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La quittance de minuit – Tome II par Paul Féval
Fiche de La quittance de minuit – Tome II
Titre : La quittance de minuit – Tome II
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1846
Editeur : Bibebook
Sommaire de La quittance de minuit – Tome II
- La galerie du géant
Première page de La galerie du géant
« DEUX AMIES
Le boudoir de lady Georgiana, au château de Montrath, était quelque chose de charmant. Son tapissier l’avait précédée au manoir, et venait de jeter partout à profusion les merveilles toutes neuves du luxe parisien. Le tapissier de milady
demeurait rue de la Paix.
La pièce était, il faut le dire, admirablement disposée et formait par elle-même un délicieux réduit. Nous ne saurions point indiquer le style précis de son architecture intérieure, parce que les architectes anglais ont la bonne habitude de poser en ce genre d’inextricables énigmes : ils mêlent volontiers toutes les époques et trouvent encore moyen d’installer, au milieu de cet éclectisme, l’indispensable confort. Il y avait dans le boudoir de lady Montrath des réminiscences gothiques étonnées de s’allier à quelques intentions Pompadour ; comme transition, la manière du siècle d’Élisabeth jetait çà et là ses revêches essais. »
Extrait de : P. Féval. « La Quittance de minuit – Tome II. »
La quittance de minuit – Tome I par Paul Féval
Fiche de La quittance de minuit – Tome I
Titre : La quittance de minuit – Tome I
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1846
Editeur : Bibebook
Sommaire de La quittance de minuit – Tome I
- Les Molly-Maguires
- L’héritière
Première page de Les Molly-Maguires
« REPAS IRLANDAIS
Le vieux Mac-Diarmid avait une ferme de sept acres sur les bords du lac Corrib, à quelques milles de Galway. Sa maison était assise à quatre ou cinq cents pieds au-dessus du niveau du lac, sur le versant du dernier mont de la chaîne des Mamturks, qui domine l’extrémité occidentale de la province de Connaught, en Irlande.
Les joyeux bouquets d’arbres qui l’entouraient d’une verte ceinture, sur le flanc de la montagne nue, lui donnaient un aspect d’aisance et de bonheur. Elle était plus grande que ne le sont d’ordinaire les habitations des fermiers irlandais, surtout dans cette pauvre province de Connaught, où l’homme vit et meurt dans des cabanes indignes de servir d’asile à des brutes.
La maison de Mac-Diarmid était composée d’une construction principale, qui avait sans doute formé dans l’origine une habitation complète, et de deux petits bâtiments ajoutés après coup. Pour fixer tout de suite les idées de nos lecteurs, nous dirons que les trois parties de ce rustique édifice n’égalaient pas ensemble en valeur l’étable d’une ferme anglaise. C’était, à l’ouest du Connaught, une demeure presque opulente : en tout autre lieu de la terre, c’eût été un misérable réduit. »
Extrait de : P. Féval. « La Quittance de minuit – Tome I. »
La province de Paris par Paul Féval
Fiche de La province de Paris
Titre : La province de Paris
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1889
Editeur : BnF
Première page de La province de Paris
« Nous demeurions tous ensemble chez mon oncle, M.J.-B. Le Compaignon, conseiller-maître à la Cour des comptes. Cousine Marie avait seize ans, et je ne sais pourquoi je parle d’elle la première, car elle comptait alors pour bien peu. J’allais avoir vingt-deux ans. Cousine Hélène entrait dans sa dix-huitième année.
J’ai mis, en ce temps-là, beaucoup de trouble dans cette famille, fanatique de tranquillité.
Ce ne fut pas entièrement ma faute, et pourtant je ne puis esquiver le remords, quand je revois par la pensée M.J.-B. Le Compaignon sortant, à cause de moi, avec une barbe de vingt-quatre heures et sans avoir ramené ses mèches. Tante Minette faillit devenir folle, la pauvre excellente fille, et cousin Cramayet mouilla ses douze douzaines de chemises à devants de batiste.
Quant au notaire Choué de Grandlieu, quant à Parrain-Tronchin, commandant de gendarmerie, quant à l’abbé Heurtebise et aux autres comparses de cette tragédie parisienne, je ne sais pas si, même à l’heure où nous sommes, ils m’ont encore pardonné leurs tribulations. »
Extrait de : P. Féval. « La Province de Paris. »
La maison de Pilate par Paul Féval
Fiche de La maison de Pilate
Titre : La maison de Pilate
Auteur : Paul Féval père
Date de parution :
Editeur : Bibebook
Première page de La maison de Pilate
« LES FAVORIS DU ROI
Au-dessous du portrait de Charles-Quint, dans la chambre du roi, un joli perroquet vert et pourpre mordillait son perchoir de bois exotique, aiguisant son bec lourd, montrant à demi sa langue cylindrique, et radotant sa leçon éternelle :
– Philippe est grand ! il est grand, Philippe !
