Étiquette : Gautier
Fortunio par Théophile Gautier
Fiche de Fortunio
Titre : Fortunio
Auteur : Théophile Gautier
Date de parution : 1840
Editeur : BnF
Première page de Fortunio
« Georges donnait à souper à ses amis, non pas à tous, car il en avait bien deux ou trois mille, mais seulement à quelques lions et à quelques tigres de sa ménagerie intime.
Les soupers de Georges avaient une célébrité d’élégance joyeuse et de sensualité délicate qui faisait regarder comme une bonne fortune d’y être invité ; mais cette faveur était difficilement accordée, et bien peu de noms pouvaient se vanter d’être inscrits habituellement sur la bienheureuse liste. Il fallait être grand clerc en fait de belle vie, éprouvé au feu et à l’eau, pour être admis dans le sanctuaire.
Quant aux femmes, les conditions étaient encore plus exorbitantes : la beauté la plus parfaite, la corruption la plus exquise, et vingt ans tout au plus. On pense bien qu’il n’y avait pas beaucoup de femmes au souper de Georges, quoiqu’au premier coup d’œil la seconde des conditions semble assez facile à remplir ; cependant il y en avait quatre ce soir-là, quatre
superbes créatures, quatre pur sang, des anges doublés de démons, des cœurs d’acier dans des poitrines de marbre, des Cléopâtre et des Impéria au petit pied, les monstres les plus charmans que l’on puisse imaginer. »
Extrait de : T. Gautier. « Fortunio. »
Emaux et camées par Théophile Gautier

Fiche de Emaux et camées
Titre : Emaux et camées
Auteur : Théophile Gautier
Date de parution : 1913
Editeur : BnF
Sommaire de Emaux et camées
- Affinités secrètes
- Le poème de la femme
- Etude de mains
- Variations sur le Carnaval de Venise
- Symphonie en blanc majeur
- Coquetterie posthume
- Diamant du coeur
- Premier sourire du printemps
- Contralto
- Caerulei Oculi
- Rondalla
- Nostalgies d’obélisques
- Vieux de la vieille
- Tristesse en mer
- A une robe rose
- Le monde est méchant
- Inès de las Sierras
- Odelette anacréontique
- Fumée
- Apollonie
- L’aveugle
- Lied
- Fantaisies d’hiver
- La source
- Bûchers et tombeaux
- Le souper des armures
- La montre
- Les néréides
- Les accroche-coeurs
- La rose-thé
- Carmen
- Ce que disent les hirondelles
- Noël
- Les joujoux de la morte
- Après le feuilleton
- Le château du souvenir
- Camélia et Paquerette
- La fellah
- La mansarde
- La nue
- Le merle
- La fleur qui fait le printemps
- Dernier voeu
- Plaintive tourterelle
- La bonne soirée
- L’art
Coffret par Théophile Gautier

Fiche de Coffret
Titre : Coffret
Auteur : Théophile Gautier
Date de parution : 1858, 1866 et 1868
Editeur : BnF
Sommaire de Coffret
- Le roman de la momie
- Le Capitaine Fracasse
- Spirite
Première page de Le roman de la momie
« J’ai un pressentiment que nous trouverons dans la vallée de Biban-el-Molouk une tombe inviolée, disait à un jeune Anglais de haute mine un personnage beaucoup plus humble, en essuyant d’un gros mouchoir à carreaux bleus son front chauve où perlaient des gouttes de sueur, comme s’il eût été modelé en argile poreuse et rempli d’eau ainsi qu’une gargoulette de Thèbes.
– Qu’Osiris vous entende, répondit au docteur allemand le jeune lord : c’est une invocation qu’on peut se permettre en face de l’ancienne Diospolis magna ; mais bien des fois déjà nous avons été déçus ; les chercheurs de trésors nous ont toujours devancés.
