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Le creuset du temps par John Brunner
Fiche de Le creuset du temps
Titre : Le creuset du temps
Auteur : John Brunner
Date de parution : 1985
Traduction : J. Polanis
Editeur : Robert Laffont
Première page de Le creuset du temps
« Maintenant que le soleil était couché, le barq se fatiguait. Il remontait un courant rapide et risquait de se faire drosser contre les écueils qui hérissaient le chenal, où il aurait perforé ses vessies natatoires. Après avoir tenté à maintes reprises de le stimuler, le timonier posa son aiguillon et déversa en grommelant dans le jabot ouvert le contenu du dernier baril de poissons et d’algues fermentés qui servaient à nourrir indifféremment bateau, équipage et passagers. Tout en attendant le rot qui indiquerait la digestion, il remarqua Jing qui l’observait depuis la selle de planches ligaturées, aussi inquiet que si son météorat lui prédisait une tempête. Il éclata de rire.
— Les rêves ne vous prendront pas avant que nous soyons arrivés à destination ! promit-il dans le »
Extrait de : J. Brunner. « Le creuset du temps. »
La ville est un échiquier par John Brunner
Fiche de La ville est un échiquier
Titre : La ville est un échiquier
Auteur : John Brunner
Date de parution : 1965
Traduction : R. Baldy
Editeur : Le livre de poche
Première page de La ville est un échiquier
« À bord de l’appareil en provenance de Floride, j’engageai la conversation avec mon voisin – pour être plus exact, c’est lui qui, le premier m’adressa la parole. L’homme en question était un Juif européen âgé d’une bonne cinquantaine d’années, dont la famille avait été chassée par l’arrivée des Nazis lors de la Seconde Guerre mondiale. Il était néanmoins très fier de son accent européen et il en fit état à une douzaine de reprises, pour le moins. « Vous aviez remarqué mon accent, bien entendu… » Je ne cherchai pas à obtenir de plus amples précisions sur ses origines.
Cela faisait quatre ans qu’il n’était pas rentré « chez lui ». Il m’apparut qu’il avait beaucoup plus vécu aux États-Unis qu’à Aguazul, mais qu’incontestablement il était très fortement attaché à son pays »
Extrait de : J. Brunner. « La ville est un échiquier. »
La toile d’araignée – La tangence des parallèles par John Brunner
Fiche de La toile d’araignée – La tangence des parallèles
Titre : La toile d’araignée
Titre : La tangence des parallèles
Auteur : John Brunner
Date de parution : 1982
Traduction : F. Maillet
Editeur : Opta
Première page de La toile d’araignée
« Prenez garde ! »
À peine eut-il proféré ces mots – avec un frisson dû en parties égales à la brusque transition de l’excitation à l’inquiétude et à leur passage d’un climat subtropical à un climat subarctique – qu’il se rendit compte de leur absurdité, adressés à un aveugle. Mais Mustapha était habitué à son infirmité, au bout de… combien de temps ? Quinze ans, cinquante ? Ce n’était pas une question à poser.
Il obéit cependant, se raidit et entra dans cet étrange état de totale attention qui, avait parfois imaginé Hans Dykstra, pouvait réellement arrêter pour lui le passage du temps, lui permettre de se distancier du monde des gens ordinaires pour en dresser, sans le voir, un inventaire exhaustif.
Cela provoqua chez Hans un nouveau frisson, malgré sa combinaison climatisée.
Puis il comprit : bien sûr ! Des toiles d’araignée ! »
Extrait de : J. Brunner. « La toile d’araignée. »
Première page de La tangence des parallèles
« Je serais beaucoup plus rassuré, » grommela l’ambassadeur, « si je comprenais comment fonctionnent ces maudits expéditeurs. »
Dans leurs habits de cérémonie de couleur sombre, lui et sa compagne, la première secrétaire, vêtue de façon presque identique, avaient l’air d’intrus dans ce réduit en béton armé, enfoui très loin sous terre, qui se dissimulait sous l’ambassade. Toutes les autres personnes présentes portaient des combinaisons dont les couleurs correspondaient à un code, même l’homme qui, se faisant passer pour un attaché commercial, était le responsable local du service de renseignements.
