Étiquette : Feedbooks

 

L’homme sans bras par Paul Féval

Fiche de L’homme sans bras

Titre : L’homme sans bras
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1881
Editeur : Feedbooks

Première page de L’homme sans bras

« Tanneguy ne savait pas trop au juste si la vieille métayère de Château-le-Brec, sèche et raide sous sa coiffe, était bien son aïeule. Au bourg d’Orlan, les bonnes gens l’appelaient tantôt Tanneguy Le Brec, tantôt le petit Monsieur. Pourquoi ce dernier nom, s’il était le fils d’une fermière ? Quant à cela, il ne s’était point fait faute de questionner à tort et à travers : mais les bonnes gens du bourg n’en savaient pas beaucoup plus long que lui.

Douairière Le Brec n’était pas, d’ailleurs, une fermière à la douzaine ; elle portait des habits de paysanne en étoffe de soie. Tanneguy n’avait jamais été vêtu comme ses compagnons d’enfance. Certes, au milieu du Palais-Royal, tout plein de vainqueurs à breloques, les doigts passés dans la double fente de leurs pantalons de nankin à petit pont, les cheveux frisottés, les favoris roulés, le binocle énorme au creux de l’estomac, Tanneguy ne pouvait point passer pour un mirliflor ; mais il avait un pantalon flottant de toile écrue sur sa guêtre pareille et bien lacée ; une jaquette de velours nantais dessinait sa taille gracieuse et déjà robuste ; »

Extrait de : P. Féval. « L’homme sans bras. »

Sir Nigel par Arthur Conan Doyle

Fiche de Sir Nigel

Titre : Sir Nigel
Auteur : Arthur Conan Doyle
Date de parution : 1899
Traduction :
Editeur : Feedbooks

Première page de Sir Nigel

« Au mois de juillet de l’an de grâce 1348, entre la Saint-Benedict et la Saint-Swithin, l’Angleterre fut le théâtre d’un étrange événement : un monstrueux nuage apparut, venant de l’est, un nuage pourpre et massif, lourd de menaces, glissant lentement devant le ciel limpide. Et dans son ombre les feuilles séchèrent sur les arbres, les oiseaux cessèrent de gazouiller, bestiaux et moutons se blottirent contre les haies. Les ténèbres s’appesantirent sur le pays et les hommes, dont le cœur était lourd, gardèrent les yeux tournés vers cette nue terrifiante. Certains se glissèrent dans les églises pour y recevoir la bénédiction chevrotante de quelque prêtre angoissé. Les oiseaux avaient cessé de voler et l’on n’entendait plus les sons si plaisants de la nature. Tout était silencieux et immobile, à l’exception de la vaste nuée qui s’avançait, roulant ses immenses plis du fond de l’horizon. À l’ouest, on pouvait voir encore un riant ciel d’été cependant que, de l’est, la lourde masse glissait lentement jusqu’à ce que la dernière parcelle de bleu eût disparu et que le ciel tout entier ne parût plus qu’une grande voûte de plomb. »

Extrait de : A.C Doyle. « Sir Nigel. »

Le gouffre Maracot par Arthur Conan Doyle

Fiche de Le gouffre Maracot

Titre : Le gouffre Maracot ou Le monde perdu sous la mer
Auteur : Arthur Conan Doyle
Date de parution : 1928
Traduction :
Editeur : Feedbooks

Première page de Le gouffre Maracot

« Puisque ces papiers m’ont été remis en vue de leur publication, je commencerai par rappeler au lecteur le triste destin du Stratford. Ce navire avait appareillé l’an dernier pour une croisière dont le but était l’océanographie et l’étude des grands fonds marins. L’expédition était dirigée par le docteur Maracot, auteur réputé des « Formations pseudo-coralliennes » et de la « Morphologie des lamellibranches ». Le docteur Maracot était accompagné de Monsieur Cyrus Headley, ex-assistant à l’Institut de Zoologie de Cambridge, Massachusetts, et, à l’époque de la croisière, boursier à Oxford. Le capitaine Howie, marin expérimenté, commandait le Stratford et son équipage de vingt-trois hommes, parmi lesquels un mécanicien américain des Usines Merribank à
Philadelphie.
Tout ce monde a disparu. La seule information reçue sur l’infortuné steamer provient d’un petit bateau norvégien dont les matelots ont vu sombrer, au cours de la grande tempête de l’automne 1926, un navire dont la description correspondait approximativement à celle du steamer. »

Extrait de : A.C Doyle. « Le Gouffre Maracot (ou Le Monde perdu sous la mer). »

La tragédie du Korosko par Arthur Conan Doyle

Fiche de La tragédie du Korosko

Titre : La tragédie du Korosko
Auteur : Arthur Conan Doyle
Date de parution : 1898
Traduction :
Editeur : Feedbooks

