Étiquette : Fontana
La femme truquée par Jean-Pierre Fontana

Fiche de La femme truquée
Titre : La femme truquée
Auteur : Jean-Pierre Fontana
Date de parution : 1980
Editeur : NEO
Première page de La femme truquée
« Noémie fut éclaboussée par les échos de la rafale au moment même où elle dépassait les ruines de l’ancien pont de la Tournelle. Un pur réflexe la jeta sur le sol glissant du trottoir. L’instant d’après, elle devinait que le tireur se trouvait en fait sur la même rive qu’elle et s’en prenait à une cible aperçue dans les décombres de Saint-Louis. Elle se redressa lentement, hésita à s’essuyer les mains au tissu de la robe et préféra finalement patienter jusqu’à son domicile pour débarrasser ses paumes des traces de boue.
L’homme était embusqué à une cinquantaine de mètres en amont, à l’abri d’une murette qui surplombait les ports désaffectés. Il portait la tenue gris-acier des francs-tireurs et son arme – une carabine au canon télescopique – était couplée à un appareil-photo-retard grâce auquel il pourrait réclamer la prime s’il avait eu le bonheur de faire mouche.
Tandis qu’elle se rapprochait de lui, Noémie s’interrogea sur les motifs qui poussaient certains citadins des deux bords à rejoindre les îles : elle ne trouva aucune réponse satisfaisante. La nostalgie du passé ? Le jeu n’en valait certes pas la chandelle. »
Extrait de : J.P Fontana. « La femme truquée. »
Souvenirs de demain par Jean-Pierre Fontana

Fiche de Souvenirs de demain
Titre : Souvenirs de demain
Auteur : Jean-Pierre Fontana
Date de parution : 2012
Editeur : Armada
Sommaire de Souvenirs de demain
- Meurtre : facteur infini
- Les déportés d’Aldénagar
- Plaisirs noturnes
- La caresse de l’aube
- Le traquenard d’Octane
- La vallée de Hurle Grioche
- La forêt de Perdagne
- Le pied jadois
- Le sourire de Mona Lisa
- La fille aux yeux ténèbres
- Points de rupture
- Les tocards
- La traque
- La poupée
- Je vais t’ouvrir, m’amour
- La fille, la fleur et l’oiseau mort
Première page de Meurtre : facteur infini
« L’Homme des Temps Futurs se plaça sur le siège de son véhicule à remonter le temps, lança le distributeur d’énergie, fixa le casque sur sa tête ; puis il accéléra lentement, en enclenchant la première vitesse.
Il filait maintenant à trois siècles-minute — une allure de touriste — mais il savait aussi combien le but de son voyage serait rapidement atteint. Alors il musardait un peu d’un âge à l’autre, s’arrêtant parfois pour observer des villes et des paysages au travers de son écran d’invisibilité.
Il eut d’ailleurs beaucoup de chance. Il assista au décollage de la première fusée pour Procyon. Il assista au terrible incendie qui ravagea New York en 3876 A.D. Les derniers descendants de la race centaurienne défilèrent presque devant lui, lourdement entravés de chaînes. Il visita les stands de la Grande Exposition de l’an 1900… Bref, il assista aux grands événements du passé comme s’il avait le désir de n’en rien oublier. »
Extrait de : J.-P. Fontana. « Souvenirs de demain. »
Sheol par Jean-Pierre Fontana

Fiche de Sheol
Titre : Sheol
Auteur : Jean-Pierre Fontana
Date de parution : 1976
Editeur : Denoël
Première page de Sheol
« C’était une sorte de bulle de rosée gorgée de soleil. Elle donnait l’impression de flotter dans le vide ; en fait, elle voguait légèrement au-dessus de la plaine, portée, semblait-il, par le vent frais du petit matin. Les uns pensaient à elle comme à un phare, une bouée, un symbole ou un refuge. Pour d’autres, c’était le dieu. Et tous avaient raison si l’on s’en tenait aux multiples fonctions qui faisaient d’elle le pasteur et le nautonier du troupeau, troupeau d’hommes dont elle était l’âme, le cœur et peut-être aussi le cerveau.
Elle avançait sans précipitation, inondant la terre, encore ourlée d’ombre, de jeux de lumière colorée. Le peuple suivait. En tête les plus anciens, les plus lents, les plus fragiles et les femmes. Le chef fermait la marche, le bâton de gnèle dans la main droite. Des enfants gambadaient et couraient après les vonzes familiers qui encerclaient avec intelligence le maigre troupeau de cornus. »
Extrait de : J.-P. Fontana. « Sheol. »
Les bannières de Persh par Alain Paris et Jean-Pierre Fontana

