Étiquette : Bélial

 

Mademoiselle Belle par L. Kloetzer

Fiche de Mademoiselle Belle

Titre : Mademoiselle Belle
Auteur : Laurent Kloetzer
Date de parution : 2012
Editeur : Bélial

Première page de Mademoiselle Belle

« Mademoiselle Belle
donne son salut à Monsieur de K.
Le 6e jour du 2e mois de l’été

Monsieur,

Vous ne savez pas qui je suis, j’en ai peur et croyez que je le regrette. Par contre, j’ai moi-même l’honneur de vous connaître un peu… j’ai lu vos livres.

Aussi, je me sens dans l’obligation de porter à votre connaissance un fait qui ne manquera pas d’éveiller votre intérêt.

J’ai appris, il y a peu, une affaire vous concernant ainsi que Mademoiselle C* qui pourrait vous causer quelques ennuis au cas où Monsieur ou Madame C* viendrait à en prendre connaissance.

Cela serait pour tous une chose regrettable, je vais donc tenter d’endiguer tout début de rumeur à ce sujet et j’aurai ainsi la grande joie de vous avoir rendu un service. Peut-être aurez-vous la gentillesse de bien vouloir m’aider à votre tour ? »

Extrait de : L. Kloetzer. « Mademoiselle Belle. »

La confirmation par L. Kloetzer

Fiche de La confirmation

Titre : La confirmation
Auteur : Laurent Kloetzer
Date de parution : 2016
Editeur : Bélial

Première page de La confirmation

« Un épi de blé noir sur fond rouge. L’épi s’étirait en amande pointue, on ne pouvait s’empêcher de penser à la lame d’une épée. Sable sur lit de gueule, Merlin ne connaissait pas les mots, il ne savait rien de l’héraldique, il ne savait rien du monde. Le dessin très stylisé se trouvait sur un rectangle de tissu synthétique, un drapeau attaché à la lance d’un equites abattu.

En voyant le dessin au bout de la lance couchée de ce garçon que Marie, la sage Marie avait allongé d’une balle en pleine tête, il se souvient d’avoir formulé ces mots à voix haute pour la première fois : la dame des moissons, avec un frisson de peur et de fascination comme s’il avait été capable alors de distinguer dans l’avenir son propre chemin, ses propres transformations. Les autres restaient saisis par l’arrivée soudaine des quatre puppies, et la surprise d’avoir vu l’equites sortir du chemin, sa lance accrochée au dos portant l’étendard de l’épi. Celui-là avait failli les avoir tous, jusqu’au sacrifice d’Ishmaël. »

Extrait de : L. Kloetzer. « La Confirmation. »

Issa Elohim par L. Kloetzer

Fiche de Issa Elohim

Titre : Issa Elohim
Auteur : Laurent Kloetzer
Date de parution : 2018
Editeur : Bélial

Première page de Issa Elohim

« L’hôtel des Mines d’Araies était ma dernière escale avant le camp Frontex, un palace désolé datant du temps de la colonisation avec réseau satellitaire dernier cri, climatisation aléatoire et plomberie bruyante. J’ai envoyé un mot à Edward pour le rassurer et le faire rire et je me suis allongée une vingtaine de minutes sur le lit étroit ; le trajet depuis la capitale du gouvernorat dans le taxi surchauffé m’avait porté sur les nerfs, je voulais souffler un peu avant d’aller retrouver Gertrud. C’était mon tout premier reportage de ce type ; à dire vrai, j’appréhendais l’arrivée au camp.

