Étiquette : Fleuve noir
Black planet par Christian Mantey

Fiche de Black planet
Titre : Black planet
Auteur : Christian Mantey
Date de parution : 1976
Editeur : Fleuve noir
Première page de Black planet
« Hol Cavanagh, avec son corps mince, ses cheveux blonds et ses yeux de couleur lapis-lazuli desquels se dégageait une expression de dureté presque palpable.
Hol Cavanagh qui avait eu une formation militaire assez poussée et qui, de ce fait, avait été promu commandant de la première et dernière mission du projet Rodéo.
Hol Cavanagh, commandant de bord du Galéna, ce vaisseau spatial qui avait quitté la Terre en 1972, sans espoir de retour, avec cinq volontaires dans ses flancs.
Hol Cavanagh, qui ne faisait jamais de cadeau, ancien officier d’activé au passé nébuleux… »
Extrait de : C. Mantey. « Black planet. »
No man’s land par Christian Mantey

Fiche de No man’s land
Titre : No man’s land (Tome 4 sur 4 – Titcht)
Auteur : Christian Mantey
Date de parution : 1984
Editeur : Fleuve noir
Première page de No man’s land
« Ruisselant d’une eau glacée, Mel Titcht émergea de nouveau dans la première salle.
Bien trop excité pour vraiment souffrir du froid qui le transperçait pourtant jusqu’aux os, il récupéra dans un premier temps sa lampe-stylo abandonnée là quelques instants auparavant, puis il marcha en se déhanchant vers l’espèce de berge où reposait Barry Halstead.
L’homme était toujours là, sans connaissance, allongé à même la pierre.
D’un coup d’œil rapide, Titcht s’assura que rien n’avait changé. C’était un réflexe gratuit car dans la situation présente il ne fallait pas s’attendre à des bouleversements.
Même décor, mêmes personnages…
Aucun danger de bousculade ! Rien à voir avec les couloirs du métro aux heures d’affluence.
Il faut dire que se retrouver à cet endroit précis n’était pas à la portée du premier venu. Non que cela présentât trop de difficultés au niveau du parcours, loin de là.
Il suffisait simplement de franchir la bonne porte.
Une fenêtre, en vérité. »
Extrait de : C. Mantey. « No man’s land – Titcht. »
Wildlife connection par Christian Mantey

Fiche de Wildlife connection
Titre : Wildlife connection (Tome 3 sur 4 – Titcht)
Auteur : Christian Mantey
Date de parution : 1983
Editeur : Fleuve noir
Première page de Wildlife connection
« Au moment de s’allonger, Mel Titcht considéra son lit d’un œil atone : finalement, il n’avait pas sommeil. L’envie lui en était passée sans qu’il s’en rende compte. La douche, peut-être…
D’un pas mécanique, il regagna la salle d’eau, croisa son regard dans le miroir qui surplombait le lavabo.
Bien qu’il commençât à s’habituer à sa nouvelle apparence, son image lui provoqua un choc. Ces cheveux courts, ce ridicule filet de moustache…
Il ne put réprimer un haussement d’épaules. Dans la situation présente, cette mascarade ne rimait plus à rien. Il décida de se raser. Niveau chevelure, ça ne dépendait pas de lui. Il n’existait sur le marché aucune potion magique capable de leur rendre instantanément leur bonne longueur, c’est-à-dire entre cinq et dix centimètres de mieux. Une simple question de patience.
En se barbouillant de crème à raser, il s’appliqua à faire le point. »
Extrait de : C. Mantey. « Wildlife connection – Titcht. »
L’effet Halstead par Christian Mantey

Fiche de L’effet Halstead
Titre : L’effet Halstead (Tome 2 sur 4 – Titcht)
Auteur : Christian Mantey
Date de parution : 1983
Editeur : Fleuve noir
Première page de L’effet Halstead
« Ce fut comme un flash.
L’obscurité éclata soudain et le décor s’imposa, avec la violence d’une gifle, bien qu’il fût toujours le même depuis ces derniers jours.
L’intérieur d’un car Greyhound, l’un de ces monstres d’acier rutilant qui sillonnent inlassablement le pays entier et peuvent transporter un voyageur de la côte Est à la frontière Mexicaine sans qu’il ait besoin de quitter le véhicule.
Pour l’heure, une atmosphère feutrée baignait l’endroit, ronron rassurant par rapport à un extérieur pas bien engageant où s’affrontaient sans prendre encore le pas l’un sur l’autre le jour et la nuit.
C’était le fameux moment baptisé entre chien et loup.
Il régnait dans le véhicule un calme lénifiant.
Des têtes émergeaient des fauteuils, les unes bien droites, animées, qui s’intéressaient au déroulement incessant d’un paysage qui commençait à s’estomper ; les autres qui bringuebalaient au gré des dénivellations du macadam, leurs propriétaires, peu attirés par les choses de la nature, ayant cherché refuge dans un assoupissement réparateur ; d’autres encore, baignées par la lumière douce de veilleuses directionnelles, étaient plongées dans des lectures qui requéraient toute leur attention. »
Extrait de : C. Mantey. « L’effet Halstead – Titcht. »
Titcht par Christian Mantey