Première page de La tragédie du Korosko

« Le public se demandera peut-être pourquoi les journaux n’ont jamais raconté l’histoire des passagers du Korosko. À une époque comme la nôtre, où les agences de presse scrutent tout l’univers à la recherche du sensationnel, il paraît incroyable que le secret ait protégé si longtemps un incident international d’une telle importance. Bornons-nous à dire que cette discrétion reposait sur des motifs fort valables, à la fois politiques et d’ordre privé. D’ailleurs, un certain nombre de personnes étaient au courant des faits ; une version de ceux-ci parut même dans un journal de province, qui s’attira aussitôt un démenti. Les voici maintenant transcrits sous la forme d’un récit. Leur exactitude est garantie par les dépositions faites sous la foi du serment par le colonel Cochrane Cochrane, du club de l’Armée et de la Marine, par les lettres de Mademoiselle Adams, de Boston, Mass., ainsi que par le témoignage recueilli au cours de l’enquête secrète menée au Caire par le Gouvernement auprès du capitaine Archer, des méharistes égyptiens. »

Extrait de : A.C Doyle. « La Tragédie du Korosko. »

La compagnie blanche par Arthur Conan Doyle

Fiche de La compagnie blanche

Titre : La compagnie blanche
Auteur : Arthur Conan Doyle
Date de parution : 1891
Traduction :
Editeur : Feedbooks

Première page de La compagnie blanche

« La grosse cloche de Beaulieu sonnait à toute volée ; elle brassait l’air lourd de l’été, elle poussait ses crescendos et ses diminuendos jusqu’au cœur de la forêt. Rien de plus banal, pour les pêcheurs sur l’Exe ou pour les tourbiers du Blackdown, que ses grands battements rythmés qui leur étaient aussi familiers que le caquetage des geais ou le grondement des butors. Cette fois-ci pourtant ils levèrent la tête, intrigués : l’angélus avait déjà été sonné, et ce n’était pas encore l’heure des vêpres ; pourquoi s’agitait donc la grosse cloche de Beaulieu alors que l’ombre n’était ni courte ni longue ?

Tout autour de l’abbaye les moines se hâtaient ; leurs robes blanches affluèrent dans les grandes allées de chênes noueux et de hêtres moussus. Dès le premier coup de cloche tous s’étaient mis en route ; ils avaient quitté les vignes ou le pressoir, les étables ou les prés, les marnières ou les salines, et même les lointaines forges de Sowley ou le manoir écarté de Saint-Léonard. »

Extrait de : A.C Doyle. « La Compagnie blanche. »

Son dernier coup d’archet par Arthur Conan Doyle

Fiche de Son dernier coup d’archet

Titre : Son dernier coup d’archet (Tome 8 sur 9 – Sherlock Holmes)
Auteur : Arthur Conan Doyle
Date de parution : 1917
Traduction :
Editeur : Feedbooks

Sommaire de Son dernier coup d’archet

  • L’aventure de Wisteria Lodge
  • Les plans du Bruce-Partington
  • L’aventure du pied du diable
  • Le cercle rouge
  • La disparition de Lady Frances Carfax
  • Le détective agonisant
  • Son dernier coup d’archet

Première page de L’aventure de Wisteria Lodge

« Dans mes notes, je retrouve la date : fin mars 1892. Le temps était froid et gris ; le vent soufflait. Pendant le déjeuner, Holmes avait reçu un télégramme et il avait griffonné une réponse. Sur le moment il n’avait fait aucun commentaire, mais l’affaire le préoccupait, car il s’installa devant le feu, debout, la pipe entre les dents, l’œil méditatif dérivant parfois vers le message. Soudain, il me lança un regard chargé d’une inquiétante malice.
« Je suppose, Watson, me dit-il, que nous pouvons vous considérer comme un homme de lettres. Comment définissez-vous le mot “grotesque” ?
– Bizarre, ridicule, remarquable ? » répondis-je.
Il secoua la tête.
« Il implique sûrement quelque autre chose : du tragique, voire du terrible. Si vous vous rappelez certains de ces récits que vous avez infligés à un public indulgent, vous constaterez que souvent le grotesque se branche sur le criminel. »

Extrait de : A.C Doyle. « Son Dernier Coup d’Archet – Sherlock Holmes. »

La fin du monde par C. Flammarion

Fiche de La fin du monde

Titre : La fin du monde
Auteur : Camille Flammarion
Date de parution : 1894
Editeur : Feedbooks