– Une tombe que n’auront fouillée ni les rois pasteurs, ni les Mèdes de Cambyse, ni les Grecs, ni les Romains, ni les Arabes, et qui nous livre ses richesses intactes et son mystère vierge, continua le savant en sueur avec un enthousiasme qui faisait pétiller ses prunelles derrière les verres de ses lunettes bleues. »
Extrait de : T. Gautier. « Coffret. »
Charles Baudelaire par Théophile Gautier

Fiche de Charles Baudelaire
Titre : Charles Baudelaire
Auteur : Théophile Gautier
Date de parution : 1929
Editeur : Rivages poche
Première page de Charles Baudelaire
« La première fois que nous rencontrâmes Baudelaire, ce fut vers le milieu de 1843, à l’hôtel Pimodan où nous occupions, près de Fernand Boissard, un appartement fantastique qui communiquait avec le sien par un escalier dérobé caché dans l’épaisseur du mur, et que devaient hanter les ombres des belles dames aimées jadis de Lauzun. Il y avait là cette superbe Maryx qui, toute jeune, a posé pour la Mignon de Scheffer, et, plus tard, pour la Gloire distribuant des couronnes de Paul Delaroche, et cette autre beauté, alors dans toute sa splendeur, dont Clesinger tira la Femme au serpent, ce marbre où la douleur ressemble au paroxysme du plaisir et qui palpite avec une intensité de vie que le ciseau n’avait jamais atteinte et qu’il ne dépassera pas.
Charles Baudelaire était encore un talent inédit, se préparant dans l’ombre pour la lumière, avec cette volonté tenace qui, chez lui, doublait l’inspiration ; mais son nom commençait déjà à se répandre parmi les poètes et les artistes avec un certain frémissement d’attente, et la jeune génération, venant après la grande génération de 1830, semblait beaucoup compter sur lui. Dans le cénacle mystérieux où s’ébauchent les réputations de l’avenir, il passait pour le plus fort. Nous avions souvent entendu parler de lui, mais nous ne connaissions aucune de ses œuvres. »
Extrait de : T. Gautier. « Charles Baudelaire. »
Celle-ci et celle-là par Théophile Gautier

Fiche de Celle-ci et celle-là
Titre : Celle-ci et celle-là ou la Jeune France passionnée
Auteur : Théophile Gautier
Date de parution : 1853
Editeur : BnF
Première page de Celle-ci et celle-là
« Le 31 août, à midi moins cinq, Rodolphe, plus matineux que de coutume, se jeta en bas de son lit, et alla se planter tout d’abord devant la glace de la cheminée, pour voir s’il n’aurait pas, d’aventure, changé de physionomie en dormant, et pour se constater à lui-même qu’il n’était pas un autre, cérémonie préliminaire à laquelle il ne manquait jamais, et sans quoi il n’aurait pu vivre convenablement sa journée. S’étant assuré qu’il était bien le Rodolphe de la veille, qu’il n’avait que deux yeux ou à peu près selon son habitude, que son nez était à sa place ordinaire, qu’il ne lui était pas poussé de cornes pendant son sommeil, il se sentit soulagé d’un grand poids, et entra dans une merveilleuse sérénité d’esprit. Du miroir, ses yeux se portèrent par hasard sur un almanach accroché à un clou doré au long de la boiserie, et il vit, ce qui le surprit fort, car c’était le personnage le moins chronologique qui fût au monde, que c’était précisément le jour de sa naissance, et qu’il avait vingt et un ans. De l’almanach, son regard tomba sur un rouleau de papier tout humide, tacheté d’encre et bosselé de caractères informes : c’était la dernière feuille d’un grand poème qu’il avait sous presse, et qui devait immanquablement faire reluire son nom entre les plus beaux noms. »
Extrait de : T. Gautier. « Celle-ci et Celle-là – ou la Jeune France passionnée. »
Caprices et zigzags par Théophile Gautier
Fiche de Caprices et zigzags
Titre : Caprices et zigzags
Auteur : Théophile Gautier
Date de parution : 1856
Editeur : BnF
Sommaire de Caprices et zigzags
- Un tour en Belgique et en Hollande
- Une journée à Londres
- Pochades, zigzags et paradoxes
- Gastronomie britannique
- Les races d’Ascot
- En Chine
- L’Inde
- Voyage hors barrières
- Chiens et rats
- Paris futur
- Une visite – chez Merodach-Baladan
- Les Bayadères
Première page de Un tour en Belgique et en Hollande
« Avant de commencer le récit de ma triomphante expédition, je crois devoir déclarer à l’univers qu’il ne trouvera ici ni hautes considérations politiques, ni théories sur les chemins de fer, ni plaintes à propos de contrefaçons, ni tirades dithyrambiques en l’honneur des millions au service de toute entreprise dans cet heureux pays de Belgique, véritable Eldorado industriel ; il n’y aura exactement dans ma relation que ce que j’aurai vu avec mes yeux, c’est-à-dire avec mon binocle ou avec ma lorgnette, car je craindrais que mes yeux ne me fissent des mensonges. Je n’emprunterai rien au Guide du voyageur, ni aux livres de géographie ou d’histoire, et ceci est un mérite assez rare pour que l’on m’en sache gré.