Deux autres perroquets vivants, de moindre taille, et sans doute moins avancés aussi dans la faveur royale, partageaient une cage voisine.
Enfin cinq perroquets, empaillés avec soin, étaient là placés sous verre.
Un tombeau ! Encore tous les favoris décédés n’ont-ils pas un local aussi décent que feu les perroquets du roi Philippe, ni une épitaphe si bien tournée. L’armoire funèbre où reposaient les restes de ces volatiles politiques était en bois précieux et sculptée splendidement. Chacun de ses rayons, au nombre de cinq, soutenait un mausolée d’architecture simple et noble, portant à son sommet un bâton sur lequel perchait la bête. »
Extrait de : P. Féval. « La Maison de Pilate. »
La louve – Tome II par Paul Féval
Fiche de La louve – Tome II
Titre : La louve – Tome II
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1855
Editeur : Bibebook
Sommaire de La louve – Tome II
- La petite Cendrillon
- La comtesse Isaure
- Rohan
Première page de La petite Cendrillon
« LE BOUDOIR
Les pierres racontent, dit-on, l’histoire des catastrophes dont elles furent les témoins. L’antique manoir de Rohan-Polduc avait été témoin des deux tragédies qui furent comme le prologue de notre présent drame : l’expulsion de César de Rohan avec sa jeune femme et son fils, la malédiction de Valentine de Rohan, portant sa fille dans ses bras.
César de Rohan était mort de cela, et Valentine de Rohan aussi peut-être. Guy, comte de Rohan, leur père, jeté lui-même hors de sa demeure, par la trahison d’Alain Polduc, était parti seul, sans tourner la tête, laissant derrière lui ce double et terrible châtiment.
Depuis lors, les gens de la contrée ignoraient ce qu’était devenu le comte Guy, cet implacable vieillard, dur comme les héros de la légende celtique. César, sa femme et son fils passaient pour morts ; nul ne savait le sort de Valentine ni de sa fille. »
Extrait de : P. Féval. « La Louve – Tome II. »
La louve – Tome I par Paul Féval
Fiche de La louve – Tome I
Titre : La louve – Tome I
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1855
Editeur : Bibebook
Sommaire de La louve – Tome I
- La Saint-Jean
- La sorcière
Première page de La Saint-Jean
« L’APPARITION
Le soleil égayait déjà les bouquets de verdure étagés au versant de la colline : vieux charmes au troncs difformes et noueux ; grands bouleaux élancés hardiment et portant avec fierté leur tremblante couronne de feuillage, chênes robustes, châtaigniers arrondissant en voûte leurs branches touffues. Cà et là, au-dessus du couvert épais et solide comme un dôme, montaient des colonnettes de fumée qui se tordaient en spirales légères, bleuies par les rayons du levant.
Ce n’était pas la vapeur opaque et lourde que respirent à présent les cheminées de nos usines ; c’était le souffle timide de l’industrie en bas âge : chaque colonnette de fumée marquait la place d’une loge couverte en chaume, humble fabrique de ces sabots roses, recourbés à la chinoise, ventrus comme des vaisseaux de haut bord, qui sont la gloire de la forêt de Rennes. »
Extrait de : P. Féval. « La Louve – Tome I. »
La forêt de Rennes par Paul Féval
Fiche de La forêt de Rennes
Titre : La forêt de Rennes
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1880
Editeur : WikiSources
Première page de La forêt de Rennes
« Le voyageur qui va de Paris à Brest, de la capitale du royaume à la première de nos cités maritimes, s’endort et s’éveille deux fois bercé par le cahoteux balancement de la diligence, avant d’apercevoir les maigres moissons, les pommiers trapus et les chênes ébranlés de la pauvre Bretagne. Il s’éveille la première fois dans les plaines fertiles du Perche, tout près de la Beauce, ce paradis des négociants en farine : il se rendort poursuivi par l’aigrelet parfum du cidre de l’Orne, et par le patois nasillard des naturels de la Basse-Normandie. Le lendemain matin, le paysage a changé : c’est Vitré, la gothique momie, qui penche ses maisons noires et les ruines chevelues de son château sur la pente roide d’une abrupte colline ; ce sont de vastes prairies plantées çà et là de saules et d’oseraies où la Vilaine plie et replie en mille fantasques détours son étroit ruban d’azur. Le ciel, bleu la veille, est devenu gris ; l’horizon a perdu son ampleur, l’air a pris une saveur humide qui énerve l’appareil de la respiration. Au loin, sur la droite, derrière une série de monticules arides et couverts de genêts, on aperçoit une ligne noire. C’est la forêt de Rennes. »
Extrait de : P. Féval. « La Forêt de Rennes. »
La fille du juif-errant par Paul Féval
Fiche de La fille du juif-errant
Titre : La fille du juif-errant
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1879
Editeur : Bibebook
Sommaire de La fille du juif-errant
- La fille du juif-errant
- Le carnaval des enfants
Première page de La fille du juif-errant
« On n’avait pu emmener Paul au grand dîner de la préfecture, quoiqu’il fût vicomte et très-certainement le plus important personnage de la maison. Il n’était invité ni au grand dîner ni au grand bal qui devait suivre le grand dîner. Voilà la vérité : Paul n’appartenait pas encore à cette catégorie de vieux bambins qui dînent et qui dansent à la préfecture.
