Étiquette : French Pulp
Frankenstein Tomes 5 et 6 par Benoît Becker

Fiche de Frankenstein Tomes 5 et 6
Titre : Frankenstein Tomes 5 et 6
Auteur : Benoît Becker
Date de parution : 2016
Editeur : French pulp
Sommaire de Frankenstein Tomes 5 et 6
- Frankenstein rôde
- La cave de Frankenstein
Première page de Frankenstein rôde
« Son pied-bot le faisait souffrir. La même douleur lancinante qui traversait sa chair tordue à chaque cahot, par temps d’orage ; l’impression qu’un hameçon ou un bout de fil de fer barbelé planté dans ce pied bossu montait jusqu’à la cheville et redescendait, dix fois, vingt fois, cent fois, inlassablement.
Wou-Ling avait l’habitude de cette souffrance, une habitude vieille de plus de cinquante ans, comme lui. Toute sa vie, le Chinois avait trimbalé avec lui cette infirmité plus grotesque que tragique, ce pied-bot démesuré emprisonné dans une chaussure orthopédique noire que Wou-Ling avait fabriquée lui-même.
Toute une vie à traîner la patte comme un boulet.
Et ce soir, il pleuvait, à torrents. Un orage brutal et violent ravageait les pentes de la Forêt-Noire. Le vent se déchaînait parmi les sapins et les chênes qui craquaient et s’illuminaient tout à coup, troupes squelettiques et vibrantes, quand les frappait la foudre. Les éclairs se suivaient à de courtes distances et les roulements du tonnerre, longuement répercutés et amplifiés par l’écho des monts, semblaient n’appartenir qu’à un seul grondement. »
Extrait de : B. Becker. « Frankenstein Tomes 5 et 6. »
Frankenstein Tomes 3 et 4 par Benoît Becker

Fiche de Frankenstein Tomes 3 et 4
Titre : Frankenstein Tomes 3 et 4
Auteur : Benoît Becker
Date de parution : 2016
Editeur : French pulp
Sommaire de Frankenstein Tomes 3 et 4
- La nuit de Frankenstein
- Le sceau de Frankenstein
Première page de La nuit de Frankenstein
« À petits coups de pelle, suant et soufflant malgré la fraîcheur de l’air du matin qui s’engouffrait en tourbillons rapides dans la vallée, Hellmut Schleger achevait de creuser dans la neige un passage qui libérerait l’entrée de sa demeure. L’hiver, c’était là une besogne presque quotidienne. Schleger avait enlevé sa jaquette noire de pasteur, desserré le faux col qui ne quittait jamais son cou, sauf pendant la nuit, et retroussé jusqu’aux coudes les manches de sa chemise empesée. Le vernis de ses souliers se couvrait de neige qui fondait au premier soleil de la matinée. Il y avait près d’une semaine qu’on n’avait pas vu ce soleil.
Hellmut Schleger, le pasteur du petit village de Gottwôhl, dans les Alpes suisses, était un petit homme sec et nerveux, perpétuellement agité, même en chaire, et qui ne retrouvait un semblant de tranquillité que dans la pénombre de sa bibliothèque, bien qu’à ces heures de retraite, son esprit vagabondât encore en tous sens et échafaudât d’étranges projets qui ressemblaient à des chimères. »
Extrait de : B. Becker. « Frankenstein Tomes 3 et 4. »
Frankenstein Tomes 1 et 2 par Benoît Becker

Fiche de Frankenstein Tomes 1 et 2
Titre : Frankenstein Tomes 1 et 2
Auteur : Benoît Becker
Date de parution : 2016
Editeur : French pulp
Sommaire de Frankenstein Tomes 1 et 2
- La tour de Frankenstein
- Le pas de Frankenstein
Première page de La tour de Frankenstein
« Tous ces clabaudages me donneraient froid dans le dos, si je les écoutais. » songea Helen en sortant de la mercerie, son sac sous le bras.
Pour se protéger des souffles d’air frais qui tournoyaient au dehors, elle serra autour de sa gorge le col de son mantelet, et se dépêcha vers l’extrémité du village.
Kanderley, de part et d’autre de la grand-route, étirait une double haie de maisons basses et grises, aux toits de chaume, aux fenêtres étroites et pour la plupart fermées. Les plus riches de ces maisons se trouvaient flanquées de jardins minuscules et déserts où poussaient à l’abandon quelques fleurs rabougries.
Deux ou trois silhouettes se pressaient dans la rue principale, une rue mal pavée où la terre apparaissait par endroits, et la jeune fille avançait d’un pas vif, presque sautillant. D’une main, elle relevait hardiment le bas de sa robe claire pour franchir les flaques d’eau et de boue. Elle n’était pas très grande, mais se tenait fièrement cambrée pour ne pas perdre un pouce de sa taille.
« Quel pays sinistre, songea-t-elle avec une pointe d’amusement. A-t-on idée de venir passer des vacances dans un trou pareil ! »
Extrait de : B. Becker. « Frankenstein Tomes 1 et 2. »
Mauvaise main par Gilbert Gallerne