Comme l’amitié entre nations n’existe pas dans cet univers paranoïaque habité par les espions, c’est lui qui aurait dû, normalement, diriger toute opération de cette nature. Mais celle qui allait se dérouler était sans précédent. »
Extrait de : J. Brunner. « La tangence des parallèles. »
La planète Folie par John Brunner
Fiche de La planète Folie
Titre : La planète Folie
Auteur : John Brunner
Date de parution : 1968
Traduction : J. Corday
Editeur : J’ai lu
Première page de La planète Folie
« Un rêve…
Accablé par la présence de cette lune balafrée, terrible et réprobatrice, au milieu du silence hystérique de la nuit, Dennis Malone s’agitait sur son lit sans parvenir à se réveiller, luttant en vain pour briser les chaînes de sa fatigue.
Installé tout au sommet d’un pic colossal, surplombant d’une infinité d’années-lumière un abîme sans fond, il se trouvait être la cible d’un jeu de massacre où des balles grandes comme la lune tombaient dru comme la grêle, entaillées par une bouche accusatrice, annonciatrice de catastrophes – et parfois la bouche s’ouvrait pour dessiner les traits d’un Jéhovah vengeur, répandant sa malédiction sur lui et toute sa descendance. »
Extrait de : J. Brunner. « La planète Folie. »
La conquête du chaos par John Brunner
Fiche de La conquête du chaos
Titre : La conquête du chaos
Auteur : John Brunner
Date de parution : 1964
Traduction : F. Howe
Editeur : Marabout
Première page de La conquête du chaos
« Le Pays Stérile s’étendait à la surface du monde comme un ulcère, presque rond, d’environ cinq cents kilomètres de circonférence. Il était là depuis si longtemps qu’on avait fini par l’accepter ; il était là, c’était un fait et il existait.
À plusieurs jours de voyage de ses limites, la campagne était autrefois aussi vide que le Pays Stérile lui-même, mis à part l’herbe et les arbres qui ne poussaient pas dans le Pays Stérile.
Cependant, au cours des générations, les gens avaient reculé, poussés par la pression de la population, par de légères différences de climat, par la migration du gibier ou par simple esprit de contradiction, jusqu’à établir une douzaine de villages presque sur la ligne de démarcation. Il fallait y combattre les choses qui, de temps en temps, s’écar »
Extrait de : J. Brunner. « La conquête du chaos. »
L’homme total par John Brunner
Fiche de L’homme total
Titre : L’homme total
Auteur : John Brunner
Date de parution : 1964
Traduction : M. Manchette
Editeur : Presses de la cité
Première page de L’homme total
« MOLEM
Après l’accouchement ils la mirent dans un lit, la grosse femme ravagée par le tourment et la faim, au point que ce n’était pas seulement sur son ventre vidé que sa peau pendait comme un vieux vêtement. En dépit d’une large ceinture pelvienne, elle avait eu un accouchement difficile ; le médecin au visage fatigué l’avait jugée un peu plus mal en point que les autres qui se disputaient les places à l’hôpital, aussi lui avait-on attribué un lit. Elle ne manifesta aucune reconnaissance. Et elle n’aurait pas montré d’amertume si on l’avait traitée comme la plupart des femmes qui étaient passées par la salle de travail ce jour-là, et si on l’avait mise dans un fauteuil pour se reposer deux heures pendant qu’on nettoyait le sol avec une solution de soude caustique, par manque de désinfectant, et qu’on brûlait le papier kraft de la table de travail avant d’en mettre un propre, par manque de linge. »
Extrait de : J. Brunner. « L’homme total. »
L’ère des miracles par John Brunner
Fiche de L’ère des miracles
Titre : L’ère des miracles
Auteur : John Brunner
Date de parution : 1977
Traduction : F. Serph
Editeur : Albin Michel
Première page de L’ère des miracles
« Poignardé d’images comme une poupée de cire le serait d’aiguilles.
Pendant l’été, la nourriture était abondante. Le renard évitait les endroits où son monde était envahi : les bruits mystérieux, les odeurs de fumée, les bipèdes glapissants. L’été prit fin. La boue lui succéda quelque temps. La pluie trempa sa fourrure et le vent devint coupant. Aux gelées, la terre durcit et il y eut une succession de grondements nauséabonds et d’éclairs. Le renard s’éloigna, cherchant refuge dans les hautes herbes et les buissons. Les herbes jaunirent et séchèrent, les buissons dénudés se découpèrent aussi nettement qu’une gravure sur le ciel.
La neige amena la disette.
