de La cité du soleil :
- La cité du soleil
- L’apopis républicain
- Dernier filament pour Andromède
Première page de La cité du soleil
« Après avoir repoussé une mèche de cheveux châtains en arrière, Laura Firpo parcourut le hall du regard. Une première fois, très vite, glissant sur les silhouettes, puis plus lentement, fouillant avec méthode la marée de visages qui hantait l’espace vitrifié.
Paul n’était pas là. Pourtant, juste avant son départ de Lima, elle lui avait laissé un message, lui rappelant le jour et l’heure de son retour.
Après un mois de séparation…
Durant toute la descente de son vol sur Marignane, Laura avait imaginé leurs retrouvailles : Paul l’aurait attendue en sirotant un café, engoncé dans ce Burberry’s élimé qui lui venait de son grand-père italien. Il aurait été là, sa tasse de café dans une main, un bouquin dans l’autre, et l’esprit ailleurs, perdu dans des univers imaginaires. Mais, dès qu’elle aurait manifesté sa présence en le fixant avec ce regard teinté de reproche qu’il prétendait adorer, il aurait tout lâché pour l’enlacer… Une fois à Marseille, ils auraient déposé ses affaires chez elle, auraient fait l’amour, sans attendre. Puis, Paul l’aurait amenée au Vallon des Auffes, sur la basse corniche. »
Extrait de : U. Bellagamba. « La Cité du Soleil et autres récits héliotropes. »
L’origine des victoires par Ugo Bellagamba

Fiche de L’origine des victoires
Titre : L’origine des victoires
Auteur : Ugo Bellagamba
Date de parution : 2013
Editeur : Mémoires Millénaires
Première page de L’origine des victoires
« La vieille dame regarde le ciel.
Ce n’est pas difficile, son fauteuil ergonomique la maintient dans une position semi-allongée qui ne lui laisse que peu de choix : c’est soit les dalles grises du faux-plafond, soit le ciel qui se déroule lentement, comme un papier cadeau à l’azur froissé, à travers les grandes fenêtres du salon de la maison de retraite. Elle en est venue, avec le temps, à préférer lorsqu’il pleut, lorsqu’il tonne, là-bas, de l’autre côté du double vitrage mal nettoyé, et que le ciel descend si bas qu’il pourrait presque l’emporter loin de cette vie d’attente, d’éclats de voix perdues, de raclements de gorges flétries. Et puis, le ciel gris lui rappelle celui de l’aube de l’humanité, quand il fallait courir pour survivre. Dans ses souvenirs les plus lointains qui ont considérablement gagné en puissance, au point d’occulter tout ce qui se passe autour d’elle, le ciel a déjà été d’une autre couleur que bleu ou gris. Une fois, elle s’en souvient comme si c’était hier, il a été blanc, noyé d’une lumière si pure qu’elle en devenait douloureuse.
C’était un été. »
Extrait de : U. Bellagamba. « L’Origine des Victoires. »
Dictionnaire utopique par Ugo Bellagamba

Fiche de Dictionnaire utopique
Titre : Dictionnaire utopique de la science-fiction
Auteur : Ugo Bellagamba
Date de parution : 2023
Editeur : Bélial
Première page de Dictionnaire utopique
« J’ai toujours aimé les dictionnaires, surtout ceux qui parlent de science-fiction. Celui qui a marqué ma génération, et dont je garde jalousement un exemplaire aujourd’hui, même s’il peut paraître un peu obsolète, c’est Le Science-fictionnaire (1994) de Stan Barets. L’ouvrage se présente en deux tomes : le premier identifie, par ordre alphabétique, tous les auteurs de science-fiction connus à l’époque, avec une forte dominante anglo-saxonne ; le second, toujours par ordre alphabétique, présente les grands thèmes du genre, mais aussi certains de ses éléments structurels, tels que les prix et les collections. Je me suis beaucoup inspiré de ce second volume pour structurer mon propre dictionnaire. Je voudrais également rendre hommage, ici, au travail de Lorris Murail, avec Les Maîtres de la science-fiction (1993), dictionnaire alphabétique paru presque simultanément. Murail y fait une habile et passionnante présentation des grands auteurs, en les répartissant en deux époques, les anciens, « de Poe à Campbell », et les modernes, « de Campbell aux Cyberpunks », et en ajoutant, in fine, un dictionnaire qu’il qualifie de « complémentaire », contenant des auteurs qu’il n’avait pas pu évoquer dans les deux premières parties. »
Extrait de : U. Bellagamba. « Dictionnaire utopique de la science-fiction. »
Ugo Bellagamba

