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Ambrose Bierce

Présentation de Ambrose Bierce :

Né en 1842 dans une bourgade de l’Ohio au sein d’une fratrie des plus nombreuses, Ambrose Bierce fut, avant que d’être un maître de l’étrange, un homme d’action. Il s’engagea, dans la fleur de l’âge, au sein des troupes de l’Union lors de la terrible guerre de Sécession. Il prit part aux batailles les plus effroyables du conflit, telles celles de Shiloh ou de Chickamauga. L’horreur des charniers et l’absurdité sanglante des carnages auxquels il assista, couronnées par une fort grave blessure à la tête lors du siège de Kennesaw Mountain, forgèrent en lui un pessimisme insondable. Son âme en demeura meurtrie à jamais, lui inspirant une vision de la condition humaine dénuée de la moindre illusion.

Rendu à la vie civile, il se fixa sous les cieux cléments de San Francisco où il entama une carrière de plumitif et de chroniqueur. Il s’y imposa rapidement comme un pamphlétaire d’une redoutable férocité. Son esprit caustique, sa verve impitoyable et son intransigeance morale lui valurent d’ailleurs le sobriquet fort à propos de Bitter Bierce (Bierce l’Amer). L’on redoutait sa plume dans toute la baie de Californie, tant il excellait à disséquer les hypocrisies de ses contemporains avec la précision clinique d’un chirurgien.

Toutefois, c’est par son œuvre de fiction que Ambrose Bierce a conquis l’immortalité littéraire. Héritier spirituel de l’illustre Edgar Allan Poe, il fut un nouvelliste d’un noir génie. Ses récits macabres et cruels, compilés dans des recueils tels que Au cœur de la vie, mettent en scène des destins broyés par une mécanique implacable, où la mort se plaît à tromper les vivants. Comment, en effet, ne pas frissonner à la lecture du célèbre conte Ce qu’il se passa sur le pont de Owl Creek ? Par-delà son talent pour le fantastique, il convient de saluer bien bas son magistral Dictionnaire du Diable, un lexique d’aphorismes d’un cynisme étincelant, où l’humour noir le dispute à la lucidité la plus glaçante.

La fin de son existence, véritable sommet de théâtralité romanesque, acheva de sceller son mythe. À l’automne 1913, alors qu’il avait allègrement franchi le cap des soixante-dix printemps, le vieil écrivain, las de ses semblables, fit ses malles et chevaucha vers le sud pour observer les tumultes de la révolution mexicaine, rejoignant les armées de Pancho Villa. Il s’évapora purement et simplement dans les brumes de l’Histoire au tournant de l’année 1914, ne laissant derrière lui qu’un insondable mystère et un silence définitif, épitaphe rêvée pour ce grand contempteur du genre humain.

Livres de Ambrose Bierce :

A la dérive
Contes noirs
De telles choses sont-elles possibles ?
Epigrammes
Fables fantastiques
Histoires macabres et flegmatiques de la Guerre de sécession
La fille du bourreau
Le club des parenticides
Le dictionnaire du diable
Les fables de Zambri
Morts violentes

Pour en savoir plus sur Ambrose Bierce :

La page Wikipédia sur A. Bierce
La page Noosfere sur A. Bierce
La page isfdb de A. Bierce