Étiquette : Fleuve noir
Saison de mort par Jack Ketchum

Fiche de Saison de mort
Titre : Saison de mort
Auteur : Jack Ketchum
Traduction : A. Frezouls
Date de parution : 1981
Editeur : Fleuve noir / Gore
Première page de Saison de mort
« Ils la regardèrent traverser la prairie et s’enfoncer dans les bois. Elle avait l’air gauche. Elle serait facile à attraper.
Ils prirent tout leur temps pour casser de petites branches de bouleau et en enlever l’écorce. Ils se regardaient en souriant, sans rien dire. Ils finirent d’écorcer leurs baguettes puis partirent à ses trousses.
Elle courait dans l’herbe épaisse, au milieu des bouleaux et des pins. Elle entendait leurs voix derrière elle, légères et musicales; on aurait dit des enfants jouant dans le noir. Elle se souvenait de leurs mains sur elle. De petites mains fortes aux ongles crochus et sales qui l’avaient profondément griffée. Elle frissonna. Elle les entendait rire tout près. Devant elle, la forêt s’épaississait.
Elle allait moins vite à présent. Des branches s’accrochaient à ses cheveux et piquaient cruellement ses yeux. Elle croisa ses bras nus devant son visage pour le protéger. Ils furent rapidement en sang. Elle commença à pleurer. »
Extrait de : J. Ketchum. « Saison de mort. »
Cache-cache effroyable par Jack Ketchum
Fiche de Cache-cache effroyable
Titre : Cache-cache effroyable
Auteur : Jack Ketchum
Traduction : F. Mondoloni
Date de parution : 1981
Editeur : Fleuve noir / Gore
Première page de Cache-cache effroyable
« Je ne suis pas de ceux qui croient aux mauvais présages. Par contre, je sais très bien reconnaître quand je suis dans la merde. Voyez plutôt.
Je m’activais sur un tas de petit bois de charpente. On recherchait des planchettes qui se trouvaient à deux mètres cinquante environ, en haut du tas. On avait presque descendu le tas suivant quand on s’aperçut qu’il en restait deux ou trois qui n’étaient pas trop abîmées. Je grimpai en récupérer une, mais au moment précis où je la saisis, le câble en acier vint se casser tout net sur le tas de bois qui me soutenait. Je faillis être décapité. Je perdis l’équilibre et me retrouvai trois mètres plus bas sur le bitume sous une pluie de lattes de bois.
Je m’en tirai sans égratignure. Un coup de pot. Mais je me fis incendier par le patron, car bien que tout le monde le fasse, c’était interdit de grimper là-haut sans emprunter l’élévateur. J’avais enfreint le règlement et ça posait un problème d’assurances.
Ça a donc commencé comme ça : manquer y passer pour une histoire de règlement. »
Extrait de : J. Ketchum. « Cache-cache effroyable. »
Les portes de l’effroi par Lewis Mallory
Fiche de Les portes de l’effroi
Titre : Les portes de l’effroi
Auteur : Lewis Mallory
Traduction : N. Monnin
Date de parution : 1981
Editeur : Fleuve noir / Gore
Première page de Les portes de l’effroi
« Il n’avait pas atteint le bout de la rue que déjà l’assurance dont il était gonflé l’abandonnait. Ça se passait toujours de cette façon à New York. Au milieu de ses amis, entouré de leurs sourires chaleureux, il avait oublié combien la nuit pouvait être hostile. Il aurait pu ainsi aller d’un endroit illuminé à un autre sans jamais voir l’envers du décor.
Martin se sentait inquiet. Il venait de passer outre la première règle de la cité, à savoir ne jamais s’aventurer seul dans les rues la nuit. Mais New York était un rêve dont il voulait profiter au maximum avant de partir. Il devait prendre l’avion le lendemain et cette pensée l’attristait. L’agréable mélange whisky-amitié irradiait de son estomac une chaleur réconfortante, il flottait sur un nuage de musique douce et de lumière tamisée. Dans l’ascenseur, il avait décidé de rentrer à pied à son hôtel, une façon de faire ses adieux à la ville. Au rez-de-chaussée, le portier de nuit s’était avancé pour lui ouvrir la porte.
— Je vous appelle un taxi ? lui avait-il demandé.
Martin avait refusé d’un énergique mouvement de la tête.
L’homme avait jeté un coup d’œil à sa montre. »
Extrait de : L. Mallory. « Les portes de l’effroi. »
Fleurs d’épouvante par Lewis Mallory

Fiche de Fleurs d’épouvante
Titre : Fleurs d’épouvante
Auteur : Lewis Mallory
Traduction : J. Gary
Date de parution : 1981
Editeur : Fleuve noir / Gore
Première page de Fleurs d’épouvante
« La valise qu’elle tenait à la main était de plus en plus lourde, aussi la jeune fille n’avançait-elle que lentement. Le chemin était long et raide, qui menait loin du village. Elle ne put réprimer un soupir ; tout était si différent de ce qu’elle avait pu imaginer. Elle repensa à son père, planté devant elle, son visage rouge de colère.
