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Le chevalier mystère par Paul Féval
Fiche de Le chevalier mystère
Titre : Le chevalier mystère (Tome 1 sur 12 – D’Artagnan contre Cyrano)
Auteur : Paul Féval fils
Date de parution : 1925
Editeur : Ebooks gratuits
Première page de Le chevalier mystère
« UN NEZ DE… GENTILHOMME
Un matin d’avril de l’an 1641 – le roi Louis Treizième portant la couronne des lys, et Armand Duplessis, Cardinal-Duc de Richelieu tenant le sceptre – les gardes de faction à la Capitainerie du Louvre virent déboucher du quai de l’École un jeune homme, à l’allure militaire, qui se dirigeait de leur côté d’un pas rapide et dégagé.
Le nouvel arrivant portait le pourpoint à collet de buffle, traversé d’un baudrier de cuir, les grandes bottes passant le genou et le haut chapeau à bord relevé piqué d’une seule tête de plume, qui formaient la tenue de campagne des soldats de l’armée des Flandres. Une longue et fine rapière à coquille ronde, suspendue à son baudrier, complétait cet accoutrement martial.
Arrivé près des factionnaires, il porta la main au bord de son feutre en guise de salut et interpella cavalièrement en ces termes :
— Holà ! camarade ! pouvez-vous me dire si M. de Guitaut est au Palais ? »
Extrait de : P. Féval. « D’Artagnan contre Cyrano de Bergerac 1 – Le Chevalier Mystère. »
Coeur d’amour – l’intégrale par Paul Féval
Fiche de Coeur d’amour
Titre : Coeur d’amour – l’intégrale
Auteur : Paul Féval fils
Date de parution : 1923-1925
Editeur : Ebooks gratuits
Sommaire de Coeur d’amour
- Les mignons du roi
- La trinité diabolique
- L’homme au visage volé
- L’éborgnade
Première page de Les mignons du roi
« LE CHEVALIER D’ESCORTE
Le 30 mars 1577, vers les six heures du soir, la route qui conduisait alors de l’ermitage de Meudon à Paris, en passant par le village de Vaugirard, était suivie par trois groupes de voyageurs qui semblaient n’avoir entre eux aucun lien.
Le premier de ces groupes se composait de quatre personnes à cheval ainsi disposées : en tête un vieil écuyer, au milieu deux dames, en queue une suivante.
Comme celles dont il conduisait la marche, l’écuyer Cortansio, – un homme de soixante ans d’âge, pour le moins, – était couvert du haut en bas d’une épaisse couche de poussière, preuve que le voyage, s’il touchait à son terme, avait été commencé depuis de nombreux jours.
Des deux dames allant côte à côte derrière ce peu redoutable défenseur, l’une se tenait droite et imposante sur sa selle, rehaussant encore, s’il est possible, la majesté d’un buste aux admirables proportions ; l’autre, sans être plus petite, n’avait pas le même port altier.
C’était Mme la marquise de Villeneuve-Marsan et sa fille Solange. »
Extrait de : P. Féval. « Cœur d’amour – l’intégrale. »
Paul Féval fils

Présentation de Paul Féval fils :
Paul Auguste Jean Nicolas Féval, dit Paul Féval fils, est un écrivain français né à Paris le 25 janvier 1860 et mort dans la même ville le 17 mars 1933. Il est le fils de l’illustre romancier populaire Paul Féval (père) (1816-1887), auteur notamment du célèbre roman de cape et d’épée Le Bossu.
Carrière et Style Littéraire
Contrairement à de nombreux « fils de », Paul Féval fils a choisi de s’inscrire directement dans la lignée littéraire de son père, adoptant le genre du roman-feuilleton et d’aventures populaires.
- L’Héritage Paternelle : Les Suites du Bossu : Son œuvre la plus notable est la continuation de l’univers créé par son père. Il a ainsi écrit de multiples suites et préquelles au Bossu, exploitant le personnage de Lagardère et sa descendance :
- Le Fils de Lagardère (1893, co-écrit avec A. d’Orsay).
- La Jeunesse du Bossu.
- Mademoiselle de Lagardère (1929).
- La Petite Fille du Bossu (1931).