Fiche de Mauvaise main
Titre : Mauvaise main
Auteur : Gilbert Gallerne
Date de parution : 2016
Editeur : French pulp
Première page de Mauvaise main
« À 5 ans, Éric se sentait une vocation d’aventurier. Il avait déjà exploré l’exploitation de fond en comble, mais il demeurait un bâtiment interdit. Celui d’où provenait le hurlement strident de la grande scie circulaire. Il y était entré une fois, et la vision de cette lame étincelante qui tournoyait si vite que l’on ne distinguait plus ses dents acérées avait imprégné son esprit.
Profitant de ce que sa mère était occupée à étendre du linge, il se faufila entre les bâtiments. Personne ne le remarqua lorsqu’il se glissa dans le hangar. Au loin, il entendit sa mère crier son nom. Trop tard. La lame vrombissait comme un essaim de guêpes en colère. Personne pour le chasser. Il avança. Chercha du regard un morceau de bois à lui offrir.
Les appels de sa mère se rapprochaient. Si elle le trouvait ici, il serait bon pour une fessée. Il devait se dépêcher. Là ! Près de l’établi, quelques planches. Une petite ferait l’affaire. Il se penchait sur le bois abandonné quand on le saisit sous les aisselles. Il serra les dents dans l’anticipation de l’impact sur ses fesses. Il n’y eut pas de claque. On le projeta en l’air, droit sur la lame qui hurlait sa faim. »
Extrait de : G. Gallerne. « Mauvaise main. »
Veillée des morts par Peter Randa

Fiche de Veillée des morts
Titre : Veillée des morts
Auteur : Peter Randa
Date de parution : 1956
Editeur : French Pulp
Première page de Veillée des morts
« Dehors, il pleut. Une pluie méchante, hargneuse et sauvage qui enferme la campagne dans un élan sans merci. Tout est gris. Presque noir. La clarté du jour est malsaine, hésitante, précaire. Pas un nuage, mais une lourde chape bistrée qui enclôt le ciel jusqu’à l’horizon… un horizon maussade à la limite duquel deux grands ifs lancent leurs troncs maigres dans un geste de protestation désabusée.
Le Bois des Pendus ! Pourquoi des « pendus » ? Qui le sait encore ? Un nom, un mot plutôt. Il ne suggère même plus une image précise. Du moins on le croit, à cause de l’habitude qu’on en a. On l’a toujours appelé ainsi, ce bois, et personne n’y fait plus attention… pour le moment.
Le Bois des Pendus ! Le nom est là en réserve. Il n’arrache rien au souvenir… en attendant. Issu d’un lointain passé, il a la patience des choses qui enseignent la mort ou la représentent.
Le dernier pendu du bois date de combien d’années en arrière ? De combien de siècles ? Personne ne l’a jamais su. Personne ne l’a jamais dit. »
Extrait de : P. Randa. « Veillée des morts. »
Tueur au pays des merveilles par Peter Randa

Fiche de Tueur au pays des merveilles
Titre : Tueur au pays des merveilles
Auteur : Peter Randa
Date de parution : 1964
Editeur : French Pulp
Première page de Tueur au pays des merveilles
« — Et c’est la troisième fois qu’on fait passer cette annonce ?
— Oui, monsieur Dupont… M. Mercadier m’a dit de venir vous en parler.
Mercadier ! Le directeur de Centre-Presse ! Devant moi, un petit bonhomme replet, chauve comme un œuf, myope mais trop coquet pour porter des lunettes et cela donne à son regard quelque chose d’incisif et de lointain.
Chef de service aux petites annonces. Vêtu d’un costume de confection très nouvelle vague malgré sa cinquantaine bien sonnée. Il m’a tendu le texte, soigneusement collé sur un morceau de carton.
Si Lindy se souvient d’Alice qu’il a conduite au Pays des Merveilles quand elle avait huit ans, qu’il vienne vite à son secours. Écrire au journal.
— Quelqu’un a répondu à cette annonce ?
— Ce matin. Nous avons reçu une lettre. La première. L’annonce nous a été remise par une jeune fille qui a refusé de nous donner son adresse. Elle passe au journal tous les après-midi à cinq heures.
— Donc elle viendra aujourd’hui ?
— Oui.
— Comment est-elle ?
— Toute jeune ; moins de vingt-cinq ans. »
Extrait de : P. Randa. « Tueur au pays des merveilles. »
Raz de marée par Peter Randa