Fiche de Les bannières de Persh
Titre : Les bannières de Persh
Auteur : Alain Paris et Jean-Pierre Fontana
Date de parution : 1984
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les bannières de Persh
« — PANORAMIQUE EXTERIEUR, commanda Jack La Poudre.
Il leva les yeux vers l’écran de contrôle. Les étoiles tournoyaient follement dans l’espace sidéral, mais il s’agissait d’une illusion. La réalité, c’était le vaisseau spatial en perdition, qui tournoyait follement. Les étoiles, elles, restaient figées dans leur lumière glacée.
Les doigts de La Poudre pianotaient fiévreusement sur le clavier reliant le poste de contrôle à « Carol », l’ordinateur central du transport de minerai.
— APPRECIATION SITUATION, tapa l’homme. REPONSE VOCALE SVP.
Un cybernéticien un peu humoriste à ses heures avait donné à « Carol » une voix sensuelle qui, ordinairement, enchantait Jack La Poudre. Mais, en cet instant, le prospecteur ne se sentait pas d’humeur à apprécier l’attention. »
Extrait de : A. Paris et J.-P. Fontana. « Les bannières de Persh. »
La jaune par Jean-Pierre Fontana

Fiche de La jaune
Titre : La jaune
Auteur : Jean-Pierre Fontana
Date de parution : 1986
Editeur : Fleuve noir
Première page de La jaune
« Mardi. Dix-sept heures. La ville hurlait de toutes ses sirènes et de tous les klaxons des voitures prises au piège des rues embouteillées. Devant le monument aux morts de l’avenue des Meuniers, la circulation était littéralement bloquée. Les automobiles occupaient toute la largeur de la chaussée, flanc contre flanc, museau pointé en direction de l’est. Même les voies qui remontaient vers le centre ville étaient garnies de véhicules roulant en sens inverse. D’ailleurs, qui aurait été assez fou pour aller faire un tour du côté des lieux de la catastrophe, au cœur même du nuage de mort ?
Dans les autos, les gens transpiraient. Il faisait une chaleur d’étuve. Pourtant, aucun des passagers ne s’avisait de baisser les vitres des portières. Par peur du gaz. C’était atroce autant qu’absurde évidemment, car si la nuée avait rejoint le flot de véhicules stupidement immobile, nul n’aurait été épargné, car aucun engin n’était suffisamment étanche pour espérer échapper aux infiltrations délétères. »
Extrait de : J.-P. Fontana. « La Jaune. »
La colonne d’émeraude par Jean-Pierre Fontana

Fiche de La colonne d’émeraude
Titre : La colonne d’émeraude
Auteur : Jean-Pierre Fontana
Date de parution : 1992
Editeur : Fleuve noir
Première page de La colonne d’émeraude
« Accroupi à la limite des sables bleus, dans une attitude qui le faisait se confondre presque avec les roches du brise-vents, le Guetteur regardait tomber les œufs d’acier sans émettre le moindre signal puisque tous les autres savaient. Il se pénétrait seulement du martèlement sourd qui se prolongeait dans le sous-sol comme une annonce de séisme. À l’est, la ville pleurait. Les notes suraiguës de ses lamentations, distillées par la brutale dilatation des parois cristallines que surchauffait à l’improviste un flot incandescent, escaladaient les couches atmosphériques. Le ciel ressemblait à présent à une éponge noire dont les trous laissaient se déverser une débauche d’or en fusion.
À bout de patience, le Guetteur se redressa, puis il tendit un bras vers la colonne smaragdine située à la frange du grand reg septentrional. »
Extrait de : J.-P. Fontana. « La colonne d’émeraude. »
L’aventurière de l’espace par Jean-Pierre Fontana

Fiche de L’aventurière de l’espace
Titre : L’aventurière de l’espace
Auteur : Jean-Pierre Fontana
Date de parution : 2016
Editeur : L’ivre book
Première page de L’aventurière de l’espace
« Le moine poussa la porte de la taverne et entra lentement, son regard perçant scrutant déjà les innombrables convives. Sans retirer le capuchon qui lui recouvrait la tête jusqu’aux sourcils, il se dirigea vers l’une des rares tables encore vides. Il s’installa sans bruit. Presque personne ne l’avait remarqué, sauf peut-être le patron, qui gardait toujours un œil vers la porte, et la jeune fille.
En fait, moins d’une minute plus tard, il put vérifier l’exactitude de sa supposition. Le tavernier s’approcha de lui avec une figure onctueuse. Tandis qu’il prenait la commande du repas, la jeune fille se glissait sur le banc de l’autre côté de la table et adressait son plus beau sourire à l’ecclésiastique.
L’aubergiste s’en fut. Le sourire de la demoiselle s’agrandit.
« Ce n’est pas si souvent qu’un saint homme fait pèlerinage en un tel lieu, remarqua-t-elle. »
Le moine inclina la tête sans rien dire. Seuls ses yeux se plissèrent davantage. »
Extrait de : J.-P. Fontana. « L’aventurière de l’espace. »
L’autre côté de nulle part par Jean-Pierre Fontana