Présentation de Ugo Bellagamba :
Venu au monde le deux décembre de l’an 1972 dans la charmante cité de Nice, Ugo Bellagamba a tout d’abord consacré ses veilles à Thémis et à Clio. Après avoir brillamment soutenu, en l’an 2001, une thèse de doctorat dépeignant les mœurs et le rôle politique des avocats du barreau phocéen aux XVIIIe et XIXe siècles, il est devenu maître de conférences à l’université de sa ville natale, où il professe avec passion l’histoire du droit et des idées politiques. Par ailleurs, cet esprit curieux assume les nobles fonctions de délégué artistique au sein du grand salon international de Nantes, les fameuses « Utopiales ».
Toutefois, il convient d’insister tout particulièrement sur son œuvre féconde au sein des littératures de l’imaginaire, domaine dans lequel il fit ses premières armes à la fin de la décennie 1990 sous le pseudonyme anglo-saxon de « Michael Rheyss ». Chez Ugo Bellagamba, l’érudition de l’historien ne bride nullement la fantaisie du conteur ; bien au contraire, elle irrigue ses récits d’une réflexion profonde sur l’altérité, les systèmes politiques, l’utopie et les vertiges de l’uchronie.
En véritable orfèvre de la spéculation historique et futuriste, il s’est d’abord illustré dans l’exercice délicat du roman écrit à quatre mains, s’associant à son confrère Thomas Day pour donner naissance à deux fresques remarquées : L’École des assassins en 2002, où l’épopée spatiale côtoie les intrigues de pouvoir, suivi dès l’année 2003 par Le Double Corps du roi, une audacieuse réinvention des arcanes de notre monarchie.
Mais c’est en solitaire qu’il signera son chef-d’œuvre uchronique, l’admirable Tancrède, une uchronie, paru en 2009. Dans ce roman d’une tenue littéraire exemplaire – qui fut très justement couronné par le prix Rosny aîné ainsi que par le prix Utopiales européen en 2010 –, l’auteur nous transporte au temps tumultueux de la première croisade, infléchissant avec une maestria confondante le destin d’un chevalier normand épris d’idéal et de paix au cœur de l’Orient. Mentionnons également, au rayon de ses longs récits où le merveilleux se mêle aux siècles passés et futurs, L’Origine des Victoires (2013), une fresque envoûtante qui retrace, de la Rome antique jusqu’aux confins des étoiles, le combat secret de femmes lettrées et guerrières veillant sur la destinée humaine.
Néanmoins, l’amateur éclairé de conjectures ne saurait ignorer que Ugo Bellagamba excelle tout particulièrement dans le format exigeant de la nouvelle et du court roman – que d’aucuns nomment aujourd’hui novella. Sa plume ciselée y fait merveille, comme en témoignent L’Apopis républicain (1999), où l’ombre de Bonaparte rencontre les mystères de l’Égypte éternelle, La Cité du Soleil (2005), hommage vibrant aux songes de Tommaso Campanella, ou encore son éblouissant texte Chimères !, qui lui valut les honneurs conjoints du prix Rosny aîné et du prix Bob-Morane en cette même année 2005.
Enfin, comment passer sous silence ses travaux d’essayiste au service de notre genre de prédilection ? Qu’il décrypte l’œuvre du maître américain Robert A. Heinlein dans Solutions non satisfaisantes (rédigé de concert avec le physicien Éric Picholle et auréolé du Grand Prix de l’Imaginaire en 2008) ou qu’il nous livre, en 2023, son précieux Dictionnaire utopique de la science-fiction aux éditions du Bélial’, cet honnête homme démontre sans relâche que la science-fiction demeure le plus merveilleux des laboratoires pour penser les sociétés de demain.
Livres de Ugo Bellagamba :
Dictionnaire utopique (2023)
L’école des assassins (2010)
L’origine des victoires (2013)
La cité du soleil (2003)
Le double corps du roi (2003)
Le monde de Julia (2023)
Quand il y aura des pommiers sur Mars (2010)
Tancrède (2009)
Pour en savoir plus sur Ugo Bellagamba :
La page Wikipédia sur U. Bellagamba
La page Noosfere sur U. Bellagamba
La page isfdb de U. Bellagamba
Le double corps du roi par Thomas Day et Ugo Bellagamba

Fiche de Le double corps du roi
Titre : Le double corps du roi
Auteur : Thomas Day et Ugo Bellagamba
Date de parution : 2003
Editeur : Gallimard
Première page de Le double corps du roi
« Nous y sommes, Général. C’est ici que tout va se jouer », annonça Argo de Thrace.
Ce dernier avait arrêté sa monture juste avant l’ombre portée par les monts arasés au cœur desquels s’ouvrait le défilé d’Alankhar.
Sans prendre la peine de commenter la remarque de son officier en second, ou de jeter un coup d’œil à la petite troupe qui les escortait, le général Déléthérion posa la main droite sur le pommeau de la selle et stoppa sa chimère en tirant sur les rênes. La monture cristalline obéit instantanément, s’immobilisant aux côtés de celle d’Argo ; quand cela serait nécessaire, un claquement de langue suffirait à la faire repartir. L’officier en second tendit une gourde à son général, mais ce dernier l’ignora. »
Extrait de : U. Bellagamba et T. Day. « Le Double Corps Du Roi. »
L’école des assassins par Thomas Day et Ugo Bellagamba

Fiche de L’école des assassins
Titre : L’école des assassins
Auteur : Thomas Day et Ugo Bellagamba
Date de parution : 2010
Editeur : Bélial
Première page de L’école des assassins
« Des deux mains, non sans avoir hésité, Masuji écarte les pans de tissu bleu nuit qui masquent l’entrée de l’Araki’s, un « bar-sans-culotte » en plein centre du quartier de Shinjuku. Déséquilibrée sur les hauts talons qu’elle réserve à ses soirées vénales, elle avance, passe le portique de sécurité. Maintenant, elle peut soit se diriger vers le bar, où l’on paye chacune de ses consommations – à l’occidentale –, soit vers le sous-sol. D’une salle à l’autre, la clientèle et l’ambiance varient. Elle se faufile entre les serveuses sans culotte, au sourire éternel, pour rejoindre la volée de marches écarlates menant au client du sous-sol, forcément aisé, qui, les yeux rivés sur le plafond transparent, paye sa présence par tranches d’une demi-heure et boit à volonté. »
Extrait de : T. Day et U. Bellagamba. « L’École Des Assassins. »
