Étiquette : Fleuve noir
Une porte sur l’éther par Laurent Genefort
Fiche de Une porte sur l’éther
Titre : Une porte sur l’éther (Tome 2 sur 2 – L’espace entre les guerres)
Auteur : Laurent Genefort
Date de parution : 2000
Editeur : Fleuve noir
Première page de Une porte sur l’éther
« — Où en sont vos opérations militaires ?
— Je ne peux rien dévoiler de précis par voie électronique. J’ai confiance en votre cryptage, mais des yeux et des oreilles traînent peut-être dans votre voisinage immédiat. N’oubliez pas qu’officiellement, nous sommes ennemis.
— Admettons. L’important est que nous nous accordions sur l’essentiel : en premier lieu, le nettoyage définitif de l’Axis. La situation n’a que trop duré. Il est temps de reprendre les choses en main, de chaque côté.
— Soit. En ce qui nous concerne, les Axiens ne constituent pas une faction nuisible à cette échelle. Nous en contrôlions déjà une partie, et les lois de restriction commerciale en ont réduit beaucoup à la famine.
— Sacrifiez-les. Il ne doit pas en rester un seul.
— Entendu, mais cela exigera des mois. Vous connaissez comme moi le volume à traiter : plus que celui de Dunaskite et Favor réunies.
— L’Axis doit être stérilisé !
— Rassurez-vous, les premiers résultats ne tarderont pas à nous parvenir. De votre côté…
— Vous savez bien qu’il nous est impossible de lever le petit doigt sans donner l’éveil. Chez nous, les tièdes tiennent encore les rênes. »
Extrait de : L. Genefort. « Une porte sur l’éther. »
Dans la gueule du dragon par Laurent Genefort

Fiche de Dans la gueule du dragon
Titre : Dans la gueule du dragon (Tome 1 sur 2 – L’espace entre les guerres)
Auteur : Laurent Genefort
Date de parution : 1998
Editeur : Fleuve noir
Première page de Dans la gueule du dragon
« Debout sur la plate-forme de sortie, l’homme en scaphandre plongeait des pupilles dilatées à l’extrême dans la fournaise. Les oculaires du casque assombrissaient le fond lumineux, assez éblouissant pour rendre aveugle quiconque s’obstinait à le fixer. L’air chauffé à blanc fulminait autour de lui. À cent pieds en contrebas, le magma bouillonnait, dans une vivante fureur. La jauge de radioactivité montait par à-coups vers la cote d’alerte. Encore trois ou quatre minutes et le seuil d’exposition serait dépassé, mais il n’en avait cure.
Un picotement lui démangeait la nuque. Pourquoi était-il là ? Un rendez-vous, qu’on lui avait fixé à l’extérieur d’Ymir, sur le Berg, pour lui faire des révélations… des révélations au sujet de l’assassinat de Masir, voilà !
Sa mémoire se transformait déjà en un gouffre palpitant, peuplé d’éclairs insaisissables.
À intervalle de deux minutes, une salve de projectiles fusait dans le ciel safran, montait en piaulant, s’épanouissait en éventails de feu puis s’abattait sur les flancs inclinés du Berg. »
Extrait de : L. Genefort. « Dans la gueule du dragon. »
Monstres sur commande par Eric Verteuil
Fiche de Monstres sur commande
Titre : Monstres sur commande
Auteur : Eric Verteuil
Date de parution : 1988
Editeur : Fleuve noir / Gore
Première page de Monstres sur commande
« Marie-Ange Jardelle se regarda longuement dans le miroir du vestibule ; elle admirait toujours avec autant de plaisir sa rivière de diamants (vrais), ses dents éblouissantes (fausses), sa cape de vison (vrai), le blond vénitien de ses cheveux (faux), ses chaussures en crocodile (vrai) et ses seins arrogants (faux).
À cinquante ans, elle en paraissait à peine quarante ; il est vrai que des soins réguliers, des régimes intensifs, des opérations esthétiques, liés à un égoïsme farouche et à des revenus considérables, jouaient un rôle primordial dans cette jeunesse rayonnante, mais un peu figée.
Elle descendit au sous-sol, prit la Mercedes et conduisit rapidement jusque chez le docteur Mérignac ; comme elle était attendue, elle put se garer dans la cour de l’hôtel particulier de la rue Vaneau. Elle fut conduite immédiatement dans le bureau du praticien.
— Cher Raoul, dit-elle en l’attirant pour l’embrasser sur les joues. »
Extrait de : E. Verteuil. « Monstres sur commande. »
Les horreurs de Sophie par Eric Verteuil
Fiche de Les horreurs de Sophie
Titre : Les horreurs de Sophie
Auteur : Eric Verteuil
Date de parution : 1989
Editeur : Fleuve noir / Gore
Première page de Les horreurs de Sophie
« Je m’appelle Sophie de Réan, j’ai vingt ans, je suis riche et belle. En fait, je suis très riche et très belle ! Mes yeux sont d’un gris étrange, mes lèvres bien dessinées laissent apparaître des dents éblouissantes qui me donnent envie de sourire même quand les plaisanteries de mes interlocuteurs me pousseraient plutôt à faire la moue.