Le renard se résigna à la chose nouvelle qui avait pris place dans son monde. Ce n’était pas un changement qu’il pût comprendre, mais il ne pouvait pas non plus le contrôler. Ses pas s’imprimèrent dans la neige, brisant la mince pellicule de givre (bien que le manque de nourriture l’amaigrit de jour en jour), et l’amenèrent jusqu’à la frontière où il s’arrêta — non pas pour réfléchir, mais parce que l’équilibre délicat de ses poussées instinctives oscillait entre la faim ici et l’inconnu là-bas. »
Extrait de : J. Brunner. « L’ère des miracles. »
L’envers du temps par John Brunner
Fiche de L’envers du temps
Titre : L’envers du temps
Auteur : John Brunner
Date de parution : 1971
Traduction : J. Huet
Editeur : Pocket
Première page de L’envers du temps
« CALME plat. Cependant la mer n’est pas parfaitement immobile. Elle vient lécher paresseusement la grève sablonneuse d’un mouvement régulier que ne révèle pas le moutonnement de l’écume — car les vagues sont d’huile et ne déferlent pas — mais le mol aller et retour des taches blêmes des détritus de matière plastique indestructible. Un peu en deçà de la ligne des hautes eaux, s’étend une végétation broussailleuse.
Il fait nuit. Le ciel est clair, presque sans nuages. Pas de lune, ou plutôt, la lune est remplacée par deux astres artificiels qui brillent dans l’espace.
Tout est silence, en dehors du bruissement du vent dans les branches et du clapotis de la marée.
A moins d’un kilomètre de la rive, une tache blanche tranche sur le miroir sombre des eaux. »
Extrait de : J. Brunner. « L’envers du temps. »
L’empire interstellaire 2 par John Brunner
Fiche de L’empire interstellaire 2
Titre : L’empire interstellaire 2
Auteur : John Brunner
Date de parution : 1976
Traduction : J. Schmitt
Editeur : Opta
Première page de L’empire interstellaire 2
« L’Evadé des ténèbres – PROLOGUE
Le vaisseau fuyait les Ténèbres comme si tous les diables des dix mille enfers de dix mille planètes étaient aux trousses de son pilote. Le commandant d’un gros cargo poussif repéra sa trace sur ses détecteurs, dont l’infaillibilité sujette à caution l’incita à vérifier les circuits pour s’assurer que ses instruments avaient réellement signalé un vaisseau spatial lancé à une vitesse aussi folle, et il eut juste le temps de souhaiter n’avoir pas pris le risque d’une traversée directe entre Batyra Dap et les Marches de Klareth au lieu de suivre la route surveillée passant par Mallimameddy, avant que l’autre pilote, d’une dédaigneuse secousse imprimée à ses commandes, n’expédie son appareil à l’autre bout de l’espace.
Les Ténèbres — ce fossé de cent années-lumière qu’une monstrueuse pluie d’étoiles avait creusé entre les Marches de Klareth et le bras de la galaxie — ne vomissaient habituellement qu’une seule sorte d’appareils : ceux des pirates. »
Extrait de : J. Brunner. « L’empire interstellaire 2. »
L’empire interstellaire 1 par John Brunner
Fiche de L’empire interstellaire 1
Titre : L’empire interstellaire 1
Auteur : John Brunner
Date de parution : 1976
Traduction : J. Schmitt
Editeur : Opta
Première page de L’empire interstellaire 1
« L’AUTEL D’ASCONEL
Au terme de presque dix années, le moment était enfin arrivé. Il se sentait prêt à affronter la tâche qu’il avait à accomplir.
Spartak d’Asconel ferma le dernier des livres qu’il avait consultés par centaines, respira profondément et jeta un regard circulaire autour de sa cellule. D’autres livres s’entassaient sur toutes les étagères, à côté d’enregistrements sur bandes, sur cristaux et sur disques, de bobines de microfilms et de piles de manuscrits – autant de résultats du tri qu’il s’était efforcé, durant une décennie, d’opérer parmi la somme inouïe des connaissances emmagasinées sur la planète Annanmonde.
Pour transmuter ce savoir en enseignement, il lui suffirait de saisir le micro de son magnétophone et de se mettre à parler. Pourtant les choses n’étaient pas aussi simples, car ce seul instant allait bouleverser son existence – non dans son aspect matériel comme le jour où il avait définitivement quitté Asconel, mais subjectivement. Cette prise de conscience lui laissa une impression de flottement – comme s’il était resté suspendu dans l’espace, entre deux planètes. »
Extrait de : J. Brunner. « L’empire interstellaire 1. »