Tout ça, l’hôtel, le voyage, avait été financé par un crowdfunding monté à l’arrachée et bouclé dans les toutes dernières secondes. »

Extrait de : L. Kloetzer. « Issa Elohim. »

La première ou dernière par L. L. Kloetzer

Fiche de La première ou dernière

Titre : La première ou dernière (Tome 2 sur 2 – Noon)
Auteur : Laurent Kloetzer et Laure Kloetzer
Date de parution : 2023
Editeur : Bélial

Première page de La première ou dernière

« Voici une histoire que j’ai entendu raconter par un vieil édenté, à l’orée de la nuit, sous une yourte aux flancs battus par un vent neigeux. J’écoutais d’une oreille, je ne suis pas sûr de la rendre au mieux : je n’ai pas la voix rauque et lancinante du conteur mingol, ni son sens du rythme et des surprises. En fait, cette histoire m’est revenue à la toute fin de notre aventure. Si j’avais pu m’en souvenir avant, je nous aurais épargné bien des ennuis. Je vous la livre ici, en quelques mots, prêtez-y attention, vous comprendrez peut-être mieux que moi certaines choses. »

Extrait de : L. L. Kloetzer. « La première ou dernière – Noon. »

Du soleil noir par L. L. Kloetzer

Fiche de Du soleil noir

Titre : Du soleil noir (Tome 1 sur 2 – Noon)
Auteur : Laurent Kloetzer et Laure Kloetzer
Date de parution : 2022
Editeur : Bélial

Première page de Du soleil noir

« Je m’appelle Yors. Je ne vais pas vous raconter ma vie, ce serait un peu long et, sans me vanter, ça pourrait choquer les âmes délicates de ces dames. Mais il nous faut faire un peu connaissance, avant l’entrée en scène de Noon.

Je suis né dans notre bonne ville, au pied des murailles, à quelques pas du Grand Caravansérail où commence mon histoire. Comme on le voit à ma gueule, je ne suis ni un aristocrate confit dans son palais de marbre, ni un porteplume bouffeur de chandelles, ni un ouvrier blafard des rues sans soleil. J’ai passé la moitié de ma vie loin de chez moi, hors des murs, dans tous les pays du monde connu. J’ai été marin sur une galère de la Mer Intérieure, docker sur le port. Je me suis engagé dans l’armée du Suzerain du temps de la guerre des esclaves, on m’a nommé sergent. J’ai dirigé une compagnie d’irréguliers, de fameuses crapules, croyez-moi. Je me suis bagarré à l’épée, au crochet d’abordage, à la longue pique. »

Extrait de : L. L. Kloetzer. « Du soleil noir – Noon. »

La fontaine des âges par N. Kress

Fiche de La fontaine des âges

Titre : La fontaine des âges
Auteur : Nancy Kress
Date de parution : 2007
Traduction : E. Perchoc
Editeur : Bélial

Première page de La fontaine des âges

« Elle était dans ma bague. À l’époque, on gardait avec soi les fragments d’une personne. Ça se faisait, pas comme aujourd’hui.

Une mèche de cheveux, une goutte de sang, une trace de rouge à lèvres dessinant un baiser sur un papier – des trucs tangibles. On pouvait les glisser dans un médaillon, une petite boîte, une bague. Les garder avec soi, les caresser. Rien à voir avec ces hologrammes. Qui peut chérir des ombres lasers ? Ou ces atroces « recréations » nanotechs ? Quoi, le Maître de l’Univers a « recréé » le monde quand il a commencé à partir en vrille ? Jamais de la vie. Il a fait son possible avec l’original, comme n’importe qui de sensé.

Donc, elle était dans une bague. Que j’ai conservée pendant quarante-deux ans – jusqu’à ce que le monde moderne la dévore. Littéralement. Où se trouve la justice dans tout ça ? Dites-moi. »

Extrait de : N. Kress. « La Fontaine des âges. »

Danses aériennes par N. Kress

Fiche de Danses aériennes

Titre : Danses aériennes
Auteur : Nancy Kress
Date de parution : 2017
Traduction : P.-P. Durastanti, T. Bauduret
Editeur : Bélial

Sommaire de Danses aériennes

  • Le sauveur
  • Touchdown
  • Evolution
  • Fin de partie
  • Shiva dans l’ombre
  • A la mode, à la mode
  • Le bien commun
  • On va y arriver
  • Un
  • Trottoir à 12h10
  • Danse aérienne

Première page de Le sauveur

« L’arrivée de l’objet ne surprit personne ; l’attention du monde entier précéda, accompagna et suivit son atterrissage.