« – Enceinte ! » avait-il hurlé.
Elle posa la valise à terre, histoire de se reposer un peu.
« – Bon. Je suppose qu’il va t’épouser », avait-il ajouté sèchement.
Elle avait secoué la tête. Non. Elle sentit lui monter aux yeux ces mêmes larmes qui avaient alors coulé. Non, ce n’était pas là ce à quoi elle s’était attendue…
Elle reprit son bagage et sa marche pénible. Il y avait décidément quelque chose de trop drôle à devoir quitter le village par ce chemin… C’était là, précisément, que tout était arrivé.
En jetant un regard par-dessus son épaule, elle vit le clocher de l’église et l’éclat rouge des tuiles de quelques toits. Peut-être ne reverrait-elle jamais rien de tout cela. Une larme roula sur sa joue. »
Extrait de : L. Mallory. « Fleurs d’épouvante. »
Cauchemar qui tue par Lewis Mallory
Fiche de Cauchemar qui tue
Titre : Cauchemar qui tue
Auteur : Lewis Mallory
Traduction : N. Monnin
Date de parution : 1984
Editeur : Fleuve noir / Gore
Première page de Cauchemar qui tue
« Theresa avait huit ans quand elle fit des cauchemars. Elle s’éveillait la nuit en hurlant et le matin, lorsqu’elle ouvrait les yeux, les images terrifiantes étaient encore présentes à son esprit. Elle rêvait toujours des mêmes choses. De feu, d’eau et de sang.
Son père écarta les boucles brunes et déposa deux baisers sur ses joues.
— Bonne nuit, mon ange, dit-il en la soulevant à bout de bras. Tu es contente d’avoir une petite sœur ?
— Ce sera peut-être un petit frère, intervint sa mère du fauteuil où elle était installée.
Elle paraissait satisfaite, malgré les cernes qui, sous ses yeux, traduisaient sa fatigue.
Theresa se tortilla dans les bras de son père, qui la déposa sur le tapis. Il s’assit et elle s’agenouilla près de lui. Elle observa sa mère. En regardant attentivement, elle pouvait voir bouger le tissu de la robe tendu sur son ventre. Parfois, le mouvement était lent, comme provoqué par la contorsion d’une étrange créature sous-marine. D’autres fois, il était brusque et ressemblait à une ruade. »
Extrait de : L. Mallory. « Cauchemar qui tue. »
La nuit des vers voraces par John Halkin
Fiche de La nuit des vers voraces
Titre : La nuit des vers voraces
Auteur : John Halkin
Traduction : B. Roques
Date de parution : 1980
Editeur : Fleuve noir / Gore
Première page de La nuit des vers voraces
« Avec un claquement sec, trois vers firent brusquement demi-tour dans l’égout pour se précipiter vers la main de Matt. De vrais serpents qui mesuraient au moins trente centimètres, aussi gros que son poignet et qui fonçaient droit sur lui.
Ils avaient l’air aussi dangereux que des reptiles et leur peau gardait un étrange éclat, malgré la demi-obscurité.
Matt était en train de farfouiller dans la vase, à la recherche de son photomètre qu’il avait fait tomber. Il n’eut pas le temps de retirer sa main et sentit les dents du premier ver se planter dans son pouce. Il recula, chancelant ; la douleur lui coupait le souffle.
Le ver ne lâchait pas prise. Il ne bougea pas, ne se mit même pas à se tortiller. Ses crocs acérés se resserraient comme un étau.
Matt essaya désespérément de se redresser sur l’étroit passage qui bordait le canal, mais en vain. Il était trop grand et le pilier qui soutenait la galerie s’incurvait vers la voûte. Les eaux de trois affluents se rejoignaient au pied du pilier, dans un tourbillon d’écume. Un seul faux pas et il se retrouverait dans le collecteur avec de l’eau jusqu’aux genoux. »
Extrait de : J. Halkin. « La nuit des vers voraces. »
Fureur cannibale par Glenn Chandler
Fiche de Fureur cannibale
Titre : Fureur cannibale
Auteur : Glenn Chandler
Traduction : P. Benita
Date de parution : 1981
Editeur : Fleuve noir / Gore
Première page de Fureur cannibale
« Parfois, pour soulager la douleur dans son dos, il roulait sur le côté gauche, une position qui lui permettait de contempler la blessure suppurante qui lui labourait l’épaule droite. Elle était d’un vert éclatant. Profondément enfoncé dans ses chairs se trouvait un nid d’œufs crémeux : la progéniture d’un insecte tropical depuis longtemps envolé. Il attendait qu’ils éclosent. Il ne pouvait rien faire d’autre. Il avait enfin abandonné l’idée de s’en débarrasser. C’était une source de fascination, la seule chose encore intéressante en ces ultimes moments de désespoir. Ces œufs étaient ses enfants, qui poussaient en lui et qui lui survivraient lorsqu’il serait mort. Ce qui ne tarderait pas à se produire.
