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Yorg de l’île par Alain Le Bussy

Fiche de Yorg de l’île

Titre : Yorg de l’île (Tome 1 sur 13 – Yorg)
Auteur : Alain Le Bussy
Date de parution : 1995
Editeur : Fleuve noir

Première page de Yorg de l’île

« Yorg marchait en éclaireur, quelques centaines de pas devant la tribu. Celle-ci s’était mise en route depuis six jours maintenant. Ou depuis plusieurs semaines, en fait, car ils n’avaient fait qu’une halte d’un peu plus d’une lune dans la vallée tranquille et fertile qu’ils avaient fini par atteindre après leur fuite. Des semaines d’une course effrénée, avec la menace permanente des Longs-Cheveux sur leurs talons. Ceux-ci aussi devaient être fatigués et avoir envie de s’installer quelque part, surtout avec l’arrivée du mauvais temps, pensaient-ils tous. Et c’était vrai que durant quelques jours, ils avaient pu espérer. On n’avait pas entendu le galop de leurs chevaux, ni leurs cris sauvages dans les bois.

Cela n’avait été, hélas, qu’un court répit. Les Longs-Cheveux avaient fait leur réapparition alors que la tribu commençait à peine à se remettre de ses fatigues. »

Extrait de : A. Le Bussy. « Yorg de l’île – Yorg. »

Le maître d’Iquand par Alain Le Bussy

Fiche de Le maître d’Iquand

Titre : Le maître d’Iquand (Tome 4 sur 4 – Chatinika)
Auteur : Alain Le Bussy
Date de parution : 1999
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le maître d’Iquand

« Nial’Ha aspira profondément à plusieurs reprises comme s’il était à bout de souffle.
— Aaah ! Que cela fait du bien !
Il se retourna vers ses compagnons qui suivaient à peu de distance. Il y avait d’abord Chatinika, montée sur une jument blanche. Elle venait de finir d’aiguiser les carreaux de son carquois et buvait quelques gorgées d’eau, s’en aspergeant aussi le front et le cou. Ensuite venait Wandia, qui somnolait en selle, revivant peut-être la nuit précédente en compagnie d’Oudeh. Celui-ci cheminait juste derrière elle, monté sur un étalon géant, une bête dont il était presque tombé amoureux sur le marché de Tambul, tant elle semblait à sa (dé)mesure.
Derrière lui venaient les chevaux de bât au nombre de six, chargés de vivres et d’armes, mais aussi de quelques marchandises qu’ils échangeraient en chemin contre d’autres vivres, ou contre des renseignements, car rien ne s’obtient gratuitement, sinon l’amitié. »

Extrait de : A. Le Bussy. « Le maître d’Iquand – Chatinika. »

La route du sud par Alain Le Bussy

Fiche de La route du sud

Titre : La route du sud (Tome 3 sur 4 – Chatinika)
Auteur : Alain Le Bussy
Date de parution : 1998
Editeur : Fleuve noir

Première page de La route du sud

« Cela avait été une franche bataille comme Nial’Ha les aimait : en plein soleil, sans traîtrise – sinon l’embuscade elle-même, mais il fallait reconnaître que leurs adversaires n’auraient pu faire autrement – et avec des compagnons courageux ou des adversaires qui savaient manier leurs armes et prendre des risques calculés.
Ils avaient mal calculé cette fois, et une douzaine de corps jonchaient le sol autour des chariots. Deux d’entre eux hélas appartenaient à la caravane. Les autres étaient ceux des pillards qui avaient tenté leur chance dans cet étroit défilé.
Maître Del-Hiss s’était battu en personne. Petit, fluet, plus habitué à marchander ou à caresser une étoffe du bout des doigts pour en évaluer la valeur, il avait ramassé une pique abandonnée par l’un de ses hommes et avait tenu à distance deux pillards qui tentaient de prendre les défenseurs à revers le temps nécessaire pour qu’arrive le renfort.
Les chariots étaient intacts, les chevaux de trait indemnes, et on allait pouvoir se remettre en route sans tarder. Mais pas sans prendre soin des morts, songea-t-il : cela portait malheur de laisser des cadavres pourrir au soleil, offerts aux dents puantes des charognards. »

Extrait de : A. Le Bussy. « La route du sud. »

Le dieu avide par Alain Le Bussy

Fiche de Le dieu avide

Titre : Le dieu avide (Tome 2 sur 4 – Chatinika)
Auteur : Alain Le Bussy
Date de parution : 1996
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le dieu avide