L’appareil – s’il s’agissait bien d’un appareil – avait été repéré un samedi matin d’octobre par le télescope spatial Hubble alors qu’il se trouvait encore au-delà de l’orbite de Mars. Au bout de quelques heures, Houston, Langley et Arecibo connaissaient sa trajectoire ; bientôt, tous les grands observatoires de la planète en savaient autant. La presse apprit la nouvelle à temps pour les journaux du dimanche. L’armée américaine fit évacuer, puis encercla les cinquante kilomètres carrés du Minnesota où il paraissait devoir toucher terre, une zone débordant quelque peu sur l’Ontario, de l’autre côté de la frontière canadienne. »

Extrait de : N. Kress. « Danses aériennes. »

Zendegi par G. Egan

Fiche de Zendegi

Titre : Zendegi
Auteur : Greg Egan
Date de parution : 2010
Traduction : P.-P. Durastanti
Editeur : Bélial

Première page de Zendegi

« MARTIN FIXAIT D’UN REGARD SOUCIEUX les quatre caisses de vinyles dans l’angle du salon. Deux enceintes, une platine et un ampli étaient posés par terre à côté, leurs câbles drapés de moutons ; il avait vendu le meuble hifi trois semaines plus tôt. Les disques pesaient beaucoup trop lourd pour qu’il les prenne sur le vol pour l’Iran et il ne leur donnait guère de chances s’il les expédiait par voie de surface. Il avait bien envisagé de les entreposer, comme pendant son séjour au Pakistan, mais après un mois passé à vendre son mobilier et à jeter son fourbi, il voulait terminer le processus : atteindre le point où il pourrait décoller de Sydney sans emporter de clé, ni rien laisser derrière lui.
Il s’accroupit près des caisses pour effectuer un comptage rapide. Deux cent quarante albums. Leur substituer des téléchargements coûterait plus de deux mille dollars. Ça lui paraissait exorbitant pour en rester au statu quo, à quelques rayures et crissements près. »

Extrait de : G. Egan. « Zendegi. »

Nuits cristallines par G. Egan

Fiche de Nuits cristallines

Titre : Nuits cristallines
Auteur : Greg Egan
Date de parution : 2008
Traduction : E. Perchoc
Editeur : Bélial

Première page de Nuits cristallines

« Encore du caviar ? » Daniel Cliff désignait le plat dont le couvercle, à la manière d’un diaphragme, passa d’opaque à transparent. « Il est frais, croyez-le bien. Mon cuisinier l’a fait venir d’Iran par avion ce matin même.

–Non merci. » Julie Dehghani se tamponna les lèvres à l’aide d’une serviette, puis la posa dans son assiette d’un geste ferme. La salle à manger surplombait le Golden Gate ; la plupart des gens que Daniel recevait appréciaient d’y passer une heure ou deux au seul motif du plaisir de la vue. Il constatait cependant que son bavardage suscitait l’impatience de la jeune femme. »

Extrait de : G. Egan. « Nuits cristallines. »

Mortelles ritournelles par G. Egan

Fiche de Mortelles ritournelles

Titre : Mortelles ritournelles
Auteur : Greg Egan
Date de parution : 1989
Traduction : S. Denis, F. Valery
Editeur : Bélial

Première page de Mortelles ritournelles

« Michael Underwood, consultant en musique créative pour l’Usine à Inspiration, ne put s’empêcher de jeter un œil discret à sa montre. Il lui restait encore du travail pour la campagne Hypersoft, laquelle se devait d’être terminée le jour même, et l’après-midi filait déjà. Underwood écoutait John Halbright depuis vingt minutes. Il ne savait toujours pas en quoi ce que présentait le président de la Société de Neurocartographie appliquée « était la plus belle mine d’or publicitaire depuis que le Département du Trésor avait accepté de vendre des emplacements à hologrammes sur le billet de dix dollars »

Halbright remarqua son geste, s’arma de courage et recommença.

« Vous avez bien compris que nous avons identifié les circuits neuronaux impliqués dans le traitement de la musique ? »

Extrait de : G. Egan. « Mortelles Ritournelles. »