- Pastiches et Crossovers : Féval fils s’est fait une spécialité de prolonger les œuvres à succès de la littérature française, notamment celles d’Alexandre Dumas. Son « coup de génie » fut de créer des croisements (ou crossovers) entre des figures mythiques :
- D’Artagnan contre Cyrano de Bergerac (série de romans, parfois en collaboration avec Maximilien Lassez), où il s’efforce de combler les vingt années laissées vides par Dumas entre Les Trois Mousquetaires et Vingt Ans Après.
- Il a également écrit des suites aux Mystères de Londres de son père.
- Autres Genres : Bien que principalement connu pour la cape et l’épée, Féval fils a également abordé d’autres genres populaires de son époque, y compris la science-fiction avec la série Les Mystères de demain (comme Les Fiancés de l’an 2000, écrit avec H.-J. Magog), ainsi que des pièces de théâtre et des nouvelles fantastiques (Histoires d’outre-tombe).
Reconnaissance
Paul Féval fils fut un écrivain prolifique et un professionnel habile du roman populaire, assurant la continuité de ce genre qui faisait alors les délices des lecteurs de journaux. Il est souvent considéré comme un précurseur dans l’art de la suite apocryphe et du pastiche littéraire, anticipant la logique des franchises modernes en réutilisant et combinant des personnages célèbres.
Il meurt à Paris en 1933 et est inhumé au cimetière du Montparnasse, rejoignant la sépulture familiale. Son œuvre, bien que de facture jugée plus modeste que celle de son père, témoigne de la vitalité et de l’évolution du roman-feuilleton au tournant du XXe siècle.
Livres de Paul Féval fils :
D’Artagnan et Cyrano :
- Le chevalier mystère (1925)
- Martyre de Reine (1925)
- Le secret de La Bastille (1925)
- L’héritage de Buckingham (1925)
- Secret d’état (1928)
- L’évasion du masque de fer (1928)
- Les noces de Cyrano (1928)
- La vieillesse d’Athos (1928)
- Le fils de d’Artagnan (1928)
- Le démon de bravoure
- Le chevalier des dames
- Pour sauver Roxane
La famille Lagardère – Le Bossu :
- Le Bossu (1857)
- Les chevauchées de Lagardère (1934)
- Mariquita (1922)
- Cocardasse et Passepoil (1923)
- La jeunesse du Bossu (1893)
Le fils de Lagardère :
- Le sergent Belle-Epée
- Le duc de Nevers (1893)
- Les jumeaux de Nevers – Le parc aux cerfs (1895)
- Les jumeaux de Nevers – La reine Cotillon (1895)
Mystères de demain :
- Les fiancés de l’an 2000 (1922-1924)
- Le monde des damnés (1922-1924)
- Le réveil de l’Atlantide (1922-1924)
- L’humanité enchaînée (1922-1924)
- Le faiseur de folles (1922-1924)
Intégrales :
- Coeur d’amour (1923-1925)
Pour en savoir plus sur Paul Féval fils :
La page Wikipédia sur P. Féval fils
La page Noosfere sur P. Féval fils
La page isfdb de P. Féval fils
Une histoire de revenants par Paul Féval
Fiche de Une histoire de revenants
Titre : Une histoire de revenants
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1881
Editeur : Feedbooks
Première page de Une histoire de revenants
« La vieille église se cachait dans un pli du vallon ; le clocher montrait son coq de cuivre, incliné sur sa tige, que le temps avait faussée, au-dessus d’un groupe de chênes ébranchés, ressemblant de loin à des géants difformes.
C’était un carrefour de la Grand-Lande, entre Redon et Malestroit, au pays de Bretagne. Il y avait là une table de pierre couchée sur trois supports inégaux. L’ajonc épineux, les genêts et la haute fougère formaient comme une haie autour de ce monument druidique que jamais paysan du bourg d’Orlan n’avait osé toucher du pied ni du doigt : on l’appelait la Pierre-des-Païens.
On disait que, sous cette table de granit, se creusait un trou de forme ovale, caché par les ronces, et que ce trou donnait accès dans une caverne qui rejoignait les souterrains
du manoir de Treguern.
