Étiquette : auteur-Bierce
Epigrammes par Ambrose Bierce

Fiche de Epigrammes
Titre : Epigrammes
Auteur : Ambrose Bierce
Date de parution : 1911
Traduction : T. Gillyboeuf
Editeur : Editions Allia
Première page de Epigrammes
« SI tous les hypocrites des États-Unis se cassaient la jambe aujourd’hui, le pays pourrait être envahi demain sans rencontrer d’obstacle par les hypocrites va-t-en-guerre du Canada.
Pour le Dogmatisme, l’Esprit de Curiosité est le même que l’Esprit du Mal, et aux portraits de ce dernier, il ajoute une queue pour former le point d’interrogation.
“Immoral” : tel est le jugement du bœuf dans son étable sur l’agneau qui gambade.
En pardonnant une offense, montrez-vous plus ou moins cérémonieux, de crainte que votre magnanimité ne soit interprétée comme de l’indifférence.
C’est vrai que l’homme ne connaît pas la femme. Mais la femme non plus.
L’âge est prévoyant parce que moins nous avons de futur, plus nous en avons peur.
La raison est faillible et la vertu peut être vaincue ; les vents changent et l’aiguille renonce au pôle, mais la bêtise ne se trompe et ne s’interrompt jamais. Depuis que l’on a découvert que l’axe de la terre oscille, la bêtise est indispensable comme étalon de la constance. »
Extrait de : A. Bierce. « Epigrammes. »
De telles choses sont-elles possibles ? par Ambrose Bierce

Fiche de De telles choses sont-elles possibles ?
Titre : De telles choses sont-elles possibles ?
Auteur : Ambrose Bierce
Date de parution : 1994
Traduction : B. Sallé
Editeur : Rivages
Sommaire de De telles choses sont-elles possibles ? :
- La mort d’Halpin Frayser
- Le secret de la ravine Macarger
- Une nuit d’été
- La route au clair de lune
- Une mort annoncée
- Le maître de Moxon
- Une sacrée empoignade
- Un jumeau
- La vallée hantée
- Une cruche de sirop
- L’hallucination de Staley Fleming
- Une identité resurgie
- Le petit clochard
- Dans la nuit, au lieu dit de « l’homme mort »
- Au-delà du mur
- Un naufrage psychologique
- L’orteil du milieu du pied droit
- Les funérailles de John Mortonson
- Le royaume de l’irréel
- La montre de John Bartine
- Cette satanée chose
- Haïta le berger
- Un habitant de Carcosa
- Le visiteur
Première page de La mort d’Halpin Frayser
« Par une sombre nuit d’été, un homme s’éveilla d’un sommeil sans rêve, au sein d’une forêt. Il releva la tête, fixa quelques instants l’obscurité, et prononça ces mots : « Catherine Larue ». Il n’ajouta rien ; il ne comprenait même pas pourquoi il avait prononcé ces deux mots.
Cet homme s’appelait Halpin Frayser. Il résidait à St Helena, mais je ne pourrais dire où il se trouve actuellement, car cet homme est mort. Un individu qui prend le risque de s’endormir dans les bois sans autre toit au-dessus de lui que des branches sans feuilles et un ciel sans étoiles ne peut s’attendre à jouir d’une longue vie, et Frayser avait atteint l’âge de trente-deux ans. Il y a de nombreuses personnes dans ce monde, des millions de personnes, et non des moindres, qui considèrent qu’il s’agit déjà d’un âge avancé. »
Extrait de : A. Bierce. « De telles choses sont-elles possibles. »
Contes noirs par Ambrose Bierce

Fiche de Contes noirs
Titre : Contes noirs
Auteur : Ambrose Bierce
Date de parution : 1991
Traduction : J. Papy
Editeur : Rivages
Sommaire de Contes noirs :
- Par une nuit d’été
- La fenêtre condamnée
- Histoire de fou
- Les funérailles de John Mortonson
- Le décor approprié
- Veillée funèbre
- L’homme et le serpent
- Une sacrée garce
- Le troisième orteil du pied droit
- L’inconnu
- La route au clair de lune
- Un habitant de Carcosa
Première page de Par une nuit d’été
« Le fait qu’Henry Armstrong fût enterré ne lui semblait pas prouver qu’il fût mort : il avait toujours été difficile à convaincre. Le témoignage de ses sens l’obligea à admettre qu’il était bel et bien enterré. Sa position (couché sur le dos, les mains jointes sur sa poitrine et attachées par un lien qu’il rompit aisément sans amener aucun changement avantageux de sa situation), l’emprisonnement rigoureux de toute sa personne, les noires ténèbres et le profond silence du lieu où il se trouvait : tout cela constituait un ensemble de preuves indiscutables qu’il acceptait sans ergoter.
Mais il n’était pas mort, sûrement pas ; il devait être simplement terrassé par une grave maladie. D’ailleurs, il se sentait en proie à l’apathie des grands malades, et ne s’inquiétait guère du sort peu commun qui lui avait été assigné. Il n’avait rien d’un philosophe ; c’était un homme très ordinaire, doté, pour le moment, d’une indifférence pathologique : l’organe qui lui permettait de craindre des conséquences était tout engourdi. C’est pourquoi, sans éprouver la moindre appréhension au sujet de son avenir immédiat, il s’abandonna au sommeil, et Henry Armstrong connut une paix totale. »
Extrait de : A. Bierce. « Contes noirs. »
À la dérive par Ambrose Bierce