Ce voyage est le premier que j’aie jamais fait, et j’en ai rapporté cette conviction, à savoir, que les auteurs de relations n’ont pas seulement mis le bout du pied dans les pays qu’ils décrivent, ou que, s’ils y sont allés, ils avaient, comme l’abbé de Vertot, leur siége fait d’avance. Diverses lettres sur la Belgique que j’ai lues depuis mon retour m’ont singulièrement étonné pour la dépense d’imagination et de poésie qu’on y a faite. »
Extrait de : T. Gautier. « Caprices et Zigzags. »
Avatar par Théophile Gautier
Fiche de Avatar
Titre : Avatar
Auteur : Théophile Gautier
Date de parution : 1857
Editeur : BnF
Première page de Avatar
« Personne ne pouvait rien comprendre à la maladie qui minait lentement Octave de Saville. Il ne gardait pas le lit et menait son train de vie ordinaire ; jamais une plainte ne sortait de ses lèvres, et cependant il dépérissait à vue d’œil. Interrogé par les médecins que le forçaient à consulter la sollicitude de ses parents et de ses amis, il n’accusait aucune souffrance précise, et la science ne découvrait en lui nul symptôme alarmant : sa poitrine auscultée rendait un son favorable, et à peine si l’oreille appliquée sur son cœur y surprenait quelque battement trop lent ou trop précipité ; il ne toussait pas, il n’avait pas la fièvre, mais la vie se retirait de lui et fuyait par une de ces fentes invisibles dont l’homme est plein, au dire de Térence.
Quelquefois une bizarre syncope le faisait pâlir et froidir comme un marbre. Pendant une ou deux minutes on eût pu le croire mort ; puis le balancier, arrêté par un doigt mystérieux, n’étant plus retenu, reprenait son mouvement, et Octave paraissait se réveiller d’un songe. »
Extrait de : T. Gautier. « Avatar. »
Abécédaire du Salon de 1861 par Théophile Gautier
Fiche de Abécédaire du Salon de 1861
Titre : Abécédaire du Salon de 1861
Auteur : Théophile Gautier
Date de parution : 1861
Editeur : BnF
Première page de Abécédaire du Salon de 1861
« Avant la mesure qui vient d’être adoptée, nos salons commençaient par un feuilleton carré, où nous donnions des places d’honneur aux tableaux dignes, à notre avis, d’être suspendus dans cette espèce de tribune. Nous couronnions, à notre manière, le peintre dont nous nous occupions d’abord. — Le nouvel arrangement ne permet pas cette désignation de mérite, et peut-être est-ce un bien. — Les mêmes noms se présentaient presque toujours aux débuts des rendus comptes avec une certaine monotonie. Des rapprochements et des contrastes curieux naîtront sans doute des hasards alphabétiques. — Appliquons tout de suite à notre critique l’ordre récemment inauguré, et entamons la lettre A. »
Extrait de : T. Gautier. « Abécédaire du Salon de 1861. »
Théophile Gautier

Présentation de Théophile Gautier :
Théophile Gautier (1811-1872) est un écrivain, poète et critique d’art français, figure majeure du romantisme et du mouvement parnassien. Son œuvre est d’une grande richesse et touche à de nombreux genres, mais c’est dans le domaine du fantastique qu’il a laissé une empreinte singulière, mêlant l’esthétisme du réel à l’irruption du surnaturel.
Jeunesse et débuts littéraires
Né à Tarbes en 1811, Théophile Gautier passe son enfance à Paris. Il se passionne très tôt pour la peinture et fréquente l’atelier du peintre Louis-Édouard Rioult. C’est cependant la littérature qui l’emporte, et il se lie d’amitié avec Gérard de Nerval et Victor Hugo, participant activement à la célèbre bataille d’Hernani en 1830. Il publie son premier recueil de poèmes, « Poésies », en 1830, et se fait remarquer par son style exubérant et sa défense de l’art pour l’art.