Car l’homme blanc était sûr d’une chose : il allait mourir.
Il allait mourir dans cette jungle après sept jours d’une fièvre qui lui avait consumé le corps et l’esprit, qui avait brûlé ses dernières réserves. Il allait mourir parce qu’il était le grand cochon.
Puaka bulava.
Lui, l’homme blanc et sa peau rose formaient un morceau de choix. Et tous ses amis qui se réveillaient à présent là dehors allaient être contents. »
Extrait de : G. Chandler. « Fureur cannibale. »
Ticket aller-retour pour l’hyperspace par Louis Thirion

Fiche de Ticket aller-retour pour l’hyperspace
Titre : Ticket aller-retour pour l’hyperspace
Auteur : Louis Thirion
Date de parution : 1984
Editeur : Fleuve noir
Première page de Ticket aller-retour pour l’hyperspace
« Le contrôleur regarda sa montre. Déjà deux heures ! Dans moins de dix minutes, sa veille s’achèverait. A ce moment-là, à moins d’incident improbable, il quitterait la tour de contrôle, traverserait l’immense aire d’embarquement dont la surface cimentée s’étendait sur des kilomètres dans le désert mauve, avant de pénétrer sous le dôme urbain. Une fois chez lui, il prendrait un bain !
La voix mécanique de l’ordinateur le tira subitement de cette rêverie domestique.
— Des vaisseaux viennent de pénétrer la zone interdite, dit l’ordinateur. Veux-tu les voir ?
— Montre, grogna le contrôleur.
— Ce sont des vaisseaux de guerre, vitesse approximative mille kilomètres seconde.
L’image apparut sur l’écran.
— Ces vaisseaux sont munis de cônes de choc lasers de combat, précisa l’ordinateur.
Le contrôleur émit un soupir de contrariété.
— Leur direction ?
— Pour le moment vers nous.
— Saleté ! jura le contrôleur. »
Extrait de : L. Thirion. « Ticket Aller-Retour pour l’hyperespace. »
Sterga la noire par Louis Thirion

Fiche de Sterga la noire
Titre : Sterga la noire
Auteur : Louis Thirion
Date de parution : 1983
Editeur : Fleuve noir
Première page de Sterga la noire
« L’homme éprouvait la sensation de s’éveiller d’un rêve qui n’avait jamais eu de commencement. Un rêve obscur, aux limites imprécises, sans contours ni sens. Au-dessus de lui, une petite lumière verte clignotait avec insistance, comme pour lui faire comprendre que le moment était venu de… ?
De quoi faire, en vérité ? L’homme ne bougeait pas. Allongé au fond de son lit-cercueil, il ne parvenait pas à commander à ses muscles. Certes, son cerveau avait conservé assez de lucidité pour lui ordonner de quitter au plus vite cette boîte noire dans laquelle il était allongé, mais les muscles paraissaient avoir oublié leur rôle, ils ne savaient plus fonctionner.
— Vous êtes parvenu au terme de votre voyage. Destination Aldenor 6. Nous vous souhaitons un bon réveil.
L’homme tressaillit. Cette voix usée qu’il entendait répétait sans cesse le même message.
— Vous êtes parvenu au terme de votre voyage… Vous êtes parvenu… »
Extrait de : L. Thirion. « Sterga la Noire. »
Requiem pour une idole de cristal par Louis Thirion
Fiche de Requiem pour une idole de cristal
Titre : Requiem pour une idole de cristal
Auteur : Louis Thirion
Date de parution : 1991
Editeur : Fleuve noir
Première page de Requiem pour une idole de cristal
« — Là ! s’exclama Swrill.
Ils étaient comme deux jeunes aigles planant dans le cosmos, en quête d’un territoire où tailler leur futur domaine. Deux jeunes seigneurs cosmiques.
Sous l’impulsion de Brawl, le vaisseau plongea vers la planète. Le Phtas pilotait manuellement. Pas par nécessité, bien sûr, mais par plaisir. Simplement par plaisir.
— Ce sont des Wras ! rugit-il.
Ses yeux plats aux reflets nacrés brillaient.
— Et ils n’appartiennent à personne… Un essaim sauvage ! fit Swrill en écho.
— Attention, quand même. S’ils avaient un maître, nous serions déjà au contact des défenses avancées…, répliqua Brawl. Mais non, décidément, ces Wras sont à nous ! »
Extrait de : L. Thirion. « Requiem pour une idole de cristal. »