On disait cela ; mais personne n’y avait été voir, car la ceinture de fougère, de genêts et d’ajoncs était intacte et ne présentait pas d’ouverture apparente pouvant livrer passage à un lapin. »
Extrait de : P. Féval. « Une Histoire de revenants. »
Quatre femmes et un homme par Paul Féval
Fiche de Quatre femmes et un homme
Titre : Quatre femmes et un homme
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1862
Editeur : Feedbooks
Première page de Quatre femmes et un homme
« Nous sommes une dynastie de commerçants sérieux. Ce mot, dans le langage des marchands de Paris, a une acception austère et presque solennelle. Le commerce sérieux est celui qui ne joue pas et opère constamment sur des bases certaines. Ces bases certaines manquent parfois ; car les meilleurs ponts peuvent crouler, et les négociants sérieux font la culbute. Ils passent alors à l’état de faillis sérieux. Leur naufrage entraîne presque toujours d’obscures et lugubres catastrophes, précisément parce que la confiance inspirée était générale et robuste. Le contre-coup se fait sentir la plupart du temps jusqu’aux couches sociales où le besoin est une règle. Mais il n’est pas rare de voir l’estime publique s’obstiner ; on pourrait même dire que la perte complète de la considération personnelle est ici l’exception. Si le commerçant sérieux ne s’est pas rendu coupable du crime de luxe, si les cachemires de sa femme n’ont pas blessé la vue de mesdames les négociantes aux jours de la prospérité, on lui jette volontiers la corde de sauvetage. Il a des parents nombreux et bien posés ; car ce monde est à part, et forme une sorte de tribu dans la grande ville. »
Extrait de : P. Féval. « Quatre femmes et un homme. »
Oeuvres par Paul Féval

Fiche de Oeuvres
Titre : Oeuvres
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 2015
Editeur : LCI-ebooks
Sommaire de Oeuvres
- Contes de Bretagne
- Le médecin bleu
- Le loup blanc
- Les fanfarons du roi
- Les mystères de Londres
- Les contes de nos pères
- La quittance de minuit
- Le fils du diable
- Les belles-de-nuit ou les anges de la famille
- La fée des grèves
- La reine des épées
- Le livre des mystères
- La louve
- Valentine de Rohan
- Madame Gil Blas
- Les compagnons du silence
- Le bossu
- Les errants de nuit
- La fabrique de mariages
- Le roi des gueux
- La maison de Pilate
- Quatre femmes et un homme
- Le chevalier ténèbre
- Le carnaval des enfants
- Jean Diable
- Les habits noirs
- Annette Laïs
- La fille du juif-errant
- La vampire
- Coeur d’acier
- La fabrique de crimes
- L’avaleur de sabres
- La rue de Jérusalem
- Le secret des habits noirs
- Le cavalier fortune
- Les compagnons du trésor
- Le dernier vivant
- La ville-vampire
- La bande Cadet
- Le dernier chevalier
Nouvelles par Paul Féval
Fiche de Nouvelles
Titre : Nouvelles
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1890
Editeur : BnF
Sommaire de Nouvelles
- Le curé – Colonel (Historique)
- Dieu me juge !
- L’inventeur de la poudre (Mario Montfalcone)
Première page de Le curé – Colonel
« La nuit tombait, et aussi la pluie. Il faisait un fichu temps. Dans la petite cuisine du presbytère d’Aolbach1, Catherine, la vieille servante de M. le curé, mettait tout en ordre avant d’aller se reposer, sans soupçonner qu’il lui faudrait veiller cette nuit-là.
On était aux derniers jours d’août 1870. La campagne, solitaire d’habitude, paraissait habitée. Çà et là, une pointe d’acier, le poli d’un casque scintillaient aux rayons d’un foyer invisible.
Comme la vieilli Catherine allait mettre la barre sur la porte avant de monter dans sa chambre, il y eut un grand bruit sur le pavé de la cour où sonnaient les éperons et cliquetaient les sabres, puis, brusquement, le battant fut jeté en dedans sous la pression d’un corps humain que deux autres hommes poussaient devant eux.
François, qui sont ceux-là ? demanda Catherine tremblante en aidant le malheureux à se relever.