Fiche de Raz de marée
Titre : Raz de marée
Auteur : Peter Randa
Date de parution : 1988
Editeur : French Pulp
Première page de Raz de marée
« Du tonnerre, la fille ! Je la repère de loin, avant même de savoir qu’elle fait du stop. Longues jambes, cuisses fuselées. Elle porte un court short de toile bleue et un chandail d’orlon blanc. Un air supérieur et méprisant.
Je ralentis instinctivement pour pouvoir l’examiner au passage et, soudain, elle lève la main, pointant le pouce vers l’avant. À ses pieds un sac de scout. Le visage va avec le reste. Une blonde aux cheveux longs qui tombent un peu en désordre sur ses épaules.
Pas mon genre d’embarquer ce genre de fille. J’ai une hésitation. Ce qui me décide, c’est la moue vaguement déçue qu’elle a lorsque je la dépasse.
Je m’arrête, tant pis ! En souriant, je me penche pour lui ouvrir la portière.
Une fois n’est pas coutume. Déjà elle a ramassé son sac et l’apporte à bout de bras sans se presser, mais sans exagérer tout de même.
— Vous allez jusqu’où ? demande-t-elle.
— Montargis.
— De toute façon, ça me rapproche.
Une voix un peu rauque, assez agréable. J’ai l’impression qu’elle n’est pas française. D’un geste du bras, elle bascule son sac sur le siège arrière, puis s’installe à côté de moi. »
Extrait de : P. Randa. « Raz de marée. »
La mort sans bruit de Peter Randa

Fiche de La mort sans bruit
Titre : La mort sans bruit
Auteur : Peter Randa
Date de parution : 1978
Editeur : French Pulp
Première page de La mort sans bruit
« Devant la baraque, une bagnole ! Elle ne m’inspire pas confiance. Mon père m’a appris à flairer le flic. Naturellement, je ne fais pas l’andouille et n’ai pas l’ombre d’une hésitation. S’ils sont là pour mon vieux ou pour moi, je suis certainement repéré et, dans ces cas-là, le seul moyen d’en sortir est de jouer bille en tête.
Je traverse la rue de mon petit pas tranquille en tenant mon Solex à la main, car je suis dans le mauvais sens de la circulation. Personnellement, je n’ai pas eu de pépin, donc, il s’agit de mon père. La machine à raisonner s’est mise en route dans ma caboche. On l’a pris sur le fait. En train de refiler un faux billet de cinquante ou de cent balles. Et alors ? Ça ne prouve rien.
Seulement, il a été pigeonné. Pour un seul billet ? Car il n’en avait certainement pas deux faux sur lui en même temps… Prudent comme il est… Prudent et rusé… un vrai Sioux… On lui a donné un faux billet et il s’en est servi pour payer un achat en toute bonne foi. »
Extrait de : P. Randa. « La Mort sans bruit. »
L’instinct du tueur par Peter Randa

Fiche de L’instinct du tueur
Titre : L’instinct du tueur
Auteur : Peter Randa
Date de parution : 1978
Editeur : French Pulp
Première page de L’instinct du tueur
« Je donne ma carte à l’infirmière. Elle se tient à l’entrée de la clinique derrière un grand bureau. Elle y jette machinalement les yeux et lit : « Jean Fargeau. Président-directeur général du Consortium Desruelles ».
Entourée de ses deux dactylos vêtues comme elle, elle a un peu l’apparence d’un juge accompagné de ses assesseurs.
Avec un léger sursaut, elle relève la tête et je lui annonce :
— J’ai rendez-vous avec le docteur Prieur.
L’infirmière décroche le téléphone, compose un numéro de deux chiffres, puis attend. En même temps, elle m’adresse une sorte de sourire de regret.
— Allô ! Micheline… M. Jean Fargeau, pour le professeur.
On doit lui répondre favorablement car elle dit en raccrochant son combiné :
— On vient vous chercher.
Hésitant un instant, elle demande timidement :
— Vous venez pour Véronique Fargeau ?
— Oui.
— Vous êtes de la famille ?
— Son père. »
Extrait de : P. Randa. « L’Instinct du tueur. »
A moi de jouer ce matin par Peter Randa

Fiche de A moi de jouer ce matin
Titre : A moi de jouer ce matin
Auteur : Peter Randa
Date de parution : 1967
Editeur : French Pulp
Première page de A moi de jouer ce matin
« Moreau boucle le compartiment avec une clef spéciale que le chef de gare lui a remise. Les rideaux sont soigneusement tirés devant les vitres. Lambrot me fait signe de m’asseoir et s’installe en face de moi.
Je lève alors les poignets en faisant tinter mes menottes :
— Vous me laissez ça ?
Les deux poulets se concertent du regard, puis Moreau hausse les épaules :
— C’est la loi.
Grand et massif, Moreau. L’athlète enveloppé. Pas un mauvais bougre, car il est sûr de sa force. Lambrot se montre beaucoup plus vachard, mais, lui, c’est un simple inspecteur de province. De plus, il n’est pas grand, avec une gueule de faux témoin, ce qui doit lui donner des complexes.
Nous sommes arrivés à la gare largement en avance, si bien que mon embarquement s’est fait discrètement. Le chef de gare nous a accompagnés jusqu’au compartiment réservé et voilà…
Mes cigarettes sont dans la poche de ma chemise. Mon briquet aussi. Je parviens à les empoigner entre mes deux pouces et, comme Lambrot a relevé le plateau de la table du wagon, je dépose le tout dessus. »
Extrait de : P. Randa. « À moi de jouer ce matin. »