Dans la vie, j’ai tout ce que je veux et les gens heureux n’ayant pas d’histoire on peut se demander la raison pour laquelle j’écris ces souvenirs. La réponse est simple, j’ai une manie… enfin une passion et j’ai besoin d’en parler.
Il ne s’agit ni de musique, ni de peinture, ni de théâtre, mais de quelque chose de plus rare, de plus précieux, de plus raffiné. Je prends du plaisir à punir mes semblables, j’aime leur faire du mal… en un mot, j’adore les torturer !
Quelle joie de plonger mes jolies mains dans des viscères dégoulinants de sang, de prélever un rein, de découper un foie, de vider un abdomen, d’entendre des cris de douleur quand je crève des yeux. »
Extrait de : E. Verteuil. « Les horreurs Sophie. »
Les charmes de l’horreur par Eric Verteuil
Fiche de Les charmes de l’horreur
Titre : Les charmes de l’horreur
Auteur : Eric Verteuil
Date de parution : 1989
Editeur : Fleuve noir / Gore
Première page de Les charmes de l’horreur
« Anne ouvrit les volets et se retourna vers les meubles couverts de poussière, les toiles d’araignées qui tombaient du lustre, le carrelage écaillé.
— On n’a pas fini de nettoyer… Tu parles de vacances !
— Allez ! ma petite Anne, ne râle pas ! Bientôt, ce sera impeccable… enfin presque. Entre nous, je ne pensais pas qu’en un an ça deviendrait aussi sale.
Découragées, elles montèrent au premier étage. Les chambres à coucher étaient dans le même état, mais la vue était toujours aussi magnifique ; la lande avec ses ajoncs, les rochers aux formes étranges et, dans le lointain, la mer.
Au premier abord, les deux sœurs Kerlande ne se ressemblaient pas. Florence, blonde, bouclée, maquillée avec soin, arborait des robes provenant d’une bonne boutique de dégriffés. Anne, l’aînée, les cheveux bruns tombant sur les épaules, ne portait que des jeans délavés et sur son chemisier un vieux pull qu’elle n’enfilait jamais, se contentant de nouer les manches autour du cou. »
Extrait de : E. Verteuil. « Les charmes de l’horreur. »
La mémoire rongée par Eric Verteuil

Fiche de La mémoire rongée
Titre : La mémoire rongée
Auteur : Eric Verteuil
Date de parution : 1974
Editeur : Fleuve noir
Première page de La mémoire rongée
« J’ouvre la porte et demande machinalement :
— Il y a quelqu’un ?
Pourtant, je sais que mon mari ne rentre jamais pour déjeuner et que la femme de ménage est partie depuis une heure. Evidemment, il n’y a personne et je pousse un soupir de soulagement ; cela m’aurait ennuyée d’entendre une réponse, car j’ai tant besoin d’être seule, de réfléchir… et surtout de trouver une explication à ce qui m’arrive.
Je traverse le living-room et soulève lentement le voilage d’une fenêtre. La rue de la Faisanderie est calme, mais je ne vois que le trottoir d’en face. J’hésite un instant, tourne la poignée, ouvre un battant ; avec précaution, je me penche. Sept étages plus bas, la chaussée est luisante après la pluie fine qui vient de tomber : une femme marche rapidement en tirant deux enfants, un télégraphiste prend sa bicyclette et s’éloigne. Tout à coup, un taxi s’arrête devant la maison ; ma première réaction est de reculer, mais il faut que je sache si c’est Lui. »
Extrait de : E. Verteuil. « La Mémoire Rongée. »
Horreur à Maldoror par Eric Verteuil
Fiche de Horreur à Maldoror
Titre : Horreur à Maldoror
Auteur : Eric Verteuil
Date de parution : 1987
Editeur : Fleuve noir / Gore
Première page de Horreur à Maldoror
« Chez Germaine Petitdemange tout est rond : tête, yeux, bouche, ventre. Et tout est blanc : cheveux, robe, maquillage.
Tôt, le matin, elle sort de chez elle et se dirige vers les jardins publics, les promenades du bord de mer, les parcs. Elle recherche des vieilles personnes seules, s’approche avec un bon sourire et demande :
« – Vous permettez que je m’asseye près de vous ? »
Avant que l’on ait pu lui répondre, elle remercie, s’assied et commence à parler ; mais ses interlocuteurs ne résistent pas longtemps au torrent de paroles qui déferle… Ils se lèvent et s’éloignent.
« – Le coin n’est pas bon », constate à chaque fois Germaine Petitdemange, déçue.