« Le ciel était d’un bleu étincelant, avec, de-ci, de-là, quelques gros nuages blancs qui ne préludent pas au mauvais temps mais sont un simple ornement, assurant parfois le passage d’une zone d’ombre sur les voyageurs. Ceux-ci, au nombre de quatre, traversaient une campagne riante et sauvage. Riante, parce que les arbres et une profusion de buissons en tous genres y poussaient dru entre des zones herbeuses entrecoupées de petits ruisseaux à l’eau vive et claire. Sauvage, parce c’était les dieux de la nature qui, seuls, décidaient des essences reines des lieux : il n’y avait pas la moindre trace de champs cultivés, de sillons tracés au cordeau, ou de ces pistes empierrées qui viennent briser l’élan des courbes de terrain. Ou alors, parfois, des traces si anciennes que le temps les avait harmonieusement mariées aux lignes sinueuses propres à ce qui est libre.

Tout ceci ne signifiait pas qu’il n’y avait pas de traces humaines : la contrée n’avait rien d’un désert, et les voyageurs avaient aperçu deux heures plus tôt quelques fumées signalant la présence d’un village. »

Extrait de : A. Le Bussy. « Le dieu avide – Chatinika. »

Chatinika par Alain Le Bussy

Fiche de Chatinika

Titre : Chatinika (Tome 1 sur 4 – Chatinika)
Auteur : Alain Le Bussy
Date de parution : 1995
Editeur : Fleuve noir

Première page de Chatinika

« Dehors, le vent soufflait avec rage. Il était glacé, plein de la froidure des plaines orientales, et son hululement vous forçait à parler très haut, sans pouvoir être compris au-delà de trois pas. Le froid de l’hiver perçait les épais murs du château, s’insinuant par les fenêtres pourtant obturées de lourdes tapisseries. Les moins frileux se couvraient de grosses pelisses et se serraient autour des feux où les serviteurs jetaient les bûches par brassées entières ; les frileux ne quittaient que pour quelques instants leur lit où ils disparaissaient sous un amas de couvertures.
Même Nial’Ha, qui venait pourtant des Montagnes Orientales et savait ce qu’était un véritable hiver, ne pouvait négliger ce froid.
Cependant, il s’efforçait de ne pas le manifester trop ouvertement, pour pouvoir continuer à toiser de son regard vaguement méprisant d’homme vrai les courtisans qui se massaient dans la grande salle, l’une des rares pièces du château avec les appartements royaux et les cuisines à connaître l’avantage d’un âtre régulièrement alimenté. »

Extrait de : A. Le Bussy. « Chatinika – Chatinika. »

Envercoeur par Alain Le Bussy

Fiche de Envercoeur

Titre : Envercoeur (Tome 13 sur 13 – Aqualia)
Auteur : Alain Le Bussy
Date de parution : 1993
Editeur : Fleuve noir

Première page de Envercoeur

« La Dévoreuse était agitée par un vent mauvais, l’un de ces vents irréguliers qui devenaient heureusement de plus en plus rares mais rappelaient à ceux qui avaient vécu ces temps troublés le passage d’Octa trop près d’Aqualia. Au fil des cycles, la planète maléfique avait retrouvé sa place parmi les astres lointains, mais cette fois, on se souviendrait d’elle durant longtemps et les Scientistes avaient calculé – avec une marge d’erreur de quelques cycles – le moment de son retour. On s’était alors partout efforcé de répandre cette notion dans la population afin que les hommes, dans vingt générations environ, ne soient pas pris de court par les événements.
Les Scientistes avaient pu se livrer à ces calculs car la vie étant redevenue paisible ou presque, ils n’avaient plus été confinés dans les tâches liées à la survie immédiate. Ça, c’était positif. »

Extrait de : A. Le Bussy. « Envercœur – Aqualia. »

Tremblemer par Alain Le Bussy

Fiche de Tremblemer

Titre : Tremblemer (Tome 9 sur 13 – Aqualia)
Auteur : Alain Le Bussy
Date de parution : 1993
Editeur : Fleuve noir