Fiche de Titcht
Titre : Titcht (Tome 1 sur 4 – Titcht)
Auteur : Christian Mantey
Date de parution : 1981
Editeur : Fleuve noir
Première page de Titcht
« Selon le pronostiqueur vedette de Always Winner, le cheval de ce lundi, la « peinture » de la réunion du jour à Aqueduct avait nom Little Adonis.
Ses performances laissaient entendre qu’il n’avait qu’à paraître pour gagner. Un véritable épouvantail. Une cote pas bien affolante, d’accord, mais un quasi coup-caisse. Un placement de père de famille. Le tiers ou la moitié de la mise en sus, pas plus, mais vraiment de l’argent trouvé par terre s’il fallait en croire la conjoncture.
Seulement, à ce taux-là, il fallait « plonger » sec, mettre comme un ramoneur pour espérer se faire une journée coquette. L’argent allait toujours à l’argent. Rien de changé.
Assis dans un vieux fauteuil branlant, les pieds sur un bureau du même acabit, Mel Titcht faisait le papier.
Apparemment, l’avenir s’annonçait plutôt sombre. Little Adonis, s’il gagnait, passerait le poteau sans lui. Il ne lui restait que cinq dollars à faire fructifier et ce chaud favori ne valait pas le risque. Les six autres courses n’offraient à première vue aucune évidence non plus. »
Extrait de : C. Mantey. « Titcht. »
Palowstown par Jean-Christian Bergman

Fiche de Palowstown
Titre : Palowstown
Auteur : Jean-Christian Bergman
Date de parution : 1979
Editeur : Fleuve noir
Première page de Palowstown
« L’organe à la fois métallique et monocorde de James éclata soudain dans le silence ouaté du poste de pilotage.
— Tibet II offre toutes les conditions de « vivabilité » que l’on peut souhaiter, Monsieur.
Surpris et un peu agacé, je jetai un coup d’œil vers le haut-parleur d’où sortait la voix de celui que, par humanité et gentillesse, j’avais eu la bonté de baptiser « James », alors qu’il n’était en fait rien d’autre qu’un cerveau électronique de type AK 348, imposé par l’Union des défenseurs de la nature et de l’environnement spatial. Un appareil monté en grande série sur tous nos vaisseaux d’exploration et de contrôle.
— James, tu sembles oublier que tu n’es pas autre chose que le fruit d’une technologie avancée…
— Comment pourrais-je l’oublier, Monsieur ; un enfant vénère toujours son père… à quelques exceptions près.
— Un enfant n’a pas toutes tes connaissances et j’aimerais qu’à l’avenir tu respectes la syntaxe et que tu cesses d’employer des néologismes imbéciles.
— C’est « vivabilité » qui vous reste en travers de la gorge ?
— Entre autres, répondis-je sèchement énervé par le zeste d’insolence qu’il me semblait déceler depuis peu chez cet AK 348. Et puis maintenant, ça suffit : quel est le niveau de Tibet II ? »
Extrait de : JC Bergman. « Palowstown. »
Homme, sweet homme… par Jean-Christian Bergman

Fiche de Homme, sweet homme…
Titre : Homme, sweet homme…
Auteur : Jean-Christian Bergman
Date de parution : 1979
Editeur : Fleuve noir
Première page de Homme, sweet homme…
« La foule de vingt heures trente couvrait le dallage artiplast de la Station 84.
Les Humains étaient, comme de coutume, plus nombreux que les Andros, et malgré cela la portion A du quai, exclusivement réservée a la Classe Androïde, grouillait de monde.
Sholem considérait avec attendrissement le joyeux désordre qui régnait du côté des Hommes. Leurs vêtements multicolores, leurs glapissements, l’anarchie totale qui présidait à leurs différents comportements, tout cela les faisait ressembler à des oiseaux des îles dans une volière.
Les deux tiers de la Station leur étaient dévolus. Une bonne mesure. L’inverse eût été inimaginable, ne serait-ce qu’en fonction de leur éducation dépourvue de la moindre rigueur. »
Extrait de : JC Bergman. « Homme, Sweet Homme… »
Apocalypse snow par Jean-Christian Bergman