Fiche de L’autre côté de nulle part
Titre : L’autre côté de nulle part
Auteur : Jean-Pierre Fontana
Date de parution : 2017
Editeur : Armada
Sommaire de L’autre côté de nulle part
- L’ombre portée
- Chronoléthite
- La cité sous le volcan
- Le martien
- La collectionneuse
- L’homme noir
- Circé 2 ou les proies de Céliamonde
- L’enfant à l’étoile
- La clostro
- L’autre côté de nulle part
- Monsieur Verbronq
- Le chat et le rat
- Bienvenue parmi nous
- La martienne
- Le jour où la pluie
- Demain matin au chant du colt
Première page de L’ombre portée
« Quelque temps après la mort de mon oncle Ferdinand, tante Hermine me demanda d’entreprendre l’inventaire des livres, albums et revues qui occupaient les nombreuses étagères du premier étage de sa maison ainsi que la quasi-intégralité de la chambre au fond du couloir où s’empilaient, dans un désordre indescriptible, journaux, bandes dessinées, disques vinyle et jusqu’à des 78 tours qui dataient d’avant la Seconde Guerre mondiale. Elle avait l’intention, une fois le recensement effectué, de proposer par lots l’héritage à la vente. Oncle Ferdinand avait été un gros lecteur. Il avait été un homme d’une culture ahurissante qu’il déployait le plus souvent à l’occasion de réunions familiales. Autrefois, quand nous étions, ma sœur et à moi, à l’école primaire et que nous passions quelques jours de vacances chez eux, il nous contait, à la veillée, mille récits issus »
Extrait de : J.-P. Fontana. « L’autre côté de nulle part. »
La geste du Halaguen par Guy Scovel

Fiche de La geste du Halaguen
Titre : La geste du Halaguen
Auteur : Guy Scovel
Date de parution : 1975
Editeur : Marabout
Première page de La geste du Halaguen
« L’aède rejeta la tête en arrière et écarquilla les yeux pour admirer le ciel. Le vrai ciel ! Pas celui, uniformément bleu ou noir, qui recouvre l’Occitanie, mais bien l’univers d’au-delà les sphères planétaires. Il ouvrit bien grands tous ses yeux. Et ses antennes parurent vibrer d’un rythme lent : celui, disait-il parfois, de la mélodie du cosmos. Dans ces instants-là, l’extase qui l’envahissait dilatait les pupilles, colorait la sclérotique violine. Il arrivait même que l’intensité du plaisir provoquât un tremblement des lèvres entre lesquelles la langue se glissait sensuellement. Mais, cette fois, la jouissance était trop rude, la communion trop intense.
Un hoquet contracta brusquement la gorge tandis que |e corps tout entier se trouvait secoué de frissons. Les élytres de prothèse battirent désespérément comme pour, elles aussi, amasser de l’air. De blême, le visage devint véritablement exsangue. Et le poète – le dernier poète véritable – tomba à la renverse, foudroyé, sembla-t-il, par les pulsations vénéneuses de l’infini. »
Extrait de : G. Scovel (J.-P. Fontana). « La geste du Halaguen. »
Les hommes-lézards par Alain Paris et Jean-Pierre Fontana

Fiche de Les hommes-lézards
Titre : Les hommes-lézards (Tome 3 sur 3 – Les ravisseurs d’éternité)
Auteur : Alain Paris et Jean-Pierre Fontana
Date de parution : 1986
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les hommes-lézards
« L’hélicobulle tournoyait lentement au-dessus de la place déserte, ses projecteurs scrutant les moindres recoins d’ombre, à la recherche d’improbables curieux. Il se maintint ainsi un long moment, ses lasers prêts à cracher. Puis, toujours aussi lentement, il amorça une manœuvre qui l’amena au centre exact de la place. Un homme au visage masqué de cuir en descendit, côté passager. L’hélicobulle s’immobilisa, moteurs coupés.
L’homme au masque de cuir effectua quelques pas avant de s’arrêter et de parcourir toute la place d’un regard circulaire. Ce qu’il vit parut lui convenir car il hocha la tête d’un air satisfait. Il regarda sa montre, manipula un minuscule bouton qui la transforma en micro-émetteur et murmura un ordre. »
Extrait de : A. Paris et J.-P. Fontana. « Les ravisseurs d’éternité – Les hommes-lézards. »