Il allait prendre ses onze ans, le vicomte Paul ; c’était un magnifique gamin, rieur et fier, qui vous regardait bien en face avec ses longs yeux d’un bleu profond pleins de tapages et de caresses. Il était grand pour son âge, élancé, gracieux, il montait supérieurement son cheval : Little-Grey, le plus joli poney de la Touraine. Son précepteur, l’abbé Romorantin, lui avait appris l’orthographe, mais pas beaucoup, et Joli-Cœur, le vieux hussard, lui montrait à tirer l’épée. Paul parlait déjà de tuer tous les Anglais de l’Angleterre ; cependant les Anglais ne lui avaient rien fait encore : il ne connaissait pas sir Arthur ! »
Extrait de : P. Féval. « La Fille du Juif-Errant. »
La fée des grèves par Paul Féval

Fiche de La fée des grèves
Titre : La fée des grèves
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1850
Editeur : Feedbooks
Première page de La fée des grèves
« Si vous descendez de nuit la dernière côte de la route de Saint-Malo à Dol, entre Saint-Benoît-des-Ondes et Cancale, pour peu qu’il y ait un léger voile de brume sur le sol plat du Marais, vous ne savez de quel côté de la digue est la grève, de quel côté la terre ferme. À droite et à gauche, c’est la même intensité morne et muette. Nul mouvement de terrain n’indique la campagne habitée ; vous diriez que la route court entre deux grandes mers.
C’est que les choses passées ont leurs spectres comme les hommes décédés ; c’est que la nuit évoque le fantôme des mondes transformés aussi bien que les ombres humaines.
Où passe à présent le chemin, la mer roula ses flots rapides. Ce marais de Dol, aux moissons opulentes, qui étend à perte de vue son horizon de pommiers trapus, c’était une baie. Le mont Dol et Lîlemer étaient deux îles, tout comme Saint-Michel et Tombelène. Pour trouver le village, il fallait gagner les abords de Châteauneuf, où la mare de Saint-Coulman reste comme une protestation de la mer expulsée. »
Extrait de : P. Féval. « La Fée des grèves. »
La fabrique de crimes par Paul Féval

Fiche de La fabrique de crimes
Titre : La fabrique de crimes
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1866
Editeur : Feedbooks
Première page de La fabrique de crimes
« Il était dix heures du soir…
Peut-être dix heures un quart, mais pas plus.
Du côté droit, le ciel était sombre ; du côté gauche, on voyait à l’horizon une lueur dont l’origine est un
mystère.
Ce n’était pas la lune, la lune est bien connue. Les aurores boréales sont rares dans nos climats, et le
Vésuve est situé en d’autres contrées.
Qu’était-ce ?…
Trois hommes suivaient en silence le trottoir de la rue de Sévigné et marchaient un à un. C’était des
inconnus !
On le voyait à leurs chaussons de lisière et aussi à la précaution qu’ils prenaient d’éviter les sergents de ville.
La rue de Sévigné, centre d’un quartier populeux, ne présentait pas alors, le caractère de propreté qu’elle affecte aujourd’hui ; les trottoirs étaient étroits, le pavé inégal ; on lui reprochait aussi d’être mal éclairée, et son ruisseau répandait des odeurs particulières, où l’on démêlait aisément le sang et les larmes… »
Extrait de : P. Féval. « La fabrique de crimes. »