L’écrivain du fantastique
Le fantastique chez Théophile Gautier se distingue par son approche esthétique. Plutôt que de s’appuyer sur la peur ou l’horreur, il explore l’étrange et l’extraordinaire en les inscrivant dans un cadre réaliste et souvent d’une grande beauté. Ses personnages, souvent des artistes ou des rêveurs, sont confrontés à des phénomènes inexplicables qui les mettent face à la fragilité de la réalité.
« La Morte amoureuse » (1836) est considérée comme son chef-d’œuvre fantastique. Dans cette nouvelle, un jeune prêtre, Romuald, tombe amoureux d’une courtisane morte, Clarimonde. Le récit explore la dualité entre la vie pieuse du prêtre et la passion dévorante que lui inspire ce spectre, avec la mort comme point de convergence. [Image de Clarimonde, personnage de ‘La Morte amoureuse’]
« Avatar » (1856) aborde le thème de la transmigration des âmes. Le docteur Charbonneau propose à un jeune homme, le comte d’O, d’échanger son âme avec celle de son rival pour séduire la femme qu’il aime. Cette nouvelle met en scène les conséquences dramatiques de l’empiétement sur l’ordre naturel.
D’autres contes comme « Le Pied de momie » (1840) et « Arria Marcella » (1852) illustrent également l’intérêt de Gautier pour l’antiquité, la réincarnation et la capacité de l’art à faire revivre le passé. Dans « Arria Marcella », un voyageur à Pompéi se retrouve projeté dans le passé et s’éprend d’une femme ressuscitée grâce à l’empreinte de son sein dans la lave.
L’héritage de Gautier
Au-delà de ses œuvres fantastiques, Théophile Gautier est un critique d’art renommé, défendant les peintres romantiques et le mouvement parnassien. Il est l’auteur de recueils de poèmes majeurs comme « Émaux et Camées » (1852), où il affine sa théorie de l’art pour l’art et recherche la perfection formelle.
Sa fascination pour l’orient et les voyages se retrouve dans de nombreux récits comme « Voyage en Espagne » et « Constantinople ». Théophile Gautier décède en 1872, laissant derrière lui une œuvre polymorphe qui a influencé des générations d’écrivains, de Baudelaire aux symbolistes, et qui demeure une référence incontournable du fantastique littéraire. 📖
Livres de Théophile Gautier :
Intégrales :
- Coffret (1858, 1866, 1868)
- Romans et contes (1897)
Abécédaire du Salon de 1861 (1861)
Avatar (1857)
Caprices et Zigzags (1856)
Celle-ci et celle-là (1853)
Charles Baudelaire (1929)
Emaux et camées (1913)
Fortunio (1840)
Fusains et eaux-fortes (1880)
Gautier journaliste (2011)
Histoire du romantisme (1874)
Italia (1855)
Jean et Jeannette (1863)
Jettatura (1857)
La belle Jenny (1868)
La chaîne d’or (1896)
La mille et deuxième nuit (1898)
La morte amoureuse (1995)
Le Capitaine Fracasse (1861)
Le Capitaine Fracasse Tome 1 (1868)
Le Capitaine Fracasse Tome 2 (1868)
Le roi Candaule (1893)
Le roman de la momie (1858)
Les grotesques Tome 1 (1844)
Les grotesques Tome 2 (1844)
Les Jeunes France (1833)
Les noces de Cana de Paul Véronèse (1852)
Les roués innocents (1863)
Les vacances du lundi (1881)
Lettre à la présidente – Voyage en Italie 1850 (1890)
Loin de Paris (1865)
Mademoiselle de Maupin (1878)
Ménagerie intime (1869)
Militona (1847)
Nouvelles antiques et exotiques (1837-1840)
Nouvelles ironiques et fantastiques (1833-1845)
Nouvelles Tome 1 (xxxx)
Nouvelles Tome 2 (xxxx)
Nouvelles Tome 3 (xxxx)
Paris futurs (2013)
Poésies de Th. Gautier qui ne figureront pas dans ses oeuvres (1873)
Portraits contemporains (1874)
Portraits et souvenirs littéraires (1875)
Salon de 1847 (1847)
Souvenirs de théâtre, d’art et de critique (1904)
Spirite (1866)
Tableaux de siège (1871)
Voyage en Espagne (1881)
Pour en savoir plus sur Théophile Gautier :
La page Wikipédia sur T. Gautier
La page Noosfere sur T. Gautier
La page isfdb de T. Gautier