Mais l’autre était déjà debout, brandissant à bout
de bras un énorme chenet qu’il maniait sans efforts apparents.
— Qui sont ceux-là ! murmura-t-il ; les misérables ! des uhlans de Prusse, parbleu ! »
Extrait de : P. Féval. « Nouvelles. »
Madame Pistache par Paul Féval

Fiche de Madame Pistache
Titre : Madame Pistache
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1856
Editeur : BnF
Première page de Madame Pistache
« Les nuages couraient turbulents et sombres. Une bande d’azur pâle restait à l’horizon, sous le vent ; une bande bien étroite, que les grandes nuées voyageuses attaquaient déjà de leur estompe lourde. Ce n’était pas un ciel d’orage, c’était cette cohue de vapeurs qui roule et se mêle sur nos têtes aux méchants jours d’octobre, montrant et cachant tour à tour, par des trous qui s’ouvrent, qui se bouchent, qui se rouvrent pour se fermer encore, le bleu sévère du firmament sans soleil.
Les toits rougeâtres d’Aix-la-Chapelle, la vieille ville de Charlemagne, qui retrouve tous les ans un os de son empereur, ruisselaient de pluie ; les pavés pointus scintillaient au jour clair et faux des matinées pluvieuses ; toute cette eau répandue reflétait une lumière qui blessait l’œil et semblait venir d’en bas.
C’était de grand matin, vers six heures et demie ; le déluge effrayait les buveurs d’eau sulfureuse qui devancent le crépuscule, d’ordinaire, et viennent demander la santé à cette naïade, pourvue d’une haleine formidable, qui alimente la fontaine Élise. »
Extrait de : P. Féval. « Madame Pistache. »
Madame Gil Blas par Paul Féval
Fiche de Madame Gil Blas
Titre : Madame Gil Blas
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1856
Editeur : Feedbooks
Première page de Madame Gil Blas
« Si je prends au plus illustre des romanciers français le titre de son livre immortel, ce n’est pas que j’espère cacher longtemps au lecteur mon véritable nom. L’entreprise serait folle. J’ai pour cela trop d’ennemis et trop d’amis. Les uns et les autres me devineront à la première ligne tombée de ma plume, et tous se divertiront à révéler mon secret aux indifférents. Loin d’être un voile, ce sobriquet sera un indice, car on me l’a donné dans le
monde, – au temps où je vivais dans le monde. On me l’a donné ; je le garde, non point pour me mettre à l’abri derrière lui, mais par je ne sais quel scrupule qui m’empêche de livrer à la publicité l’étiquette même de mon bonheur tranquille.
Les aventures de ma vie ont été, du reste, assez bizarres, assez nombreuses, pour que je puisse dire qu’aucune femme même pourrait s’appliquer mieux que moi le nom de cet enfant perdu de la fortune, Gil Blas de Santillane. »
Extrait de : P. Féval. « Madame Gil Blas. »
Les romans enfantins par Paul Féval
Fiche de Les romans enfantins
Titre : Les romans enfantins
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1894
Editeur : BnF
Sommaire de Les romans enfantins
- Les belles de nuit
- Les trois hommes rouges
- Un mystère de Paris
Première page de Les belles de nuit
« A GEORGETTE
LA LÉGENDE
Je ne vous connais pas, Georgette, mon cher ange, bien que votre père soit mon meilleur et mon plus vieil ami. Vous êtes une fille du Midi ; écoutez une histoire de cette Bretagne qui fut le berceau de vos aïeux.
Le château de Penhoël était une très vieille maison, d’apparence mélancolique, qui comptait vingt et une fenêtres de rang à chaque étage de sa façade et qui dressait ses girouettes plaintives au-dessus des grands chênes de la forêt du Theil, là-bas, entre la Lande-Triste et les marais de Saint-Vincent, sur les confins du Morbihan et l’Ille-et-Vilaine.
L’avenue droite et large menait ses six rangées de châtaigniers jusqu’à la route de Redon à la Gacilly, et deux rideaux de sapins, accompagnant
le château comme deux ailes déployées, donnaient à sa physionomie je ne sais quelle expression sépulcrale. »
Extrait de : P. Féval. « Les Romans enfantins. »