Fiche de Apocalypse snow
Titre : Apocalypse snow
Auteur : Jean-Christian Bergman
Date de parution : 1980
Editeur : Fleuve noir
Première page de Apocalypse snow
« Sur les doubles vitrages, le givre cristallisait des œuvres de hasard.
À mesure que les kilomètres défilaient, malgré un chauffage défaillant, le décor alentour perdait toute consistance, se muait en un flou blanchâtre.
Pour ce qu’il y avait à voir, de toute façon…
Le pays entier grelottait. D’année en année, le froid progressait, étendait son emprise bien au-delà des frontières, gagnait insensiblement toutes les parties du globe. Les contrées jusqu’ici favorisées cédaient petit à petit du terrain. La Floride par exemple était rentrée dans le rang ; fini le climat paradisiaque. Les milliardaires avaient tous plié bagage et s’en étaient allés vers des cieux plus hospitaliers. S’il en restait… Les nouvelles météorologiques étaient plutôt sujettes à caution. D’ailleurs les spécialistes se confinaient dans une réserve prudente. Ils ne cherchaient plus à expliquer, évitaient toutes prévisions de peur qu’on les rende responsables.
Bien calé sur sa chaise en plastique moulé fixée au sol, Bert Devasco n’en finissait pas de réchauffer un verre à demi plein d’un cognac potable entre ses deux mains épaisses aux doigts courts, bercé par le staccato monotone des boggies et l’atmosphère ouatée et presque rassurante du wagon-restaurant. Pour un peu, avec de la bonne volonté et pas mal d’imagination, on se serait cru ailleurs.
Enfin avant. »
Extrait de : JC Bergman. « Apocalypse Snow. »
Réseau liquidation par Adam Saint-Moore

Fiche de Réseau liquidation
Titre : Réseau liquidation
Auteur : Adam Saint-Moore
Date de parution : 1957
Editeur : Fleuve noir
Première page de Réseau liquidation
« Laura Pershing mélangea soigneusement un soupçon de vert et de blanc de son pinceau et se mit à étendre à petits coups précis une mince couche émeraude au ras du campanile à droite de son tableau.
Là-bas, à l’horizon, en face d’elle, le vrai campanile, les coupoles de Saint-Marc, les toits roses des vieilles Procuraties et toute la masse rose de Venise flottaient dans la claire vapeur d’argent des crépuscules de l’Adriatique.
C’était l’heure où cette clarté évanescente, pâle, rayonnante et fugace, scintille au ras des lagunes torpides, des somptueux palais et des canaux, avant de se dissoudre. Il fallait faire vite pour la saisir. Dans une demi-heure tout au plus, elle aurait mystérieusement fondu et la nuit absorberait Venise.
Consciencieusement, la jeune femme acheva de poser sa couleur, puis recula d’un pas, regarda son tableau avec attention et fit la moue.
C’était mauvais, évidemment. Trop léché. Encore un de ces infects chromos comme elle pouvait en réaliser sans effort, des séries. Fidèle et ressemblant. Il n’y manquait que ce don de la couleur qui fait les vrais peintres. »
Extrait de : A. Saint-Moore. « Réseau liquidation. »
Protection collective par Adam Saint-Moore

Fiche de Protection collective
Titre : Protection collective
Auteur : Adam Saint-Moore
Date de parution : 1959
Editeur : Fleuve noir
Première page de Protection collective
« Le tueur écarta doucement les volets de la fenêtre, regarda la rue où un groupe de jeunes gens passaient en riant, et commença à s’installer méthodiquement. Il ôta sa veste et la plia sur le dossier d’une chaise, avec soin, déboutonna le col de sa chemise, et respira avec plaisir.
Il faisait extrêmement chaud depuis une semaine et New York fumait et ondulait sous le soleil comme une plaque de métal au-dessus du feu.
Ensuite le tueur ouvrit sa petite mallette et en retira, avec des gestes soigneux, les trois parties d’une carabine enveloppée de chiffons huileux. Il avait de grandes mains soigneuses d’artisan. Sans se hâter, comme un bon ouvrier, il adapta les trois morceaux et frotta la culasse et la crosse avec un chiffon. Il plaça le chargeur de six balles d’un coup sec du poignet puis fixa le silencieux. Quand ce fut fait, il s’assit sur la chaise et se mit à régler le viseur télescopique. Il le régla pour un tir à cent cinquante mètres. C’était exactement la distance qui séparait la fenêtre de la maison du Professeur La Varla. »
Extrait de : A. Saint-Moore. « Protection collective. »