Première page de La fin du monde

« Le magnifique pont de marbre qui relie la rue de Rennes à la rue du Louvre et qui, bordé par les statues des savants et des philosophes célèbres, dessine une avenue monumentale conduisant au nouveau portique de l’Institut, était absolument noir de monde. Une foule houleuse roulait, plutôt qu’elle ne marchait, le long des quais, débordant de toutes les rues et se pressant vers le portique envahi depuis longtemps par un flot tumultueux. Jamais, autrefois, avant la constitution des États-Unis d’Europe, à l’époque barbare où la force primait le droit, où le militarisme gouvernait l’humanité et où l’infamie de la guerre broyait sans arrêt l’immense bêtise humaine, jamais, dans les grandes émeutes révolutionnaires ou dans les jours de fièvre qui marquaient les déclarations de guerre, jamais les abords de la Chambre des représentants du peuple ni la place de la Concorde n’avaient présenté pareil spectacle. »

Extrait de : C. Flammarion. « La fin du monde. »

De l’autre côté du miroir par Lewis Carroll

Fiche de De l’autre côté du miroir

Titre : De l’autre côté du miroir
Auteur : Lewis Carroll
Date de parution : 1872
Traduction :
Editeur : Feedbooks

Première page de De l’autre côté du miroir

« Ce qu’il y a de sûr, c’est que la petite chatte blanche n’y fut pour rien : c’est la petite chatte noire qui fut la cause de tout. En effet, il y avait un bon quart d’heure que la chatte blanche se laissait laver la figure par la vieille chatte (et, somme toute, elle supportait cela assez bien) ; de sorte que, voyez-vous, il lui aurait été absolument impossible de tremper dans cette méchante affaire.

Voici comment Dinah s’y prenait pour laver la figure de ses enfants : d’abord, elle maintenait la pauvre bête en lui appuyant une patte sur l’oreille, puis, de l’autre patte, elle lui frottait toute la figure à rebrousse-poil en commençant par le bout du nez.  »

Extrait de : Lewis Carroll. « De l’autre côté du miroir.  »

Le chat noir par Edgar Allan Poe

Fiche de Le chat noir

Titre : Le chat noir
Auteur : Edgar Allan Poe
Date de parution : 1843
Traduction : C. Baudelaire
Editeur : Feedbooks

Première page de Le chat noir

« Relativement à la très-étrange et pourtant très-familière histoire que je vais coucher par écrit, je n’attends ni ne sollicite la créance. Vraiment, je serais fou de m’y attendre, dans un cas où mes sens eux-mêmes rejettent leur propre témoignage. Cependant, je ne suis pas fou, – et très-certainement je ne rêve pas. Mais demain je meurs, et aujourd’hui je voudrais décharger mon âme. Mon dessein immédiat est de placer devant le monde, clairement, succinctement et sans commentaires, une série de simples événements domestiques. Dans leurs conséquences, ces événements m’ont terrifié, – m’ont torturé, – m’ont anéanti. – Cependant, je n’essaierai pas de les élucider. Pour moi, ils ne m’ont guère présenté que de l’horreur ; – à beaucoup de personnes ils paraîtront moins terribles que baroques. Plus tard peut-être il se trouvera une intelligence qui réduira mon fantôme à l’état de lieu commun, – quelque intelligence plus calme, plus logique, et beaucoup moins excitable que la mienne, qui ne trouvera dans les circonstances que je raconte avec terreur qu’une succession ordinaire de causes et d’effets très-naturels. »

Extrait de : Edgar Allan Poe. « Le Chat noir. »

La lettre volée par Edgar Allan Poe

Fiche de La lettre volée

Titre : La lettre volée
Auteur : Edgar Allan Poe
Date de parution : 1844
Traduction : C. Baudelaire
Editeur : Feedbooks

Première page de La lettre volée

« J’étais à Paris en 18… Après une sombre et orageuse soirée d’automne, je jouissais de la double volupté de la méditation et d’une pipe d’écume de mer, en compagnie de mon ami Dupin, dans sa petite bibliothèque ou cabinet d’étude, rue Dunot, n° 33, au troisième, faubourg Saint-Germain. Pendant une bonne heure, nous avions gardé le silence ; chacun de nous, pour le premier observateur venu, aurait paru profondément et exclusivement occupé des tourbillons frisés de fumée qui chargeaient l’atmosphère de la chambre. Pour mon compte, je discutais en moi-même certains points, qui avaient été dans la première partie de la soirée l’objet de notre conversation ; je veux parler de l’affaire de la rue Morgue, et du mystère relatif à l’assassinat de Marie Roget. Je rêvais donc à l’espèce d’analogie qui reliait ces deux affaires, quand la porte de notre appartement s’ouvrit et donna passage à notre vieille connaissance, à M. G… , le préfet de police de Paris. »

Extrait de : Edgar Allan Poe. « La Lettre Volée. »