Première page de Tremblemer

« Aqualia, un monde presque entièrement couvert par une mer peuplée de monstres, appelée La Dévoreuse.
Pour survivre, la petite colonie humaine regroupée sur trois minuscules îles n’a pas le choix. Son sort dépend des immenses plates-formes volantes qui moissonnent les flots hostiles et des deltas qui, chaque jour, prennent leur envol pour repérer les tapis d’algues flottantes qui constituent la principale ressource naturelle d’Aqualia.
Carvil, ancien Pilote de delta, qui a perdu une jambe jadis en tombant dans la Dévoreuse et qui ne cesse d’être hanté par le souvenir de l’accident, a pu sauver de plusieurs dangers l’Extase, la plate-forme à bord de laquelle il était devenu Apponteur.
Il y a d’abord eu l’attaque par une autre plate-forme, la Vindicte, qui voulait s’emparer d’un tapis découvert par les pilotes de l’Extase. Dans l’affrontement, le Noë du navire et son Premier Scientiste ont été enlevés par l’adversaire. »

Extrait de : A. Le Bussy. « Tremblemer – Aqualia. »

Deltas par Alain Le Bussy

Fiche de Deltas

Titre : Deltas (Tome 8 sur 13 – Aqualia)
Auteur : Alain Le Bussy
Date de parution : 1992
Editeur : Fleuve noir

Première page de Deltas

« — Vire ! Vire au vent !
Carvil s’époumonait en vain, il le savait, mais ça le soulageait. Ses mains étaient douloureuses à force de serrer la mince rambarde qui le séparait du vide et il prit brusquement conscience du fait que tout son corps formait un bloc dur, aussi dur que son pilon, et s’ancrait sous l’effet de la tension dans les lames du pont. Il ne comprenait pas pourquoi le planeur avait pris cette ligne d’approche. La plate-forme se maintenait depuis près d’une heure à quelques centaines de mètres d’une soufflante afin que les engins puissent profiter du puits ascensionnel pour regagner son altitude.
Carvil avait été alerté quand la vigie avait signalé le retour du vol du matin et avait regagné à l’aise son poste d’Apponteur, tout en doutant de l’utilité de sa présence sur place : ou bien les pilotes se poseraient sans difficulté, ou bien ils rateraient la plate-forme et plongeraient vers la Dévoreuse. Mais la coutume était là, et, en outre, sa fonction était tout ce qui lui restait depuis l’accident. »

Extrait de : A. Le Bussy. « Deltas – Aqualia. »

Le sang des mondes par Jean-Pierre Vernay

Fiche de Le sang des mondes

Titre : Le sang des mondes
Auteur : Jean-Pierre Vernay
Date de parution : 1983
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le sang des mondes

« La chauve-souris s’agitait follement derrière les barreaux de la cage : elle ne criait pas, ne souillait pas sa prison et, en fait, se comportait très peu comme aurait dû le faire un animal ayant son aspect.
— Sais-tu, Samuel, qu’elle fut jadis un homme ? demanda celui qui agaçait l’occupante de la cage en promenant une badine contre les barreaux d’argent.
— Tu me l’as déjà dit, assura son compagnon. Mais il y a si longtemps…
— Tu as raison. Si longtemps…
Il sentit soudain la présence des siècles sur ses épaules. Il porta la main à son front et sentit ramper sous ses doigts les rides accumulées.
— Allons, dit-il, il est temps de mourir. »

Extrait de : J.P Vernay. « Le sang des mondes. »

Le visage derrière la nuit par Maurice Périsset

Fiche de Le visage derrière la nuit

Titre : Le visage derrière la nuit
Auteur : Maurice Périsset
Date de parution : 1973
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le visage derrière la nuit

« Avant même de sonner à la grille, je savais que c’était là, après tant et tant de semaines d’une quête vaine, que mes pas me conduisaient vers cette sorte de vieille maison campagnarde, mi-ferme, mi-château, cernée par des arbres aux troncs immenses, que je distinguais mal dans le paysage gris et vert battu par la pluie. Une seconde, tant la tempête faisait rage, j’eus envie de rebrousser chemin. Le but atteint, ne pouvais-je pas, tout aussi bien, me manifester un autre jour ? Mais non, j’étais là, il ne m’était plus possible de revenir en arrière. Une force inconnue me contraignait à demeurer sur place, bien à l’abri, après tout, dans ma voiture.
D’habitude, j’aime entendre le bruit rageur de la pluie, le halètement confus de l’orage, le ronronnement rassurant des essuie-glaces, j’aime sentir les roues transformer l’eau des flaques en gerbes lumineuses devant les phares. Dans l’absolue solitude de ce chemin de campagne détrempé, je ne retrouvais pas ce plaisir un peu maniaque. Je n’étais plus tout à fait moi, ce décor n’était pas tout à fait réel. »

Extrait de : M. Périsset. « Le visage derrière la nuit. »