Fiche de À la dérive
Titre : À la dérive
Auteur : Ambrose Bierce
Date de parution : 1874
Traduction : T. Beauchamp
Editeur : Le castor astral
Sommaire de À la dérive :
- Un ours reconnaissant
- Féodora
- La conversion du fils prodigue
- Quatre ânes et un baudet
- Dr. Deadwood, je présume
- La petite blague du magicien
- À la dérive
- Noisettes cassées
- La conclusion de Tony Rollo
- Service gratuit
- Pernicketty a les foies
- Juniper
- En suivant la mer
- Une vengeance espagnole
- La tête de Mrs Dennison
- Une sorcière volatile
- Le service civil en Floride
- Une histoire du Bosphore
- John Smith, éditorial d’un journal du 3 mai 3873 apr. J.C.
- Coeurs en morceaux
- Histoire de Bath
- Le chien qui suit derrière
- Serpenter
- Le papa de Maud
- L’étang de Jim Beckwourth
- Ficeler un ours
Première page de Un ours reconnaissant
« Je suppose que tous mes petits lecteurs connaissent l’histoire d’Androclès et du lion, aussi la raconterai-je aussi fidèlement que je m’en rappelle en vous priant de ne pas confondre Androclès avec le lion. Si je disposais d’une illustration représentant Androclès coiffé d’un chapeau de soie et le lion avec une faveur nouée autour de la queue, les deux protagonistes pourraient facilement être distingués, mais l’auteur de ces lignes se refuse catégoriquement à dépeindre un tel tableau.
Un jour qu’Androclès cherchait des truffes dans la forêt, il tomba sur la tanière d’un lion. Il y entra, s’étendit sur le sol et ne tarda pas à s’endormir. À l’époque, quand les conditions s’y prêtaient, il n’était pas rare de coucher dans les tanières de lions. Le lion était parti visiter un jardin zoologique et ne devait pas revenir avant une heure avancée, mais cela ne l’empêcha pas de réapparaître plus tôt que prévu. Il fut surpris de trouver un visiteur sans ticket dans sa ménagerie mais, le prenant pour quelque caricaturiste en goguette, il se retint de le manger. »
Extrait de : A. Bierce. « A la dérive. »
Ambrose Bierce

Présentation de Ambrose Bierce :
Né en 1842 dans une bourgade de l’Ohio au sein d’une fratrie des plus nombreuses, Ambrose Bierce fut, avant que d’être un maître de l’étrange, un homme d’action. Il s’engagea, dans la fleur de l’âge, au sein des troupes de l’Union lors de la terrible guerre de Sécession. Il prit part aux batailles les plus effroyables du conflit, telles celles de Shiloh ou de Chickamauga. L’horreur des charniers et l’absurdité sanglante des carnages auxquels il assista, couronnées par une fort grave blessure à la tête lors du siège de Kennesaw Mountain, forgèrent en lui un pessimisme insondable. Son âme en demeura meurtrie à jamais, lui inspirant une vision de la condition humaine dénuée de la moindre illusion.
Rendu à la vie civile, il se fixa sous les cieux cléments de San Francisco où il entama une carrière de plumitif et de chroniqueur. Il s’y imposa rapidement comme un pamphlétaire d’une redoutable férocité. Son esprit caustique, sa verve impitoyable et son intransigeance morale lui valurent d’ailleurs le sobriquet fort à propos de Bitter Bierce (Bierce l’Amer). L’on redoutait sa plume dans toute la baie de Californie, tant il excellait à disséquer les hypocrisies de ses contemporains avec la précision clinique d’un chirurgien.
Toutefois, c’est par son œuvre de fiction que Ambrose Bierce a conquis l’immortalité littéraire. Héritier spirituel de l’illustre Edgar Allan Poe, il fut un nouvelliste d’un noir génie. Ses récits macabres et cruels, compilés dans des recueils tels que Au cœur de la vie, mettent en scène des destins broyés par une mécanique implacable, où la mort se plaît à tromper les vivants. Comment, en effet, ne pas frissonner à la lecture du célèbre conte Ce qu’il se passa sur le pont de Owl Creek ? Par-delà son talent pour le fantastique, il convient de saluer bien bas son magistral Dictionnaire du Diable, un lexique d’aphorismes d’un cynisme étincelant, où l’humour noir le dispute à la lucidité la plus glaçante.
La fin de son existence, véritable sommet de théâtralité romanesque, acheva de sceller son mythe. À l’automne 1913, alors qu’il avait allègrement franchi le cap des soixante-dix printemps, le vieil écrivain, las de ses semblables, fit ses malles et chevaucha vers le sud pour observer les tumultes de la révolution mexicaine, rejoignant les armées de Pancho Villa. Il s’évapora purement et simplement dans les brumes de l’Histoire au tournant de l’année 1914, ne laissant derrière lui qu’un insondable mystère et un silence définitif, épitaphe rêvée pour ce grand contempteur du genre humain.
Livres de Ambrose Bierce :
Traductions de Mais-Encore.fr :
A la dérive (1874)
Contes noirs (1991)
De telles choses sont-elles possibles ? (1994)
Epigrammes (1911)
Fables fantastiques (1995)
Histoires macabres et flegmatiques de la Guerre de Sécession (2020)
L’étranger (1909)
La fille du bourreau (1986)
Le club des parenticides (2007)
Le dictionnaire du diable (1906)
Le Maître de Moxon (1910)
Les fables de Zambri (2013)
Morts violentes (1957)
Un diagnostic de la mort (1901)
Pour en savoir plus sur Ambrose Bierce :
La page Wikipédia sur A. Bierce
La page Noosfere sur A. Bierce
La page isfdb de A. Bierce