Elle reprend alors son chemin, espérant rencontrer quelqu’un qui l’écoutera. En effet, elle n’a qu’un plaisir au monde : parler ! Dans son quartier personne ne fait plus attention à elle, aussi doit-elle s’aventurer toujours plus loin. Depuis quelque temps, elle prend même le train ou l’autobus pour changer de secteur. »
Extrait de : E. Verteuil. « Horreur à Maldoror. »
Au bout… la mort par Eric Verteuil

Fiche de Au bout… la mort
Titre : Au bout… la mort
Auteur : Eric Verteuil
Date de parution : 1973
Editeur : Fleuve noir
Première page de Au bout… la mort
« Je viens de refermer la porte de ma chambre, je suis là, tremblante au milieu de la pièce, n’osant ni m’asseoir ni m’allonger. Je voudrais pleurer mais je n’en ai même plus la force. J’essaye de comprendre ce qui m’arrive mais, malheureusement, rien ne peut s’expliquer de façon logique ; tout est confus, incroyable, presque hallucinant.
Machinalement, je vais vérifier une fois de plus si j’ai bien tourné la clé dans la serrure, puis je me dirige vers la porte-fenêtre qui donne sur la terrasse ; elle aussi est bien fermée. Dehors, il tombe une petite pluie fine et une brume légère commence à masquer la forêt. Pourquoi ai-je accepté de me rendre dans ce coin perdu ? Il est vrai que mon mari m’avait dit que l’endroit était ravissant. Comme lui-même n’était jamais venu, qui avait pu le renseigner aussi mal ?…
Dans le courant de la matinée, j’étais arrivée dans cette petite gare vosgienne, j’étais sortie parmi les premiers voyageurs et un homme s’était avancé vers moi :
— C’est vous qui allez à l’Auberge du Houé ? m’avait-il demandé avec un fort accent lorrain. Montez derrière, je prends vos valises. »
Extrait de : E. Verteuil. « Au bout… la mort. »
A la recherche des corps perdus par Eric Verteuil
Fiche de A la recherche des corps perdus
Titre : A la recherche des corps perdus
Auteur : Eric Verteuil
Date de parution : 1988
Editeur : Fleuve noir / Gore
Première page de A la recherche des corps perdus
« Sylvie descendit l’escalier en courant, traversa le hall et ouvrit la porte qui donnait sur le jardin. En sifflotant, son mari bêchait un carré de terre.
— Julien ! Vite ! J’ai besoin de toi.
— Ça ne peut pas attendre cinq minutes ?
— Non !
Elle s’approcha de lui, le prit par le bras et le força à la regarder.
— Je n’en peux plus ; Muriel ne pense qu’à faire du mal et il n’est pas possible de la faire enfermer, il faut prendre une décision.
— Non, Sylvie, pas question !
Ils étaient dressés l’un contre l’autre sur la pelouse au milieu de laquelle Julien voulait planter un massif de fleurs.
La propriété isolée était entourée de hauts murs et un rideau d’arbres touffus autour de la maison la protégeait encore mieux des regards indiscrets.
— Je t’en prie, Julien, pour Muriel c’est indispensable.
La jeune femme avait une allure sportive ; fossettes, regard bleu clair, nez légèrement en trompette lui donnaient une apparence rassurante et sympathique. A trente-cinq ans elle en paraissait dix de moins bien que n’ayant pas recours au maquillage. »
Extrait de : E. Verteuil. « À la recherche des corps perdus. »
Hurlements n°3 par Gary Brandner
Fiche de Hurlements n°3
Titre : Hurlements n°3
Auteur : Gary Brandner
Date de parution : 1985
Traduction : E. Constant
Editeur : Fleuve noir / Gore
Première page de Hurlements n°3
« Du bout de sa botte, Gavin Ramsay coupa le radiateur électrique. Un beau geste civique qu’il faisait là; les 2 109 habitants du comté de La Reina pouvaient être fiers de leur économe shérif.
Ramsay se réinstalla confortablement dans son fauteuil, jambes allongées sur le bureau, et ses yeux se fixèrent sur la morne S31, rue principale de Pinyon, Californie, chef-lieu du comté de La Reina, altitude: 1 082 mètres.
De part et d’autre de la S31, une station-service, une pharmacie, un hôtel, un cinéma, une épicerie et un magasin de vêtements professionnels pour artisans, composaient le cœur de l’agglomération. Seuls la bibliothèque et l’hôpital se trouvaient en dehors, érigés sur les contreforts de la montagne.
La tempête qui avait fait rage ces deux derniers jours ne s’était calmée qu’à l’aube ; elle laissait derrière elle son empreinte humide, détrempée, que deux jours de plein soleil suffiraient à peine à éponger.
Gavin Ramsay en avait marre de la pluie. La chute incessante des trombes d’eau l’avait toujours déprimé. Contrairement à Elise qui devenait lyrique dès que le temps s’obscurcissait. »
Extrait de : G. Brandner. « Hurlements N°3. »